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Petites histoires en vrac
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Crayonne
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Message Posté le : Jeu 6 Mar - 23:24 (2014)    Sujet du message : Petites histoires en vrac Répondre en citant

Schizophrénie


- Salut moi ! Ca me fait vraiment plaisir de te rencontrer, même si ce n’est que par le biais du miroir de cette salle de bain. Tu sais, je n’ai jamais rien vraiment voulut, toutes mes tentatives ont toujours été vouées à l’échec. Ma copine ne veux plus de moi parce qu’elle croit que je suis cinglé. Et toi qu’est ce que tu en pense ?

- C’est vrai que tu a l’air menaçant par moment, que tu crie, que tu te défoule, mais ça ne veut rien dire. Rien dire du tout ! Elle s’est peut être rapprochée de toi pour découvrir quelque chose, peut être est-elle de leurs côté et non du tiens.

- C’est vrai, ils sont toujours là, je sens leurs présence, ils me regardent… Je suis sûre qu’il y a quelqu’un qui me regarde, qui observe tout mes faits et gestes. Je suis sûr que c’est eux ! Dehors, tous leurs regards sont fixés sur moi. Le soir, quand je rentre, le téléphone sonne plusieurs fois mais personnes ne décroche. Ce sont eux ! Ce sont eux ! Ils m’appellent, là, tu entends cette sonnerie de l’enfer ?

- Ils te poursuivent et veulent ta mort ! Mais cesse d’avoir peur, c’est finit le temps où tu te cachais. Il va falloir que tu mettes un terme à toute cette histoire, à ton histoire !

- Mon histoire ? Quand j’y repense, c’est un peu flou dans ma tête… Je pensais avoir une vie banale, tout ce qu’il y a de plus normale. Bon sang, pourquoi a-t-il fallu que ça m’arrive, à moi ?

- Où sont tes amis, qui sont tes ennemis ? Fais attention à toi surtout, ne les laisse pas t’avoir stupidement ! Et si ils essaient de te démasquer alors cache toi ! Cache-toi ! Cache-toi derrière des sourires et de belles paroles !

- Je crois que je vais devenir dingue, j’en peu plus ! C’est comme si c’était la guerre dans mon crâne ! Est ce que tu peux m’aider ?

- Bien entendu, Fais donc ce que je te dirais, tu m’as toujours écouté de toute façon et j’ai toujours été de très bon conseil pour toi. Ne te laisse surtout pas embobiné par eux, sinon ils t’auront. Il faut que tu t’en débarrasse avant tout !

- Tu me donne mal à la tête, mais je dois reconnaître que toi et moi nous pensons de la même façon. C’est pour cela que tu reste avec moi !

*-*-*-*-*-*-*-*-*

- Bonjour moi. C’est encore moi, j’ai fait ce que tu m’as conseillé. Mais je ne comprends pas pourquoi mes mains sont rouges. Est-ce que tu aurais une explication ?

- Te rappelles tu ce que tu as fais ?

- Non, je n’en ai aucune idée… Rien du tout. Un grand trou noir dans ma tête quand j’essaie d’y penser.

- C’est préférable pour toi. Et encore une chose avant que tu ne repartes.

- Laquelle ?

- N’ouvre jamais le coffre de ta voiture si tu ne veux pas d’ennuis. Je te conseillerais même de t’en débarrasser définitivement. De toute façon, ton boulot ne se trouve pas trop loin ? Ca te fera du bien de marcher. Ils te remarqueront moins si tu te joins à la foule. Brûle les affaires que tu porte et prend une bonne douche. Sinon ils se douteront de quelque chose.

- D’accord… D’accord… D’accord…

*-*-*-*-*-*-*-*-*

- Salut moi. C’est vraiment gentil de t’être occupé de moi comme ça. Un jour, toi aussi tu connaîtras mes souffrances. Bon sang, pourquoi tu ne me réponds pas aujourd’hui ? Toi aussi tu es parti ? Toi aussi tu va me laisser seul, comme elle ? J’ai mal, c’est la guerre dans ma tête ! Qu’est ce que c’est que ce boucan ? Les sirènes de police ? Ils sont sûrement avec eux !!! Il faut que je m’en débarrasse !!! Ah, voici ma hache… J’ai oublié de la nettoyer mais ce sera amplement suffisant pour eux… Ha ! Ha ! Montez mes petits, venez me voir… WHOOOOOOOAAAAAA !!!


I think I'm paranoid

Encore une de ces journées où l’on n’a pas envie de sortir de sont lit. Et pourtant, il le faut bien… Cela doit faire cinq bonnes minutes que ce réveil sonne. C’est affreux les sonneries de réveil, vous ne trouvez pas ? Je l’arrête d’un geste machinal et le regarde de plus près. Il est sept heures et demie. Comme d’habitude, je ne vais pas avoir le temps de prendre mon petit déjeuner. Pourtant, je devrai… Mais je n’ai pas envie de me lever plus tôt. J’ai toujours été un peu flemmard vous savez.

Je descends les escaliers qui mènent à la cuisine. Il faut au moins que je prenne un café. Pour me réveiller un peu. Encore un de ces frissons glacés qui me parcours. Je déteste ça. Je déteste cette maison. J’ai vraiment l’impression que quelqu’un m’observe. Ca ne vous est jamais arrivé ? Il y a des fois où je me mets à hurler : « Qui me regarde ? Qui est là ? » Et toujours ce silence sans réponses… En même temps, qui pourrait me répondre ? J’ai toujours vécut seul dans cette maison !

Je suis un homme tout ce qu’il y a de plus banal. J’ai une vie des plus ordinaires. Je travaille du lundi au vendredi, de neuf à cinq heures. La seule chose qui m’importe ? Qu’on me foute la paix ! Mais cette maison me fiche vraiment la trouille… Oui, vous avez bien entendu : elle me fiche la trouille !!!

Cette sale impression ne me lâche pas d’une semelle quand je suis chez moi. Je suis sûre qu’il y a quelqu’un qui me regarde, qui observe tout mes faits et gestes. Est-ce que je suis en train de rêver ou quoi ? Est-ce que tout ça c’est dans ma tête ? Répondez-moi !

Il y a des jours comme ça, quand je rentre après une dure journée de travail… Des gestes quotidiens, comme fermer la porte à double tour. Je laisse mes chaussures dans l’entrée. Le café à un goût amer. Et le téléphone se met à sonner. Pas moyen d’être tranquille dans cette baraque ! Je décroche mais il n’y a personne au bout du fil. Mais je ne crois pas que ce soit une simple erreur de numéro. Oh que non ! J’en suis sûr et certain ! Tous les soirs c’est la même chose ! Ces coups de fil silencieux, ce sont eux !

La télévision est allumée. Mais je ne me rappelle pas l’instant où j’ai poussé ce satané bouton. Si ce n’est pas moi, alors qui est ce ? Et ces gens derrière l’écran, qui rient à tout va, se moquent--il de moi ? Est-ce qu’ils peuvent me voir à travers cette vitre colorée ? Je deviens complètement dingue !

Il y a aussi ces soirées, quand je prends ma douche. J’ai peur. Oui, j’ai peur de prendre ma douche ! Ca ne vous est jamais arrivé ? Fermé les yeux en se lavant les cheveux, et à l’instant même où ils s’ouvrent de nouveau, voir qu’il y a quelqu’un dans le miroir qui vous regarde ! Non, je ne suis pas fou !

Dehors, les gens me regardent bizarrement. Certains disent que je suis cinglé. D’autres essaient de me rassurer, me disent que ce sont de simples farces d’adolescents du quartier. Mais je sais qu’eux aussi me regarde… Ils ont tous leurs yeux braqués sur moi… Ils me regardent tous !!! Qu’est ce que je dois faire ? Je ne suis pas fou n’est ce pas ? Dites le moi !

Paranoïaque ? C’est quoi ce mot barbare ? Qu’est ce que ça veut dire ? Ca veut dire que je suis taré, c’est ça ? J’ai compris ! En fait, vous êtes de mèche avec eux !!! J’aurais dû m’en douter ! Mais moi je vous le dit tout de suite ! Ils nous regardent ! Ils nous regarderont toujours !!!

Vous vous trompez !!! Je ne suis pas paranoïaque !!! Je ne suis pas cinglé !!! Laissez-moi !!! Je suis quelqu’un de normal !!! NORMAL !!!

Vous m’aviez dit que j’étais quelqu’un de mentalement dérangé, un taré, cinglé, complètement paranoïaque, mais en fait, vous et moi, nous sommes pareil…


Amis pour la vie

Joshua pleurait. Il pleurait toutes les larmes de son corps depuis la veille, où il avait appris la mort de son meilleur ami.
Car Daniel était mort.

La veille au matin, ils étaient encore en train de s’amuser tout les deux, innocemment, comme à leur habitude, en bas de l’immeuble où ils habitaient. Et d’un seul coup, un chauffard sortit d’on ne sait où avait déboulé, fonçant au hasard. Et le hasard fit que c’était Daniel qui se trouvait sur son chemin.
Joshua ne pouvait retenir ses larmes. Il n’avait même pas la force de retourner à l’école. Sa douleur ne s’exprimait que par ses larmes silencieuses, il n’avait encore parlé à personne. Ses parents avaient bien tenté de lui parler, de le rassurer, de le consoler.
En vain.
Le cœur de Joshua était meurtrit par la mort de celui qu’il considérait comme son meilleur ami. Celui avec qui il partageait tout, ses joies, ses peines…

Ce soir là, c’était épuisé que Joshua s’allongea dans son lit. Epuisé d’avoir pleuré. Epuisé de tout. Ses yeux se fermèrent pratiquement tout seul.

« Josh… Josh… »
Le jeune garçon se réveilla, se releva d’un seul coup, reconnaissant cette voix entre mille. Mais autour de lui, il n’y avait rien ni personne. Joshua s’était relevé, doucement. Il observa les alentour, regarda même dans le couloir qui se trouvait face à sa chambre, mais il n’y avait rien du tout. Et pourtant, cette voix, la voix de Daniel qui l’appelait…
« Josh… Josh… »
Joshua se recroquevilla sur son lit et se boucha les oreilles. Ca ne pouvait pas être Daniel. Ca ne pouvait pas être lui, c’était impossible !
« Josh… Écoute-moi… Si tu fais ce que je te dis… On pourra de nouveau rester ensemble… »
La voix, sa voix pénétrait son esprit, peut importe qu’il se bouchait les oreilles ou non, il l’entendait !

Comme d’habitude, Anna rentrait chez elle après les cours du soir. Il n’y avait personne dans les rues à cette heure ci. C’est alors qu’elle entendit des bruits de pas derrière elle. Elle se mit à paniquer, puis couru droit devant elle. Et lorsqu’elle se retourna pour voir si on continuait de la suivre, elle se mit à hurler.

Franck Dangeli avait été tiré de son lit au beau milieu de la nuit. Encore une histoire de meurtre. Cela faisait trois jours de suite qu’un inconnu s’en prenait à des innocents. Cette fois ci, c’était une jeune fille qui avait subit le courroux de l’assassin.

Et sur les lieux du crime, il avait droit à une surprise de taille : un jeune garçon se trouvait là, couvert du sang de la jeune fille, un large sourire en travers du visage, un grand couteau à la main.
« C’est Daniel qui m’a dit de le faire, pour qu’on reste ensemble… Pour toujours… »


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Message Posté le : Jeu 6 Mar - 23:24 (2014)    Sujet du message : Publicité

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Message Posté le : Jeu 6 Mar - 23:25 (2014)    Sujet du message : Petites histoires en vrac Répondre en citant

Une histoire de téléphone

C'était un soir d'été. Un de ces soirs où il fait si doux, et l'air est si bon, qu'on aurait envie de sortir jusqu'à plus d'heure. Pourtant, elle était chez elle. Elle était afférée devant son fourneau, à préparer un repas pour son mari qui devait rentrer dans très peu de temps. Elle préparait un bon poulet bien rôti, le tout accompagné de quelques patates douces. Un véritable délice. C'est ce qu'elle pensait, impatiente de pouvoir mettre les pieds sous la table et de commencer à dévorer tout ça.
C'est alors que le téléphone se mit à sonner.
Une sonnerie bien stressante qui la fit sursauter. Elle faillit même renverser son plat de patate qu'elle venait de finir de couper. Elle le reposa sur la table de la cuisine avant de se diriger vers ce satané téléphone qui continuait de hurler.
Elle décrocha le combiné, mais ne s'attendait pas à entendre sa voix.
"Ca faisait longtemps ! C'est moi, tu te souviens ? On était ensemble au lycée, tu te rappelles ?"
Elle avait répondu un petit "oui" à mi-voix. Oui, elle se souvenait de lui.
"Je t'avais envoyé beaucoup de lettres, est ce que tu les as toutes lues ?"
Elle n'avait pas envie de rester une seconde de plus avec lui au téléphone, s'était excusée rapidement, puis lui avait raccroché au nez. Elle était restée là, devant ce téléphone, à réfléchir. Comment l'avait-il retrouvé ? Comment avait-il eut son numéro ? Pourquoi s'entêtait-il à ce point ?
Une sonnerie la sortie de ses esprits. Sonnerie agaçante. Elle ne voulait pas décrocher. Et si c'était lui encore un coup ? Le téléphone sonna une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Et si c'était son mari qui avait un problème ?
Quatre fois.
Cinq fois.
Elle se décida finalement à décrocher à nouveau le téléphone.
A peine l'avait-elle approché de son oreille qu'elle entendit sa voix à nouveau.
"Je t'en prie, ne raccroche pas s'il te plait ! Je voudrais juste discuter un peu avec toi... Ca fait si longtemps... Et ça me fait tellement plaisir de t'entendre..."
Elle lui expliqua gentiment qu'elle était mariée, et qu'il n'était pas nécessaire qu'il la rappelle. Sans écouter les suppliques de l'homme au bout du fil, elle raccrocha.
Elle allait retourner dans la cuisine, quand elle l'entendit sonner à nouveau. Elle souleva le combiné et le reposa immédiatement.
Silence.
Puis la sonnerie recommença.
Une fois.
Deux fois.
Elle décrocha.
"Si ton mari meurt, alors tu pourras m'aimer ?"
Elle le traita de tous les noms. De fou, de malade mental, et de tant d'autres mots qui font mal. Puis elle raccrocha encore une fois.
Ses mains tremblaient. Elle était énervée à présent. Dans la cuisine, il y avait une odeur de brûlé. Elle s'y précipita, éteignit le four et en ressortit son poulet à moitié carbonisé. Elle jura, et le téléphone se remit à sonner. Elle décrocha.
"Par pitié, ne raccroche pas ! Je veux simplement discuter avec toi !"
Elle en avait assez. Il fallait que ça cesse une bonne fois pour toute. Alors elle l'invita à venir, tout de suite. Il avait l'air ravi.
Elle n'eut pas à attendre bien longtemps. Au bout d'un quart d'heure, quelqu'un frappa à la porte. C'était lui, elle en était sûre et certaine. Elle avait toujours le couteau, celui avec lequel elle avait découpé son poulet carbonisé. Alors elle prit sa décision.
Il fallait qu'il meurt.
Elle ouvrit la porte d'entrée, doucement, et à peine avait-il mit un pied chez elle qu'elle le larda de coups de couteau. A la poitrine, au visage, dans les bras, dans le cou. Elle frappait encore et encore, laissant libre cours à sa rage.
C'est alors que le téléphone sonna à nouveau de sa voix stridente.
Elle se releva, essoufflée, et décrocha. Au bout du fil, une voix féminine, son amie.
"Est ce que tu te rappelle de ce garçon qui t'envoyait des lettres quand on était au lycée ?"
Un petit oui est prononcé, la main crispée sur le couteau taché de sang.
"Il s'est suicidé hier soir !"
Elle laissa retomber le combiné et se retourna lentement vers le corps sans vie qui gisait sur le sol. Elle reconnaissait ce costume, elle l'avait repassé la veille. Tout comme cette cravate aux couleurs criardes qu'elle détestait.


Une histoire d’histoires

Texte retrouvé dans un cahier rouge

J’ai toujours aimé écrire des histoires. Je ne sais même plus de quand ça date. Ce que je suis sûre, c’est que toute petite déjà, il m’arrivait de prendre des cahiers pour en noircir les pages. J’écrivais à en avoir mal au poignet. Des pages et des pages que jamais personnes ne lirais, à part moi.
Et c’était préférable.
Souvent, les enfants écrivent des histoires amusantes qui n’ont ni queue ni tête. Où alors, ils s’inspirent bien souvent des contes de fées, avec des chevaliers partant sauver des princesses prisonnières d’un méchant sorcier. Parfois même des histoires de robots, de héros vaillants et courageux, d’animaux doués de paroles, que sais je encore…
Pas moi.
Je n’ai jamais eut le cœur d’écrire ce genre d’histoires. Jamais.
J’écrivais des histoires qui faisaient peur. Des histoires qui se finissaient toujours mal. Des histoires glauques, malsaines, baignant dans le sang.
Le sang.
J’ai toujours été fascinée par ce liquide rouge foncé, presque noir. Sa texture, son odeur, son goût métallique. Je n’étais pas normale, et je le savais. Je le savais et je ne devais pas le montrer. J’ai toujours été comme ça. Je ne sais même pas quelle est la raison de cet état.
Souvent, à l’école, on devait faire des rédactions. Les miennes étaient si étranges et si glauques que malgré mes bonnes notes, jamais elles n’ont été lues à voix haute par mes professeurs. Jamais.
[…]
Je continuais à écrire, toujours. Les années passaient, et mes histoires s’étoffaient. Elles finissaient toujours aussi mal, elles étaient toujours aussi sanglantes… Au collège et au lycée, mes seuls amis étaient mes livres. Pas n’importe lesquels bien sûr. Stephen King. J’avais toujours adoré cet auteur. J’ai dévoré Ca, Carrie, Charlie… C’est là que je puisais mon inspiration. Mais c’était avant.
J’ai créé un site internet. Oh, créer un site de nos jours, c’est tellement simple. Il ne m’a fallut que quelques minutes. J’ai effectué quelques changements mineurs, et c’était partit. Je venais de créer le site du Story Teller. Le raconteur d’histoire… Ici, derrière mon écran, personne ne pouvais savoir qui j’étais, alors j’écrivais mes histoires et les publiaient.
A la fin de la première journée, après avoir posté quelques histoires retrouvées dans mes vieux cahiers, je ne pensais pas qu’autant de personnes me liraient.
J’avais reçut pas mal de commentaires me demandant d’autres histoires, encore plus glauques, plus malsaines, plus… Sanglantes. D’un côté, ça m’avait vraiment fait plaisir de voir des personnes apprécier mes histoires. C’est vrai. N’importe qui les auraient lues, on m’aurait prise pour une folle, une psychopathe où que sais je encore ! Là, on m’en demandait plus. Alors j’allais écrire et offrir à mes lecteurs mon monde d’horreurs.
Au bout de quelques semaines, j’avais déjà finit de recopier toutes mes histoires retrouvées au fin fond de vieux cahiers. C’est alors que c’est arrivé. Une chose que tout les écrivain redoutent plus que tout : la fameuse panne d’inspiration.
Il s’est passé trois jours. Trois jours sans que je ne poste de nouvel article sur mon site. Pas de nouvelles histoires, rien du tout. Je n’avais pas d’idées. Mes lecteurs commençaient à s’impatienter. Il fallait bien que je trouve quelque chose à écrire, mais quoi ?
La réponse était venue d’elle-même, un matin, alors que je me rendais au lycée. J’avais récupéré un de ces journaux gratuits qui sont distribués un peu partout. Et à la une de celui là, il y avait quelque chose qui me plaisait beaucoup. C’était l’histoire d’un gars qui avait été retrouvé noyé dans sa baignoire alors que son appartement était fermé à double tour. Ca ressemblait à un suicide très simple, mais la police avait relevé que sur le cou de la victime, il y avait des traces violettes. Des traces de la taille d’une main humaine, d’une main d’enfant…
J’avais des frissons en tapant mon histoire ce soir là. En tout cas, au bout d’une demie heure, je l’avais finie et mise sur mon site. Les résultats ne s’étaient pas fait attendre très longtemps. J’avais déjà une bonne vingtaine de commentaire me disant que cette histoire était géniale et qu’ils en voulaient d’autres du même acabit. Je savais déjà où je puiserais mon inspiration désormais.
[…]
Je dévorais les journaux, cherchais des fait divers sur Internet, trouvais et modelais selon mon bon vouloir des histoires que je mettais sur mon site pratiquement tout les jours. Je n’allais plus au lycée. Mes parents avaient bien tentés de me raisonner. Je les avais envoyés baladés comme des malpropres. J’avais mon écran, mon clavier, Internet, mon logiciel de traitement de texte, c’était largement suffisant.
Largement suffisant pour continuer à écrire mes histoires…
[…]
Ces temps-ci, j’étais seule dans l’appartement. Les voisins d’en face avaient déménagés il y a une semaine, et celui du dessous, un vieux monsieur, était décédé il y a quelques jours. Sachant que j’habitais au dernier étage, il n’y avait pas de bruits. On aurait pu entendre une mouche voler. Dans ma chambre, je tapais mes textes. Mais depuis quelques temps, j’étais fatiguée. Je dormais mal la nuit, je faisais des cauchemars dont je ne me rappelais pas au réveil. C’était très désagréable.
Mes histoires avaient toujours autant de succès. On continuait de m’en demander encore et encore. Et c’est pendant que j’écrivais l’histoire d’une femme et de son téléphone, j’ai entendu un bruit. Pas un gros bruit, non. Une plainte qui venait de l’appartement du dessous, celui du vieux. Il avait du laisser son chat, et c’est tout.
Tout les jours, et toutes les nuits, j’entendais du bruit. Des plaintes le plus souvent, mais des fois c’était des pleurs, des cris, une fois c’était carrément un hurlement qui m’avais fait sursauter de ma chaise alors que j’écrivais une histoire ! C’était assez effrayant en y repensant…
[…]
J’avais décidé d’écrire une petite histoire basée sur mon expérience bizarre avec cet appartement. C’était l’histoire d’une fille dont le voisin du dessous avait mystérieusement disparut du jour au lendemain. Elle entendait des bruits en provenance de cet appartement et décida d’y descendre pour vérifier qu’il n’y ait pas quelqu’un. Le problème, c’est qu’il y avait quelqu’un. Le gentil voisin avait été massacré par un fou qui se cachait dans l’appartement. La fille devait donc très simplement se faire tuée à son tour. C’était une histoire simple, et elle plairait sûrement à ceux qui suivaient mon site Internet.
J’écrivais donc depuis une bonne demie heure et j’en étais arrivée au meurtre sauvage de la jeune fille quand j’entendis encore des bruits venant de l’appartement du dessous. Cette fois ci, c’était des pleurs. On aurait dis les pleurs d’un gamins. J’en avais vraiment marre, à cause de ça, je ne dormais presque plus. Je décidais donc de descendre pour vérifier si il y avait quelqu’un.

Texte retrouvé sur l’ordinateur de la victime, avec pour nom : l’appartement du dessous

La porte est entrouverte. Les pleurs se font plus forts. Et j’ai peur. C’est bizarre, mais j’ai peur. Pourtant je ne devrais pas. Tout ce que j’ai pu écrire jusqu’à présent n’était pas réel. Pourtant, en y repensant… A chaque fois, ça se finissait de la même manière. La mort. Le sang.
Je n’ose pas ouvrir la porte et entrer. J’ai peur de ce qui m’attend. Mais ça ferait une superbe histoire… Une histoire de plus à rajouter sur mon site. Alors je me décide, et finit par pousser cette satanée porte.

Témoignage de madame D*****, voisine de la victime

Ca s’est passé très vite cette nuit là. L’appartement d’en face est vide depuis la mort de son locataire vous savez. Depuis, il n’y avait pas un bruit, c’était calme. […] La porte de cet appartement était fermée à clé, et on n’a jamais vraiment su comment cette fille a pu y entrer. Tout ce qui est sûr, c’est que cette nuit là, j’ai entendu un grand cri. Ca venait de l’appartement. Et il était fermé à double tour quand la police est arrivée. Je les ai appelés, parce qu’on ne sait jamais. Et j’ai bien fait. Ils ont fait venir un serrurier. Et en entrant dans l’appartement, ils ont trouvé la fille. Morte qu’elle était ! Après, la police ne sait pas encore si c’est un suicide. […] Moi, j’ai toujours trouvé cette fille bizarre vous savez. Ca ne m’étonnerait pas qu’elle se soit suicidée. Elle ne sortait jamais de chez elle et préférait rester devant son ordinateur qu’elle m’avait dit, sa mère. Elle n’allait même plus au lycée ! […] Il se passe toujours des choses bizarres en ce moment, il suffit de lire les journaux.



Une histoire de vacances

Il s’agit ici d’un regroupement de différentes cartes postales envoyées par la victime à ses proches avant sa disparition. Peut être permettrons t-elles de mieux comprendre ce qui s’est passé.

Salut R**** !
Je viens tout juste d’arriver à D******, le soleil brille, la plage et la mer ne se trouvent pas loin de l’hôtel, c’est vraiment génial ! Je sens bien que ses deux semaines de vacances vont être un véritable rêve. Comment ça se passe au boulot ? Tu salueras M**** et C**** de ma part, ils doivent crever de chaud dans leur bureau. Quand à toi, c’est le moment de prendre des vacances ici, à D******, alors n’attends pas !
(Signature illisible)

C’est encore moi R**** !
Ici, la plage est bondée de monde, ça fait peur. On dirait une véritable fourmilière. Mais ça ne m’a pas empêché de prendre un bain de soleil. J’ai même réussit à cramer des jambes ! Elles sont devenues rouges écrevisses, si tu était là, tu te moquerais bien de moi. Enfin bref, mit à part la température et le beau temps, je n’ai rien d’autre à te raconter.
A plus !
(Signature illisible)

Coucou R**** !
Il m’est arrivé une histoire un peu bizarre aujourd’hui. Je me dorais la pilule sur la plage, comme hier, quand une dame est venue m’accoster. Elle m’avait demandé si je n’avais pas vu sa fille et m’en avait fait une description précise. Et je ne l’avais pas vue, malheureusement pour elle. Elle est repartie. Je ne sais pas pourquoi mais cette histoire me rendais mal à l’aise. Je suis aller prévenir un surveillant de plage. Il m’a dit qu’aucune femme n’était venue lui parler de la disparition de sa fille. Vraiment bizarre. Mais à part ce détail, mes vacances sont superbes.
Je ne suis pas pressé de revenir bosser.
(Signature illisible)

Salut R****.
Comment ça va sous le soleil de la ville ? Ici, il m’est arrivé un truc vraiment bizarre. Je rentrais de la plage et j’allais me prendre une bonne douche quand j’ai vu qu’il y’avait déjà quelqu’un dans la cabine. J’ai entendu pleurer à l’intérieur, une voix de gamine. Je ne sais même pas pourquoi, mais je n’ai pas osé ouvrir la porte. Ca chouinait, j’ai même cru l’entendre appeler maman plusieurs fois. J’ai appelé la réception. Très vite,y’a un gars qui est monté dans ma chambre. Mais y’avait rien dans la douche. Que dalle. Il m’a regardé bizarrement, comme si j’étais un mythomane ou un fou. J’avais juste envie de lui en coller une dans la figure.
Bon, je te laisse. La plage m’attend.
(Signature illisible)

Yop !
Ca ne fait qu’une semaine que je suis ici, mais j’ai déjà une furieuse envie de rentrer. Pas que la ville et sa pollution de l’été me manque, non. C’est juste que tous les soirs, j’entends une gamine pleurer et appeler sa mère dans ma douche. J’ai demandé à changer de chambre, mais l’hôtel est plein à craquer à cette période de l’année. Vivement que ces vacances se terminent.
(Signature illisible)

R****.
J’ai encore vue cette femme sur la plage ! Celle qui cherchait sa fille. J’en ai parlé au surveillant de plage, vite fait. Il m’a ris au nez cet idiot en me traitant de menteur. Et je n’arrive pas à dormir la nuit à cause des pleurs de la gamine. Ah qu’est ce que j’en ai marre ! Je veux juste rentrer, et c’est tout.
(Signature illisible)

Salut.
J’ai peur. J’ai peur parce que j’entend cette fille qui pleurs tout le temps. Je l’entends dans ma tête, que je sois dans la chambre ou à la plage. Je l’entends tout le temps. Elle appelle sa mère. Elle l’appelle parce qu’elle a peur, qu’elle est toute seule, perdue. Et quand je rêve, si j’arrive à m’endormir, je sens de l’eau tout autour de moi. C’est désagréable. J’étouffe. Je veux juste rentrer à la maison.
(Signature illisible)

Il ne me reste plus que deux jours de vacances à passer ici. Vivement que je rentre. Je veux quitter cet endroit le plus vite possible, parce que je n’en peux plus. Ces cauchemars, ces pleurs, ces voix… Et à chaque fois que je descends à la plage, il y a cette femme qui me demande si j’ai vu sa fille. Et son regard me transperce de part en part. Et quand je suis dans ma chambre, la gamine de la douche pleure encore et encore. Je crois que je vais devenir dingue si ça continue.
(Signature illisible)

Article du journal local parut le lendemain de l’envoi de la dernière carte postale.

Le corps de Samuel F*****, vacancier qui avait disparut hier soir, à été retrouvé sur la plage et ne porte aucune lésion, ce qui laisserait croire à un suicide par noyade. Personne ne sait si il s’agit d’un accident ou d’un geste suicidaire. La seconde hypothèse serait la plus probable selon la police qui a menée son enquête auprès du personnel de l’hôtel ou Samuel F***** résidait.
L’année dernière déjà, une affaire similaire s’était déroulée dans cet hôtel : une jeune fille et sa mère avaient été retrouvées noyées sur la plage dans des circonstances mystérieuses.


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Message Posté le : Jeu 6 Mar - 23:27 (2014)    Sujet du message : Petites histoires en vrac Répondre en citant

Une histoire d’avion

Texte retrouvé dans un cahier ayant appartenu à l’une des victimes de l’accident d’avion du lundi 30 mai 2011. Etrangement, ce cahier, ainsi que quelques autres objets sans grandes importances, était encore en bon état alors que l’avion et ses passagers avaient été retrouvés brûlés. L’indentification de certaines victimes reste encore à établir.

(Plusieurs pages sont noircies de mots et de phrases sans importances, jusqu’à celle-ci)
Je n’aime pas prendre l’avion. Je déteste ça. A chaque fois, j’ai peur qu’il ne m’arrive quelque chose. Je ne sais pas si on peut appeler ça un mauvais pressentiment, ou si j’ai juste une satanée phobie, j’en sais rien. Mais je n’aime pas ça. Alors j’écris comme un imbécile dans ce cahier, pour passer le temps. Et parce qu’écrire me permettra de penser à autre chose pendant ce voyage.
Parlons-en d’ailleurs de ce voyage.
Mon imbécile de père a décidé que je ferais mes études au lycée F., un lycée privé dans la région de N. Lycée privé, tu parles. Ca coûte la peau des fesses tout ça ! Pour environ 3000 euros le trimestre, y’a plutôt intérêt à ce que la bouffe soit bonne et que le service soit excellent. Très franchement, j’aurais préféré rester à D., au moins, je connaissais tout le monde, et même si le lycée est public, j’y aurais retrouvé mes amis. Pas que j’en ai beaucoup, mais bon… Passons.
Ce lycée privé est la raison pour laquelle je dois prendre ce fichu avion, moi qui déteste ça.
C’est ma mère qui m’a dit de consigner ce qui me passait par la tête dans ce cahier. Elle m’a dit que ça ferait passer le temps plus rapidement, et que ça m’occuperait l’esprit. Mouais, tu parles. La seule chose qui me passe par la tête, c’est cet avion. C’est tout.

A la place où je suis installé, on ne voit pas très bien l’écran. Ah oui, j’ai oublié de préciser : comme le voyage va durer un peu plus d’une heure, on a le droit de regarder un film. Pour le coup, s’en est un que j’ai déjà vu : Snake on a plane. Pas que ce soit un mauvais film, c’est plutôt que, comme je le connais déjà, il ne m’intéresse pas vraiment de le revoir… Je regarde l’écran vite fait, quand ce sont des passages que j’ai apprécié, mais c’est peine perdue de là où je suis placé. Bof, à la limite je m’en fous un peu…

L’une des hôtesses qui fait des aller retours est vraiment mignonne. Je ne sais pas trop à quoi elle ressemble sans son uniforme, mais là, elle est vraiment jolie comme tout. Une rousse aux cheveux longs, avec deux grands yeux verts émeraude, et des tâches de rousseurs sur les joues. Les rousses m’ont toujours fait craquer. Il y avait déjà cette fille au collège, Maëlle, qui me plaisait beaucoup. Je n’ai jamais osé le lui dire, j’avais trop peur de me faire rembarrer comme un malpropre. En tout cas, cette hôtesse n’a pas vraiment l’air en forme. Elle fait des aller retour et elle est tellement pâle qu’on dirait qu’elle va tomber dans les pommes d’un moment à un autre. Elle est repartie dans la cabine de pilotage.

Plusieurs membres du personnel sont passés parmi nous pour nous demander de garder notre calme et de bien attacher nos ceintures. Sois disant, il y a un petit souci avec un moteur et nous allons devoir nous poser d’urgence. Je n’aime pas ça. Mais alors vraiment pas du tout.

(Plusieurs pages sont remplies de ratures et de gribouillages sans importances avant que le texte ne reprenne)

Je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Il y a eut un gros bruit, des secousses, et je crois que je suis tombé dans les pommes. Là, tout à l’air d’aller bien. Le film a été relancé depuis le début, c’est un peu bête. L’hôtesse rousse est toujours aussi pâle. Autour de moi, les gens ont l’air d’aller bien. Je pense que c’était juste un souci d’ordre technique. Je ne devrais pas tarder d’arriver à N. Vivement que je mette les pieds en dehors de cet avion, parce que j’en ai marre d’être là.
Il y a comme une odeur de brûlé dans l’air, mais personne ne semble s’en apercevoir. J’ai posé la question à une des hôtesses qui passaient. Elle m’a répondu que c’était tout à fait normal, mais elle ne m’a pas dit ce que c’était…

(S’en suivent plusieurs pages sans grande importance, jusqu’à celle-ci)

C’est vraiment très étrange. J’ai l’impression que ça fait des heures que je suis là dans cet avion. Le film rejoue pour la quatrième fois. Ce voyage n’aurait pas dû être aussi long. A moins que le problème de tout à l’heure ne nous ait obligé à prendre un autre chemin, plus long. J’espère que c’est ça. J’espère juste que c’est ça.
L’hôtesse rousse est venue me remettre un bouquet de fleurs. Des chrysanthèmes roses. Je n’aime pas vraiment ça. La dernière fois que j’ai vues ces fleurs, c’était à l’enterrement de grand-mère. Maman m’avait expliquer ce qu’elles voulaient dire : tristesse et incompréhension. J’ai demandé à l’hôtesse si elle savait qui m’offrait ça. Elle m’a alors répondu un truc bizarre, comme quoi c’était de mes parents.
Si c’était une blague, je la trouvais de bien mauvais goût : j’étais toujours vivant. Et ils le verraient bien quand je descendrais de cet avion, une fois qu’il sera arrivé à destination. J’espère qu’il y arrivera rapidement, parce que j’en ai marre d’être là.

(Ce qui reste du cahier n’est qu’un charabia incompréhensible, de ratures et de gribouillages)



Une histoire de famille

(Ceci est le journal intime d’une enfant de dix ans qui a disparut sans laisser de traces. Actuellement, la police la recherche.)

Mardi 8 février
Maman m’a offert ce journal pour que je puisse y écrire tous mes petits secrets. Je suis très contente, en plus il y a même une petite clé pour le refermer. Personne d’autre que moi ne le lirai. Jamais. Et si quelqu’un ose ouvrir ce journal sans mon autorisation, alors je le punirais.

Mercredi 9 février
Maman attend un enfant. Je vais avoir un petit frère où une petite sœur, on ne sait pas encore. Papa m’a dit qu’il faudrait que je sois une grande sœur sage, gentille et attentive. J’ai dit oui pour lui faire plaisir, parce que je ne sais pas trop ce que ça veut dire, attentive. Est-ce que ça veut dire qu’il faut faire attention ou est ce que ça veut dire qu’il faut attendre ?

(Quelques pages plus loin)
Vendredi 29 avril
Maman est partie à l’hôpital. Je suis toute seule avec papa à la maison. Il m’a dit que c’était une petite sœur et qu’elle s’appelait Julie. Moi, je serais gentille avec Julie, parce que ce n’est qu’un bébé et qu’il faut bien s’occuper d’elle. Moi, je serais une bonne grande sœur.

Mercredi 4 mai
Julie et maman sont rentrées à la maison. Julie est un joli bébé, mais elle n’arrête pas de pleurer. Elle pleure tout le temps, tout le temps. En tout cas, ça me donne mal à la tête. Maman dit que c’est normal, comme c’est un bébé et qu’elle ne parle pas, elle peut juste pleurer pour se faire comprendre. Je me demande si moi aussi j’étais comme ça quand j’étais un bébé.

Mardi 10 mai
Julie pleure aussi toute la nuit. Elle dort dans la chambre de papa et maman, mais je l’entend quand elle hurle. Elle a une voix très forte. Je n’arrive pas à dormir la nuit, et je suis toujours fatiguée. J’ai même réussit à m’endormir en classe aujourd’hui et j’ai eu une punition de la maitresse. Je dois recopier cent fois « je ne dois pas dormir pendant la classe ». J’ai à peine écrit vingts ligne que j’en ai déjà marre. Maman et papa m’ont grondés pour la punition et je n’ai pas eu de dessert. Tout ça c’est de la faute à Julie.


Jeudi 12 mai
J’ai encore eu une punition aujourd’hui et je suis encore privée de dessert. En plus c’était de la mousse au chocolat et j’adore ça. Tout ça parce que je n’arrive pas à dormir la nuit. Tout ça c’est de la faute à Julie. J’aimerais bien qu’elle arrête de pleurer pour pouvoir dormir.

Vendredi 13 mai
Papa et maman ont été convoqués par la maitresse qui m’a encore puni. Cette fois ci, en plus des lignes à recopier, j’ai eu des devoirs en plus. Deux pages d’exercices de mathématique à rendre pour demain. J’ai bien essayé de les faire, mais Julie pleure tellement que ça me déconcentre. J’en ai marre. Je l’ai dis à maman, mais elle m’a traité d’égoiste. Je la déteste !

Samedi 14 mai
Je viens de faire un rêve bizarre : j’enterrais Julie au fond du jardin et elle était morte. Je n’aime pas ça. Julie c’est ma petite sœur, et même si elle m’énerve tout le temps, c’est pas de sa faute. Elle n’est qu’un bébé après tout. Je suis sa grande sœur, il faut que je sois gentille avec elle. Je ne l’entends pas pleurer cette fois, je vais pouvoir me rendormir.

Dimanche 15 mai
Depuis ce matin, Julie a disparu. Maman et papa l’ont cherchée partout dans la maison. Ils ont même appellés la police qui est venue très vite pour leur poser des questions. Ils m’ont aussi demandé si je l’avais vue. J’ai dis que non. Ils sont repartis en disant qu’ils allaient chercher Julie. Ce soir, je vais pouvoir dormir.

Lundi 16 mai
Maman m’a grondé aujourd’hui. Elle a dit que c’était de ma faute si Julie a disparut. Mais moi je n’ai rien fait du tout, alors j’ai pleurer toute l’après midi dans ma chambre. Papa et maman on continués à chercher Julie, dans le jardin cette fois ci. Et j’ai entendu maman se mettre à crier très fort comme quoi j’étais un monstre et qu’il fallait m’enfermer en prison. Je ne sais pas pourquoi elle a dit ça, mais j’ai peur maintenant. Elle va peut être le faire ?

Mardi 17 mai
Je n’arrive pas à dormir. Papa et maman crient dans leur chambre. Ils se disputent à cause de Julie. Pourtant, ils devraient être heureux. Elle n’est plus là pour les empêcher de dormir. Moi, j’ai sommeil. Je vais me coucher, mais j’ai peur de faire des cauchemars. Maman ne m’aime plus, et ça me fait mal au cœur.

Mercredi 18 mai
C’est la dernière fois que j’écris dans ce journal. Papa et maman dorment tout les deux. Julie ne les réveillera plus. Moi, je ne veut pas que maman et papa m’envoie en prison, alors je vais partir d’ici. J’ai encore fait un cauchemar cette nuit. J’ai rêvé que papa et maman étaient dans leur lit, et qu’ils saignaient beaucoup. Je vais partir. Je ne reviendrais pas.

(Les corps sans vies de monsieur et madame S. ainsi que leur fille Julie S. ont été retrouvés sans vie dans leur maison. La petite L., 10 ans, a disparut. Elle est activement recherchée par la police qui craint que l’assassin de la famille ne l’ait enlevée.)



Une histoire de sorcière

Je suis ce qu’on appelle plus communément une sorcière. Enfin, je suis ce que je suis, car c’est ainsi que l’on m’a nommée. Mon histoire ? Elle est des plus banales vous savez…

Une famille des plus normales. Un père militaire qui était plus souvent au front qu’à la maison, et une mère qui, au contraire, était tout le temps à la maison. Ajoutez à cela une grande sœur que j’ai toujours détesté et un petit frère insupportable pour couronner le tout.
Oh, j’étais encore jeune quand j’ai appris que mon père ne reviendrait jamais de cette énième guerre. Il était mort quelque part dans un pays que je ne connaissais pas. Ma mère était vraiment triste. Je ne sais pas trop quel était son état à ce moment là, mais elle commençait à dépérir. Moi ? La mort de mon père ne m’affecta pas plus que ça. Tout comme mon frère et ma sœur. Nous ne l’avions pas assez connu.
Puis ce fut au tour de ma mère de quitter ce bas monde. Ce qu’elle fit peu après ma majorité. A cette époque, ma sœur venait de se marier. Avec un homme que je ne supportait pas. Un playboy qui se croyait plus beau et plus intelligent que tout le monde. Tu parles. Ce n’était qu’un crétin sans cervelle. Et ma sœur était follement amoureuse de lui. Ce n’était qu’une petite imbécile qui allait vite regretter ça.
Oui, car c’est peu après son mariage que mes « pouvoirs » ont commencés à se manifestés. Elle avait décidé de vivre dans la maison familiale, et ce, quitte à me mettre à la porte. Elle m’avait laissé la semaine pour trouver un autre endroit où me loger.
Une profiteuse et une hypocrite. Elle est venue dans ma chambre avec un grand sourire quand elle m’a annoncé ça. Sous prétexte qu’elle est la grande sœur, que soit disant c’est elle qui est héritière de la maison et d’autres absurdités du même genre.
Sur le coup, je n’ai rien dit. Je voulais juste qu’elle souffre. Mais pas une souffrance physique, ce serait trop simple. Non. Une souffrance intérieure dont elle ne pourrait se défaire.
Je l’ai souhaité très fort.
Et l’occasion s’est présentée dans l’heure.
Son imbécile de mari avait décidé de prendre la voiture pour faire un tour. Ha ha ! Je le revoir partir en lui disant : « j’en ai pour une heure tout au plus ! A tout à l’heure ma chérie ! »
Et à peine cinq minutes plus tard, il est rentré dans un mur. Il avait perdu le contrôle de son véhicule et les freins avaient lâchés.
Mort sur le coup.
Ha ! Voir la tête de ma sœur quand des policiers sont venus lui annoncer la nouvelle m’a remplie de joie. Mais je m’efforçais de la contenir. Il ne fallait pas que je la montre.

A l’époque, je croyais que c’était une simple coïncidence, mais la suite des événements me prouva le contraire.
Malgré sa tristesse, ma crétine de sœur n’avait pas démordu de me mettre à la porte. Elle me harcelais tellement avec ça, que j’ai finis par souhaiter sa mort.
Une mort lente et douloureuse.
Ce qui ne tarda pas.
Ma sœur était partie se promener au bord de la rivière. Elle n’est jamais rentrée.
Elle a été retrouvée noyée. D’après les médecins, elle serait tombée à l’eau et n’aurait pas pu remonter à la surface. Ses poumons étaient remplis d’eau. Dommage pour elle, pourtant elle savait nager.

Tout aurait pu continuer normalement, si il n’y avait pas mon petit frère. Si le mari de ma sœur était un crétin, alors mon frère était bien pire. Nous n’avions pas beaucoup d’années de différence. Il était vraiment insupportable. Toujours à fouiller à droite et à gauche, toujours à parler, toujours, toujours. Un véritable petit fouineur.
Je le détestais aussi. Il n’avait aucun intérêt à mes yeux et je décidais de m’en débarrasser.
Ca n’avait pas pris plus de temps qu’avec les autres. Il me suffisait de souhaiter très fort sa mort et elle allait arriver. Brutale et sans pitié.
Un banal accident de la route qui lui couta la vie. Il avait décidé de traverser alors que le feu pour les piétons était rouge. Quel idiot. Mais je le reconnaissait bien là en tout cas.

J’étais enfin seule. J’étais toute puissant. J’avais le pouvoir de vie et de mort sur qui je voulais. D’ailleurs, en y repensant…
Toi qui écoutes mon histoire, qu’est ce que je vais bien pouvoir faire de toi ?


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Message Posté le : Aujourd’hui à 08:27 (2017)    Sujet du message : Petites histoires en vrac

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