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Cursed (Pokemon)
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Crayonne
Méchante Admin

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Inscrit le: 06 Mar 2014
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Localisation: Système solaire, planète terre, France, Val d'Oise
Féminin Cancer (21juin-23juil) 猪 Cochon

Message Posté le : Ven 7 Mar - 10:27 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Synopsis : Je m'appelle Ancolie. J'ai quinze ans et je vis dans la petite ville de Verchamps, dans la région de Sinnoh. Mon rêve, c'est de devenir vendeuse de fleurs, comme ma mère. Mon père a disparût il y a trois ans, mais aujourd'hui, j'ai reçut une lettre de lui. Et une pokeball.
Mon père est encore vivant, et je crois bien qu'il faut que je lui ramène cette pokeball. Pourtant, il va bien falloir que j'y aille.

Il s'agit d'un défi que je me suis lancé : écrire une histoire flippante dans le monde de Pokémon. (Attention, cette histoire peu contenir des scènes de violence et n'est pas à mettre entre toute les mains).

Chapitre 1


 
Je t’écris cette lettre car je sais que tu la liras et que tu me croiras.
Et bien, par où vais-je donc pouvoir commencer ?
 
Savais tu qu’il existait des pokémon maudits ? J’en ai été moi-même surpris d’apprendre ça.
Un vieillard de Lavanville m’en vaguement parlé avant de disparaître mystérieusement.
Imbécile comme je suis, j’ai donc décidé de partir à la recherche de ce fameux pokémon.
Sache, ma fille, que rien n’est impossible dans ce monde qui est le nôtre.
 
Mais tu sais, ma petite Ancolie, que je ne risque pas de rentrer à la maison tout de suite.
Où il faudrait tout d’abord que mes recherches aboutissent. C’est un dur métier…
Reste auprès de ta maman et ne t’aventure pas sur les mêmes chemins que moi.
Tu risquerais de t’en mordre les doigts.
 
Ton papa qui t’aime  
(Signature illisible)  
   
Cela faisait maintenant trois ans que je n’avais pas eut de nouvelles de mon père. Il était partit, comme tout bon scientifiques, à travers le monde, afin de faire des recherches au sujet des Pokémon. Sa spécialité était les Pokémon de type Ténèbres et Spectres.
Il adorait ces bestioles bizarres qui étaient capable d’utiliser des techniques toutes aussi bizarres. Et ce lien si particulier qui les liait à ce mon père appelait « l’autre monde », celui dont personne ne revenait jamais.
Quand il m’en parlait je me contentais d’acquiescer silencieusement et de hausser les épaules : pour moi, il n’y avait rien après la mort. C’est tout, nous disparaissons. Dans les ténèbres peut être, mais nous disparaissons. Il n’y a rien. Rien du tout.
Mais mon père y croyait dur comme fer, et il est partit faire toutes ses recherches. Il a dit qu’il reviendrait, quand il aurait finit. Mais il n’a jamais dit quand.
Et cela fait trois ans.
 
Je me rappellerais toute ma vie du jour de son départ.
Il s’était levé très tôt, beaucoup plus tôt que ma mère qui elle, dormait encore au fond de son lit. Moi, j’ai entendu du bruit, et je suis descendue dans le salon, et je l’ai vu.
Une dernière fois.
Il était prêt à partir. Il n’avait prévenu personne. Et le fait que je me suis retrouvée debout face à lui, je crois bien que ça ne lui a pas plu. Il m’avait regardé d’un air grognon, alors j’avais fait pareil, de mon regard le plus noir possible.
Il a éclaté de rire.
Même en fronçant les sourcils, même en grognant, même en grinçant des dents, je ne pouvais pas avoir l’air bien méchante. Il se chargea de me le rappeler avant de me dire qu’il reviendrait bientôt.
C’était la dernière fois que je voyais mon père.
 
Pendant les trois années qui suivirent, jamais il ne nous avait passé un coup de téléphone, ni à moi, ni à ma mère. Jamais il n’a tenté de nous joindre par un quelconque moyen. Il n’a jamais écrit de lettre.
Jusqu’à aujourd’hui.
Ce matin là, c’est ma mère qui est venue me réveiller. Elle avait ouvert en grand les rideaux de ma chambre, laissant le soleil m’aveugler.
Le soleil.
Le printemps était bien entamé, et bientôt ce serait l’été. Rien qu’à l’idée d’avoir le soleil me tapant sur le crâne toute la journée, j’en avais déjà la migraine.
« Il est temps de te lever Ancolie ! Tu ne vas pas traîner au lit toute la journée ! » 
Ca, c’est ma mère. Depuis que mon père à disparut, elle est toujours sur mon dos. Elle n’est pas méchante, juste un peu collante. Comme toute les mamans je suppose.
Je me suis cachée sous ma couverture, puis je l’ai entendue grogner un peu avant de sortir de ma chambre. Je ne retirais la couverture que lorsque j’étais sûre et certaine qu’elle était repartie. Le soleil m’aveugla un peu, mais c’était, c’est un peu bizarre à expliquer, rassurant, de sentir sa chaleur.
Je dis que mon père est bizarre, mais moi je crois bien ne pas être mieux des fois.
Rapidement, je sortit de mon lit bien douillet, jetant la couverture par-dessus. Je m’en occuperais plus tard. J’enfilais rapidement quelques vêtements sortis en hâte de mon armoire et, étrangement, je me retournais pour regarder ma chambre comme si c’était la dernière fois que je la voyais.
Décidément, je n’étais pas du tout dans mon assiette aujourd’hui.
 
Ancolie, quinze ans. C’est tout.
Souvent on me demandait ce que je voulais faire plus tard. Mais je ne le savais pas moi-même, alors je ne répondais pas.
Devenir un dresseur pokémon ? Jamais. Pas que je détestais les pokémon, je les trouvais mignons pour certains, assez impressionnant pour d’autres. Non, c’est juste que ça ne m’intéressait pas le moins du monde.
Quand à ceux qui me parlais de la fameuse ligue pokémon, je les arrêtais tout de suite : je ne voulais même pas en entendre parler.
Je voulais juste devenir quelqu’un de normal, et faire la même chose que ma mère : vendre des fleurs.
C’est elle qui m’a donné mon nom. Ancolie. Il s’agit d’un nom de fleur. Une fleur aimant le soleil, attirant les oiseaux. Une fleur aux couleurs vives. Je dois dire que contrairement à cette fleur, je n’ai vraiment rien de joli. Je dirais même que je fais peur !
Ah, il y aurais peu être quelque chose en y repensant : mes yeux. Deux grands yeux bleus comme des saphirs. Et c’est tout. Le reste est bien quelconque pour une fille dont le nom est Ancolie. Des cheveux longs, oui, mais couleur cuivre. Une peau blanche comme un cachet d’aspirine. Des allumettes en guise de jambes et de bras. Y’a franchement mieux non ?
 
Je sortais donc de ma chambre, quand ma mère m’appela du salon. Elle hurlait que c’était urgent, que le postier avait un colis pour moi, que ça venait de mon père.
Ni une ni deux je descendais les escaliers quatre par quatre et me retrouvais dans le salon en moins de temps qu’il ne faut pour dire ouf.
Il y avait un colis, et une lettre, que ma mère me tendit puisque tout cela m’était adressé. J’ouvrais l’enveloppe rapidement, et je dévorais chaque mot que mon père m’adressait. Bien entendu, je n’en avais pas compris la moitié, et il parlait encore de ces pokémon maudits, mais je m’en fichais.
Il était vivant, quelque part.
Et il fallait que je le retrouve.
« Il t’a envoyé ce colis aussi ma chérie. Tu veux l’ouvrir maintenant ? »
C’était un petit carton, bien scotché. Dessus, mon nom, mon adresse. C’était encore l’écriture de mon père. Mais il y avait quelque chose de bizarre dans l’air. Et je n’aimais pas ça.
« Pas tout de suite maman. Je l’ouvrirais plus tard. »
 
Je l’ouvrirais plus tard.
Tu parles. J’ai toujours été très curieuse, et ma mère me répétait sans cesse que c’était un très vilain défaut. Défaut ou pas, quoi qu’il en soit, je sortit dans notre jardin avec ma boite.
Une fois j’avais été à Floraville avec maman pour aller chercher des baies et des graines. Et la ville était magnifique. Mais lorsque je voyais notre jardin, je me disais que Floraville, franchement, ce n’était rien du tout à côté.
Il y avait des fleurs partout, et leurs parfums m’enivraient. J’adorais cet endroit. Je voulais vivre ici, à Verchamps, jusqu’à la fin de mes jours. Vendre des fleurs, et vivre, tout simplement.
Je ne savais pas que mon rêve serait à ce point chambouler par cette lettre de mon père.
Je m’installais à l’ombre d’un arbre, et après avoir tourné la boite en carton dans tout les sens, je me décidais enfin à l’ouvrir.
 
Une pokeball.
Et une petite enveloppe.
J’ouvris l’enveloppe. C’était toujours l’écriture de mon père. Je la reconnaîtrais entre milles cette écriture.  Il y avait juste quelques mots griffonnés à la va vite.
 
Ce n’est qu’un outil. Utilise le et jette le dans le lac Savoir quand tu n’en auras plus besoin.
 
Vraiment, c’était très bizarre. Surtout venant de mon père. Je ne comprenais pas pourquoi il traitait ce pokémon d’outil. Mais d’ailleurs, c’était quoi ce pokémon dans cette pokeball ?
Je frissonnais rien qu’en y pensant.
Connaissant mon père, il avait dû trouver un de ses pokémon préférés et me l’envoyer. Mais assez bizarrement, je n’avais pas très envie de savoir ce qu’il y avait dedans. De toute façon, il fallait que je lui ramène. C’était le sien, et j’étais bien incapable d’utiliser un pokémon.
 
Une fois, mon père a cru bon de m’offrir un pokémon. Il pensait que j’allais devenir dresseur, ou quelque chose comme ça. C’était un Cornebre.
Le problème, c’est que j’en avais une peur bleue et j’en faisais même des cauchemars. Je ne sais pas pourquoi, mais il me terrifiait. Pourtant il n’avait rien de méchant. Au contraire.
Mais je ne pouvais pas.
Alors mon père à récupéré le pokémon, et il l’a gardé pour lui. Ce jour là, il avait l’air déçut.
 
Le soleil brillait plus fort qu’à l’accoutumée ce jour là. Je remontais très vite dans ma chambre et je savais que si je le faisais, je ne pourrais pas revenir en arrière.
J’avais prit mon sac. Je l’avais vidé de tout ce qui était inutile et j’étais descendue en trombe dans la cuisine.
Je fouillais rapidement dans les placards, bourrant mon sac de cookies, de brioches, de gâteaux secs et d’une grande bouteille d’eau. Je fourrais la pokeball et les lettres de mon père avec.
Ma mère était au magasin à cette heure ci. Rapidement, je lui griffonnais un mot d’explications, que j’accrochais sur le frigidaire avec un aimant en forme de cœur.  J’espérais juste qu’elle ne s’inquiéterait pas comme une dingue. De toute façon, je serais rapidement de retour.
Enfin, c’est ce que je pensais très fort en prenant la direction de la sortie de Verchamps. La route 213 m’ouvrait grand les bras, et avec elle, son lot de rencontre imprévues et de problème. Mais ça, je ne le savais pas encore.


Chapitre 2


L'air était frais. Je me sentais plutôt bien ici. De la verdure à volonté, des fleurs odorantes, des arbres fruitier. Et je n'avais pas marché une heure.
Souvent il m'arrivait de sortir de Verchamps pour me promener aux alentours. Et à chaque fois que je me faisais attraper par ma mère, elle me passait un de ses savons. Je me demande bien ce qu'elle pensera quand elle comprendra que je suis partie. Et surtout, qu'elle ce qu'elle me réservera comme punition quand je rentrerais...
C'est avec cette pensée en tête que je sortis un cookies de mon sac. J'adore les cookies. Ils peuvent être au chocolat, au caramel, avec des morceaux de noix ou de la vanille, très franchement, ça ne me dérange pas le moins du monde. J'adore ça et je pourrais en manger jusqu'à en être malade.
Le soleil me réchauffe de sa douce chaleur. Si je ne devais pas rendre cette pokéball, je me serais bien fait un pique nique ici. Peut être quand je reviendrais, avec mon père.
Non... En fait je devrais laisser tomber cette idée.
Les sorties en famille, ce n’est pas vraiment le truc de mon père. Je dirais même que c'est sa bête noire en fait. D'ailleurs je me suis toujours demandé ce que maman lui avait trouvé de si bien pour qu'elle finisse par l'épouser. J'ai du lui poser la question, une fois. Je crois bien qu'elle m’avait envoyé balader.
"On ne pose pas ce genre de questions à sa mère !"
Mais bien sûr.
J'avais tenté de la poser à mon père aussi. Mais il avait l'art et la manière de détourner la conversation comme ce n’est pas permis. En lui posant la question, je me suis retrouvée à écouter ses déblatérations sur les pokémon spectres. Comment avait-il réussit à passer ainsi du coq à l'âne ? Je n'en avais aucune idée, mais ce qui était sûr et certain, c'est que si mon père était un pokémon, "détournement de conversation" serait son attaque préférée.
 
Je voyais quelques pokémon non loin du chemin. Il y avait quelques Aspicots qui étaient repartit en me voyant, deux Chenipans se battaient pour quelques feuilles, et des Papillusions voletaient près des fleurs.
Si j'avais été un dresseur, je pense que je ne me serais pas gênée pour les capturer. Mais je ne serais pas dresseur, jamais. Je trouvais ça un peu égoïste de capturer des créatures qui n'avaient rien demandé à personne. Et pire encore, les entraîner pour se battre contre leurs congénères. Non, vraiment, c'était cruel.
En y repensant, il y avait de grandes chances pour que j'en rencontre, des dresseurs pokémon. Mais aussi des personnes qui voulaient devenir champions de la ligue Sinnoh. La ligue ! Quelle bonne blague. A Verchamps, déjà qu’on n’était pas beaucoup d'enfants, mais cette histoire de ligues les as tous fait partir sur les routes. Et si certains sont revenus bredouilles, d'autres n'avaient pas eut cette chance.
 
Odette était partie il y a deux ans. Elle était ma meilleure amie. Ses parents lui avaient offert un Tiplouf pour son anniversaire. Assez bizarrement, Tiplouf ne me faisait pas peur. Au contraire. J’adorais ce pokémon. Et Odette aussi.
Ils formaient une sacrée paire tout les deux.
Et un jour, Odette à décidé de participer au championnat de la ligue Sinnoh. Elle était partie, avait l'accord de ses parents, Tiplouf à ses côtés. Je lui avait fait promettre de m'écrire aussi souvent qu'elle pouvait, et on avait décidé de faire une grande fête si elle réussirait. On n'avait treize ans toutes les deux, et des rêves plein la tête.
Des gamines qui n'y connaissaient rien à la vie surtout.
Je suis restée à Verchamps, attendant désespéramment des nouvelles d'Odette. J'ai finit par en avoir de ses nouvelles, oui. Mais jamais je n'ai reçut les lettres promises. Jamais.
Odette avait été retrouvée, quelques mois après son départ, au fond d'un ravin, sur le mont Couronné. Elle avait été tellement meurtrie qu'elle en était méconnaissable. Beaucoup pensent que c'était un bête accident, qu'elle a voulut franchir le mont Couronné par ses propres moyens, qu'elle a glissé et qu'elle s'est tuée.
Je ne sais pas si c'est ce qui s'est passé.
La seule chose qui était sûre, c'est qu'elle était morte en tentant de réaliser son rêve. La ligue Sinnoh ne verrait jamais Odette avec son Tiplouf. D'ailleurs, quand j'y repense, son Tiplouf n'a jamais été retrouvé. Il a dû s'enfuir, et retrouver la liberté.
En tout cas, il doit être heureux là où il est maintenant.
Et il n'y avait pas que Odette qui n'était pas revenue. Il y avait aussi Alvin, et son petit frère Nico. Ils étaient partit ensemble avec leurs pokémon respectifs, un Kaiminus et un Marill. Personne ne les as jamais revu non plus. Ils étaient partit quelques semaines avant Odette, mais pire, on ne sait toujours pas ce qu'ils sont devenus. Est ce qu'ils ont trouvé la mort bêtement eux aussi ? Est ce qu'ils sont trop occupés pour écrire à leurs parents et les rassurer ? Je ne crois pas...
Ils doivent être morts tout les deux. Un jour peut être, on retrouvera leur corps, coincé dans un quelconque ravin ou fossé, à moitié dévorés par les vers, et leurs parents pleureront toutes les larmes de leur corps. C'est la seule issue possible pour eux, j'en ai bien peur.
En y repensant, il n'y a pas beaucoup de dresseurs de pokémon qui sont venus défier Lovis, le champion de l'arène de Verchamps. Et sur ceux qui sont venus, je n'en ai pas vu repartir un seul avec le badge Palustre.
 
Repenser à tout cela me fait frissonner. J'avais peur à présent.
Il me suffisait tout simplement de me retourner et de prendre le chemin inverse, de rentrer à la maison et de rejoindre ma mère. Mais non. Je ne sais même pas ce qui me poussait à continuer. Je ne savais même pas quel pokémon mon père m'avait envoyé. Je ne le savais pas, et je n'avais vraiment pas envie de le savoir.
Je sortis la pokéball de ma poche pour la regarder d'un peu plus près. Une simple pokéball, rouge et blanche. Sûrement un pokémon spectre ou ténèbre.
Sûrement.
Si jamais il m'arrivait quelque chose, je ne sais même pas si j'aurais la force ou le courage d'utiliser ce pokémon. Et je ne sais pas plus si je réussirais à lui donner des ordres comme tout bon dresseur pokémon.
Je ne voulais pas être dresseur, mais pour ce voyage, je crois bien que je n’aurais pas le choix si l'occasion s'en présentait. Heureusement pour moi, j'avais un père en savait tellement que j'avais été bercé depuis ma plus tendre enfance par ses déblatérations sur les pokémon.
 
J'en étais à mon troisième ou quatrième cookies déjà. Il fallait que je me calme et que je ne finisse pas le paquet d'une seule traite. J'avais un peu d'argent de poche, mais ce n'était vraiment qu'en cas d'absolue nécessité.
Je rangeais donc le paquet dans mon sac avant d'y sortir une carte. J'avais toujours une carte sur moi, parce que mon sens de l'orientation était réputé pour être inexistant. Je me trouvais donc sur la route 213. Si je continuais, je finirais par tomber sur la route 210. C'est du côté de cette dernière que se trouve le lac Courage.
Je voulais y faire un détour, quitte à perdre un peu de temps.
 
Le lac Courage était un rempli d'eau. Mais c'était il y a un paquet d'année. Aujourd’hui, en guise de lac, ce ne sont que des eaux peu profondes et boueuses. Je n'ai jamais su comment le lac Courage avait finit par être asséché.
J'y avais été plusieurs fois, petite, accompagnant mon père pour ses recherches dont il ne cessait de me rabattre les oreilles. Savoir ce qui avait pu se passer pour le lac soit asséché ainsi devait le titiller, parce que nous y sommes revenus plusieurs fois. Mais je crois bien qu'il n'a jamais eut la réponse. Il me parlait d'un pokémon soit disant légendaire qui aurait pour être à la cause de ce problème. Un certain Créfadet d'après lui. Mais même si j’étais encore une enfant, je n'avais jamais cru à ses sornettes de pokémon légendaires. Tout comme cette histoire de pokémon maudits. C'était complètement idiot de sa part.
Mais il était comme ça, et personne n'aurait pu le changer.
 
Rapidement, en continuant mon chemin, la verdure laissa la place à quelques bâtiments que je contournais rapidement. Il y avait des gens aussi, mais je ne voulais vraiment pas perdre du temps ici. Je préférais le perdre au lac Courage, à ressasser le passé. J'étais concentrée sur ma carte, essayant de ne pas perdre le nord. La route 214 se trouvait non loin de là. Je me précipitais donc d'un pas rapide dans cette direction.
 
La route 214. Je n'ai jamais compris pourquoi on avait décidés de nommer les routes par des simples numéros. Personnellement, si on avait appelé la route 213 "route des marais", "route de Verchamps", ou "route Palustre", ça ne m'aurait pas dérangée. En plus, j'aurais trouvé ça joli. Et je suis sûre et certaine que je ne serais pas la seule à penser ça. 
Un panneau indiquait que le lac Courage ne se trouvait pas très loin. Je laissais donc tomber la route 214 pour le moment.


Dernière édition par Crayonne le Ven 7 Mar - 12:30 (2014); édité 1 fois
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Message Posté le : Ven 7 Mar - 10:27 (2014)    Sujet du message : Publicité

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Crayonne
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Message Posté le : Ven 7 Mar - 10:32 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 3


Le lac Courage était toujours aussi asséché quand j'étais arrivée. Je ne sais pas pourquoi, mais j'espérais quand même que ce n'étais pas le cas. J'aimais beaucoup cet endroit. Il représentait pas mal de souvenirs pour moi. Des souvenirs avec mon père.
 
Je le revoyais faire ses calculs bizarres, prendre des échantillons pour les ramener à la maison, et il ramenait toujours quelques livres avec lui. Moi, j'en profitais surtout pour m'amuser.
Je cherchais des trésors, je creusais dans ce qui avait été autrefois un lac, ramassant quelques galets colorés et d'autres coquillages sans grande importance. Ca m'amusait, c'est tout. J'en ramenais toujours à la maison, au grand désespoir de ma mère.
 
Il n'y avait personne par ici. Déjà à l'époque, à partir du moment ou le lac s'est retrouvé sans eau, plus personne ne venait. Je trouvais ça dommage, car malgré ça, l'endroit gardait un peu de son charme.
Je m'asseyait un peu à l'ombre d'un arbre et sortit ma carte. La région de Sinnoh n'était pas très grande, mais je ne voulais pas me perdre. Et me connaissant, moi et mon superbe sens de l'orientation... Ma prochaine étape allait donc être Voilaroc. Je ferait une pause en arrivant là bas puis je prendrais les routes 215 et 210 afin de rejoindre Céléstia. C'était le chemin le plus rapide que je pouvais prendre. Bien entendu, à ce moment là, je n'étais au courant de rien...
Je rangeais ma carte dans mon sac, et sortit ma bouteille d'eau pour boire un peu. J'avais soif et le soleil était bien haut dans le ciel. Ca pour faire chaud, il faisait chaud. 
 
Je me demandais souvent quelles étaient les créatures qui habitaient ce lac avant la catastrophe. Des pokémon, c'était sûr, mais lesquels ?
Je laissais donc mon esprit vagabonder au rythme de mes questions inutiles, quand j'entendis une voix derrière moi.
 "Hey ! Regardez ! Y'a une fille ici !"
 Je me retournais vivement et aperçut trois garçons. Ils étaient plus âgés que moi, et semblaient être des dresseurs en vadrouille à voir les pokéballs attachés à leurs ceintures. Ils en avaient chacun deux. Leurs regards étaient des plus étranges. Ils me regardaient comme si... Comme si ils allaient me manger !
Mais je retirais rapidement cette idée de ma tête : sérieusement, il fallait que j'arrête de me faire des idées toutes faites !
Le premier des garçons était grand. Il devait me dépasser d'au moins une vingtaine de centimètres. Si ce n'était plus... Il avait des cheveux longs, retenus en arrière par une queue de cheval. Ils brillaient dans la lumière avec leur couleur dorée. Son regards bleu était posé sur moi, mais ce n'était pas ce que j'appellerais un regard bienveillant.
Le second, à l'inverse, était petit. Il devait faire ma taille. De grosses lunettes cachaient son regard, et je ne pouvais savoir où se posaient ses yeux à cet instant. Ses cheveux ébouriffés et très bruns battaient le rythme du vent. Il n'y avait aucune trace de sentiment sur son visage. Je ne pouvais même pas savoir ce qu'il pensait en ce moment, et à part lui, qui le savait ?
Le dernier était grand. Moins que le premier, mais il me dépassait largement. Son sourire carnassier me faisait peur. Et son regard noir aussi. Il avait une coupe obole, couleur ébène.
Je frissonnais.
 "T'es dresseuse de pokémon ?"
 C'était la voix du premier. La même que tu à l'heure. Je secouais négativement la tête, peu rassurée. Le second me demanda :
"Tu participe à la ligue Sinnoh ?"
Seconde réponse négative. Il continua.
 "On vient de la région Jotho, d'un patelin paumé. Bourg Géon. Mais tu ne dois pas connaître. Tu rates rien de toute façon..."
 Je m'étais relevée, doucement. J'allais prendre mon sac quand le grand m'attrapa les poignets. J'étais tétanisée. Avec un grand sourire, il s'adressa à ses amis.
 "Ca fait longtemps qu'on s'est pas amusés. Et malheureusement pour toi ma jolie, tu vas en faire les frais !"
 J'avais peur. Je voulais mourir, là, tout de suite. Me cacher sous terre et ne plus revenir à la surface. Je voulais que tout çà ne sois qu'un vilain cauchemar, que ce ne soit qu'un simple rêve, que je me réveille.
Mais non.
C'était la triste réalité.
Je fus violemment rejeté au sol, et le grand me tenait toujours les poignets. Le petit s'était rapproché et me maintenait les jambes. Je ne savais pas ce qu'ils voulaient faire de moi et je ne voulais même pas le savoir. Je ne voulais pas !
Je repensais à cet instant à ma mère, qui devait être morte d'inquiétude, à mon père, que je ne reverrais jamais, à mes amis, à Odette...
Je ne voulait pas finit comme Odette, morte. Retrouvée dans un fossé, sans vie. Je ne voulais pas ! Non !
"Tiens la bien, elle s'agite cette garce !" 
Le troisième fouillait dans mon sac. Il vida tout son contenu par terre et la pokéball roula sur le sol.
"La vilaine ! Regardez ce que j'ai trouvé dans son sac les mecs ! Elle est dresseuse en fait !" 
C'était la pokéball que papa m'avait envoyé. Quand j'ai vu ce garçon la prendre dans sa main, j'ai commencé à pleurer.
"Faut la punir cette vilaine menteuse ! Et je sais quelle punition la fera regretter !" 
Le troisième lâcha ma pokéball sur le sol. Elle roula près de ma jambe. Je continuais à me débattre, espérant... Mais espérant quoi ?
Il s'approchait de moi maintenant. Un large sourire illuminait son visage et il se passa la langue sur les lèvres, comme un prédateur qui allait dévorer sa proie. De ses mains, il déboutonna doucement son pantalon.
 "Je vais te faire passer l'envie de mentir. T'as intérêt à savoir utiliser ta langue petite garce !"
 Je tremblais de peur. Les larmes brouillaient ma vue. J'allais être le jouet de ces trois types. Et une fois qu'ils auraient finit, qu'est ce qu'ils feraient de moi ? Ils me tueraient ?  J'allais être enterrée quelque part, ou pire encore, balancée dans la vase et la boue du lac Courage, sans espoir que quelqu'un me retrouve un jour.
Les seuls mots qui me traversaient l'esprit à cet instant étaient que j'allais mourir. J'allais mourir misérablement. J'allais mourir après que ces trois brutes me soient passées dessus pour se soulager. J'allais mourir parce que j'avais été stupide d'entreprendre ce voyage. J'allais mourir parce que j'avais été idiote.
 
Je fermais les yeux, ce fut le noir complet.
Le noir et les ténèbres qui m'envahissaient. Le froid et la mort qui m'attendaient.
Ce n’était pas désagréable. Si c'était ça de mourir, alors c'était apaisant. Je me rappelais des bons moments que j'avais passé avec maman et papa, et Odette. J'allais rejoindre Odette.
La mort m'emportait dans ses bras, j'en étais sûre et certaine.
 
Lorsque j'avais ouvert les yeux, c'était pour m'apercevoir que les trois dresseurs étaient à terre. Ma vue était encore brouillée. Je me relevais donc doucement afin de ne pas tomber.
Mais mes jambes me lâchèrent au moment ou je regardais tout autour de moi.
Les trois garçons étaient à terre, d'accord, mais dans quel état !
Je rendis le peu que j'avais avalé, les larmes montaient et un hoquet de dégoût me prit à la gorge. Ils étaient morts. Ils avaient été tués. Pire que ça : ils avaient été massacrés.
Le grand gisait à terre, la gorge à moitié sectionnée. Son regard était vide à présent. Ses mains étaient posées sur sa gorge, comme si, dans les dernières minutes de sa vie, il avait cherché à arrêter l'hémorragie fatale.
Le petit était un peu plus loin. Il avait apparemment essayé de s'enfuir et une énorme entaille verticale traversait son dos. Son visage inexpressif était tourné vers la terre.
Le dernier avait carrément été décapité. Sa tête avait roulée non loin de son corps, et il abordait toujours un large sourire.
C'était ignoble. Je ramassait rapidement mes affaires et les remettaient dans mon sac. Je n'avais qu'une seule envie : fuir cet endroit le plus rapidement possible.
Je me relevais très vite, mon coeur battait à tout rompre. Je crus même qu’il allait exploser dans ma poitrine. Je m'étais mise à courir vers la route 214, voulant échapper à cet enfer, à ce mauvais rêve. Je ne voulais pas me retourner. J'avais trop peur de les revoir, baignant dans leur sang. Rien qu'a cette idée, je manquait de vomir à nouveau et dû ralentir ma cadence. Le problème, c'est que ça ne loupa pas : je m'arrêtais une fois arrivée à la route 214, me maintenait à un arbre pour ne pas tomber et me remis à vomir le peu qu'il restait. Une voix retentit derrière moi.
 "Est ce que ça va ?"


Chapitre 4


"Est ce que ça va ?"
Une voix de garçon. Je tremblais à nouveau avant de me tourner vers celui qui venait de parler. C'était un garçon plus grand que moi, aux cheveux courts et blonds, ébouriffés dans tout les sens. Deux grands yeux couleurs chocolat, brillants dans la lumière du soleil. Une peau légèrement brune, qui faisait honte à mon teint de cachet d'aspirine.  
Je tremblais malgré tout. J'avais peur. Je venais de passer un très mauvais moment avec trois types, et un quatrième apparaissait devant moi après le massacre des autres. Je reculais, prête à partir en courant.
"Mais tu saignes !"
Il montra mon bras gauche en disant cela. Je regardais : c'était vrai. En tombant ou en me débattant, je ne sais plus trop, je m'étais fait une vilaine coupure. Ce n’était pas bien grave, mais ça saignait quand même. Je n'avais rien dans mon sac pour ce genre de choses.
Le garçon enleva son sac à dos. Il était énorme et bourré à craquer ! Il en sortit un bandage et du désinfectant.
"Je vais m'en occuper."
Il s'approcha de moi mais je reculais, ce qui le surpris.
"Je ne vais pas te manger tu sais."
Je décidais donc de lui faire confiance. Il était seul, et si jamais il essayait quoi que se soit, je pense que j'aurais réussit à prendre la fuite après lui avoir asséné un gros coup dans les valseuses. Je lui tendais donc mon bras. Je dis mon bras mais on aurait plutôt dis une allumette tellement il était fin.
La brûlure du désinfectant m'arracha un petit cri de douleur. Très vite, il déroula le bandage autour de mon bras. Il avait déjà dû faire ça par le passé, plusieurs fois peut être.
"Comment est ce que tu t'es fais ça ? Tu t'es cassé la figure ?"
Je secouait la tête négativement et lui adressa enfin la parole.
"Non... C'est juste que... C'est pas important..."
Un petit sourire illumina son visage. Il me tendit sa main.
"Je m'appelle Dean. Je parcours la région parce que je participe à la ligue Sinnoh. Ca fait quelques mois déjà que je suis parti de Charbourg. J'ai d'ailleurs mis une bonne raclée à Pierrick et j'ai récupéré mon premier badge. J'ai voyagé depuis, et j'en ai récupéré d'autres regardes !"
Il me montrait ses différents badges, glanés un peu partout contre les champions d'arènes de la ligue. Je n'osais pas lui dire que je n'en avais pas grand chose à faire. Il était tellement adorable à me parler de ces combats menés avec acharnement pour obtenir ses badges. Il en avait déjà trois, ce qui était bien.
Mais d'après mes souvenirs, c'était huit badges qu'il fallait récupérer pour avoir le droit d'affronter le conseil des quatre, puis le grand champion de la ligue.
Je l'écoutais donc à moitié quand il me demanda :
"Je parle, je parle, mais toi tu n'as pas dis un seul mot ! Comment tu t'appelles ?
- Ancolie..."
Un autre sourire illumina son visage.
"C'est très joli comme prénom, ça viens d'où ?
- C'est un nom de fleur. Avec ma mère, on s'occupe d'un grand magasin de fleurs à Verchamps.
- Alors... Tu es partie pour devenir championne de la ligue Sinnoh ?"
J'éclatais de rire.
"Non non. Je ne serais pas capable de faire une bonne rivale de toute façon. En plus je suis incapable de contrôler un pokémon correctement si tu vois ce que je veux dire.
- Tu n'aimes pas les pokémon ?
- Ce n'est pas ça, c'est juste que je n’ai pas assez d'affinités avec eux.
- Alors qu'est ce que tu fais toute seule sur la route 214 ? J'ai entendu dire qu'il y'avait un groupe de dresseur qui rôdaient et qui attaquaient les jeunes fille toute seules."
Il voulait sûrement parler des trois types qui m'avait agressée au lac Courage. Je frissonnais en y repensant.
"Je... Je dois aller au lac Savoir pour... Hum. J'ai quelque chose d'important à faire là bas.
- Très bien. Tu veux que je t'accompagne jusqu'à Célestia ? Ensuite tu n'auras qu'à continuer au nord jusqu'au lac. Et puis je serais là pour t'escorter. Avec moi, il ne t'arrivera rien !"
Dean était vraiment un garçon amusant. Un grand rêveur en fait, avec un coeur énorme. Enfin, c'est l'impression qu'il me donnait. J'acceptais donc sa proposition avec plaisir. Avoir un compagnon de route avec qui parler m’aiderait peut être à oublier les choses affreuses dont j'avais été témoin.
 
"Tu n'as jamais eu de pokémon ?"
Dean me posa la question tendit que nous marchions en direction de la ville de Voilaroc. La route 214 était en ligne droite, mais elle était vraiment très longue. La verdure était très présente, mais je n'avais pas encore revu de pokémon depuis l'incident du lac Courage.
"J'ai déjà eu un Cornèbre une fois."
Dean sautait littéralement sur place.
"C'est génial ! Y'en a beaucoup qui disent que les Cornèbres portent malheur, mais je n'y crois pas du tout ! Ce sont des pokémon de type Ténèbres vraiment adorables. J'aimerai en capturer un une fois. Excuse moi, je t'ai coupé la parole...
- C'est pas grave...
- Et qu'est ce qu'il est devenu ton Cornèbre ?
- J'étais toute petite à l'époque. C'est mon père qui me l’avait offert, mais j'en avais une peur bleue. Finalement, c'est mon père qui l'a gardé pour lui."
Je sentis mon coeur se serrer en parlant de mon père. Ma mine était attristée, et Dean le remarqua tout de suite.
"Il est arrivé quelque chose à ton père ?"
Je sentais mes larmes monter doucement. J'avais la gorge nouée. J'allais lui répondre quand il me posa son index sur mes lèvres. Il avait perdu son air joyeux, et semblait beaucoup plus sérieux, ce qui n'enlevait rien à son charme.
"Tu n'es pas obligée de me répondre. Si ça te rend triste, je préfère ne pas le savoir."
J'avais sentit mes joues s'empourprer d'un seul coup. Mon cœur battait la chamade. Dean était vraiment quelqu’un d’étrange pour moi. Étrange dans le sens… Hum, je ne saurais pas expliquer ça. Disons que je me sentais bien avec lui. C’est ça qui était bizarre.
« Bon, Ancolie, il nous reste quelques heures avant que la nuit ne nous tombe dessus. Ce serait bien si on arrivait à Voilaroc avant. On n’aurait pas à passer la nuit à la belle étoile.
- Tu penses que c’est encore loin ?
- Je ne crois pas, mais il faudrait quand même qu’on se dépêche un minimum. »
Se dépêcher. J’étais fatiguée comme pas permis et je ne rêvais que d’une seule chose : dormir au fond de mon lit, avec ma couette par-dessus, bien au chaud dans ma chambre. Mais ce n’était pas se soir que j’y dormirais, dans ma chambre. Je frissonnais à nouveau, et Dean le remarqua.
« Tu as froid ?
- Non, c’est juste des frissons. Ca m’arrive de temps en temps.   
- Si tu as froid, je peu te prêter mon écharpe. »
Décidément, Dean était un garçon avec le cœur sur la main. Ca me faisait plaisir qu’il me propose son écharpe, mais ça allait. Rien que sa gentillesse me réchauffait le cœur, et c’était déjà vraiment bien.
«  C’est très gentil Dean, mais pour le moment, je n’en ai vraiment pas besoin.
- Si je te vois trembler encore comme une feuille, je te la mettrais de force si il le faut ! »
Nous nous étions mis à rire tout les deux.
Nous étions sur la route vers Voilaroc, et après des moments horribles, je trouvais enfin quelqu’un de digne de confiance et avec qui j’allais passer une partie de mon voyage.
Mon cœur continuait à battre bizarrement dans ma poitrine, et il fallait que je commence à me faire une raison : j’allais sérieusement tomber amoureuse de ce garçon.


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 10:33 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 5


Nous avions atteint notre but en fin d’après midi.
Voilaroc était une ville immense par rapport à Verchamps. Il y avait même un casino et un grand centre commercial. Un grand bâtiment aux couleurs bleu foncée trônait fièrement là. D’après le panneau, il s’agissait d’un bâtiment de la Team Galaxie. Je ne savais pas ce qu’était cette association, et je ne cherchais pas plus que ça à le savoir. 
Dean s’était précipité directement vers l’arène. Je l’avais suivi, avec un peu de mal tant il allait vite.
« Est-ce que tu pourrais m’attendre au moins ?
- Désolé Ancolie. Mais je suis tellement excité par ce match ! Je vais me battre contre le champion de l’arène de Voilaroc et je gagnerai mon quatrième badge ! »
Il était complètement partit dans ses rêves de gloire. J’en soupirait d’ennui tendit qu’il continuait à déblatérer ses idioties de ligue et de championnat.
Nous entrions tout deux dans l’arène, et furent accueillit par un homme en uniforme. Sûrement l’une des personnes qui s’occupait de la régulation des personnes qui combattait le champion.
« Bonjour à vous. Je suppose que vous êtes là pour vous battre contre le champion et tenter de gagner le badge Pavé. Quels sont vos noms, prénoms et âge je vous prie ? Si vous avez moins de seize ans, il vous faut une autorisation écrite de vos parents. »
J’allais gentiment expliquer que je ne participerais pas à ce match, mais Dean ne me laissa pas le temps de parler.
« Dean Craven, dix sept ans. Quand est ce que commence le match ? »
Il avait donc deux ans de plus que moi ? Un peu surprise, ce fut l’homme en uniforme qui me sortit de ma rêverie.
« Et vous mademoiselle ?
- Moi ? Ancolie Freesia, j’ai quinze ans.
- Vous avez une autorisation de vos parents pour participer à ce match contre le champion d’arène ? »
Je secouais la tête de droite à gauche, rouge comme une pivoine.
« Non non non ! Je ne participerais pas à ce match, j’accompagne juste mon ami. »
Le régulateur me lança un sourire et m’invita à prendre place dans la salle des spectateurs. Je me retournais vers Dean et lui lança un énorme sourire.
« Tu vas gagner ! »
Je lui avait dis ça, mais je ne savais même pas quelles étaient ses réelles capacités en la matière. Il avait gagné trois badges, certes, mais je n’avais jamais assisté à ses combats. Et je ne savais même pas quels pokémon il utilisait.
Mais il faut croire que ma phrase lui avait fait plaisir, parce qu’il me lança lui aussi un large sourire, levant le pouce comme si ce combat était déjà gagné d’avance.
 
Je m’installais donc dans une salle ou j’avais une excellente vue sur le terrain de combat. Le champion de Voilaroc était donc une championne. Elle était déjà en piste, faisant de grands gestes pour saluer la foule, enfin, si on peut appeler une dizaine de personnes une foule, qui était là.
Un haut parleur annonça le match.
« La championne de l’arène Voilaroc, Mélina, va affronter le dresseur de Charbourg, Dean Craven. Que les deux participants se prépare et fasse appel à leur premier pokémon ! »
Mélina semblait toute droit sortie d’un film d’action. Des cheveux courts, teints d’une couleur rose d’assez mauvais goût, grande et fine. Elle sautillait un peu partout, donnant des coups dans le vide. J’imaginais sans peine quelle était la spécialité de ses pokémon.
Dean s’était calmé. Il avait même plutôt l’air anxieux. Je lui fis un grand signe mais il ne me remarqua pas. Il sortit une Pokéball de sa poche et celle-ci roula sur le sol, laissant apparaître un Skitty. C’était une sorte de chat à la fourrure rose. J’étais assez impressionnée par le fait que Dean ait pu dresser un pokémon pareil. D’après les livres que j’ai lu, ce pokémon a beaucoup de mal à faire confiance aux humains, et en dresser un relevait presque du miracle.
Par contre, Dean allait se faire avoir si Mélina utilisait des pokémon de type combat.
Ce qui ne loupa pas.
La championne fit appel à un Meditikka. Autant je trouvais le Skitty de Dean très mignon, autant le Meditikka de Mélina me faisait une drôle d’impression. C’était un pokémon mêlant les style combat et psy. Le Skitty de Dean allait se prendre une raclée.
Je fermais les yeux pour ne pas voir ce qui allait se passer.
J’entendis des cris, des applaudissements, et en ouvrant les yeux, je vis le pauvre pokémon de Dean au sol. Ce dernier le rappela et fit appel à un Lixy. Ce dernier chargea immédiatement le Meditikka de Mélina qui n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit. Il enchaîna directement avec une technique Etincelle qui blessa dangereusement le pokémon de la championne qui le rappela. Elle fit alors appel à un Machopeur.
Je me relevait alors et prit la sortie de l’arène. Je ne voulais pas assister à ce match. Je trouvais cela idiot et cruel. Les pokémon allaient être blessés parce que leurs propriétaires le désiraient. Je voulais voir comment se débrouillait Dean, mais je ne pouvait vraiment pas rester là à regarder le massacre.
J’espérais que les pauvres Skitty et Meditikka n’avaient pas trop soufferts dans la bataille. Mais bon, j’étais vraiment trop sensible. Jamais je ne deviendrais dresseur, et de toute façon, ça ne m’intéressait pas.
Je n’étais pas aussi forte que Dean ou que Mélina.
 
Je sortit de l’arène et respira à grandes bouffées l’air frais.
La nuit allait bientôt tomber. Et il fallait que je trouve un endroit ou dormir. Enfin, que nous trouvions un endroit. Dean était mon garde du corps. Tout du moins jusqu’à Célestia. Après, il ne me resterait pas grand-chose à parcourir, mais je le ferais seule.
Dean retournerais sur les routes, à la recherche de pokémon, se battant pour gagner des badges. Si il était assez fort, il pourrait même vaincre le fameux conseil des quatre et se battre contre le champion actuel de la ligue. Je ne savais pas qui étais le champion actuel, ils changeaient tellement souvent.
« Salut ! Tu es là pour te battre contre le champion de l’arène ? »
Un garçon venait de m’adresser la parole. Je me tournais vers lui pour lui répondre, tout en le détaillant un peu. Grand, la peau légèrement dorée, des cheveux noir, deux grands yeux qui l’étaient tout autant. Un large sourire sur le visage. Un dresseur sans doute, vu qu’à sa ceinture pendaient quatre Pokéball.
 « Non, je ne participe pas à ce genre de match.
- C’est dommage, une aussi jolie fille… Je t’aurais donné quelques conseils vu que je l’ai battu ce matin. Et que j’ai gagné le badge Pavé. Et tu es toute seule si ce n’est pas très indiscret ?
- Non, je suis venue ici avec… »
Je n’avais même pas eu le temps de finir ma phrase que derrière moi, les gens qui étaient venus voir le match ressortaient. L’un d’entre eux me bouscula et je crus que j’allais tomber sur le sol la tête la première.
Je n’avais pas pensé que le garçon me rattraperait.
Son visage s’était retrouvé si prêt du mien qu’il a dû voir que je rougissait comme une tomate. Ca avait l’air de l’amuser. Il me demanda doucement.
« Est-ce que ça va ? Pas de bobo ? »
Je me relevais et reculais presque immédiatement, lui tenant des remerciements confus. J’étais complètement désarçonnée par ce garçon. A cet instant, je me suis dis que j’avais un véritable cœur d’artichaut, bien que je détestais manger les artichauts.
Le garçon me prit doucement la main, et me regardant droit dans les yeux, me demanda :
« Comment tu t’appelles ? »
Rouge, je détournais la tête pour ne pas voir son regard.
« Ancolie…
- Ancolie ? C’est un nom de fleur, c’est joli. »
Ce n’était pas la première fois que j’entendais ça. Tout le monde trouvait que mon prénom était joli. Il n’y avait que mon père pour me dire le contraire. En même temps, si ma mère lui avait laissé le choix, il m’aurait donné un nom bizarre, comme Ghost, ou alors Dark. J’en aurais eu tellement honte que je me serait caché sous terre au fin fond d’une grotte pour ne plus jamais avoir affaire à des gens.  
« Moi c’est Garett. Je parcours la région afin de récupérer les badges des champions d’arène. Tu dois déjà avoir entendu parler de la ligue Sinnoh… »
Oui, j’en avais déjà entendu parler. A maintes reprises par le passé. Et encore aujourd’hui d’ailleurs.
J’acquiesçais silencieusement.
A nouveau il rapprocha son visage du mien.
« Ancolie, est ce que ça te dirais de faire le voyage avec moi ?
- Le voyage ?
- M’accompagner sur les chemins jusqu’à la route victoire.
- Mais Garett, je… »
 
« Laisse là tranquille Garett ! »
Je sursautais. Cette voix, c’était celle de…
« Dean ! Ca faisait longtemps dis donc ! T’as réussi à gagner ton quatrième badge alors ? Ou tu t’es fais laminé comme une merde ? »
Dean venait de sortir de l’arène. Il avait l’air fatigué, mais surtout, en colère. Et il connaissait Garett, aussi étrange que cela puisse paraître.
« J’ai gagné mon badge Pavé bien entendu ! T’as crus quoi ? »
Les deux garçons se faisaient face à présent. Leur discussion portait à présent sur ma personne.
« Depuis quand tu connais une fille aussi mignonne Dean ? A moins qu’elle ne t’ait prise en pitié, je ne vois que ça !
- Tu fiches la paix à Ancolie ou je te colle une baffe ! C’est ce que tu veux ?
- Oh, Dean ! Elle allait justement me dire qu’elle venait avec moi, et tu as brisé cet instant magique ! »
Garett s’était mis à rire. Je ne pu m’empêcher de répondre.
« Mais c’est faux ! Je n’ai jamais dis que je partirais avec toi ! »
Le garçon me regarda à nouveau, malicieusement, un grand sourire aux lèvres.
« C’est vraiment dommage… Mais peut être qu’un jour tu changeras d’avis ma petite Ancolie. »
En disant cela, il m’embrassa rapidement sur la joue, sous les yeux médusé de Dean qui resta là sans rien faire. Garett repartit d’où il était venu, et je su que nous le reverrions rapidement.
Je me retournais donc vers Dean et le félicita pour sa victoire sur Mélina, ce qui sembla lui rendre son sourire. Comme j’avais raté une partie du match, il s’époumona à me la raconter. Je l’écoutais distraitement d’une oreille. Tout ce que j’avais retenu, c’est que son Lixy avait fait des merveilles, suivit par son Etourmi.
 
La nuit tombait présent sur la ville de Voilaroc.
Dean regarda sa montre et rapidement, m’annonça :
« Je vais au Centre Pokémon pour les faire soigner. Tu m’attends à l’auberge des dresseurs ? Elle est de l’autre côté de l’arène. Je te rejoins dès que j’ai fini. Ce soir, on va dormir dans un vrai lit. »
Je lui fis un petit signe lorsqu’il partit en courant vers le centre. Je prenais donc la direction de l’auberge des dresseurs, quand je sentis quelqu’un derrière moi. On m’avais posé un mouchoir sur le visage, et le noir complet.


Chapitre 6


Tout était flou quand j’ai rouvert les yeux. Je ne savais pas du tout ce qui c’était exactement passé.
Je me rappelais avoir vu Dean qui partait au centre Pokémon, j’allais repartir… et puis le noir complet.
C’était très désagréable de ne pas se souvenir. Déjà que ça m’énervait de ne pas retrouver ce que je rangeais dans ma chambre alors… Enfin, moi et ma façon de ranger mes affaires aussi…
J’essayais de me relevée, vu que j’étais affalée sur le sol, mais je n’y arrivais pas. Et pour comble : mes deux mains étaient solidement attachées derrières mon dos. Mes deux jambes étaient aussi retenues par une corde de cuir. J’étais complètement paralysée, tel un chenipan, et je ne pouvais que ramper sur le sol de la salle où j’étais.
Car j’étais enfermée, c’était pratiquement sûr, dans une petite salle sans fenêtre. Il faisait très sombre, et seul la faible lumière de sous la porte me parvenait et éclairait un tant soit peu cet endroit.
Je suis sûre que si je m’étais mise à hurler, ça n’aurait rien changé. Je décidais donc de garder mes forces, au cas où.
J’espérais secrètement que Dean remarquerait ma disparition et la signalerait rapidement. Il n’allait pas me laisser tomber si facilement quand même. Il m’avait fait une promesse. Il m’avait promit…
J’entendis alors une discussion provenant de derrière la porte. Evitant de faire du bruit, je pus l’écouter à mon aise.
« Cette pisseuse l’a mordu jusqu’au sang ! T’imagines ?
- Je n’aurais vraiment pas voulut être à sa place. Et c’est pour ça qu’il ne vient pas bosser demain ?
- Ouais, ce malin a réussit à faire passer ça pour un accident du travail. »
Deux voix d’hommes. Est-ce qu’il fallait que je crie ? Est-ce qu’il fallait que j’appelle à l’aide ? C’était peut être la pire des choses à faire.
J’y réfléchissais quand la porte s’ouvrit. La lumière m’aveugla et je fermais les yeux.
« On dirait bien qu’elle est réveillé. »
Doucement, j’arrivais à distinguer les deux hommes qui me regardaient de haut. Il portaient des uniformes que je reconnus immédiatement comme étant ceux de l’association Team Galaxie.
« Mais c’est qu’elle est mignonne comme tout cette petite… »
Celui qui avait dit ça s’était agenouillé prêt de moi et me bouffait littéralement du regard. Il me faisait penser aux trois autres…
« C’est quoi ton nom ma jolie ? »
Qu’il aille se faire voir ! Qu’il crève ! Voyant que je ne répondais pas, il m’attrapa par les cheveux et approcha mon visage du sien. Il avait deux grands yeux sombres qui me mettaient franchement mal à l’aise.
« Je t’ai posé une question ! Tu vas répondre ? »
Son haleine sentait la cigarette. Je ne supportais pas ça. Je fis une grimace qui ne lui plus pas puisqu’il me tira à nouveau les cheveux, m’arrachant un petit cri de douleur.
« Réponds espèce de petite conne ! »
Il me secouait, et j’eu beaucoup de mal à articuler mon propre prénom.
« An… Anc… Olie… »
Le gars me relâcha les cheveux, ce qui me fit tomber au sol. De pas très haut, certes, mais c’était quand même douloureux. Il s’était mit à rigoler.
« C’est complètement débile comme prénom. C’est comme si je m’appelais Muguet ! On a des tas de question à te poser ma jolie, t’as plutôt intérêt à y répondre rapidement si tu ne veux pas qu’on soit méchants avec toi… »
Je ne voulais même pas savoir ce que signifiait la dernière partie sa phrase. Je ne l’imaginais que trop bien. Ils ne valaient pas mieux que les autres.
Si seulement il pouvait leur arriver la même chose…
Mais je rêvais. Un rêve cruel, mais ce n’était quand même qu’un rêve.
« Tes parents sont riches ? »
C’était quoi cette question ? Qu’est ce qu’ils voulaient faire de moi au juste ?
« Non… Ma mère est vendeuse fleurs… A Verchamps… 
- Et ton père ? »
Mon père… Je ne savais pas où il était exactement, alors je décidais de leur mentir.
« Il est mort. »
Celui qui m’interrogeait grogna. L’autre, qui se tenait debout devant la porte, n’esquissa qu’un léger sourire.
« Putain, sur tout les gamins il fallait qu’on tombe sur cette petite pisseuse. Bon, si ta mère à un magasin, c’est qu’elle doit en avoir les moyens… Et si elle ne les a pas, je sais très bien comment on pourrait se dédommager… »
 Il me regardait bizarrement en disant ça. Je n’aimais pas ça du tout. L’autre intervint.
« T’es pas un peu malade dans ta tête mon gars ? C’est une gamine !
- J’en ai rien à foutre. Si on a rien à gagner dans cette histoire, autant prendre du bon temps ! »
Des larmes commençaient à couler le long de mes joues. Après avoir réussit à m’échapper des trois autres monstres, il fallait que je tombe dans les bras de celui là. Et il était beaucoup plus fort qu’un gamin. Je n’aurais pas une seule chance de m’en sortir.
Je repensais à Dean.
Dean.
Quand je pense que j’aurais pu être à ses côtés, qu’on aurait pu passer notre soirée à discuter de ses pokémon, de ses matches, de sa ligue et que sais je encore ! Même si c’était ennuyeux, ça aurait été mille fois mieux que de me retrouver ici.
« Pourquoi ? »
C’était le seul mot qui me traversait l’esprit. Je voulais au moins savoir pourquoi ils me faisaient subir ça.  C’est celui qui était adossé à la porte qui me répondit.
« Pourquoi ? Ecoute gamine, ça fait des années qu’on bosse dans ce trou à rat pour la Team Galaxie et on est toujours payés une misère. Fallait bien qu’on trouve un moyen pour arrondir nos fins de mois. Surtout depuis que le boss s’est mit en tête de chercher ses trois pokémon soit disant légendaire. Il a dépêché le plus gros des équipes sur le terrain, et ça coûte une véritable fortune. En gros, notre augmentation de salaire, c’est pas pour tout de suite si tu vois ce que je veux dire… »
L’argent. Ils faisaient ça pour de l’argent. C’était si stupide.
Je continuait à pleurer doucement, regrettant amèrement tout ce qui avait pu ce passer jusqu’ici.
Non.
Il y a avait quand même quelques petites choses que je ne regrettais pas. J’avais rencontré Dean. Un adorable garçon.  Même Garett me semblait sympathique. C’était des moments que j’avais appréciés de toute mon âme.
Je souriais malgré moi dans ce cauchemar.
« Qu’est ce que t’a à te marrer ? »
Celui qui était près de moi me tira à nouveau les cheveux. Il me retourna sur le dos et posa une main autour de mon cou. Sa main était énorme. Si il avait pu, je suis sûre qu’il m’aurait étranglée d’une seule main. Je n’osais pas bouger tendit qu’il me reluquait dans cette position désavantageuse. Sa deuxième main se posa sur ma poitrine. Je tremblais de peur à l’idée de ce qu’il allait me faire. Sa grosse main tâtait tour à tour mon sein gauche et celui de droite. C’était ignoble. Il avait un regard de monstre lubrique et soufflait maintenant comme un porc.
Tout ce que j’aurais voulut, c’est me réveiller et de constater que tout ceci n’était qu’un cauchemar.
Tu parles…
C’était la réalité.
 
La porte s’ouvrit brusquement, poussant au sol le gars qui se tenait contre elle. Le deuxième arrêta d’un seul coup ses gestes obscènes.
Dans l’encadrement de la porte se tenaient plusieurs policiers en uniforme, armes à la main. Derrière eux, il y avait un visage que j’aurai reconnu entre mille. Et un second qui m’était familier.
« Main en l’air et que personne ne bouge ! »
Les deux gars obéirent, à contrecoeur. Surtout celui qui avait commencé ses attouchements sur moi. Il continuait à me regarder comme si je n’étais que de la chaire fraîche.
Je pleurais. J’étais une véritable madeleine.
Tendit qu’on embarquait les deux monstres, un agent m’avait délivrer de mes liens. La première chose que j’avais faite en me relevant, c’était de me jeter au cou de Dean et de pleurer de tout mon saoul.
Il m’avait serré dans ses bras, et je crois bien que si je ne lui avais pas dit de faire attention, il m’aurait étouffée. Mais ça me faisait plaisir de le voir. Tellement plaisir.
Garett aussi était présent. Il me regardait, et je pu lire au fond de ses yeux un profond soulagement.
Ce n’est que plus tard que je devais comprendre ce qui s’était passé exactement.
 
Je n’attendais pas Dean à l’auberge des dresseurs, alors il s’était mit à ma recherche. Sur le chemin, il a rencontré Garett. Tout deux ses sont rendus près de l’arène et y ont trouvés mon sac.
Dès lors, tout s’enchaîna très rapidement. Ils allèrent au commissariat pour signaler ma disparition. Ce n’était pas la première, et ils avaient déjà des doutes sur l’identité des coupables. Ils leurs suffisaient juste de se rendre chez eux, et de les prendre en flagrant délit.
Ce qui se passa.
 
Il était extrêmement tard lorsque nous avions quittés tout les trois le commissariat. La lune semblait énorme dans le ciel étoilé, et nous nous étions arrêtés quelques instants devant l’auberge des dresseurs pour la contempler.
Dean m’avait tenu la main depuis que nous étions sortit du commissariat et refusait de me lâcher.
« Tu risquerais de te perdre. »
Il avait sourit tristement en disant cela. Il avait surtout peur qu’il m’arrive encore quelque chose. Garett, qui logeait lui aussi à l’auberge des dresseurs, nous regardait bizarrement. J’aurais voulu savoir ce qu’il pensait à cet instant.
Nous sommes alors rentrés tout les trois dans le bâtiment. Heureusement, il y avait encore quelqu’un à l’accueil. L’homme discutait avec Dean, quand Garett s’approcha silencieusement de moi.
« Est-ce que ça va ?
- Après tout ce qui m’est arrivé, oui. »
J’essayais de sourire, mais j’avais vraiment du mal. Toute cette histoire m’avait chamboulée.
Garett me caressa le haut du crâne, ébouriffant mes cheveux par la même occasion.  J’avais encore envie de pleurer.
« Ancolie, c’est terminé. Tu vas aller te reposer et demain sera un autre jour.
- Garett, je… »
Je n’avais pas terminé ma phrase que je sentis ses lèvres se posées sur les miennes. Elles étaient douces et chaudes, et c’était très agréable. J’étais surprise de ressentir ça, mais je reculais d’un seul coup, mettant fin à ce baiser que Dean n’avait pas vu, trop occuper à régler le prix des chambres. Garett s’excusa.
« Je suis désolé. J’ai pas pu m’en empêcher. »
Penaud, il partit vers les chambres. Il avait dû en louer une cet après midi. Avant de disparaître au coin du couloir, il s’était retourné vers moi une dernière fois.
« Bonne nuit. »
Je n’avais pas répondu. J’étais rouge comme une pivoine à n’en pas douter. De son côté, Dean avait finit.
« J’ai louer deux chambre pour un prix abordable. Je pense que ça ne t’aurait pas plu de devoir partager la mienne alors… »
Je le remerciais de tout mon cœur avant de m’y rendre et de m’affaler de tout mon long sur le lit. J’allais dormir, et mes rêves seraient peut être plus agréables que les événements de la journée.
Quoi que…
Je passais doucement un doigt sur mes lèvres. Je repensais à celles de Garett.
Douces et chaudes.
Je me demandais si celles de Dean étaient identiques, et c’est sur cette question que je m’endormis.


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Crayonne
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Message Posté le : Ven 7 Mar - 10:35 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 7


J’avais passé une nuit vraiment affreuse. Elle avait été peuplée de cauchemar aussi horrible que troublant. Je me voyais en train de massacrer les trois dresseurs de la veille de mes propres mains. Ca paraissait étrangement réel, mais je savais très bien que je n’étais pas assez forte pour faire quelque chose d’aussi horrible.
Je me remettais doucement de mes esprits quand Dean toqua doucement à la porte de ma chambre.
« Ancolie ? Tu es prête ? On ne va pas tarder à partir.
- Attends moi, j’arrive dans cinq minutes ! »
J’arrive dans cinq minutes. J’aurais du réfléchir avant de dire ça. Je n’étais pas encore habillée et encore moins lavée et peignée. Il allait falloir que je fasse tout ça en vitesse rapide si je ne voulais pas être laisser à l’abandon dans cette ville.
Même si je savais pertinemment que Dean ne me laisserais pas tombé, je ne pouvais pas le faire attendre cent sept ans.
 
Au bout d’un quart d’heure, j’étais fin prête et je rejoignis Dean à l’accueil de l’auberge. A mon grand étonnement, il était seul. Il n’y avait pas de trace de Garett.
J’osais lui demander :
« Garett n’est pas là ? »
Dean me lança un regard plein de reproches, mais il se prit la peine de me répondre.
« Il est partit tôt ce matin. Il est tellement pressé de récupérer les badges de la ligue Sinnoh… »
Je me sentais un peu mal de lui avoir posé la question : Dean et Garett avaient vraiment du mal à s’entendre. D’ailleurs, je me demandais bien comment ça se faisait qu’ils se connaissaient tout les deux.
La question me taraudait l’esprit, mais je ne la posais pas. Dean ne m’aurait peut être pas répondu, ou pire encore, il m’aurait laissé tomber.
 
Avec Dean, nous avions convenu de passer par le grand centre commercial de Voilaroc pour faire quelques achats. J’utilisais le peu d’argent que j’avais à acheter quelques paquets de gâteaux, et surtout, des cookies.
Dean, quand à lui, s’émerveillait devant tout et n’importe quoi.
Il voulait acheter des Pokéball, et quelques boissons énergisantes. Mais ce qui lui tapa dans l’œil, c’était un vélo. Un vélo dernier cri directement importer de Vestigion.
« Si seulement j’avais assez d’argent pour me le payer, je n’aurait plus à marcher pendant des heures sur les routes. Et j’atteindrais sûrement mon but avant Garett. »
Je profitais du fait qu’il remette ce prénom sur le tapis pour lui poser la question.
« Et vous vous connaissez depuis quand tout les deux ? »
Dean se tourna vers moi, l’air faussement fâché. Ca se voyait, un coin de sa lèvre tremblait. Il se retenait de sourire. Mais ça ne prenait pas avec moi.
 « On se connaît depuis tout petit vu qu’on habite tout les deux Charbourg. Euh… Si tu veux vraiment que je t’en raconte un peu plus, tu devras m’acheter une glace au chocolat !
- Parce qu’en plus il faut que je te soudoie ?
- Pas vraiment, mais j’ai un petit creux, et je risque de parler pendant des heures. Alors tant qu’à faire… »
 
Nous nous étions assis au soleil, dans un petit parc qui bordait les alentour du centre commercial. Dean s’était jeté sur sa glace au chocolat comme un petit garçon. La mienne fondait au soleil, et j’avais vraiment du mal à la manger.
Dean se tourna vers moi une fois qu’il eut fini, et commença à me raconter son histoire. Cette fois, je serais attentive, tout du moins, je l’espérais très fort.
« Garett et moi avons grandis à Charbourg. C’est une petite ville minière où il n’y a pas grand-chose d’intéressant. Depuis tout petit, on se battait pour tout et n’importe quoi. Des bagarres de gamins. Tu imagines, on se battait même en classe pour savoir qui de nous deux auraient les meilleures notes ! »
Il avait eu un grand éclat de rire en disant ça. Il continua néanmoins.
« On a très vite voulu devenir dresseurs pokémon. Et quand on a entendu parler de la ligue Sinnoh, ça n’a pas loupé, tu imagines bien. Nous aurions du partir il y a quelques années déjà, mais y’a eut un problème… »
Son visage s’était refermé sur ses dernières paroles et le silence se fit. Dean était perdu dans ses pensées, mais je voulais savoir.
« Un problème ? »
Il me regarda d’un air triste.
« Oui… Il y a eu un problème. Nous avions treize ans tout les deux, et nous cassions les pieds de nos parents pour pouvoir partir à l’aventure avec nos pokémons. Comme Lina avant nous. »
Lina ? Qui était-ce ?
« Lina était partie l’année d’avant. La ligue ne l’intéressait pas vraiment, et elle voulait juste rejoindre Bonville pour étudier les ruines, quelque chose comme ça. Elle était plus grande que nous, elle avait dix huit ans. Elle n’est jamais arrivée à Bonville et n’a jamais pu étudier ses ruines. Elle a disparut dans la nature. Les parents de Garett, et les miens, ne nous ont pas laissé partir cette année là. Quand à Garett, il n’était vraiment pas dans son assiette suite à cette affaire. Il ne savait même pas si sa grande sœur était encore vie, et même aujourd’hui, il n’en sait rien. Je pense qu’il espère la retrouver en participant à la ligue Sinnoh. »
Dean avait arrêté de parler. Un long silence douloureux s’était installé entre nous. Je ne savais pas quoi dire.
Devant nous, des enfants jouaient au ballon. Je laissais mon regard vagabonder un peu partout, tout comme Dean, essayant de ne pas penser à tout ce qui était arrivé. La disparition de cette fille, de Lina, me rappelait des souvenirs douloureux : la mort d’Odette, la disparition de mon père, et celles de bien d’autres…
Dean tourna finalement son visage vers moi et me prit doucement la main.
« Ta glace a complètement fondue. T’en as plein les doigts. »
C’était vrai. J’étais tellement captivée par ce que me disait Dean que j’en avais complètement oublié ma glace. Ma pauvre glace qui avait fondue comme de la neige au soleil.
« T’inquiète pas je vais arranger ça. »
Il m’avait regardé de ses grands yeux. A cet instant, j’aurais voulu me noyer dans dedans. Dean approcha doucement ma main de son visage, plus précisément de sa bouche.
« Hé, mais, attends Dean, tu ne vas quand même pas… »     
J’avais d’abord sentit son souffle chaud sur mes doigts, puis ses lèvres se refermèrent tendrement dessus. Moi qui me demandais si elles étaient aussi douces que celles de Garett, j’avais maintenant la réponse. Je poussais un petit cri de surprise lorsque je sentis le contact brûlant de sa langue sur mes doigts.
J’aurais voulus que cet instant dure éternellement, mais au bout de quelque minute, le contact entre sa bouche et mes doigts se rompit. Il recula un peu et me regarda l’air malicieux.
« Je ne gâche jamais du chocolat. Surtout quand il est aussi bon…»
Il avait dit ça sur un ton qui ne se voulait pas sérieux. Quand à moi, je suis sûre que j’étais encore en train de rougir comme un coquelicot. Je baissais doucement la tête.
« Dean, tu n’avais pas besoin de…
- Mais tu étais vraiment trop mignonne dans cet état. »
Dans cet état ? Mais qu’est ce qu’il racontait ? Il me trouvait mignonne quand j’étais complètement embarrassée ? Et sa manière de me regarder comme ça…
Ca l’amusait !
Je me relevais d’un seul coup, toujours aussi rouge, et je sortis du parc, Dean sur les talons.
« Hé mais, attends moi Ancolie ! Tu ne vas quand même pas te fâcher pour ça ? »
Il m’attrapa par le bras et me força à lui faire face.
« Je suis désolé. Je ne voulais pas te froisser. »
Comment j’allais pouvoir lui faire comprendre que je n’étais pas fâchée, mais plutôt… Comment dire ? Émoustillée ? J’osais relever la tête vers lui.
« Je ne suis pas fâchée Dean, mais… Je vais finir par croire certaines choses… »
Je pense qu’il n’avait pas entendu la fin de ma phrase, parce qu’il avait déjà repris son air joyeux de la veille. C’était vraiment un garçon adorable. Sautillant autour de moi, il m’avais prit par la main et m’avait emmener voir d’autres magasins.
 
La matinée se finissait, et il fallait que nous commencions à partir. Notre prochaine halte sera Célestia. Et se serait l’heure de la séparation, à n’en pas douter.
J’étais triste en pensant à ça. Et Dean l’avait remarqué tendit que nous prenions le chemin de la route 215.
« Qu’est ce qu’il t’arrive ? Si c’est au sujet de tout à l’heure, je t’ai dis que j’étais désolé. »
Je secouai la tête de droite à gauche.
« Non, ce n’est pas ça… C’est juste que ça sera dur pour moi de continuer le voyage toute seule une fois qu’on sera arrivé à Célestia. »
Dean m’avait pris par la main.
« Tu sais Ancolie, ce n’est pas parce que nous prenons tout les deux des chemins différents que nous ne nous reverrons pas. »
Autour de nous, il n’y avait personne. Juste de la verdure à profusion, des fleurs qui embaumait l’air… Et nous.
« Quand j’aurais fini la ligue Sinnoh, j’aimerais qu’on se revoit tout les deux… Je viendrais te voir à Verchamps. Je te montrerais tout mes badges, et… »
Il n’avait pas fini sa phrase, souriant de toutes ses dents. Je n’avais pas très bien compris ce qu’il voulait dire, mais il avait l’air sincère.
« Alors je t’attendrais à Verchamps Dean. Tu ne pourras pas me manquer, il n’y a qu’un seul fleuriste là bas ! »
Je m’étais mise à rire. Ca faisait longtemps que je n’avais pas ris comme ça. Dean me tenait toujours la main, et je trouvais ça agréable. Comme cette journée. Je ne voulais pour rien au monde qu’elle ne s’arrête.
Le soleil me réchauffait le cœur, comme le sourire de cet adorable garçon.


Chapitre 8


Cela faisait déjà plus d’une heure que nous marchions sous le soleil de la route 215 lorsque nous avions finalement atteint la route 210.
En fait, j’avais l’impression que toutes les routes se ressemblaient. Loin des villes, il n’y avait que des champs, des forêts, de la verdure à perte de vue. Si il n’y avait pas eut de panneaux indicateurs, je crois bien que je me serais perdue bêtement. Je ne sais même pas si j’aurais réussit à m’en sortir toute seule d’ailleurs.
J’avais mal aux jambes, et j’allais supplier Dean pour que nous fassions une pose. Mais il s’arrêta de lui-même et sortit sa carte.
« D’après ma carte, il devrait y avoir un magasin pas trop loin d’ici. Tu veux qu’on y fasse une pose ? »
Est-ce que c’était vraiment nécessaire de me poser cette question ? J’étais en sueur, mon ventre gargouillait de plus belle, j’avais mal aux jambes comme pas permit. C’est limite si je ne me serais pas assise là, au milieu de la route.
« Plus vite on y sera arrivé, plus vite je pourrais asseoir mes grosse fesses quelque part. »
J’avais dit ça sur un ton qui ne se voulait pas sérieux.  Je pensais que ça ferait rire Dean, mais non. Il se contenta de me répondre :
« Ancolie… Arrête de parler de tes fesses comme ça. Moi je les trouve très bien. »
Ca m’énervait. Ca m’énervait parce que je ne savais pas si il était sérieux ou si il me répondait ça juste pour m’embarrasser. Je repensais à ce qu’il m’avait dis le matin même.
« Tu es vraiment mignonne dans cet état »
Peut être, mais moi, je n’appréciait pas du tout d’être dans cet état.
 
Il fallut encore marcher pendant presque vingt minutes avant d’apercevoir le toit de ce fameux magasin. Je me laissais tomber dans l’herbe fraîche non loin, laissant Dean faire du lèche vitrine. J’étais fatiguée. Non, fatiguée n’était pas le mot juste. J’étais cassée de partout.
Allongée dans l’herbe, je regardais le ciel bleu. Il n’y avait pas un seul nuage, et le soleil brillait de mille feux. Je me sentais bien comme ça, et j’aurais même pu m’endormir si Dean n’était pas revenu avec deux canettes de soda dans les mains.
Il m’en tendit une que je m’empressais d’ouvrir. J’en bu quelques gorgées, avant de voir que c’était un soda au citron. Je n’aimais pas ça, mais je n’allais pas faire la fine bouche. J’avais soif, et Dean me l’avais offerte.
Vraiment adorable.
Il s’était assis à côté de moi, et nous regardions le ciel tout les deux à présent.
Au bout de quelques minutes, il brisa le silence.
« Ancolie… Qu’est ce qui te pousse à faire ce voyage jusqu’au lac Savoir ? »
C’est vrai que je ne lui avais pas dis la veille. J’étais encore trop chamboulée par ce qui s’était passé, mais aujourd’hui, ça allait vraiment mieux. Je décidais donc de lui raconter un peu mon histoire.
« En fait, j’ai reçut une lettre de mon père hier.
- Une lettre ? C’est… Pas normal ? »
Il me regardait de ses grands yeux innocents et je ne pus m’empêcher de rire.
« Venant de mon père, non, ce n’est pas normal. C’est homme bizarre, mais c’est mon père… Il est partit il y a trois ans pour continuer ses recherches sur les pokémon de types spectre et ténèbres. Il a toujours des idées très… Arrêtées sur ce genre de pokémon. Il voulait prouver que ses théories étaient justes et il est partit du jour au lendemain.
- Ton père est un chercheur pokémon ? On en a vu passer un à Charbourg l’année dernière. Un type très bizarre, mais il n’est pas resté très longtemps. Il disait qu’il revenait de la région de Kanto, et qu’il voulait aller dans le nord pour vérifier quelque chose…
- C’était peut être lui… Peut être… »
Un coup de vent me fit frissonner. Dean s’était rapprocher de moi et avais passer son bras par-dessus mon épaule, m’attirant contre lui. Je rougissais de surprise.
« Tu as froid ? »
Je secouais la tête de façon négative.
« Non, je n’ai pas… »
Nos visages se touchaient presque. Je sentis son souffle chaud quand il me demanda :
« Ca ne t’embêtes pas si on reste dans cette position ? »
Non, ça ne m’embêtait pas. Bien au contraire. C’était agréable de sentir sa peau contre la mienne, il m’entourait de ses bras, et je me sentis complètement fondre à cet instant.
Je n’avais pas répondu à sa question, et je posais doucement ma tête sur son épaule, ce qui paru le surprendre sur le coup. Mais il ne m’avais rien dis. Nous sommes resté comme ça pendant un moment, sans nous parler, juste à observer le ciel et à nous reposer.
Je me posais des questions.
Beaucoup de questions.
Mais les réponses viendraient d’elles même. J’en étais quasiment sûre et certaine.
 
« Hey ! Réveilles toi Ancolie ! Si tu ne te réveilles pas, moi je te laisse ici ! »
J’ouvris doucement les yeux, les laissant s’habituer à la lumière du soleil qui me brûlait la rétine. Je m’étais endormie ?
En tournant la tête, je m’aperçus que j’étais toujours dans les bras de Dean. Il avait un grand sourire aux lèvres.
« Ou alors tu es comme la belle aux bois dormant, il te faut le baiser d’un prince pour te réveiller ? »
Il approcha dangereusement son visage du mien et, rougissante, je fermais les yeux. J’attendis, mais rien ne vint. En rouvrant à nouveau les yeux, je ne vis que Dean qui était mort de rire. Il s’était encore moqué de moi. Ca l’amusait, et je ne comprenais vraiment pas pourquoi.
« Moi je ne trouve pas ça très drôle !
- Et bien moi, si. Tu aurais du voir ta tête Ancolie. Trop mignonne. »
Il avait insisté sur le dernier mot. Je le regardais avec mon regard le plus sombre, mais je crois bien que je n’étais absolument pas convaincante. Il s’était relevé et avait remis son sac à dos sur ses épaules. Je fis de même, et sans attendre plus longtemps, nous étions repartit sur la route 210.
 
Plus nous marchions vers le nord ouest, plus nous nous rapprochions dangereusement de la ville de Célestia. J’en avais même des crampes d’estomac. La seule chose à laquelle je pensais, c’était que j’allais être séparée de Dean et qu’il fallait que je continue ma route vers le nord toute seule.
Toute seule.
Cette pensée me minait le moral.
Je n’avait rencontré Dean qu’hier, mais je le considérais déjà comme un très bon ami. Ou même plus qu’un ami. Mais ce n’était pas ma raison qui me faisait penser ça, c’était mon cœur.
J’étais sûrement amoureuse de lui.
Je passais doucement mes doigts sur mes lèvres et repensait à un autre instant. Je repensais à Garett. A ce baiser qu’il m’avait donné.
Est-ce que c’était pour se moquer de moi ? Est-ce que c’était pour rendre jaloux Dean ? Si il avait voulu le rendre jaloux, il l’aurait fait devant lui, mais là…
J’étais confuse et ne savais plus quoi penser. D’un côté il y avait Dean, et de l’autre Garett.
Mon cœur s’emballa rien qu’à cette pensée : est ce que je reverrais Garett ? Car Dean m’avait dis qu’il reviendrait, j’en étais sûre et certaine, mais Garett ? Il serait sûrement à la recherche de sa grande sœur… J’en soupirais si fort que Dean le remarqua immédiatement.
« Qu’est ce qu’il t’arrive ? Tu es encore fatiguée ?
- Non ce n’est pas ça, je repensais juste au fait que d’ici quelques heures nous serions séparés. Toi partant à la conquête des badges et de la ligue Sinnoh, et moi partant dans le nord pour le lac Savoir… »
J’avais la sérieuse impression de radoter, parce que je lui avais déjà dans la matinée. Mais la seule chose qu’il fit, c’est de me sourire et de me prendre la main tendit que nous continuions notre route.
Il n’avait rien dit. Rien du tout. Ca n’allait pas m’aider à me remonter le moral. J’avais vraiment l’impression, pour le coup, qu’il s’en fichait un peu. Pourtant, rien que le fait d’avoir ma main dans la sienne, ça me faisait quelque chose. Il n’allait pas me laisser tomber comme ça. Ce n’était pas du tout dans son genre, pour le peu que je le connaissais.
Nous marchions encore ainsi pendant quelques minutes, quand il s’arrêta d’un seul coup. J’allais dire quelque chose, mais il posa doucement sa main sur ma bouche, me faisant signe de ne pas faire de bruits.
Il m’emmena alors un peu plus loin, dans la forêt qui bordait le chemin. Et c’est là que je les vis.
Il y avait une dizaine de Mystherbe qui vivaient là. Je n’en avais encore jamais vu, mit à part à la télévision. Dean sortit une Pokéball de sa poche, mais je l’arrêtais en lui faisant un signe de la tête. J’étais sûre et certaine qu’il voulait en attraper un. Mais non, pas en ma présence. 
Je trouvais ça totalement magique de pouvoir les observer dans leur milieu naturel, et Dean voulait tout simplement les mettre en fuite pour en attraper un. Au bout de dix minutes, il m’avait fait signe de retourner sur la route 210 avec lui.
C’était dommage, j’aurais pu rester des heures à regarder les Mystherbe.
 
« Pourquoi est ce que tu m’as empêché d’en attraper un ?
- Ils étaient très bien, tu n’allais quand même pas tout gâche et les faire fuir juste ton propre plaisir personnel ? »
Dean avait commencé à marcher, grognant dans sa barbe. J’y avais peut être été un peu fort. Il était dresseur de pokémon après tout, et je ne pouvais rien y changer. Je le rattrapais rapidement et le pris par le bras.
« Excuse moi Dean… Je ne voulais pas… 
- Y’a pas un seul moment où tu n’es pas mignonne à regarder ? »
Il avait dis ça de but en blanc sans me laisser le temps de finir ma phrase. Prise au dépourvu, je n’avais rien trouvé de mieux que de rire comme une idiote.
« Je ne suis pas mignonne ! Regarde moi bien en face ! Je ne suis pas bien différente des autres filles de mon âge ! »
Si c’était un moyen pour lui de détourner la conversation des pokémon qu’il voulait attraper, c’était gagné. Je n’y avais pas songé à partir de cet instant.
« Tu t’es déjà regardée dans un miroir ?
- Bien sûr que oui !
- Alors tu es complètement aveugle ma pauvre Ancolie ! »
Ca, pour l’amuser, ça l’amusait. Et il n’allait pas s’arrêter là. Il continuerait, jusqu’à ce que nous atteignions Célestia. Et plus nous nous en rapprochions, et moins j’avais envie de continuer vers le nord. Je voulais juste resté avec Dean et l’accompagné dans sa quête de la ligue Sinnoh.
C’est tout ce que je désirais au plus profond de mon cœur.


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 10:37 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 9


La ville de Célestia se trouvait droit devant. Il ne nous restait plus qu’une centaine de mètres à parcourir pour l’atteindre, et je ralentissais la cadence au fur et à mesure qu’on s’en approchait. Ce n’est pas que je ne voulais pas y aller, loin de là, c’est juste…  C’est juste que je voulais passer plus de temps avec Dean.
« Regarde, on y est presque ! Tu ne vas pas me dire que tu es fatiguée quand même ? »
Il avait remarqué que je n’avais pas très envie d’avancer, et Dean m’avais prise par la main jusqu’à ce que nous arrivions dans Célestia.
Cette ville était bien loin de tout ce que j’avais pu m’imaginer.
On aurait plus dit un village de montagne. Il n’y avait pas beaucoup de maisons, et mit à part un vendeur et un centre pokémon, il n’y avait rien du tout pour les touristes. Il y avait des ruines, certes, mais elles étaient interdites d’accès. Si nous devions faire une pause ici avant de nous séparer, j’étais vraiment déçue.
Tout semblait calme en cette fin de journée, et pourtant…
A l’autre bout de la ville, des adultes semblaient soucieux et discutaient entre eux. Avec Dean, nous nous sommes rapprochés.
Une vieille dame, nous voyant arriver, vint vers nous et nous adressa la parole.
« Vous êtes des dresseurs en voyage ? »
J’allais dire que non, mais comme d’habitude, c’est Dean qui ouvrit la bouche en premier.
« Oui, je suis sur la route de Vestigion. Est-ce que…
- Je suis désolée de vous apprendre ça, mais la route 211, est fermée. Il y a eut un éboulement au mont Couronné, et le temps de déblayé la route, il y en a pour au moins deux semaines. De lus, la route 206 à l’air d’être dans le même état d’après ce que j’ai pu comprendre. Ce n’est vraiment pas de chance pour vous les jeunes… »
Intérieurement, je jubilais. Si la route 211 était inaccessible, alors Dean et moi devions faire tout un détour. Ce qui impliquait que nous resterions ensemble plus longtemps que prévu.
 
La nuit allait tomber, et la vieille femme, qui était en fait la doyenne de Célestia, nous invita à nous reposer chez elle. Elle nous laissa une grande chambre pour Dean et moi. Elle était occupée par son fils, nous avait-elle raconté, à l’époque ou il n’était pas parti sur les routes pour la ligue Sinnoh.
Puis elle nous laissa seuls, tout les deux, nous priant, si nous voulions sortir, de ne pas nous éloigner du village et de ne pas entrer dans les ruines.
« Je suis désolée Dean… Tu vas devoir continuer la route avec moi.
- C’est pas de ta faute, t’as pas à être désolée. Mais c’est vrai que ça aurait été plus pratique de pouvoir emprunté cette satanée route 211. On n’aurait pas besoin de faire un énorme détour.
- Un énorme détour ? »
Dean avait sortit sa carte de la région et me la montra.
« Regarde tout le chemin que nous allons devoir faire. Nous allons prendre la direction pour Unionpolis demain. Après… On ira à Charbourg…
- Tu pourras voir tes parents là bas ?
- Oui mais c’est pas la question… Ensuite, vu que la route 206 est aussi inaccessible, il va falloir passer par Féli-Cité, Floraville, et enfin nous arriverons à Vestigion. On en a pour quelques jours, si tout va bien. »
Dean rangea sa carte dans son sac à dos avant de m’inviter à sortir.
« On va faire vite fait le tour de la ville, à moins que tu ne sois trop fatiguée pour venir avec moi Ancolie ?
- Non, ça va ! Arrête de me prendre pour une feignante ! »
Il s’était mit à rire. J’adorais l’entendre rire, ça me faisait du bien, je ne sais pas vraiment pourquoi. Nous avions posés nos sacs et avons prit la direction de la sortie de la maison.
 
Dehors, la nuit tombait presque. Le ciel était orangé, il ne faisait pas encore frais, mais le soleil ne réchauffait déjà plus le village. C’était un temps vraiment idéal. Ni trop chaud, ni trop froid. Un temps idéal…
Nous nous étions assis sur les escaliers qui se trouvaient face à l’entrée des ruines.
Dean semblait ennuyé, sans doute parce qu’il y avait un « léger » contretemps dans sa conquête de la ligue. J’étais vraiment égoïste d’être heureuse de l’avoir pour moi à cet instant. Je décidais alors, pour lui remonter un tant soit peu le moral, de lui parler des ruines de Célestia.
« Tu sais ce qu’il y a dans ses ruines Dean ?
- Des pokémon ? »
Je ne pu m’empêcher de rire à gorge déployée. Il ne pensait vraiment qu’à ça. Une fois remise de mes émotions, je continuais mon discours.
« Non… Ce ne sont pas des pokémon. En fait, on dit que c’est dans ces ruines qu’un chercheur a trouvé une mystérieuse plaque rouge que l’on appelle plaque feu. A ce qu’il parait, cette plaque aurait été créée en même temps que Sinnoh… Je ne sais pas si c’est vrai, mais en tout cas, j’ai trouvé que c’était intéressant comme supposition…
-  Comment est ce que tu peu savoir tout ça ?
- Je te rappel que mon père est chercheur… J’ai eu très souvent l’occasion de l’entendre parler à ce sujet. Oh, lui aussi voulait voir ces ruines, mais il n’a pas pu à l’époque, il était déjà sur une autre projet… »
En fait, ça me faisait toujours aussi mal au cœur de parler de mon père. Sans m’en rendre compte, j’avais les larmes aux yeux. Dean l’avait remarqué. Il s’était rapproché de moi et m’avait prise dans ses bras. C’était agréable.
« Tu n’es pas obligée de parler de ton père si ça te rend triste à chaque fois…
- Je ne sais pas vraiment si c’est de la tristesse… »
Je n’étais pas triste. Je me sentais juste mal d’en parler, c’est tout. J’essuyais mes larmes, essayant de me reprendre.
« J’aimerai bien pouvoir visiter les ruines… »
Derrière moi, une voix d’homme grincheux s’était fait entendre.
« Je ne sais pas qui t’a mit ces idées idiotes dans la tête ma petite, mais je suis sûr et certain que ce ne sont que des foutaises ! »
Dean et moi nous sommes retournés d’un seul coup. C’était un vieil homme, il marchait avec l’aide d’une canne et me regardait d’un œil noir.
« Des foutaises, vraiment qu’est ce qu’on apprend pas aux jeunes aujourd’hui… »
Je n’avais rien à répondre à ça. Si ça se trouve, c’était vrai. C’était des foutaises. Mais mon père avait l’air d’y croire. Il y croyait vraiment. Je me relevais et sans lancer un seul regard à ceux qui étaient là, je partis en courant m’enfermer dans la chambre chez la doyenne.
Je fondis en larmes en me laissant retomber sur le lit.
 
La nuit était tombée lorsque Dean vint me rejoindre. J’avais tellement pleuré que mes yeux étaient rouges. Il l’avait remarqué.
« T’occupe pas de ce qu’a dit ce vieux crétin. Moi je te crois… »
Et il me serra à nouveau dans ses bras. C’était apaisant. J’aurais voulut que cet instant dure éternellement. Je voulais rester dans ses bras, je voulais le sentir contre moi, je voulais… Mon cœur battait la chamade, j’ai même cru qu’il allait exploser.
« Est-ce que ça va Ancolie ? Tu es toute rouge. Tu as de la fièvre ? »
Et disant cela, il colla son front contre le mien. Nos visages étaient face à face, et il aurait suffit qu’il s’avance de quelques centimètres pour m’embrasser. J’étais sûre et certaine qu’à cet instant j’étais rouge comme une pivoine. Quand à avoir chaud, oui, j’avais chaud. Mais ce n’était vraiment pas à cause de la fièvre.  
« Tu es vraiment chaude, mais pas brûlante. C’est bizarre… »
Non, ce n’est pas bizarre. Tu es en face de moi, à quelques centimètres de mon visage, c’est tout à fait normal. C’est ce que j’aurais voulut lui dire, mais j’étais incapable de prononcer quoi que ce soit à cet instant.
Il posa sa main gauche sur ma joue et la caressa doucement, ce qui me troubla encore plus. Je crois bien que si il me demandait ce qu’il voulait, là, tout de suite, j’aurais été capable de lui obéir.
« Ancolie… »
Qu’est ce que je devais faire bon sang ? M’approcher et l’embrasser ? Reculer et lui dire d’arrêter ce petit jeu ? Je ne savais même plus quoi penser.
Sa main descendit doucement sur mes lèvres. Le bout de ses doigts était doux et chaud.  Son visage se rapprocha de plus en plus du mien, et…
 
« Est-ce que tout vas bien ? »
C’était la doyenne qui était entrée dans la chambre, inquiète. Je ne savais pas ce qui se passait, mais elle venait de nous interrompre. Je soupirais intérieurement en me disant que c’était peut être mieux comme ça.
Complètement sortit de sa rêverie, Dean demanda :
« Qu’est ce qu’il se passe ?
- Ne sortez surtout pas d’ici tout les deux. Il y a quelqu’un qui rôde dans les parages. Et le vieux Mac en a fait les frais… C’est dangereux pour le moment, ne sortez pas de cette maison jusqu’à demain matin.»
Nous acquiescèrent, la regardant refermer la porte et entendant le bruit de ses pas s’éloigner doucement. Dean se releva et s’approcha de la fenêtre, observant ce qui se passait dehors. Je le rejoignis pour découvrir que non loin de la maison, il y avait un corps.
Sans vie.
Nous étions plutôt éloignés, mais je pu reconnaître parfaitement le vieil homme qui m’avais fait pleurer. Et il était vraiment dans un sale état. Je reculais de la fenêtre, m’agrippant au mur pour ne pas tomber.  Malheureusement, je me suis pris les pieds dans un tapis et je m’étais rétamé la tête la première sur le sol. Dean m’aida à me relever.
« Ca va ? Pas de bobo ?
- Non je vais bien… Merci Dean… »
Je mentais. Je me sentais vraiment mal. Je ne sais même pas pourquoi. J’avais une odeur de sang qui me prenait les narines, mais j’étais sure et certaine que c’était mon imagination. Il n’y avait pas de sang. Pas une goutte.
Dean s’était à nouveau approcher de moi, inquiet.
« Tu es sûre que ça va ? »
Je lui assurait que oui avant de m’allonger sur le lit, tremblante. Il vint s’asseoir à côté de moi.
« Tu ne devrais pas te mettre dans cet état. Après tout, j’ai envie de dire qu’il n’a eut que ce qu’il méritait… »
Oui, moi aussi j’avais souhaité qu’il lui arrive du mal, mais je ne voulais pas la mort. Pas la mort, pas comme ça… Je sentis la main de Dean sur mes cheveux.  Ils les caressaient doucement.
  « Tu devrais dormir maintenant… Je serais à côté, dans mon sac de couchage. Si tu as un problème, n’hésite pas à me réveiller… »
J’acquiesçais distraitement, puis je fus emportée par les bras de Morphée.
 
Le lendemain matin, tout le village ne parlais que de ça : le meurtre du vieil homme grincheux, le meurtre du vieux Mac. Dean et moi avions rangé nos affaires dans nos sacs respectifs et nous apprêtions à partir.
Dans mon esprit, j’avais à nouveau l’image de Dean. Ce visage qu’il avait hier soir en me parlant. Ce baiser que j’attendais fébrilement et qui n’est jamais arrivé. Et ce meurtre horrible qui a tout gâché.
« Tu es prête ? On peu y aller ? »
Je lançais un grand sourire à mon ami. Nous remercions la doyenne avant de reprendre notre route. Cette dernière ne manqua pas de nous mettre en garde : le meurtrier n’avait pas encore été arrêté. Mais moi je savais qu’avec Dean à mes côtés, je n’avais peur de rien ni de personne.
 
La ville de Célestia s’éloignait, et nous reprenions la route 210, à nouveau. Mais cette fois ci, nous descendions vers le sud, vers Bonville.
J’étais quand même heureuse de ce contretemps qu’avait permis l’éboulement sur les routes 211 et 206 : j’allais avoir Dean pour moi toute seul encore un moment.


Chapitre 10


La route 210 me semblait longue vu qu’on avait déjà fait le chemin inverse. Mais cette fois ci, nous prenions le chemin de Bonville, au sud. C’était une ville connue pour ses ruines. Pas de simples ruines comme à Célestia, non, des ruines comme encore jamais vues auparavant et qui renfermaient des Zarbis.
Je connaissais vaguement ces pokémon, les Zarbis. Ils ont chacun une forme différentes, et il y en a autant que l’alphabet. C’est assez surprenant, surtout lorsqu’ils ont en groupe. A Bonville, on pouvait visiter les ruines et voir le mot que réservait les zarbis pour notre avenir. Je trouvais ça un peu idiot, mais si j’avais l’occasion, alors pourquoi pas ?
J’essayais d’oublier un peu ce qui s’était passé la veille à Célestia, et Dean tentait de m’y aider en me racontant des blagues. Des blagues pas toujours très fines, ni même très amusantes, mais qui arrivaient au moins à me faire penser à autre chose.
« Tu a connais celle là, quel est le comble pour un Pikachu ?
- Laisse moi deviner… De ne pas être au courant ? »
Bingo. J’avais la bonne réponse. Il y avait quand même des blagues que je connaissais. Je n’étais pas si bête après tout.
Mon moral revenait doucement au beau fixe alors qu’il avait été plus bas que terre. Dean s’amusait bien, et le voir ainsi me faisait plaisir. Le fait que nous ayons du faire tout un détour pour aller à Vestigion l’avait passablement ennuyé sur le coup, mais il avait l’air d’aller mieux.
En le regardant, je pensais à cet instant ou il avait été tout près de m’embrasser. Est-ce qu’il aurait du le faire ? Est-ce que c’était mieux ainsi ? Je ne savais pas vraiment. Mais à l’idée d’avoir ses lèvres posées sur les miennes, ça me faisait déjà rougir.
« Et celle là tu la connais : quel est le pokémon qui rate le plus souvent ses attaques ? »
Hum, j’étais coincée, je n’en savais rien du tout. Je réfléchis quelques instants avant de donner ma langue au Miaouss.
« C’est Ratattac ! Parce qu’il rate toutes ses attaques ! »
Et il partit dans un grand éclat de rire.
Je ne l’avais pas vue venir celle là. Pourtant, elle n’était pas si drôle que ça.
 
Nous voyions rarement des dresseurs sur notre route. Le pu que l’on avait croisé prenaient le chemin inverse au nôtre. Je trouvais ça assez étrange, mais Dean me rassura.
« C’est parce qu’ils vont récupérer le badges de Voilaroc… Tu t’inquiètes vraiment pour un rien Ancolie…
- Ce n’est pas que je m’inquiète, c’est juste que je trouve ça un peu… Bizarre…
- Mais tout est bizarre si je t’écoute ! »
Il n’avait pas tort. Je trouvais que tout était bizarre. En même temps, ce voyage était mon premier véritable voyage sans mes parents. Je n’étais pas comme Dean, je n’avais pas souvent voyagé dans la région. Je ne savais pas comment les parents pouvaient laisser leurs enfants se promener seul dans la région sans surveillance.
« Ancolie… De quoi as-tu peur ?
- Pourquoi tu dis ça ?
- Tu as forcément peur de quelque chose sinon tu ne dirais pas que tout est bizarre autour de toi… J’ai tors ? »
Non, il n’avait pas tors. Il avait même carrément raison. J’ai peur d’être seule, j’avais peur d’être loin de chez moi, j’avais peur qu’il m’arrive la même chose qu’à Odette, j’avais peur de tout et de n’importe quoi !
Dean m’avait prit la main. Ca arrivait de plus en plus souvent. Pas que ça me dérangeait, mais j’avais vraiment l’impression d’être prise pour une gamine. Une gamine qu’on emmène à l’école en la tenant par la main… C’était un peu l’impression que ça me faisait.
« Ca t’embêtes quand je te prends par la main ? Si tu veux…
- Non, non.  Ca ne m’embête pas du tout Dean… »
Je suis sûre d’avoir rougie en disant cela, et je suis sûre que c’est pour ça qu’il me lançais un grand sourire. J’aurais peut être du lui dire que ça m’énervait. Mais c’était trop tard de toute manières.
Au bout de quelques minutes, j’avais vu une silhouette au bout du chemin. Une silhouette qui me disait vaguement quelque chose. C’était Garett.
Il marchait, continuant son chemin, qui était le même que le notre, et je lâcha la main de Dean pour me mettre à courir vers lui en hurlant son nom.
« Garett ! Attends nous ! »
Je savais que ça énerverait Dean, mais pour le coup, je m’en fichais un peu. Garett s’était arrêté et retourné en m’entendant hurler. Et c’est avec un large sourire qu’il m’accueillit.
« Ancolie, quelle bonne surprise ! Comment vas-tu depuis qu’on s’est quitté à Voilaroc ? »
Je lui racontais alors ce qui nous était arrivé tendit que Dean nous rattrapais, une moue boudeuse sur le visage.
A la fin de mon récit, Garett paraissait perplexe.
« Alors comme ça il y a même des problème dans ce coin perdu qu’est Célestia ? Si j’avais pu imaginer ça… Et toi, tu traînes toujours avec ce looser ? »
Dean s’était énervé presque immédiatement.
« Hé ho ! Mais comment tu parles ! »
Garett s’était mit à rire. Quand à moi, ça ne me plaisait pas trop.
« Tu devrais arrêter de lui dire ça, il n’est pas méchant tu sais. »
Et comme par magie, Garett s’était calmé devant un Dean tellement surpris qu’il en oublia de se mettre en colère. Je continuais :
« J’aimerai bien que l’on fasse le voyage tout les trois. A moins que vous ne vous sentiez pas assez matures pour vous supporter jusqu’à Vestigion ? Dans ce cas là je trouverais d’autres personnes pour m’emmener là bas… »
J’avais dis ça, mais je savais très bien que ce n’était avec personne d’autre que ces deux garçons que je voulais faire ce voyage. Les connaissants, ils allaient sûrement se mettre d’accord tout les deux et nous continuerions le chemin tous ensemble.  C’est ce que j’espérais très fort au fond de moi.
Dean et Garett se regardèrent tout les deux comme deux bêtes fauves qui allaient se jeter dessus. Mais il ne se passa rien. Ils ne se battirent pas entre eux, et personne ne leva la voix, il y eut juste un grand silence. Je crois bien que je les avais à ma botte et que je pouvais en profiter, mais je n’étais pas assez méchante pour ça.
Tout ce que je sais, c’est que c’est à trois que nous avons continué notre chemin sur la partie sud de la route 210. C’était rassurant d’un côté, amusant de l’autre. Et puis, les avoir tout les deux à mes côtés allait peut être enfin me décider sur ce que je ressentais pour eux. Car malgré moi, mon cœur ne savait choisir. J’étais comme ça, c’est tout.
 
« Si j’ai bien compris, tu te rends au Lac Savoir parce que tu pense que c’est là bas que se trouve ton père ? »
J’acquiesçais. J’avais résumé rapidement à Garett ce qui m’avais poussé à quitter Verchamps et à tout y laisser. Y compris ma mère et son magasin de fleurs.
« Et cette fameuse Pokéball, tu as essayé de l’ouvrir pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur ?  
- Non, je ne préfère pas. C’est à mon père, si je n’arrive pas à contrôler ce qu’il y a à l’intérieur, je ne veux même pas savoir ce qui m’attend comme punition. »
Une punition. Celles de mon père avaient toujours été très sévères. Oh, il ne s’agissait pas de coups, mon père n’avait jamais levé la main sur moi. Non, c’était pire : il me faisait écrire encore et encore des pages et des pages de ses résultats de recherches sur les pokémon spectres et ténèbres. Je ne peux pas dire que ça m’a nuit, puisque maintenant je peux écrire beaucoup et rapidement sans avoir mal aux poignets, c’est juste que je n’aimais pas ça. C’était aussi simple.
« On devrait peut être accélérer la cadence si vous voulez qu’on arrive à Bonville avant la fin de la journée ! »
Dean avait vraiment l’air grognon depuis que nous avions décidés de continuer le chemin ensemble. Il avait dit ça rapidement, avec un soupçon de colère dans la voix. Garett avait acquiescé, moi de même. Même si Bonville n’était plus très loin à présent, il ne fallait pas que nous prenions notre temps.
En fait, je voulais arriver le plus rapidement possible pour visiter les ruines. C’était une bonne occasion qui ne se représenterait sans doute pas avant bien longtemps, et je comptais embarquer les garçons avec moi. A plusieurs, c’était toujours plus amusant.
« C’est quoi ce sourire bizarre Ancolie ? Tu ne nous cacherais pas quelque chose ? »
 Zut, Garett avait remarqué. C’est vrai, j’avais beaucoup de mal à cacher mes émotions. J’étais transparente comme l’eau, et on pouvait quasiment tout savoir juste en regardant mon visage. J’avais repris mon calme et me contenta de lui répondre gentiment.
« Non ce n’est rien, je repensais seulement à un truc marrant… »
En disant cela, je repensais à la blague du Ratattac que Dean m’avait raconté plus tôt. Non, elle n’était vraiment pas amusante cette blague. Mais pas amusante du tout.


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 11:15 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 11


Comme je l’avais espéré, nous arrivions à Bonville dans l’après midi. C’était une ville qui avait souvent des visiteurs grâce aux fameuses ruines. Tout le monde voulait y aller. Et moi aussi. Je me demandais encore comment j’allais réussir à convaincre les garçons de m’y accompagner. Pas que j’avais peur d’y aller toute seule mais… En fait, si. J’avais peur d’y aller toute seule.
La ville n’était pas immense, mais elle était déjà plus grande que Célestia. Et il y avait beaucoup plus de vie ici. Les touristes, les dresseurs de passage… C’était vraiment vivant, et ça me rassurait un peu.
« Bon, qu’est ce que qu’on fait maintenant ? On va se prendre une chambre à l’auberge ? »
Dean avait vraiment l’air énervé. Je crois qu’il ne voulais qu’une seule chose : se débarrasser de Garett le plus vite possible. Mais je pensais sincèrement que prendre une chambre n’était pas urgent. Moi, ce que je voulais, c’était visiter les ruines de Bonville.
Je me disais que ce serait dur de convaincre les garçons. Mais en fait, je m’étais aperçue que je pouvais en faire ce que je voulais. Ce n’était pas très gentil, mais je voulais vraiment y aller.
« Moi je pensais qu’on aurait pu en profiter pour aller visiter les ruines… On peut y voir des zarbis, et y’en a même qui disent qu’ils peuvent prédire l’avenir ! »
Ils m’avaient presque tout les deux répondus en même temps, et la même chose.
« On y va tout de suite ! »
C’était vraiment trop facile.
 
Il y avait un monde fou devant l’entrée des ruines. Et ils étaient tous là pour voir les Zarbis. Quand à moi, j’étais pressée d’y aller. Pouvoir me détendre un peu et penser à autre chose allait me faire le plus grand bien. Et puis, j’étais bien accompagnée pour le coup.
A l’entrée, des hommes en uniformes conduisaient des petits groupes de touristes dans la grotte. Ils y restaient un bon quart d’heure avant de ressortir, les yeux écarquillés par ce que pouvaient laisser les Zarbis comme messages. J’étais assez curieuse de savoir ce qu’ils me diront. Allais je enfin recevoir un bon présage ?
« C’est à nôtre tour ! »
Dean semblait lui aussi impatient. Quand à Garett… Ils nous suivaient sans dire grand-chose. Je le soupçonnais d’être déjà venu ici.
Cela faisait déjà vingt minutes que nous faisions la queue pour pouvoir visiter les ruines Bonville. Je commençais à avoir sérieusement mal aux jambes. Enfin, un homme en uniforme vint nous appeler pour nous faire entrer.
« Vous êtes déjà venus visiter les ruines de Bonville ? »
Dean et moi avions répondu que non. Garett, oui, comme je m’en doutais. L’homme continua :
« Les Zarbis sont des pokémon capable de faire passer certains messages mystérieux. Bien entendu, il ne faut pas tout prendre à la lettre… »
Il parlait des Zarbis, mais moi, je ne l’écoutais que d’une oreille. J’étais plus occupée à regarder les magnifiques fresques qui décoraient les murs de ces ruines. La plupart représentaient des Zarbis, mais il y avait aussi des pokémon légendaires. J’avais cru reconnaître Dialga et Palkia.
J’avais déjà lu un livre sur ces deux pokémon. Dialga et Palkia étaient nés d‘Arceus, source de toute créations. Dialga aurait mit en marche le temps. C’est grâce à lui que nous avons un passé, un présent et un futur. Quand à Palkia… Je n’ai jamais eu beaucoup d’information dessus. Certains livres le décrive comme étant le maître des dimensions et qu’il peut modeler l’espace selon son désir. D’après ces écrits, si Palkia et Dialga se battent, c’est la fin du monde.
J’aimais beaucoup la mythologie. Je pense que si je n’avais pas eu l’idée de devenir comme ma mère, une marchande de fleurs, j’aurais suivit cette voie. Visiter les ruines, décrypter les messages laissés par nos ancêtres, retranscrire leurs légendes…  Oui, je pense que ça m’aurait bien plus tout ça…
« … Voilà pourquoi on appelle ces ruines ainsi… »
Je sortis de ma rêverie à cet instant. J’avais un peu honte car je n’avait pas écouter un seul mot de ce que nous avait dis le guide. Nous étions enfin arrivés dans la salle aux Zarbis.
Il y en avait de toutes sortes et de toutes les formes. Ils flottaient  dans les airs comme des oiseaux, allant et venant un peu partout. J’en connaissais deux qui, je pense, auraient bien voulut en attraper, mais c’était formellement interdit. Et toc.
C’était étrange devoir ce genre de pokémon et pourtant je n’avais pas peur. C’était assez étonnant venant de moi. Le guide nous regarda tout les trois.
« Et bien, voyons voir quel message les Zarbis vont-ils vous laisser. »
Il y en avait une poignée qui s’était approchés de nous, puis seuls cinq d’entre eux restèrent à flotter en nous faisant face. Les autres étaient repartit dans la nuée. Il ne restait que cinq lettres. Et ces cinq lettres formaient un mot dont le sens m’échappait.
C’est Garett qui demanda à voix haute à notre guide :
« Curse ? Mais qu’est ce que ça veut dire ? C’est de l’anglais ? 
- Apparemment. Si je me rappelle bien et si je ne dis pas de bêtises, Curse signifie Malédiction. Mais vous êtes des dresseurs de pokémon, alors je pense que ce message doit les concerner. Faites y très attention et occupez vous bien d’eux. »
Je serrais mon sac, tremblante.
Une malédiction. Des pokémon maudits. Mon père qui à disparut et qui m’envoie un message bizarre. Des morts…  C’était à moi que ce message s’adressait. C’était moi qui étais maudite. C’était moi et personne d’autre.
« Ancolie, est ce que ça va ? Tu es toute pâle… »
Je relevais la tête vers Dean. A ses côtés, Garett avait aussi l’air inquiet. Je décidais de garder mes impressions pour moi.
« Non tous va bien… C’est juste qu’il fait vraiment frais ici. Et si nous sortions ? »
 
Lorsque que nous sommes sortit des ruines, il restait encore pas mal de personnes qui faisaient la queue pour y entrer. Quand à moi, je m’en mordais les doigts. Si j’avais su, je ne serais jamais entrer là dedans.
Curse. Malédiction.
J’étais maudite. Je le savais. Je m’en doutais. Et en avoir la confirmation allait me miner le moral pour un bon moment. J’étais encore en train d’y penser quand je sentis une main se poser sur mon épaule. C’était celle de Dean.
« Arrête de te prendre la tête pour ce qu’a dit le guide. Il ne faut pas prendre tout ça au pied de la lettre… »
Il avait un grand sourire sur le visage. Un sourire qui s’était évanoui presque immédiatement en entendant la voix de Garett.
« Cette andouille a raison Ancolie. Arrête d’y penser… »
J’ai bien cru qu’ils allaient se battre tout les deux, mais ils s’étaient juste contentés de se regarder avec un regard mauvais. Oui, j’allais penser à autre chose : à leur éviter de se battre et de s’arracher les cheveux. C’était une bonne alternative.
 
Avant de partir à l’auberge des dresseurs, j’avais fais un tour au magasin pour me racheter un paquet de cookies. Celui que j’avais était presque fini. Il ne restait que deux cookies se battant en duel au fond de la boite. J’en profitais pour regarder ce que le magasin proposait comme article, et je tombais sous le charme d’une magnifique barrette rouge pour les cheveux.
Ca pour être magnifique, elle l’était vraiment. Elle avait la forme d’une rose. Mais lorsque je me suis penchée pour voir le prix, j’ai vite déchanté. Ce n’était vraiment pas dans mes moyens. Elle était un peu chère, et je n’avais pas assez d’argent de toute façon. Je m’apprêtais à me retourner tout en poussant un soupir à en fendre l’âme. Mais derrière moi, il y avait Garett.
« Tu as trouvé ce que tu voulais Ancolie ?
- Oui, je vais prendre mon paquet de cookies et… Et c’est tout… »
Je devais vraiment faire une tête toute triste, parce que Garett m’avais caressé la tête avec un grand sourire. Puis il m’avait forcé à me retourner vers la vitrine où se trouvait la barrette qui me faisait de l’œil.
« Bon, dis moi qu’est ce qui te plait dans cette vitrine.
- Mais y’a rien qui…
- C’est pas la peine de me mentir. J’te vois baver devant depuis tout à l’heure. Alors c’est quoi ? »
Rougissante, je lui montrais la barrette en forme de rose. Il regarda le prix et siffla.
« Elle est pas donnée dis donc.
- Je sais… C’est pour ça que je t’ai dis que je laissais tomber. »
Puis je m’étais dirigé vers la caisse, le laissant là, planté devant la vitrine. Après avoir payé mon paquet de cookies, il ne me restait vraiment pas grand-chose. Ce serait mon dernier paquet pendant le voyage. Après, il fallait que je me serre la ceinture.
Je rejoignit Dean qui avait déjà finit ses achats. Il avait pris quelques bricoles pour grignoter, et quelques objets pour soigner ses pokémon, au cas où… Garett nous fit un signe qui voulait dire « partez sans moi je vous rejoins ». Dean et moi sortions alors du magasin, sous un soleil qui commençait doucement à se coucher.
« Je trouve ça amusant de continuer le voyage tout les trois… Qu’est ce que tu en pense Dean ? »
J’avais demandé ça comme ça, pour parler, pour détendre l’atmosphère. C’est juste que j’avais oublié que ces deux là ne pouvaient pas se sentir.  
« Moi je pense qu’on aurait dû continuer tout les deux. Juste nous deux. Garett est un casse pied de première. Juste à deux, ça aurait été… »
Il n’avait pas finit sa phrase. Je n’allais pas le forcer, même si je mourrais envie de savoir ce qu’il voulait dire exactement. C’est à ce moment là que Garett était sortit du magasin, un petit paquet dans les mains.
Un petit paquet qu’il me tendit avec un énorme sourire.
« C’est pour toi. »
Je l’ouvrais rapidement. Non, il n’avait pas acheté… Il n’avait pas fais ça quand même ! Ca m’arracha un cri de surprise.
« Oh mon Dieu ! »
Si. Il l’avait acheté. Il avait acheté la barrette en forme de rose et me l’avait offert. La seule chose qui me vint à l’esprit, c’était de lui demander pourquoi il avait fait ça.
« Elle est tellement chère… Pourquoi me l’avoir offert ?
- Parce que je pense que ça t’ira bien. Et puis… Voir la tête déconfite de Dean ça n’a pas de prix. »
Effectivement, Dean n’avait pas apprécié. Mais alors pas le moins du monde. Il était rouge écarlate et j’avais l’impression qu’il allait exploser. Quand à moi, un peu gênée, je remerciais Garett pour son cadeau.
Les premières étoiles apparurent quand nous nous sommes rendus à l’auberge des dresseurs. Nous avions chacun prit une chambre. J’allais être seule pour la nuit. Je me laissais tomber dans mon lit, épuisée. Demain allais être un autre jour, ce serait peu être une autre malédiction…


Chapitre 12


Il était encore tôt ce matin lorsque nous nous sommes mit en route pour Unionpolis. C’est une grande ville que je connaissais vaguement pour y être passé plusieurs fois. A ce qu’il paraît, il y a des concours de beauté pour les pokémon. Moi je trouve ça franchement ridicule, mais il y en a que ça à l’air d’amuser… C’est toujours mieux que de les faire se battre pour rien….
Le soleil s’était à peine levé lorsque nous avons commencé à emprunter la route 209. Une route pleine de verdure, comme d’habitude… En même temps, Sinnoh est une région assez verte. Mis à part au nord où je sais qu’il neige très souvent, toute la région est remplie de forêts. Ce n’est pas désagréable, à condition de ne pas s’y perdre… Chose plus facile à dire qu’à faire quand on ne sait pas lire un plan.
Tendit que nous marchions silencieusement sur le chemin, Dean avait décidé de libérer son Skitty. Ce dernier était donc sortit de sa Pokéball, et gambadait autour de nous.
Si jamais un jour il me fallait vraiment un pokémon, alors je crois que sans aucun doute j’aurais choisi un Skitty, ou alors un Tiplouf. J’adorais sa fourrure douce et rose, et malgré le fait que ce soit un pokémon craintif, celui de Dean semblait être très amical. Il n’hésitait pas à s’approcher de moi et à me demander des caresses que je m’empressais de lui donner.
« Ca fait longtemps que Skitty t’accompagne ? »
J’avais posé gentiment la question à Dean, ce qui semblait déplaire à Garett, mais je m’en fichais.
« C’est mon premier Pokémon. J’ai eu beaucoup de mal à l’attraper, parce que les Skitty sont très craintifs… Ils ne s’approchent pas des humains… 
- Je sais, c’est pour ça que je te pose la question Dean… Comment as-tu fais ?
- C’est tout bête en fait… J’avais remarqué qu’il y avait un Skitty qui vivait pas loin de chez moi. J’essayais de l’appâter avec un tas de truc : viandes, poissons, croquettes… Rien n’a fonctionné.
- Et qu’as-tu fais ?
- J’allais laisser tomber. De toute façon, je n’étais pas vraiment doué. Et un soir, je l’ai trouvé, blessé. Il avait dû se battre ou quelque chose comme ça. J’ai essayé de m’approcher de lui, mais j’ai été accueillit par des coups de griffes et une bonne morsure. Je peux te dire que je les ais senties passer. Mais je ne pouvais pas le laisser comme ça dans la nature. Alors je l’ai soigné avant de le laisser.
- Et il est repartit ?
- En fait, il m’a suivit jusqu’à la maison, et depuis, on ne s’est plus quittés. »
Je ne pouvais m’empêcher de sourire après avoir entendu son histoire. C’était très mignon. De son côté, Skitty se frotta contre ma main pour me demander un câlin. Je lui grattouillait derrière l’oreille et au vu de ses ronronnements, je savait qu’il aimait ça.
Je lançais un regard discret vers Garett. Il semblait ailleurs. Je décidais de le sortir de sa rêverie.
« Et toi Garett ? Qui est ton premier pokémon ? »
Il me dévisagea avant de sortir une Pokéball de sa poche. IL la laissa tomber doucement sur le sol, et un Mustébouée en sortit. C’était un pokémon de type eau, qui ressemblait à un croisement entre une loutre et une belette. Mais ça ne le rendait pas moins mignon pour autant. Après avoir écarquillé les yeux sur le pokémon, je me tournais vers Garett, espérant sans doute qu’il avait une histoire aussi intéressante que Dean à me raconter. Il semblait avoir deviné ce que j’attendais de lui, parce qu’il secoua la tête.
« Désolé pour toi Ancolie, mais je n’ai pas d’histoire gnangnan et cul-cul la praline à te raconter. C’est mon père qui m’a offert ce Mustébouée. C’est tout.
- Ah ? C’est dommage… Moi qui pensait…
- Raté. Je n’ai pas une seule histoire mignonne avec mes pokémon. C’est juste des histoires de captures ou d’échange très banales. »
Il avait bien insisté sur les derniers mots. Je soupirais. Vraiment, Garett était jaloux ou quoi ? En tout cas, c’est l’impression qu’il me donnait. Et ça commençait sérieusement à m’énerver.
 
La route 209 était ensoleillée à présent. Skitty gambadait près de nous, tout comme le Mustébouée que Garett laissa en dehors de sa Pokéball. Est-ce qu’il voulait faire la même chose que Dean ? J’en étais quasiment sûre et certaine. Ces deux là se connaissaient et se jalousaient mutuellement. Tant qu’ils ne disaient rien et ne se battaient pas, ça m’allait.
 Nous marchions donc en direction d’Unionpolis lorsque nous avons remarqué une personne assise sur le bas côté de la route. C’était un homme qui semblait perdu. Habillé simplement, le regard ailleurs. Quittant le petit groupe, je décidais m’approcher de lui et de lui donner un coup de main.
« Ancolie ? Qu’est ce que tu fais ? 
- On ne va pas le laisser là tout seul Dean… Si il est perdu, il fait bien l’aider.
- Oui mais tu sais… »
Je n’écoutais même pas la fin de sa phrase que je m’approchais de l’homme et m’arrêtais face à lui. J’avais l’impression qu’il ne m’avait pas remarqué et il parlait tout seul à voix basse.
« Tous… Tous… Tous… Ils doivent tous… Oui, tous… »
Je ne comprenais pas bien de quoi il parlait, mais je décidais de l’interrompre gentiment.
« Excusez moi monsieur, vous êtes perdu ? Vous voulez venir avec nous à Unionpolis ?
- Tous… Tous…
- Je ne comprends pas… »
Il avait levé la tête et me regardait à présent. Son regard me fit peur, un regard vide, perdu. Un regard des plus étranges. J’essayais de me reprendre et lui reposa ma question.
« Est-ce que tout va bien monsieur ?
- TOUS ! »
Il s’était mit à hurler. Un hurlement de fou. J’avais reculé, regrettant à cet instant de m’être approchée de lui. Il m’attrapa par le bras tout en continuant à hurler des mots incompréhensibles, des paroles sans suites.
« ILS DOIVENT TOUS CREVER ! TOUS ! TOUS ! TOUS ! »
J’essayais de me dégager, mais il me tenait vraiment avec une de ces forces. Derrière moi, Dean et Garett s’étaient mit à crier.
« Qu’est ce que vous lui voulez ?
- Laissez là tranquille ! »
Mais contrairement à ce que mes amis lui demandaient, il resserra sa prise sur moi. Il continuait à marmonner des mots bizarres, et moi, j’avais la frousse. Si j’avais pu, je serais tombée les pommes. Mais non, j’étais juste là, tremblante, incapable de prononcer un seul mot. De sa poche, je l’avais vu sortir un objet et je priais pour que ce ne soit pas ce à quoi je pensais. Mais non. C’était bien ça.
La lame du couteau brillait à la lumière du soleil, m’aveuglant à moitié.
« Crever… Tous… »
Il continuait à déblatérer ses paroles sans queues ni tête, et il leva son couteau au dessus de moi. Il allait me tuer. Il allait me tuer.
Est-ce que j’allais mourir maintenant ?
 
« Skitty ! Attaque charge, maintenant ! 
- Mustébouée ! Vive attaque ! »
J’avais entendu les voix de mes amis, et leurs deux pokémon s’étaient jetés sur mon agresseur. Ce dernier me relâcha, et je m’enfuis vers Dean et Garett, manquant de tomber à plusieurs reprises.
J’étais à peine arrivée à leurs côtés que j’entendis Dean pousser un hurlement.
« SKITTY ! »
Je me retournais pour voir ce qui se passait, mais je m’étais doutée que ce n’était pas bon. Le Skitty de Dean avait reçut un coup de couteau dans le flanc, et ce dernier se traînait lamentablement sur le sol, laissant derrière lui une traînée de sang.
C’était horrible. Le Mustébouée de Garett avait reculé. Je croyais vraiment que nous allions tous mourir. Je le croyais vraiment.
 
Heureusement pour nous, une brigade passait par là. Il ne leurs fallu que quelques instants pour mettre hors de nuire ce fou. Car c’était vraiment un fou.
J’avais rejoint Dean, qui était penché sur son Skitty et qui pleurait toutes les larmes de son corps. Je voulais m’excuser, car je savais que ce qui s’était passé était en partie de ma faute. Mais je n’y arrivais pas. En le voyant dans cet état, je me suis mise à pleurer aussi.
Skitty avait rejoins le paradis des pokémon.
Un agent s’approcha de nous. Je tentais de me reprendre et essuya les larmes qui coulaient sur mon visage.
« J’ai besoin de vous poser quelques questions importante. Est-ce que l’individu vous a mordu ou griffé ? »
C’était très bizarre comme question. Mais j’y répondais quand même.
« Non. Il n’y a rien eu de la sorte. Pas de griffures, ni rien de ce genre. Il m’a juste menacée avec un couteau, et puis… »
Je sombrais à nouveau en larmes.
« Je suis désolé mademoiselle. Pour tout vous dire, nous avons bien fait de l’appréhender maintenant. Si il avait été laissé en liberté plus longtemps, je ne sais pas ce qui aurait pu se passer. »
Je ne l’écoutais qu’à moitié, plus occupée à pleurer. Skitty avait perdu la vie pour m’avoir protégé, et c’est quelque chose que je ne pouvais pas supporter. Je m’en voudrais toute ma vie pour ça.
Finalement, je m’étais décidée à parler à Dean, qui pleurait doucement sur le corps sans vie de son compagnon. Plus loin, Garett répondait aux questions que lui posait un autre agent.
« Je suis désolée Dean… C’est de ma faute… C’est »
Il avait posé sa main sur ma bouche, doucement, pour me faire taire. Il avait les larmes aux yeux, et le sourire qu’il m’adressa à ce moment là était le plus triste que j’aie jamais vu.
« C’est pas de ta faute Ancolie… Ce n’est pas de ta faute… »
A cet instant, un autre agent s’approcha de nous.
« Si vous voulez, nous pouvons vous déposer à la tour perdue. C’est le meilleur endroit pour que votre compagnon repose en paix. »
Dean avait accepté, doucement, sans rien dire. Et tendit que nous montions dans un véhicule, Garett était venu nous voir.
« Moi je vais continuer tout seul de mon côté. On se reverra sûrement plus tard. »
Je le remerciais de ce qu’il avait fait pour nous, mais Dean ne lui adressa même pas la parole. Garett me fit un petit signe avant de repartir seul. Quand à moi, je m’en voulait vraiment. C’était de ma faute, peu importe ce que disait Dean.
J’étais maudite.


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 11:16 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 13


Dean et moi nous retrouvions donc au bas de la tour Perdue. Le groupe d’agents était repartit pour Unionpolis, nous laissant ici.
J’avais déjà entendu parler de cet endroit par mon père. Il s’agissait d’un lieu où reposait les pokémon mort. Il y avait plusieurs étages, et de nombreuses rumeurs couraient sur ce lieu. Mon père en était très friand à l’époque. Il était venu plusieurs fois ici, pour ses recherches. Et à chaque fois qu’il revenait à la maison, il avait des histoires flippantes à raconter. Des pokémon fantômes qui hantaient les lieux, ce genre de chose… Moi je n’aimais pas trop ça, ça m’empêchait de dormir et j’en faisais des cauchemars.
Et la tour Perdue se trouvait face à moi, immense. Un cimetière sur plusieurs étages…
J’en frissonnais.
A mes côtés, Dean restait silencieux. Dans ses bras, le corps sans vie de Skitty. Je n’arrivais pas à le regarder, parce que je me sentais toujours coupable de ce qui s’était passé. C’était de ma faute. C’est tout. Peu importe ce que Dean pensait.
La tour Perdue était immense. Il y avait des personnes qui en sortaient. Certaines pleuraient, d’autres se contentaient d’afficher un visage triste. En même temps, je ne devais pas m’attendre à rencontrer des gens heureux dans cet endroit. J’étais mal à l’aise. Très mal à l’aise. Cet endroit me rappelait de très mauvais souvenirs. Pourtant, je n’y avais jamais été. C’est juste que cet endroit me rappelait Odette.
 
Quand elle avait été retrouvée, il y a deux ans, elle était morte. Dans un état méconnaissable, sa famille avait même eut du mal à la reconnaître. Et quelques jours plus tard, je suis allée à ses obsèques.
Il y avait un monde fou. Je crois que toutes les personnes habitant Verchamps étaient présentes. Avec ma mère, on avait préparé une magnifique couronne de fleurs. Des chrysanthèmes de toutes les couleurs. J’aimais beaucoup ces fleurs, même si je me sentais un peu triste à chaque fois que je devais en faire un bouquet. Mais là, j’étais en larmes. Il a même fallut que ce soit ma mère qui finisse la couronne, car j’étais vraiment mal.  
Et le pire, ce fut les obsèques en elle-même. Triste, morne. Personne ne sourirait, tout le monde pleurait. La mort d’Odette avait été un coup terrible dans le cœur de tout ceux qui la connaissait de près ou de loin. C’était mon amie. Et elle était morte.
Jamais plus je ne la reverrais sourire ou pleurer. Jamais plus je n’entendrais sa voix et son rire. Plus jamais.
Au fond de la grande salle drapée de noir, il y avait un cercueil blanc, immaculé. Celui d’Odette. Je m’étais assise à côté de ma mère, et je pleurais doucement. Je n’écoutais même pas les paroles des personnes présentes, des parents qui rendaient leurs derniers hommages à leur fille, des amis qui racontaient des souvenirs heureux, et autres choses.
Moi, je trouvais ça un peu bête de vouloir la faire revivre une dernière fois ici. Pour moi, elle était morte. Elle serait juste dans mes souvenirs, et dans mon cœur. Elle serait là, pour moi.
Juste pour moi.
Il me semblait que des heures s’étaient écoulées avant que nous emmenions le cercueil dans le petit cimetière. La pluie avait commencé à tomber. Une simple coïncidence. Le ciel pleurait avec moi. C’était juste une coïncidence. Doucement, le cercueil avait été descendus en terre et recouvert. Avec ma mère, nous avions déposé notre couronne mortuaire en chrysanthèmes,  nous avions fait une prière pour le repos d’Odette et nous sommes repartis.
Jamais avec ma mère nous n’avions reparlé d’Odette. Jamais. Je la gardais tout au fond de mon cœur, et c’est tout.
 
A l’entrée de la tour Perdue, il y avait un marchand de fleurs. M’éloignant de Dean, je les regardais, cherchant quelques Chrysanthèmes. J’en choisis quelques unes, colorées de rose, comme l’avait été la fourrure de ce courageux Skitty, et les régla sans compter.
Je rejoignis Dean à l’entrée, et prenant mon courage à deux mains, je le suivis à l’intérieur.
Il y avait des tombes partout. Et sur chacune d’entre elles, des noms et des dates. Tout défila devant moi, des tombes bien entretenues, d’autres qui l’étaient moins, et d’autres pas du tout. Différentes dates, qui nous ramenaient des années en arrière, ou à l’inverse, nous ramenais juste quelques semaines ou quelques jours avant.
Je n’aimais vraiment pas cet endroit.
Au bout de quelques minutes, un homme est venu nous aborder. Costume sombre, teint pâle. L’air indifférent. En même temps, il devait passer son temps à accompagner des gens en larmes, ce n’était pas vraiment un travail amusant.
« Bonjour. Je suppose que vous êtes ici pour votre pokémon… Je peux vous proposer une place au quatrième étage. Suivez moi. »
Je regardais Dean, mais ce dernier s’était juste mit à suivre l’homme en noir, en silence. J’avais l’air idiote avec mes fleurs. Mais je les suivis aussi.
 
Nous avions traversé plusieurs allées remplies de tombes. Et à chaque étage, c’était la même chose. Des tombes à ne plus savoir quoi en faire. C’était plus que déprimant. De temps en temps, il y avait des gens. Des dresseurs aussi. Ils pleuraient. Quoi de plus normal dans un cimetière ?
Nous arrivions enfin au quatrième étage, après une petite marche forcée. Des tombes partout. De la tristesse partout. Je me sentais mal. Je n’aimais pas cet endroit. Mais alors, pas du tout.
L’homme nous emmena dans un coin ou il y avait très peu de tombes où étaient inscrites des noms et des dates. Il en montra une toute simple à Dean.
« Vu la taille et la corpulence de votre compagnon, je pense que celle-ci sera parfaite. Si vous voulez bien me noter les noms et date de naissance et de décès de votre pokémon sur ce papier… »
Il tendit une feuille à remplir à Dean qui s’empressa de la remplir. L’homme vérifia rapidement les informations avant de continuer.
« Bien, bien… Je m’occuper de tout. Vous n’aurez qu’à revenir dans une heure environ, je pense que j’aurais fini. En attendant, vous n’avez qu’à vous promener dans la tour. Il n’y a pas grand-chose à voir, mais certaines tombes valent le détour. »
Dean acquiesçait, mais ne bougeait pas ni ne parla. Il avait fallut que je le prenne par la main pour l’entraîner un peu plus loin. Nous nous sommes retrouvés à marcher dans les allées, regardant les différentes tombes. Il y en avait des magnifiques, pour sur.  Comme celle-ci, où étaient gravée un blason avec un Evoli, le tout entouré de lierre. Je m’étais arrêté quelques instants pour la regarder d’un peu plus près.
Veve, tu resteras toujours dans nos cœurs
Sur la tombe en elle-même, des roses blanches à moitiés fanées. C’est dommage, c’est joli les roses blanches. Mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi le maître où la maîtresse de ce pokémon ait décidé d’en mettre. Dans le langage des fleurs, la rose blanche signifie l’amour pur. A moins que…
Je secouais la tête de droite à gauche. Il fallait que j’arrête de m’inventer des histoires. La personne qui aura posé ses roses blanches ne devait pas savoir ce qu’elles représentaient, c’est tout.
« Dean… »
Ma voix tremblait. Il se tourna vers moi, l’air interrogatif.
« Dean… Est-ce que tu penses que je suis maudite ? Depuis que je suis partie de Verchamps, il ne m’arrive que des choses bizarres… Et ce qu’on dit les Zarbis dans les ruines Bonville… Je n’arrive pas à retirer ça de ma tête, et si c’était la vérité ? »
Il y eut un long silence. Puis Dean le brisa.
« Ecoute Ancolie. C’est des histoires tout ça. Tu n’es pas plus maudite que moi ou que n’importe qui.
- Mais regarde. Depuis que je suis partie, il m’est arrivé un tas de problèmes. Déjà avant qu’on se rencontre toi et moi… »
Je voulais parler des trois garçons qui m’avaient attaqué et qui s’étaient retrouvés dans un sale état, mais je ne savais même pas ce qui s’était passé exactement alors je n’ai pas continué. Je me suis contenté de baisser la tête, honteuse, les larmes aux yeux, mon bouquet de chrysanthèmes à la main.
Dean, avec un léger sourire, m’avais prise dans ses bras. C’est à cet instant que je fondis complètement en larmes. Je pleurais, comme ce jour, il y a longtemps. J’avais l’impression d’être une idiote, de n’attirer que des ennuis à ceux que j’aimais. Je ne servais à rien. J’étais maudite.
Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans les bras de Dean à pleurer. Mais ce que je sais, c’est que l’homme en costume est venu nous chercher pour nous dire que c’était terminé.
Il nous avait raccompagné à la tombe de Skitty avant de nous laisser là et de repartir. Je déposais mon bouquet de Chrysanthèmes sur la tombe et fit une petite prière pour remercier ce pauvre Skitty. Dean avait fait la même chose. Et nous sommes resté là, tout les deux, à regarder la tombe. La tombe de ce brave Skitty. Skitty qui avait donné sa vie pour me protéger.
C’est Dean qui me prit la main pour nous faire sortir de cet endroit. Je le suivais comme un automate. Si il voulait m’emmener n’importe où, c’était le moment. J’étais incapable de sortir Skitty de mes pensées. Le pauvre…
Ce fut le soleil qui me sortit de ma rêverie. La tour Perdue était là, imposante. Mais je ne voulais pas y remettre les pieds. Cet endroit me donnait la frousse. Il me mettait mal à l’aise. La route 209 nous attendait, et au bout de celle-ci, Unionpolis.
Je me tournais vers Dean, incapable de prononcer quoi que ce soit.
Il eut un sourire. Me tenant toujours la main, il me regardait de ses grands yeux encore mouillés de larmes.
« Si on continue de pleurer et de ses lamenter comme ça, je crois que Skitty reviendra nous hanter. On doit arriver à Unionpolis avant ce soir. Sinon, c’est une nuit à la belle étoile qui nous attend, et je ne trouve pas ça très engageant. Quoi que si c’est à côté de toi… »
Je rougissais comme une pivoine. Il recommençait à me taquiner, au moins, ça voulait dire qu’il allait un peu mieux. Il me lança un grand sourire qui me remonta le moral à une sacrée vitesse.
Et pourtant, j’étais toujours sûre et certaine d’une chose : j’étais maudite.


Chapitre 14


Je n’osais pas regarder Dean.
J’avais peur. Peur qu’il m’en veuille, peur qu’il me déteste, peur qu’il me dise de partir et de continuer toute seule ma route. Je le suivais d’un pas robotique, sans regarder autour de moi, ne suivant que sa silhouette. De toute manières, à cet instant, m’extasier sur les fleurs et les pokémon ne m’aurais servit à rien, surtout dans l’état où j’étais. J’avais chaud d’un seul coup. 
J’avais du mal à respirer.
Je brûlais de l’intérieur.
J’avais envie de pleurer, de hurler, mais aucun son ne sortait de ma gorge.
 Je tremblais alors que j’avais chaud.
Je me sentais bizarre.
J’avais mal au cœur.
Je ne comprenais pas ce qui se passait.
Je sais juste que je pleurais comme une madeleine.
 
Ancolie marchait derrière moi. Je n’avais pas fais attention à ce qui se passait. J’essayais d’évacuer ma tristesse autrement que par les larmes, et cherchait des blagues à raconter. Mais je n’ai jamais été un très bon raconteur et ça c’est souvent soldé par des échecs.
Je ne savais pas quoi faire.
Je devais me mettre à pleurer un bon coup ?
Ca ne ramènerait pas mon Skitty.
Je devais hurler ? Crier ? Taper sur quelque chose ou quelqu’un ?
Ca m’aurais peut être calmé sur le coup, mais après ?
Non, il fallait que je garde ma tristesse pour moi.
Ancolie s’en voulait beaucoup, je le savais, et je ne voulais pas qu’elle soit rongée par les remords. La voir triste m’était insupportable. Je préférais largement son sourire. J’aimais bien la taquiner aussi, et voir son visage rouge comme une pivoine me faisait littéralement craquer.
J’avais envie de la prendre dans mes bras, mais je ne savais pas comment elle réagirait.
Et c’est en repensant à tout ça que je me suis retourné vers elle, alors qu’elle marchait derrière moi.
J’allais lui dire une blague foireuse, j’en étais sûr et certain, parce que celle du Rattatac n’avait pas fonctionné, et je l’ai vu en larmes.
Je savais bien pourquoi elle pleurait.
Ancolie avait le visage trempé, et elle s’est lentement laisser glisser à genoux sur le sol, au milieu de la route. Je l’ai prise dans mes bras immédiatement, sans lui dire quoi que ce soit. Je savais que les mots à ce moment là ne serviraient à rien. Elle tremblait.
« Tu as froid ? »
Je n’attendais pas vraiment de réponse et je retirais ma veste pour la mettre sur ses épaules. Elle était si frêle. J’avais l’impression que j’aurais pu la briser en deux si je ne faisais pas attention. Entre deux sanglots, elle s’est excusée de sa voix tremblante.
« Pardon… »
Elle a répété ce mot une fois. Puis une autre. Puis encore une autre. Elle ne s’arrêtait plus. Je l’ai doucement serrée contre moi, et j’ai finis par lui murmurer à l’oreille :
« Arrête de t’excuser… Je ne t’en veux pas… »
Mais elle ne s’arrêtait pas du tout, au contraire. J’avais l’impression que plus je lui parlais, et plus elle se mettait dans tous ses états.
A un moment, qui me paraissait vraiment très long, j’avais l’impression qu’elle s’était calmée. Je n’entendais plus d’excuses, plus que quelques sanglots étouffés.
Ce n’était qu’une impression.
D’un seul coup, Ancolie m’a repoussé.
J’ai faillis me casser la figure en arrière, et ça m’a vraiment surpris sur le coup. Elle était encore par terre, et me regardais de ses grands yeux mouillés de larmes avec un air que je ne lui connaissais pas. On aurait dit  qu’elle était furieuse contre moi.
« Qu’est ce qu’il y a Ancolie ? »
Pas de réponses. Juste des hoquets, des larmes coulant le long de ses joues, et ce regard.
Et elle s’est mise à hurler :
« Tu es comme les autres ! Tu n’es qu’un porc ! Tu n’attends qu’une seule occasion ! Celle de pouvoir me sauter dessus comme les autres ! »
Je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’elle disait, mais elle était furieuse. Elle m’en voulait pour ce qui s’était passé à Voilaroc ? Ou alors il s’était passé autre chose avant que je ne la rencontre ? Je ne savais pas, mais il y avait un problème.
Je la regardais avec des yeux ronds, et Ancolie s’était relevée pour me repousser à terre. Je m’étais étalé de tout mon long. Je n’avais même pas cherché à me défendre. Je ne pouvais pas quitter ses yeux bleus qui me regardaient avec fureur.
Elle s’était approchée avant de se baisser vers moi. Je n’ai pas eu le temps de dire quoi que se soit qu’elle s’était retrouvée à califourchon sur moi et son visage était si proche du mien que je pouvais sentir le souffle chaud de son haleine contre mes lèvres. 
« Ancolie… »
Ma voix tremblait. Je ne savais vraiment pas quoi faire.  Ancolie m’observait de ses yeux qui me brûleraient sur place si ils pouvaient lancer des flammes.
« Pervers ! Tu ne penses qu’avec ça ! »
Sa main se dirigeait lentement vers mon entre jambe. Je l’attrapais et l’empêcha d’aller plus loin. Dans l’état dans lequel j’étais, ça valait mieux pour nous deux.
Elle continuait de m’insulter tout en me provoquant.
« Je sais ce que tu veux au final…. Tu veux profiter de moi ? Tu veux pouvoir m’avoir rien que pour toi ? »
Je n’ai pas eu le temps de répondre. Ses lèvres se sont posées sur les miennes, et sa langue s’est mélangée à la mienne, brûlante, me mettant dans tous mes états. C’était juste divin. J’avais l’impression de fondre. Ancolie pouvait faire de moi tout ce qu’elle voulait à cet instant, je n’aurais rien dis. A mon grand regret, nos lèvres avaient finies par se séparer.
Le regard d’Ancolie avait changé et je l’ai vue s’effondrer sur moi. Elle s’était évanouie.
Je lui ai touché le front : il était brûlant.
Ca expliquait peut être son comportement bien étrange.
 
J’avais l’impression de flotter.
Tout était noir autour de moi. Tout était froid.
Je me rappelle que je pleurais, que Dean m’a prise dans ses bras, et puis, plus rien.
Le vide total.
J’avais froid et je tremblais.
J’avais chaud et l’impression de brûler sur place.
Je ne savais même plus comment je me sentais finalement.
J’entendais des cris, des hurlements, des rires aussi. Il y avait une odeur atroce de sang frais. Je me sentais mal comme pas permis. Vraiment mal.
Je voulais juste me réveiller. Me réveiller et retrouver Dean.
 
« Elle se réveille ! Docteur ! Venez vite ! »
La voix de Dean. Sa voix. J’entends des bruits de pas qui accourent près de moi. J’ouvre les yeux, aveuglée par la lumière. Moi voix est toute tremblante et toute faible quand je demande péniblement ce qu’il s’est passé. L’homme en blouse blanche se penche sur moi et me pose des questions banales et sans grande importance. Pour savoir si je vais mieux qu’il me dit.
Dean est là lui aussi. Il me regarde, soulagé. J’ai du faire une mauvaise chute, ou quelque chose comme ça.
Lorsque le docteur finis de m’ausculter, j’ai enfin la réponse à ma question par la bouche de Dean.
« Tu t’es évanouie avec une fièvre monstrueuse ! Alors je t’ai portée jusqu’ici, à la clinique d’Unionpolis. Ce docteur s’est occupé de toi. Apparemment, tu nous fais une mauvaise grippe ! Tu dors depuis hier…. Une vraie belle au bois dormant ! »
 Dean se moquait de moi. J’aurais pu me fâcher, mais je n’en avais pas vraiment la force. Et puis ça me faisait plaisir de le voir comme ça. Une petite douleur vint marteler mon crâne d’un seul coup, et je poussai un petit cri de douleur. Dean s’était immédiatement rapproché de moi.
« Est-ce que ça va Ancolie ? 
-C’est bizarre Dean… Je n’arrive pas à me rappeler de grand-chose. Qu’est ce qu’il s’est passé hier avant que je m’évanouisse ? »
Dean me lança un regard étrange, puis me demanda :
« Tu ne te rappelle pas ?
-Pas vraiment non.
-Ce n’est pas très important tu sais. Repose toi qu’on puisse reprendre la route ! »
Il était sortit précipitamment de la salle, m’adressant un grand sourire.
Je ne savais pas ce qu’il s’était passé. Je ne le savais pas du tout. Et il ne me le dirait pas.
 
 J’étais en train d’avaler mon repas à la clinique (si on peux appeler une demie cuisse de poulet sans gras et quelques légumes sans sel un repas), quand Dean était revenu. Il avait un sac en plastique remplis de provisions que je regardais avec un air interrogatif. Il le remarqua.
« On a encore du chemin alors veux mieux avoir de quoi manger tu ne crois pas ?
-Dean… C’est quoi tout ses paquets de gâteaux ? C’est ça que tu appelles des provisions ? »
Démasqué.
Mais je ne lui en voulais pas. Voir son visage gêné me faisait vraiment plaisir. Et il m’avait acheté deux paquets de cookies. Après le repas que je venais de prendre, ce n’était vraiment pas de refus.
 
C’était le début de l’après midi lorsque j’ai enfin eu le droit de quitter la clinique. J’avais le droit de prendre des médicaments pour ne pas rechuter, et je n’aimais pas ça du tout. Les médicaments avaient un goût vraiment immonde et j’avais juste envie de vomir à chaque fois que je prenais une cuillère de sirop.
La ville d’Unionpolis organisait un concours de beauté pour pokémon dans quelques semaines. Il fallait que je m’en souvienne. Qui sait, je réussirais peut être à y aller avec ma mère ? Et puis, ça nous changerais d’air toute les deux.
Ma mère…
Je me demandais comment elle allait. Elle devait se faire des soucis. Je me prendrais surtout un savon en rentrant, ça c’était sûr et certain !
La route 207 était devant nous, et la fin de la journée s’annonçait vraiment bien. J’avais le moral qui était remonté à bloc, et même Dean semblait aller beaucoup mieux.
Ma malédiction s’était envolée. Tout du moins, je le croyais…


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 11:17 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 15


La route 207 n’était pas vraiment pleine de verdure. Quelques Crefrousses et Ponytas broutaient des touffes d’herbes au loin. Ma bonne humeur était un peu redescendue. Je mettais ça sur le compte du fait que j’étais grippée.
« Quel est le comble d’un ponyta ? »
Dean recommençait à me poser des blagues qui n’amusaient que lui. Il fallait vraiment qu’il aille mettre à jour son répertoire de devinettes pokémon. Devant son air impatient, je fini par lui donner la réponse qu’il attendait.
« C’est d’avoir une fièvre de cheval ! »
Gagné. Il avait l’air déçut que j’ai trouvé la réponse.
« T’es pas marrante Ancolie…
- C’est surtout tes blagues qui ne sont pas marrantes ! »
J’avais répondu au tac au tac avec un grand sourire. Dean m’avait regardé méchamment avec d’éclater de rire.
« Ouais je sais. Mes blagues sont vraiment moisies… Mais elles fonctionnent toujours à Charbourg ! »
C’est vrai, en y repensant. Nous faisions route vers la ville natale de Dean et de Garett. Il allait pouvoir retrouver ses parents, sa famille, ses amis… Je serais de trop dans tout ça.
« Tu es content de retourner chez toi Dean ? »
J’avais posé la question comme ça, sans vraiment attendre de réponse.
« D’un côté oui, bien sûr. Je vais pouvoir retrouver mes parents, qui vont encore me prendre la tête comme d’habitude… Mais d’un autre côté… »
Il n’avait pas fini sa phrase et semblait perdue dans sa rêverie.
 
Tendit que nous continuions notre route, nous pouvions voir au loin des feux d’artifices s’élever dans le ciel. C’était la fin de l’après midi, et le soleil commençait doucement à se coucher.
« C’était quoi ces feux d’artifices ? »
Je tournais la tête vers Dean, certaine qu’il avait la réponse à ma question. Réponse qui ne tarda pas d’ailleurs.
« Et bien je dirais qu’on arrive en plein festival ! Je ne sais pas si c’est vraiment une bonne chose pour nous mais… »
Un festival ? Rien qu’en entendant ce mot, j’accélérais le pas, devançant Dean. Faire la fête m’aiderais à oublier mes soucis et mes appréhensions pendant un moment. Ca ne pouvait me faire que du bien.
 
La ville était agitée, il y avait beaucoup de monde partout, des stands de vendeurs de nourritures et de confiserie, d’autres qui proposaient des jeux avec des lots à gagner. Il y avait même une petite estrade ou un groupe jouait de la musique. Il y avait vraiment de l’ambiance !
Je m’étais presque jetée dans la foule et dirigée vers un stand où il fallait attraper des canards en plastiques qui bougeaient au gré de l’eau pour avoir la chance de remporter l’une des petites peluches Pikachu.
« Allez ma grande ! C’est juste une pièce la partie ! »
L’homme qui tenait le stand me fit un large sourire et me tendit une canne à pêche.
« Mais t’es tellement mignonne que je te laisse un coup pour tenter ta chance ! »
Je le remerciais en bredouillant un peu, surprise, puis m’attela à la tache. C’est à cet instant que Dean me retrouva.
« T’es partie comme une flèche Ancolie, tu aurais au moins pu m’attendre ! »
L’homme du stand parut surpris.
« Mais si c’est pas le p’tit Dean que voilà ! T’es de retour depuis longtemps ?
-Je viens tout juste d’arriver !
-Et t’as réussit à devenir dresseur pokémon tout ça ?
-Euh, pas vraiment… Je ne suis que de passage et… »
Je relevais à cet instant ma canne à pêche en hurlant presque.
« Je l’ai attrapé ! Je l’ai attrapé ! Regarde Dean ! Je l’ai ! Je l’ai ! »
J’exhibais le canard en plastique jaune, toute contente de moi et la donna au propriétaire du stand. Il me tendit alors la peluche tant convoitée et lança un grand sourire à Dean.
« Oh, mais je crois comprendre pourquoi tu as mis autant de temps à revenir mon grand ! »
D’autres personnes étaient venues entre temps pour jouer à ce stand, et je m’éloignais avec Dean, le temps de remercier l’homme pour la partie gratuite et a peluche.
Nous avons presque fait tous les stands. J’avais remplis mon sac de sucreries en tout genre, généreusement offertes par les gens qui reconnaissaient Dean.  Ce dernier m’avait offert un petit bracelet orné de fleurs. En même temps, je l’avais regardé avec de grands yeux suppliants et il n’avait pas dis non.
« Je te demanderai plus tard ce que je veux en échange ! »
Je n’avais aucune idée de ce qu’il voulait. Peut être qu’il aurait oublié d’ici là, mais je n’en étais pas vraiment sûre.
 
La nuit était tombée, la fête battait son plein et nous écoutions le groupe jouer sa musique tout en discutant.
« Dean…
- hmmm ? (Il avait la bouche pleine et mangeait des brochettes de boulette de poulet caramélisées)
-Quand tu auras fini de participer à la ligue Sinnoh, tu vas revenir ici ? A Charbourg ?
-Hmmm… (Il hochait la tête de haut en bas et avala la bouchée qu’il avait). Mais je ne pense pas que je resterais très longtemps. Il y a tellement de choses que j’aimerai faire après ça !
-Ah ? Et lesquels si ce n’est pas trop indiscret ?
-Et bien… Déjà, j’aimerai bien voyager ailleurs que dans la région. Kanto et Jotho ont l’air d’être des coins sympathiques, et il y a aussi des ligues pokémon là bas. Et aussi… J’aimerai bien rencontrer d’autre pokémon, faire des échanges, ce genre de choses qu’on ne peut pas trop faire dans la région.
- Et bien, tu ne risques pas d’avoir beaucoup de temps libre pour venir me voir à Verchamps avec tout ça… »
J’avais lancé ça comme ça. Mais rien que d’y penser, j’en avais le cœur qui se serrait dans ma poitrine. Dans tout le bruit du festival, j’avais l’impression qu’un grand silence s’était installé autour de nous. Dean me regardait, l’air gêné.
« Ancolie… Je… »
Je ne laissais pas finir sa phrase.
« J’ai soif ! S’il te plait, tu ne voudrais pas aller me chercher un jus d’orange ? »
Dean s’était levé presque immédiatement.
« Tu ne veux rien d’autre ?
- Juste un verre de jus… Merci… »
Il s’éloigna dans la foule, me laissant seule. J’avais envie de pleurer, mais les larmes ne coulaient pas. J’étais jalouse ? Jalouse de quoi ? Que ces satanées ligues pokémon étaient aussi importante dans le cœur de Dean ? Plus importante… Que moi ? Je soupirais bruyamment et n’aperçut pas que quelqu'un s’était approché de moi.
« Pourquoi tu fais cette tête là ? T’es toute triste parce que ce looser t’a oubliée ? »
Je tournai la tête vers Garett et fut plus que surprise. Je tentais de défendre Dean.
« Dean n’est pas un looser… C’est juste que… Juste que… »
Je ne savais même pas pourquoi je m’étais mise dans cet état. Garret n’avait pas attendu la fin de ma réponse qu’il m’avait pris par la main et emmener au plus près de l’estrade ou le groupe jouait maintenant une douce balade. Sans m’en rendre vraiment compte, j’étais en train de danser avec lui. Il me tenait par la taille et mes bras entouraient son cou. Jamais je n’aurais pensé danser un slow avec Garett !  
« Tu es mignonne quand tu rougis comme ça… »
Quand il m’a dit ça, je ne rougissais plus, je devais être écarlate !
« Garett… S’il te plait… Je n’aime pas ça… 
-Le fait de danser avec moi ?
-Non… Non… Arrête de dire que je suis mignonne…
-Je ne dis que la vérité Ancolie.
-Mais t’as vu à quoi je ressemble ? On dirait un cachet d’aspirine à qui on a mit des allumettes en guise de bras et de jambes !
-Ce n’est pas ce que je vois, moi. »
Et sans attendre que la musique se finisse, il m’entraîna à part de la foule. Nous étions seuls tout les deux, à l’écart, prêt de e qui était l’entrée d’une mine.
« Ne me dis pas que tu veux m’emmener là dedans ?
-Mais non Ancolie. C’est juste qu’ici, on sera plus tranquille. Personne ne viendra près de la mine… »
Et avant que je n’ai pu faire quoi que ce soit, Garett m’avait enlacée puis rapproché son visage du mien. Ses lèvres touchèrent les miennes, les forcèrent à s’ouvrir, nos langues se trouvèrent et se mélangèrent. J’avais chaud à cet instant, et la tête me tournait. Je ne savais pas quoi faire mit à part répondre à ce baiser fougueux que me donnait Garett. Mes mains se posèrent sur son torse. Les siennes me caressaient le dos, descendant lentement jusqu’à atteindre mes fesses qu’il palpait vigoureusement.
C’est à ce moment là que je repensais à Dean.
Je l’avais laissé, et il devait me chercher dans toute la ville. Qu’est ce qu’il penserait si il me voyait dans cette position avec Garett ?
Je repoussais ce dernier, mettant fin à notre baiser par la même occasion.
« Non ! »
Garett semblait surpris par ma réaction, mais ne dit mot.
« Garett… Arrête s’il te plait… »
Il me regardait, les yeux pleins de surprise, bouche bé.
« Mais Ancolie, je…
- Je ne veux pas savoir… Laisse moi s’il te plait… »
J’avais les larmes aux yeux. Je n’étais pas sûre de mes sentiments, et Garett ne m’aidait pas vraiment en faisant ça. J’allais partir, mais il me retint par le bras.
« Ancolie… »
Il caressa ma joue de son autre main et essuya les larmes qui commençaient à y perler.
« Garett… J’aimerai être sûre… Alors jusque là, s’il te plait… »
Il me relâcha doucement et je me dépêchais de retourner au festival, le laissant là.
 
 
Comme je pouvais m’en douté, Dean était là où nous nous étions quittés, regardant à droite et à gauche dans l’espoir de m’apercevoir. Il avait un verre de jus d’orange dans la main et des brochettes de boulettes au poulet caramélisées dans l’autre. IL parut soulagé quand il me vit arriver.
« Bah où est ce que tu étais passé Ancolie ? Je t’ai cherchée partout !
- J’ai… J’ai juste fais un tour pour me changer les idées. Tout ce monde et ce bruit, tu sais… »
Il me tendit mon verre de jus d’orange avant de recommencer à manger ses brochettes. Si il continuait à les engloutir aussi rapidement, il allait être malade.
« Bon, on va peut être aller se coucher non ? La maison de mes parents n’est pas bien loin, et je pense qu’ils seront contents de me revoir aussi rapidement ! »
 
 Effectivement, la maison de Dean était à deux pas du lieu où se passait le festival. Il toqua doucement à la porte (il était tard) et on vint rapidement lui ouvrir. Une femme se tenais sur le seuil, ouvrant de grands yeux, et se jeta sur Dean.
« Tu est enfin de retour ! Je savais que cette histoire de ligue pokémon c’était juste parce que tu nous faisais une petite crise d’adolescence et de jalousie ! »
Dean semblait vraiment gêné. Moi, ça m’amusait un peu de la voir comme ça. Sa mère venait juste de se rendre compte de ma présence et n’avait même pas laissé son fils lui répondre.
« Qu’est ce qu’elle est adorable ! C’est ta fiancée ? »
Nous nous sommes regardé à ce moment là et nous étions tous les deux rouges comme des coquelicots. 
« Mais maman, c’est quoi ces conclusions aussi hâtives ? C’est une amie… Elle…
-Mais oui bien sûr mon fils. Vas faire croire ça à quelqu’un d’autre. Allez, venez vous mettre au chaud parce qu’à cette heure ci, la nuit est bien froide ! »
 
Il fallut un bon moment à la mère de Dean pour comprendre que je n’était pas la fiancée de son fils et que ce dernier n’était juste que de passage et continuerait la ligue Sinnoh. Elle m’assomma de questions, et j’y répondais comme je pouvais. Au bout d’une heure, elle devait en savoir autant que moi sur moi-même.
« Et tu as quel âge Ancolie ? »
Dean, affalé sur le canapé du salon, avait répondu entre deux bâillements : « Elle a  quinze ans maman. »
J’avais envie de la taquiner, et de lui dire que mon anniversaire c’était demain. Mais je me suis retenue. Il était fatigué, et je pense qu’une bonne nuit de sommeil ne serait pas de trop. Et puis demain, nous allions continuer notre voyage. La prochaine ville sur notre carte était Félicité. J’y avait déjà mit les pieds, mais rapidement, le temps de prendre la route vers Floraville. Fêter mon anniversaire pouvait bien attendre un peu. J’allais avoir seize ans, et pourtant je me sentais toujours aussi gamine.
Dean s’était endormi dans le canapé et sa mère était partie lui ramener une couverture pour le couvrir. Elle m’emmena dans la chambre de son fils et me souhaita une bonne nuit en me disant de faire comme chez moi.
Pauvre Dean. Il était tellement fatigué qu’il n’allait même pas dormir dans son propre lit.
Je profitais du fait d’être seule pour m’asseoir sur le lit douillet et observer sa chambre. Le bureau était impeccablement rangé. Quelques livres et bandes dessinées traînaient dans une petite bibliothèque, avec quelques figurines représentant des pokémons divers, et celle d’un garçon que je reconnu comme étant Red, le champion actuel de la ligue Kanto. Des posters dans la même veine tapissaient les murs de la chambre. Il y en avait même sur sa commode et son armoire. Je me laissais retomber en arrière et à peine avais je fermé les yeux que j’étais déjà dans les bras de Morphée.


Chapitre 16


J’étais encore en train de rêver quand j’ai entendu la voix de Dean me sortir de tout ça.
« C’est l’heure de se lever la belle au bois dormant ! A moins que tu ne veuilles un baiser… »
Je n’ouvrit pas immédiatement les yeux et fit semblant de continuer à dormir. Je voulais savoir si il aurait le courage de m’embrasser. Je l’ai sentit se rapprocher de moi, doucement…
Avant de m’embrasser sur le front, comme on le ferait à une gamine.
J’étais vraiment déçue. J’ouvrit finalement les yeux et regardais autour de moi. J’étais dans la chambre de Dean, et ce qui s’était passé hier soir était réel. Ce n’était pas un rêve. Garett m’avait vraiment embrassé, de cette manière là, loin de tout le monde. Il m’avais touché, caressé, et même si à cet instant présent j’en ressentait vraiment une grande honte, sur le coup, c’était agréable.
Je chassais rapidement ses pensées qui me mettait le rouge aux joues à vitesse grand V et demanda à dean.
« Tu es réveillé depuis longtemps ?
-Une bonne demie heure à peine… Ma mère vient toujours me réveiller à sept heures, même pendant les vacances… »
Il poussa un soupir à en fendre l’âme. Ma mère aussi était comme ça, alors je pouvais comprendre ce qu’il ressentait. Une voix retentie de la cuisine.
« Le petit déjeuner est servit ! Dépêchez vous avant que ça ne refroidisse ! »
  Dean m’indiqua la salle de bain avant de me laisser pour rejoindre sa mère à la cuisine. Je m’y enfermai à double tour, j’avais besoin d’être seule. Je me regardais dans le petit miroir et vis mes yeux cernés. Je n’avais pas vraiment bien dormit ces derniers temps, pourtant, cette nuit m’avait fait du bien. Je finissais par croire que je me faisais des idées au sujet de Dean. Je ne connaissais pas ses sentiments envers moi. Il me traitais juste comme si j’étais sa petit sœur, ou quelque chose s’en approchant. J’avais envie de pleurer, comme très souvent ces derniers temps. J’étais vraiment une pleureuse de première en y repensant. Mon ventre commença à gargouiller, me faisant comprendre qu’il avait besoin d’être rempli rapidement.  
Je me lavai rapidement le visage avant de rejoindre la cuisine.
 
« Alors ma petite, tu as bien dormi ? »
Depuis la veille, la mère de Dean me donnait tout un tas de surnom affectueux. En vrac, j’ai eu le droit à ma petite, ma mignonne, ma jolie, ma belle, et tout un tas d’autres. J’acquiesçais en hochant la tête, un sourire aux lèvres.
Elle m’invita à m’asseoir à table. Dean était déjà en train de dévorer ses tartines de confiture et un tas de petits gâteaux faits maisons. Je me contentais juste des tartines. Un grand bol de lait et un verre de jus d’orange pour compléter le tout, et mon estomac n’en pouvait déjà plus.  
Je regardais Dean avaler tout se qui se présentait et me demandait si il n’avait pas un trou noir à la place de l’estomac. Quand à sa mère, elle s’occupait à préparer des casses croûte pour la suite de notre voyage (parce qu’elle avait enfin compris que nous allions repartir sur les routes).
 
Nous nous sommes remis en route rapidement après le petit déjeuner. Je remerciais la mère de Dean de son accueil et ce dernier lui promit qu’il reviendrait rapidement. Elle nous regarda partir tout en faisant de grand gestes des bras et en nous souhaitant bonne chance.
« Et surtout fais bien attention à ta fiancée ! »
Dean s’était mit à rougir d’un seul coup, et moi avec.
La route 203 était pleine de verdure au fur et à mesure que nous avancions. Il faisait déjà chaud lorsque nous arrivions près d’un petit lac où nous décidions de nous reposer d’un commun d’accord. Dean avait sortit de son sac une bouteille d’eau qu’il me tendit. Je ne me fis pas prier, le remerciant au passage. J’en bu quelques gorgées avant de la lui rendre. Il se désaltéra lui aussi, puis regarda la bouteille quelques instant avant de se tourner vers moi.
« On boit dans la même bouteille… Tu penses que c’est comme si je t’embrassais ? »
J’étais partagé entre l’envie d’éclater de rire et celle de me caché au fond d’un trou tant le rouge me montait aux joues.
« Tu as des questions vraiment bizarre Dean…
-Non mais c’est vrai quand on y repense. C’est comme si je t’embrassais… »
Il semblait perdu dans sa rêverie. Il devait repenser à quelque chose qui l’avait marqué. Il avait déjà une petite amie ? Il l’avait peut être déjà même embrassé ! J’étais partagée entre la tristesse et la jalousie à cet instant.  
« Tu as déjà embrassé un garçon ? »
Il m’avait posé la question, directement, de but en blanc, sans aucun détour. J’étais plus que gênée, parce que je connaissais la réponse. La réponse était oui, et le pire, c’est que c’était Garett qui avait posé ses lèvres sur les miennes. Rien qu’à cette pensée, j’avais n’envie de pleurer.
Dean ne me quittais pas du regard, et je détournais la tête, honteuse. Il avait compris que la réponse était oui.     
« C’était qui ? Quelqu’un de Verchamps ? Un ami ? 
-Je ne peux pas…
-Tu ne peux pas me répondre ? Pourquoi ? C’est quelqu’un que je connais ? »
J’hochais doucement la tête, et des larmes commençaient déjà à couler le long de mes joues. Il continua son questionnaire, et je sentais dans sa voix qu’il essayait de contenir sa colère. Il avait deviné. Il m’avait prise par les épaules et me forçait à lui faire face.
« Quand est ce qu’il t’as embrassé ? »
Je lui racontais alors ce qu’il s’était passé la veille. Tout en omettant certains détails. J’étais certaine que si il savait tout, il tuerait Garett dès qu’il le verrait. Et tendit que je racontais tout ça, je vis son visage s’assombrir doucement. Il me demanda d’une voix tremblante :
 « Et… Tu as aimé ? »
Je ne savais pas vraiment quoi répondre. C’était un baiser forcé. Un baiser qui m’avait brûlé, me réchauffant de tout mon être d’une manière dont je ne soupçonnais pas l’existence. Dans un sens, c’était agréable, mais ce n’est pas ce que je recherchais sur le moment.
« Je ne sais pas Dean… Je n’avais jamais embrassé personne avant… C’était bizarre… »
Dean continuait de me regarder de ses grands yeux. Il paraissait troublé.
« Hier soir, je t’ai dis que je te demanderai quelque chose en échange… »
Il me prit le poignet gauche et le mit à hauteur d’yeux. Le petit bracelet orné de fleurs y était. C’était ce qu’il m’avait offert hier soir. Il m’avait dit qu’il me demanderait quelque chose en échange, et j’avais accepté, trop heureuse.
« Dean… Qu’est ce que…
-Je ne te demanderai pas grand-chose, ne t’inquiète pas… »
Il approcha doucement son visage du mien. Sa main relâcha mon poignet et vint essuyer les larmes qui coulaient le long de mes joues. Lentement, ses lèvres touchèrent les miennes, les ouvrir, et je sentit sa langue se mêler à la mienne. La même chaleur que la veille vint m’envahir à cet instant. La tête me tournait à nouveau, j’avais chaud, j’aurais voulut que tout ça ne se finisse jamais, que nous restions ainsi jusqu’à la fin des temps. Je l’enlaçais, le collant complètement à moi, ce qui ne parut pas lui déplaire. Il me serra à son tour dans les bras, approfondissant encore notre baiser. Puis il recula, y mettant fin, me regardant droit dans les yeux. J’étais dans ses bras, j’étais heureuse.
Puis il me posa la question suivante :
« Lequel as-tu préféré ? »
Il parlait sans aucun doute des baisers. J’étais vraiment déçue pour le coup. Il n’avait pas remarqué que cet instant était celui que j’attendais depuis longtemps ? Je décidais de jouer l’indécise.   
« Je ne sais pas… Ce n’était pas la même chose… »
Il me relâcha doucement, je fis de même et ne le regardais pas, préférant poser mes yeux sur le petit lac brillant face à nous. Oui, j’étais vraiment déçue par la tournure que cet instant avait prit. Il avait juste été jaloux de Garett, encore une fois.
« Ancolie… »
Sa voix était redevenue douce, comme d’habitude. La colère s’était finalement estompée. Je ne tournais même pas la tête vers lui.
« Je suis désolé… Je ne voulais pas… Je…
- Ce n’est pas grave Dean. Ce n’est pas grave… »
Je disais ça, mais mon cœur pensait le contraire. J’avais l’impression qu’il jouait avec moi, tout comme Garett. Deux gamins qui se chamaillent au sujet d’un jouet, parce ils le veulent tout les deux pour eux tout seul.
Dean se releva  et me tendit la main pour m’aider à faire de même. Nous devions continuer notre route, et arriver à Félicité avant la nuit si nous voulions avoir la chance d’avoir une place à l’auberge des dresseurs.
 
Le soleil brillait partout sauf dans mon cœur. Dean l’avait remarqué mais n’avait rien dit à ce sujet. Il se contentait de commenter ce qu’il voyait, essayant de me faire penser à autre chose. Il me montra quelques pokémon, et j’acquiesçais rapidement à ses paroles que je n’écoutais pas vraiment. Je n’avais pas la tête à ça.
« Regarde Ancolie, c’est un Nosferapti ! »
Je relevais la tête, trouvant ça un peu bizarre. Nous étions sur une route et il n’y avait pas de grotte à proximité. Un nosferapti ici ? C’était un peu inhabituel. Dean s’approcha avant que je n’ai pu lui dire quoi que se soit.
Les yeux grands ouvert, je le vit tendre la main vers le pokémon qui le mordit cruellement avant de s’envoler au loin. Dean étouffa un cri de douleur : il saignait abondamment. Je courus le rejoindre et lui demanda de me laisser voir sa blessure. Il saignait beaucoup, mais la morsure n’était pas énorme. Je sortit de mon sac un bandage et de l’antiseptique que m’avait généreusement fournit la mère de Dean (parce qu’elle savait très bien qu’il était capable de se faire mal n’importe comment et n’importe quand). Tendit que je m’occupais de sa blessure, Dean me demanda :
« Tu ne boude plus ?
-Je ne boudais pas. J’étais seulement fatiguée… Tu sais, je n’ai pas vraiment l’habitude de passer mes journées à marcher à travers la région. »
Je m’étais débrouillée comme un chef : le bandage tiendrais le coup, si Dean ne bougeait pas trop sa main gauche.
« Je me demande ce que ce Nosferapti faisait ici en pleine journée… Ce n’est pas vraiment dans leurs habitudes. Tu ne penses pas Dean ?
- Je ne sais pas trop… Je n’en avais jamais vu en vrai encore… »
Un vrai gamin. Mais c’est peut être ce qui me plaisait chez lui. Nous avions reprit la route après cet incident et avons fini par arriver à Félicité au milieu de l’après midi.


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 12:25 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 17


Félicité était une très grande ville. Elle devait faire au moins quatre fois la taille de Verchamps, si ce n’était pas plus ! C’était ici que se trouvait le siège de la société Pokémontre S.A. IL y avait aussi celui de Féli TV, une chaîne de télévision que ma mère adorait regarder (sois disant pour l’émission culinaire du matin, mais je la soupçonnais surtout de ne jamais manquer un épisode de Gloire, Amour et Pokémon).
Je crois que si j’étais seule ici, je me serais rapidement perdue.
Dean regardait autour de lui avec de grands yeux plein de curiosité et un large sourire.
« Waouh ! Il y a tellement de choses à faire ici ! Ancolie, on va au GTS ? »
Houlà ! De quoi donc est ce qu’il pouvait bien me parler ?
« GTS ? »
J’avais l’impression de passer pour une idiote à ce moment là. Dean m’expliqua.
« Global Trade Center. C’est un lieu ou les dresseurs échangent leurs pokémons. Viens, je vais te montrer… »
Je sentais que je n’allais pas apprécier du tout cet endroit. Pouvoir échanger ses pokémon comme si on s’échangeait des cartes postales ne m’attirait pas le moins du monde. Je décidais de le suivre surtout parce que j’avais peur de me perdre.
En chemin, nus fûmes arrêtés par un présentateur télé. Je le reconnaissais, c’était celui qui présentait l’émission « cent milles questions, cent milles réponses » ! Il s’approcha de Dean et je sus déjà ce qui allait se passer.
« Bonjour jeune homme, je ne vous demande que quelques minutes le temps de répondre à une question. »
Dean acquiesçait, visiblement intimidé.
« Tout d’abords, vous êtes dresseurs pokémon ?
-Ou… Oui !
-Vous concourrez actuellement pour la ligue Sinnoh ? Est-ce que vous n’avez pas peur de tous ces dresseurs qui veulent atteindre le même but que vous ?
-Si bien sûr, mais un jour je serais le meilleur, peu importe le temps que ça prendra ! »
Il avait lancé un grand sourire à cet instant, un de ses sourires que j’aimais tant.
« Et bien voici la question qui vous permettra peut être de gagner le dernier modèle de pokémontre jeune homme ! Concentrez vous bien, car la voici : quel est le pokémon dont on aurait aperçut une version complètement inédite au lac courage ! »
Une question que je trouvais très simple vu que cette histoire avait fait un tabac du côté de Verchamps. Mais je ne savais pas si Dean allait trouver la réponse.
Il avait réfléchit quelques instants puis avait répondu :
« Léviathor ! »
Il fut applaudit par le présentateur qui lui remit rapidement sa pokémontre avant de continuer à interroger d’autres personnes au hasard.
 
Nous arrivions alors au GTS comme l’appelais si bien Dean. C’était un grand bâtiment, et nous nous y sommes engouffrées, cherchant une console de libre. Le lieu était bondé de monde, et ce n’est pas sans mal que nous en avions trouvé une. Dean m’expliqua comment tout cela fonctionnait.
« Regarde… Il suffit que je mette l’un de mes pokémon ici (il plaça la Pokéball où se trouvait Etourmi dans une cache spéciale prévu à cet effet). Je regarde sur l’ordinateur qui serait intéressé par ce pokémon (il se mit à taper à vitesse grand V sur le clavier), ah ! J’en ai un ici qui aimerait échanger son Piafabec contre un Etourmi. Piafabec est pas mal non plus… Donc, j’ai juste à cliquer ici… (Il attendit quelques instants, le temps que la barre de chargement arrive à son terme). Et voilà, j’ai échangé mon Etourmi contre un Piafabec ! C’est génial tu ne trouve pas ? »
Malheureusement pour lui, je trouvais ce procédé vraiment moche. Les pokémons étaient vraiment considéré comme de simples outils, de simples cartes qu’on pouvait se permettre d’abandonner comme ça, si on en avait envie.
Devant le peu d’enthousiasme dont je faisait part, Dean m’entraîna finalement au centre commercial pour y faire quelques achats.  Je le soupçonnais surtout d’être venu ici pour essayer sa nouvelle pokémontre qui faisait aussi GPS. Au moins, on ne risquait pas de se perdre.
C’est en regardant les magasins que je suis tombée sur la série que regardait ma mère. C’était la fin de l’épisode, et Julia ne savais pas si elle devait se battre contre Cédric ou carrément abandonner ses rêves de conquêtes du trône de meilleur dresseur parce qu’elle était amoureuse de lui et que c’était le meilleur ami de son frère Julien. Pfiou ! Ce n’est pas que je suivais cette série, mais c’est que ma mère me racontait l’épisode à chaque fois.
Le générique défilait, me rappelant quelques souvenirs, et ce fut l’heure des informations.
L’un des deux présentateurs parlaient d’une maladie qui commençait à faire des ravages chez les pokémons et qui, apparemment, était transmissible aux humains. Ils appelaient ça « syndrome de Lavanville ». C’est là bas qu’aurait eu lieu les premiers cas. Les syndromes étaient variés concernant les humains : fièvres, vertiges, fatigue pour les moins atteins, amnésies, paranoïa, début de schizophrénie et violence incontrôlée pour les autres. Je frissonnais. Et si le pokémon qui avait mordu Dean était atteint par cette maladie ? 
Ce dernier m’avait rejoint au moment de la publicité. Il me tendit une gaufre au chocolat, que je pris avec plaisir.
« Je me suis dis que ça nous changerais des glaces. »
Il avait dit ça d’un air malicieux et j’avais tut de suite compris qu’il faisait référence à la dernière fois. Je repensais à la manière dont il avait pris mes doigts dégoulinants de chocolat pour les porter à sa bouche et j’en rougis. Ca le faisait rire.
 
C’était la fin de l’après midi lorsque nous avions décidé de nous rendre à l’auberge des dresseurs pour nous reposer. En tout cas, elle était bien plus grande que toute celles que j’avais vues jusqu’à présent. Les chambres me semblaient immenses. J’avais la mienne pour moi toute seule, et j’en profitais pour me prendre une bonne douche bien méritée. Depuis le début de mon voyage, je portais quasiment les mêmes vêtements. Si j’avais su que ce serait aussi long, j’en aurais pris un peu plus avec moi. Heureusement qu’il y’avait une machine à laver et une sécheuse ! Le tout fut propre et sec en moins d’une heure. Quand à moi, je m’allongeais dans le lit et m’endormie rapidement. Demain allait être un autre jour…
 
 
Il était sept heures et demie lorsque j’ai ouvert les yeux. Je m’habillais à la hâte et récupéra mon sac. Je n’avais rien oublié ? Non. Tout était là.
Je décidais de passer par la chambre de Dean (qui se trouvait à côté de la mienne) pour voir si il était réveillé. Je toquais plusieurs fois, mais n’ayant pas de réponses, je me résolut finalement à y entrer.
Dean dormait encore. Je le secouais un peu, mais il ne bougea pas d’un poil.
« On dirait bien que c’est toi la belle au bois dormant aujourd’hui… »
J’avais prononcé cette phrase assez fort pour qu’il l’entende, mais il ne broncha pas. Il devait avoir le sommeil vraiment lourd. Je me penchais doucement au dessus de lui, nos visages se faisaient face. Mes lèvres n’étaient qu’à quelques centimètres des siennes…
Est-ce que j’allais avoir le courage de l’embrasser de moi-même ?
C’est à cet instant que Dean se décida à ouvrir les yeux.
« Tu me sautes dessus de bon matin… Je ne te savais pas comme ça Ancolie… »
Je rougissais de plus belle.
« Non, ce n’est pas ce que tu crois ! J’étais venue pour te réveiller. Il est sept heures et demie passée ! »
Je me relevais rapidement mais il m’attira contre lui et me retrouvais allongée. Rouge comme une tomate. Comme d’habitude. Ce n’était pas désagréable cette position après tout.
« Ca te dérange si on reste un peu comme ça ? »
Sa voix faisait vibrer sa poitrine contre laquelle j’étais allongée.  
« On pourrait rester comme ça des heures que ça ne me dérangerais pas le moins du monde… »
C’était sortit naturellement. Dean me caressa les cheveux, doucement. Je ne sais pas vraiment combien de temps nous sommes restés dans cette position. Je sais juste qu’à un moment, il s’est levé, et que je suis resté assise sur le lit à attendre qu’il ait fini de se laver et de s’habiller pour que nous puissions repartir.
 
Il était presque huit heures et demie lorsque nous avons mit le nez dehors. Le soleil n’était pas encore parfaitement levé, il faisait un peu frais. La route 204 nous attendait, et au bout de celle-ci, Floraville. Là bas au moins, je retrouverais ma tante. Je lui raconterais toutes mes aventures et peut être qu’elle pourra me conseiller sur ce que je dois faire. J’espérais juste qu’elle ne commencerais pas à se faire des films en voyant Dean. Mais c’était peine perdue, la connaissant.
Nous allions quitter Floraville lorsque des cris se sont fait entendre, provenant d’une des maisons qui se trouvaient là.
« Je me fiche de ce que tu penses ! Je vais partir pour devenir la meilleure dresseuse pokémon du monde !
-Mais ma chérie, tu es trop jeune et…
-Papa ! Tu écoutes ce que je te dis au moins ?
-Oui ma chérie mais…
-Alors pourquoi est ce que tu tiens absolument à ce que je reste ici à laisser moisir mes talents ?
-Ma chérie je…
-J’en ai assez de t’entendre papa ! Tu parles trop ! Je m’en vais et tu ne me retiendras pas ! »
J’ai entendu un claquement de porte et quelques instants plus tard une fille se trouvait face à nous. Elle était jolie : de longs cheveux blonds qui flottaient dans la bise matinale, des yeux verts comme des émeraudes, elle portait un léger maquillage qui les faisais encore plus ressortir. Elle devait avoir la même taille que moi, à peu près. Elle nous regarda puis s’approcha de nous.
« Vous êtes des dresseurs de pokémon ? »
Je secouait négativement la tête, tendit que Dean répondait par l’affirmative.
« Oui, et je parcours la région en ce moment pour…
-Oh, cela ne devrait pas t’ennuyer si je viens avec toi alors ? »
Elle s’adressait à Dean comme si je n’existais pas. Elle m’ignorait totalement. Dean semblait gêné par sa présence. Elle ne le laissa même pas répondre et lui avait prit le bras. Dans un grand sourire, elle continua :
« Je m’appelle Emalia ! Et toi, c’est quoi ton petit nom ? »
Je m’approchais de Dean tendit qu’il lui répondait et le prit par la main.
« Dean, on devrait se dépêcher. On n’a pas le temps de rester ici à papoter ! »
Je  l’entraînais sur la route 204 et je crus voir dans son regard qu’il paraissait soulagé. C’était sans compter cette enquiquineuse qui nous suivait sans qu’on lui ai demandé quoi que ce soit. Elle me demanda enfin mon nom et lui répondait de la manière la plus sèche possible.
« Ancolie…
-Ancolie ? D’où est ce que ça sort ce nom là ?
-C’est un nom de fleur. »
Cette Emalia commençais déjà à m’énerver.
« Une fleur ? Ca ne te vas pas du tout… Où alors on aurait du t’appeler Ortie, ou Pissenlit. »
Elle trouvait ça amusant et s’était mise à rire. Je n’avais pas apprécié du tout et lui lança un regard noir. Dean, lui, aurait voulut être ailleurs à ce moment là. Emalia se rapprocha de moi et posa sa main sur mon épaule.
« Excuses moi (elle riait toujours). Je ne pensais pas que tu le prendrais comme ça… Soyons amies. »
Soyons amies. Et bien elle était mal barrée pour ça.
 


Chapitre 18


La route 204 était fleurie comme pas permit, et beaucoup de pokémons type herbes se trouvaient ici.  J’aurais pu apprécier l’endroit si cette enquiquineuse d’Emalie n’était pas du voyage.
Elle parlait tout le temps et pensait toujours tout savoir mieux que tout le monde. Je ne sais pas combien de temps encore j’allais la supporter sans devenir folle.
« … et de toute manières, ce n’est qu’un imbécile ! Il n’a jamais fait confiance en mes talents ! Pourtant, il devrait savoir que je suis douée pour ça, je suis sa fille après tout ! »
Dean acquiesçait sans écouter. J’étais sûre et certaine qu’il ne voulait qu’une seule chose : qu’elle se taise pendant au moins cinq minutes. 
« Et puis avec les pokémons qu’il m’a offert, je suis sûre et certaine que je réussirais la ligue Sinnoh les doigts dans le nez ! Ce n’est pas n’importe qui qui possède  un auqali, un pyroli et un voltali ! »
Elle avait lancé un de ses petits rires. A la manière dont elle se vantait toutes les cinq minutes, je me suis dis que c’était bien une gosse de riche qui était gâtée par papa et maman. De plus, je la soupçonnais d’avoir des vues sur Dean.
En cherchant un cookies dans mon sac, la Pokéball de mon père tomba et alla rouler droit devant. Emalia la ramassa avant que je n’aie pu faire quoi que ce soit.
«Tu es dresseuse toi aussi ? Je ne m’en serais jamais douté avec l’allure que tu te payes… »
Toujours aussi insolente. J’avais juste envie de lui mettre une paire de baffe.
« C’est quoi comme pokémon que tu trimballes ? A ta tête je dirais un Bulbizarre ! »
Je lui arrachais des mains sans lui répondre et replaça la Pokéball au fond de mon sac.
« Tu t’énerve facilement Ancolie… Alors ? C’est quoi ton pokémon ? 
-Je n’ai pas de Pokémon !
-Bah pourquoi tu as une Pokéball alors ? Pour faire joli ? Ou alors pour attirer les garçon en leur faisant croire que tu es une dresseuse en détresse qui a perdu son pokémon ?
-Ca ne te regarde pas ! »
Elle m’avait mise en colère. Et pas qu’un peu.
« Pourquoi est ce que tu es aussi méchante avec moi Ancolie ? Heureusement que Dean n’est pas comme toi… »
En disant cela, elle lui attrapa le bras et se serra contre lui. Plus gêné qu’autre chose, il n’arrivait même pas à se faire entendre entre nous deux qui râlions à voix haute.
« Pourquoi est ce que tu le colle comme ça, Emalia ? Tu ne vois pas que tu le gênes ?
-Je le gêne ? Pourtant il n’a rien dit. A moins que tu ne sois jalouse ? »
Oui, j’étais jalouse. Et Dean ne faisais rien pour arranger la chose. IL avait plutôt l’air perdu entre nous et aucun son ne sortait de sa bouche. On aurait dit une poupée que se disputaient deux gamines.
« Vous sortez ensemble ou quoi ? »
Emalia avait dis ça comme ça, mais je n’avais pas la réponse à sa question. Dean ne m’avait jamais avoué quoi que ce soit, et moi, je ne lui avait jamais dis ce que je ressentais vraiment.
Sur le coup, je n’avais pas rougis comme d’habitude. Je n’avais rien dis. Rien du tout. Et Dean non plus.
« Pas de réponses ? Alors je considère que c’est non Ancolie, et que j’ai toutes mes chances… »
Toutes mes chances ? Elle n’allait pas s’amuser à draguer Dean devant moi quand même ? Tu parles… Elle n’allait pas se gêner oui ! Emalia commençait déjà à lui faire les yeux doux, et Dean lui demanda gentiment de lui lâcher le bras.
Bien fait pour toi, je pensais en fort intérieur.
 
Nous marchions donc tout les trois, vu qu’Emalia n’était pas décidée à partir toute seule pour retourner chez son paternel. Je crois que si j’avais pu, je l’aurait tuée sur place tant elle m’énervait. Et c’est au bord de la route que je l’aperçut, prostré, recroquevillé sur lui-même. C’était Garett.
Même Dean, qui le détestait cordialement d’habitude, avait vu que quelque chose n’allait pas. Nous nous sommes précipités pour aller le rejoindre.
Je me pencha sur lui et lui parla doucement.
« Garett… Est-ce que tout va bien ? »
Sa voix était faible lorsqu’il me répondit :
« Ancolie… Ca me fais tellement plaisir… De te voir… »
Je lui touchais le front : il était brûlant ! Avec m’aide de Dean, nous l’avions mit en position allongé. Derrière nous, Emalia s’impatientait.
« Qu’est ce que vous faites ? Si on doit s’arrêter à chaque fois qu’on trouve quelqu’un de malade, on n’arrivera jamais jusqu’à la ligue, alors…
-Ferme là ! »
C’était Dean. Sur le coup, sa façon agressive de répondre m’a plutôt étonné, mais elle l’avait bien cherché. Je demandais à Dean de me passer sa bouteille d’eau vu qu la mienne était déjà vide. Je forçais Garett à en boire quelques gorgées puis lui humidifia le front.
« Dean, il va falloir le transporter jusqu’à Floraville. Tu penses que tu seras assez fort pour le porter jusqu’à là bas ? »
Il me regarda avec un air de défi, et je su qu’il le ferait, quitte à arriver épuisé. Je l’aidais à prendre Garett, qui entre temps s’était évanouit, sur le dos. Je pris le sac de Dean (qu’est ce qu’il était lourd ! Peut être pas autant que Garett, mais je me demandais comment Dean pouvait marcher toute la journée avec ça sur le dos !) et me retournais vers Emalia, qui paraissait encore toute retournée de la manière dont Dean lui avait répondu.
« Suis nous ou pas, fais ce que tu veux. Mais arrête de jacasser tu veux bien ? »
La manière dont j’avais dit ça, ce n’était pas une question. C’était un ordre.
 
La ville de Floraville n’était pas bien loin à pied, et heureusement. Dean n’en pouvait plus. Je tentais de l’aider à porter Garett tant bien que mal. Derrière nous, Emalia nous suivait toujours. J’aurais espéré qu’elle parte, mais non. Elle nous avait suivis jusqu’ici. Et elle n’était pas prête de nous lâche. Enfin, c’était surtout Dean qu’elle ne voulait pas lâcher.
La maison de ma tante ne se trouvait pas très loin de la clinique, et je décidais d’y emmener les garçons (et cette enquiquineuse d’Emalia).
Floraville était l’endroit où je voulais vivre plus tard si j’en avais l’occasion. La ville était passée maître dans l’art des fleurs, et de plus, il y avait multitudes de cultures de baies. J’adorais venir ici avec ma mère lorsque nous rendions visite à ma tante.
En parlant d’elle…
Je toquais doucement à la porte de sa maison et très rapidement elle vint m’ouvrir. A voir ma tête, elle avait compris qu’il se passait quelque chose et sans nous dire quoi que ce soit elle nous fit entrer.
 
« Je suis désolée d’être venue sans prévenir tante Rose… »
Garett avait été allongé sur le canapé du salon. Je lui épongeais régulièrement le front, à la demande de ma tante. C’était la grande sœur de ma mère. Elles avaient quatre ans de différences. Et je lui ressemblais beaucoup physiquement. Nous partagions les même cheveux longs et raides couleur cuivre, et les mêmes yeux bleus. Elle aussi était maigre comme un clou. La culture de baies était sa passion.
« Si j’avais su que tu venais, j’aurais préparé des gâteaux et du thé.  En tout cas, ton ami a attrapé une bonne grippe. Ca fait combien de temps qu’il est dans cet état ?
-Je ne sais pas. Il était déjà comme ça quand nous l’avons trouvé… »
Je lui présentais rapidement Dean, qui s’était affalé sur une chaise, et Emalia qui regardait autour d’elle et dont les yeux semblaient demander ce qu’elle faisait dans un tel taudis.
« Ravie de vous rencontrer les jeunes. Vous êtes des dresseurs de pokémons participant à la ligue alors… Ca ne doit pas être facile tous les jours… Vous devez avoir faim, je vais vous chercher de quoi manger… »
Tante Rose était partit dans la cuisine nous chercher de la brioche et de la confiture. Elle nous avait même préparé du chocolat chaud ! Même Emalia, qui à mon avis devait plus apprécier la nourriture de luxe, s’était jetée dessus et avais tout dévoré.
Dean semblait aller mieux et s’était relevé.
« Je vais faire un tour dans la ville. Sait-on jamais, il y a peut être quelques dresseurs qui pourront me donner quelques tuyaux ! »
Il sortit de la maison, rapidement suivit par Emalia. Décidément, elle ne le lâchera jamais ? Quand à ma tante, elle décida d’aller à la clinique pour chercher quelques médicaments. Pas que pour Garett m’avait-elle dit.  Il y avait une épidémie de grippe apparemment, et elle ne voulait pas me savoir sur les routes sans quoi que se soit pour me soigner rapidement.
Je me retrouvais donc seule avec Garett.
 
J’allais humidifier à nouveau l’éponge qu’il avait sur le front quand il se réveilla.
« Où est ce que je suis ?
-A Floraville. Chez ma tante.
-Ancolie ?
-On t’a trouvé sur la route 204. Tu avais l’air mal en point. Une bonne grippe. Tu devrais te reposer encore un peu… »
Je posais l’éponge sur son front. Il me regarda de ses grands yeux et je me sentis rougir comme une tomate. Il avait vraiment une manière de me regarder qui me mettait dans tous mes états. IL se releva et se mit en position assise.
« Garett ! Allonge toi, tu dois te reposer ! »
Il m’attrapa par les épaules et me serra contre lui sans que je ne puisse rétorquer quoi que ce soit. Il avait enfoui son visage au creux de mon cou, et je pouvais sentir son souffle brûlant contre ma peau. Ses mains me caressaient le dos, et j’étais incapable de dire quoi que ce soit.
Sa voix était toujours faible, sa fièvre toujours aussi forte.
« Ancolie… »
Il répéta mon prénom plusieurs fois.
« Ancolie… »
Garett positionna son visage face au mien, et ses lèvres frôlèrent les miennes.
« Je t’aime Ancolie… »
Il m’embrassa, comme la dernière fois. Je n’avais pas souhaité ce baiser. Mais il était brûlant, comme Garett à cet instant. Et je fondais complètement. Que devais je faire ? Le laisser m’embrasser, le laisser m’aimer ? Car je savais qu’il m’aimait, j’en étais sûre. Mais moi ? Ce n’était pas la même chose qu’avec Dean… Je ne ressentais pas le même besoin, la même passion.
C’est Garett qui recula, décidant de mettre fin à notre baiser.
« Ancolie… J’ai besoin d’une réponse…
-Pardon Garett. Pardon… »
Je pleurais dans ses bras. Il avait compris. Ses mains caressèrent mes cheveux tendit que je vidais mes larmes contre lui. Et c’est à cet instant que Dean et Emalia avaient décidés de revenir bien entendu.
Dean avait retrouvé toute son agressivité.
« Ca à l’air d’aller mieux à ce que je vois Garett. Et sans indiscrétion, vous faites quoi là ?
-Je console une jeune fille en larmes parce que tu n’en es pas capable. »
Je tournais ma tête vers Dean, mais la manière dégoûté qu’il avait en me regardant me ramena à la difficile réalité : il me détestait.
 
Ma tante ne mit pas longtemps à revenir. Elle nous proposa de dormir chez elle. Garett n’avait pas le choix : elle n’allait pas le laisser partir comme ça sans vérifier qu’il était guérit. Dean avait décliné l’invitation : l’auberge des dresseurs lui suffisait amplement. Il fut suivit dans sa décision par Emalia bien entendu.
Et le lendemain matin, quand Garett et moi sommes sortis les chercher à l’auberge, ils n’étaient plus là. Ils étaient déjà partit. J’avais remercier ma tante qui m’avais promit de donner de mes nouvelles à ma mère, et elle nous avait laissé quelques trucs à grignoter au cas où.
C’est donc accompagnée de Garett que je continuais mon voyage, luttant pour ne pas pleurer.


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 12:26 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 19


La route 205 était vraiment très longue. Je crois bien qu’il nous faudrait une bonne demie journée pour la traverser. Autour de nous, la forêt, avec ses grands arbres encore verts de feuilles, au dessus de nous, un soleil éblouissant. Et à mes côtés, Garett.
J’étais vraiment mal à l’aise avec lui. Il m’avait dit qu’il m’aimait. Il m’avait ouvert son cœur, et moi… Et moi je ne pouvais pas lui offrir le mien. Parce que le mien était pris par Dean.
Dean…
Mon cœur se serra en repensant à lui.
Il m’avait abandonné (car c’est comme ça que je le ressentait) pour partir avec cette saleté d’Emalia. Oh, elle devait vraiment être heureuse de ne l’avoir rien que pour elle. Si seulement je pouvais lui mettre mon poing dans la figure.
 
« Tu es sûr que tu te sens assez bien pour continuer le voyage ? Tu ne veux pas te reposer un peu Garett ? Hier encore, tu étais brûlant de fièvre !
-Ne t’inquiètes pas pour moi regarde. J’ai une pêche d’enfer ! »
Disant cela, il me fit un large sourire qui me fit un peu oublier ma peine.
« Par contre Ancolie, toi tu n’a vraiment pas l’air en forme. C’est à cause de ce crétin ? »
Je décidais de mentir.
« Non… Je crois que c’est juste la fatigue. Tu sais, cela fait des jours que je passe mon temps à marcher et… »
Garett m’avait prit la main et me força à le regarder droit dans les yeux.
« Ancolie… Oublie le. Je t’aime… Je te jure que je ne partirais pas avec la première venue comme il l’a fait.
-Garett…
-Depuis le jour où je t’ai vue, j’ai su que je ne donnerais jamais mon cœur à quelqu’un d’autre que toi. »
J’avais envie de pleurer. Je m’en voulais de le mettre dans cet état. Je m’en voulais vraiment…
« Garett… »
J’avais repris mon souffle.
« Garett… Ca me fait vraiment plaisir. Mais tu sais très bien que…
- Je sais, je sais… »
Il baissa doucement la tête, un léger sourire gêné aux lèvres, puis relâcha ma main. Il avait l’air déçut.
« Je suis sûre qu’un jour Garett, tu trouveras…
-Je ne crois pas non. »
Après ça, ce fut dans un silence de mort que nous avions continué notre chemin le long de la route 205.
 
Nous avions finalement atterrit dans la forêt Vestigion. La forêt était bien calme, même si je soupçonnais la présence de certains pokémon près de nous. Un pachirisu nous regardait du haut de son arbre. Un Laporeille s’éloignait et se réfugia dans son terrier. Un chenipotte grignotait quelques feuilles, sans se soucier de nous.
A force d’avancer sans savoir dans cette forêt, j’avais l’impression que nous étions perdus. Je décidais de m’asseoir sur un tronc renversé qui se trouvait là, très vite rejointe par Garett.
Je lui demandais d’une voix tremblante :
« On est perdu ?
-Perdus ? Ne t’inquiètes pas, on va bien trouver la sortie de cette forêt. En tout cas, je ne pensais pas qu’elle était aussi grande et qu’il y avait autant de pokémon par ici…
-Garett… 
-De quoi est ce que tu as peur ? Avec moi il ne t’arriveras rien du tout Ancolie ! »
Il essayait de me redonner confiance, et il y arrivait plutôt bien. On finirait bien par trouver la sortie d’une manière ou d’une autre.
« J’ai cru comprendre que tu voulais aller au lac savoir, mais est ce que tu es sûre que ton père se trouve là bas ? »
En fait, je n’en avais aucune idée. J’étais partie sur un coup de tête après avoir lu la lettre de mon père. Je décidais d’ailleurs de la sortir à nouveau pour la montrer à Garett.
 « Attend Garett… Je vais te montrer ce qu’il m’a écrit, tu me dira peut être ce que tu comprends toi… »
Et tout en fouillant dans mon sac je continuais à parler.
« C’est bizarre… Je n’arrive pas à mettre la main dessus. AIE ! »
Je ressortie ma main immédiatement de mon sac et vit que je m’était coupée. Comment est ce que j’avais pu faire mon compte encore ? Je saignais un peu, la coupure était net et parcourais une bonne partie de mon index. Je ne savais vraiment pas comment j’avais fais, mais j’étais passé championne dans la malchance.
« Attend Ancolie… »
Il avait prit mon doigt et l’avait porté à sa bouche. Je ne pu réprimer un mouvement de dégoût.
« Mais t’es un vampire ou quoi Garett ? »
Sur le coup il ne m’a pas répondu. Il me fixait de ses grands yeux tout en continuant. Puis au bout de quelques minutes à nous regardez comme ça, il avait laissé mon doigt (dont le sang s’était arrêté de couler) pour s’occuper de ma main, puis de mon bras. Sa langue remontait dangereusement et je frissonnais à son contact chaud sur ma peau fraîche.
« Garett… »
Mon souffle s’accélérait au fur et à mesure qu’il continuait son petit manège. Garett arriva au creux de mon cou où il s’arrêta quelques instants pour enfin me répondre.
« Si j’étais un vampire, je t’aurais déjà mangé toute crue… »
Je n’avais gagné que quelques secondes de répit.
« S’il te plait Garett… »
Je n’arrivais plus à me contrôler. Il avait le don de me mettre dans un état où j’étais incapable de faire quoi que ce soit. Ma voix s’était éteinte et n’avait pas eu le moindre effet sur lui. Au contraire, il approcha son visage du mien, puis m’embrassa tout simplement.
Je sentais sa main dans mon dos qui me pressait contre lui, et je n’arrivais pas à lui dire d’arrêter. En y repensant, j’étais peut être trop énervée envers Dean, je voulais peut être savoir ce que ça faisait d’être aimé. Savoir qu’on avait envie de moi.
J’avais sentie l’autre main de Garett sur mon genou. Elle était brûlante. Il remonta le long de ma cuisse, sous ma jupe.
Il ne fallait pas que je le laisse aller plus loin.
J’interrompis notre baiser.
« Garett ! »
Il s’arrêta,  abasourdit, et me regarda de ses grands yeux sombres. Je continuais.
« Je ne veux pas que ça aille plus loin entre nous… Nous sommes amis et…
-J’aimerai être plus que ton ami. »
Il avait dit ça le plus sérieusement du monde. Et ça m’avait mise encore plus mal à l’aise.
Garett avait posé sa tête au creux de mon épaule et poussa un long soupir à en fendre l’âme.
« J’aimerai tellement être plus qu’un ami dans ton cœur. 
-Je suis désolée Garett… Je suis tellement désolée… »
Les larmes coulaient toutes seules le long de mes joues. Il s’en était aperçut et se releva pour les essuyer.
« Arrête de pleurer Ancolie. Ce n’est pas de ta faute. Tu… Tu as peut être raison finalement. »
Il baissa la tête.
« Je devrais me faire une raison. »
Garett avait sourit en disant ça. Un sourire étrange, que je ne lui connaissais pas. Mais je mis ça sur le compte du fait que je venais de lui briser le cœur.
J’avais tors.    
 
Nous avons reprit notre route, cherchant une sortie à la forêt de Vestigion qui était si dense. Je me cassais plusieurs fois la figure et finie même par me faire des bleus au niveau des jambes. A ce point là, ce n’était plus de la maladresse !
Et tendit que nous marchions, j’ai finis par entre des voix familières.
 
« Je ne t’ai jamais demandé de me suivre ! Tu n’as qu’à retourner chez ton père pour pleurer !
-Mais je ne sais pas où est le chemin ! Je t’ai juste suivis parce que…
-Parce que tu voulais m’emmerder, c’est ce que j’avais cru comprendre !
-Non ! Ce n’est pas ça Dean ! Parce que…
-Parce que quoi alors ?
-Mais parce que je t’aime !
-T’es juste jalouse ! »
J’allais les rejoindre quand Garett m’attrapa par le bras et m’attira derrière des buissons. Il me fit signe de ne pas faire de bruit. J’allais peut être apprendre certaines choses. Emalia continuait à parler, elle pleurait à moitié.
« Moi je t’aime Dean, je ne suis pas comme cette idiote qui préfère aller se jeter dans les bras du premier venu !
-Ferme là !
-Qu’est ce qu’elle fichait dans ses bras quand on est revenus d’après toi ?
-FERME LA ! »
Dean l’avais poussée et elle était tombée au sol. Emalia était complètement en larmes lorsqu’elle demanda à Dean :
« T’es amoureux d’elle ou quoi ?
-Ca ne te regarde pas !
-Alors pourquoi…
-Pourquoi est ce que tu ne m’intéresses pas ? Je vais te le dire en mille : t’es insupportable comme fille, toujours en train de jacasser pour dire n’importe quoi. Tu te prends pour la meilleure parce que tu as de l’argent alors que t’es rien du tout !
-Mais… »
La voix d’Emalia mourut dans un sanglot. Je me disais qu’elle l’avait bien cherché encore une fois, mais que Dean avait vraiment été dur avec elle pour le coup. Avec un soupçon de regret dans la voix, il avait rajouté :
« Tu n’es pas comme elle… »
Garett me fit un signe. Tendit que Dean et Emalia continuaient d’avancer (Emalia, malgré toutes les piques qu’il lui avait lancé, continuait de le suivre comme un petit chien), nous sortions enfin de notre cachette. Garett me proposa de les rejoindre et j’acquiesçais.
Il les interpella en criant.
« Hey looser ! Alors t’es perdu ? »
Dean et Emalia s’étaient retournés. Cette dernière parut soulagée de nous voir. Quand à Dean, il continuait de faire la tête.
« Tu peux parler Garett, j’suis sûr que toi aussi tu ne sais pas où se trouve cette fichue sortie.
-C’est vrai… Mais on aura toujours plus de chance si on marche ensemble, tu ne penses pas ? »
A voir la tête de Dean, il savait qu’il regrettait déjà que Garett soit ici. Il me lançais quelques regards à la dérobée, mais ne m’adressa pas la parole alors que nous avions repris notre route.
 
Au bout d’une heure environ, nous avions atteint une énorme bâtisse perdu dans la forêt, qui ressemblait à un vieux château. Et c’est à cet instant que la pluie se mit à tomber, nous incitant à y entrer.


Chapitre 20


La pluie tombait à verse lorsque nous sommes entré dans le vieux château. J’étais trempée de la tête aux pieds. Je n’étais pas la seule.
Le hall était immense. Je crois bien qu’il faisait la taille du magasin de ma mère. Face à nous, il y avait un grand escalier qui menait à l’étage. Deux portes se trouvaient de chaque côté de la salle. Je ne savais pas par où commencer.
« Pas mal comme endroit… Il y a un peu trop de poussière à mon goût, mais je pense qu’il y a enfin un endroit digne de recevoir ma personne… »
Emalia ne pouvait vraiment pas se taire plus de cinq minutes. Dean se chargea de lui rappeler qu’elle n’était qu’une enquiquineuse.
« Sérieusement, je vais finir par te scotcher la bouche ! Tu ne peux pas te taire un peu au lieu de ramener ta science toutes les cinq minutes ? »
Je crois bien que s’en était trop pour elle. En larmes, je l’ai vue partir en courant et s’engouffrer dans la première porte à gauche. J’allais la suivre quand Garett me retint par le bras.
« Laisse ça pleurer un bon coup, ça lui fera les pieds. Elle le mérite bien. »
Peut être, mais je n’étais pas vraiment rassurée dans cette immense bâtisse. Dean prit la seconde porte à ma gauche. Il se tourna vers nous.
« Je vais voir ce qu’il y a dans le coin. Ne bougez pas d’ici, je n’en ai pas pour très longtemps… »
Il disparut dans l’encadrement de la porte. Je savais que Garett ne l’écouterait pas.
« Je vais voir ce qu’il y a à l’étage. Préviens moi quand l’autre looser est de retour… »
Et au bout du compte, je m’étais retrouvée toute seul dans cet immense hall sans bruits. C’était vraiment flippant. Je ne sais pas combien de temps j’ai attendu comme ça. Mais au bout du compte, je passais outre ce que m’avaient demandés les garçons. Je me dirigeais vers la porte qu’avait prise Emalia.
Devant moi se trouvait un long couloir aux murs décrépis. Il y avait une tonne de poussière et pas mal de toiles d’araignées pendaient au plafond. Je frissonnais à nouveau. Des tableaux d’une autre époque tapissaient les murs. Certains étaient déchirés, d’autres avaient juste laissés une trace rectangulaire, preuve qu’ils y avaient été accrochés là il y a longtemps. Sur le sol, dans la poussière, il y avait des papiers jetés ça et là, n’importe comment. Des photos, des livres déchirés, des journaux pèle mêles. J’avançais, suivant les traces d’Emalia dans la poussière, ce qui me mena finalement face à une porte. Derrière, j’entendais des pleurs étouffés. Ca devait être elle.
J’ouvris la porte qui se mit à grincer fortement, et je devais reconnaître que si j’avais voulut être discrète, ce n’était vraiment pas gagné ! Il faisait noir, je n’y voyais rien du tout.
Je ne sais pas combien de temps je suis rester dans cette salle à errer à la recherche d’une source de lumière, mais quand je trouvais l’interrupteur et que je le poussais, la salle s’illumina. J’étais soulagée pour le coup : il y avait donc de l’électricité. Mais je n’entendais plus les pleurs d’Emalia. Inquiète, je parcourus la salle du regard.
Une grande salle. Contre un des murs se trouvait une cheminée (éteinte bien entendue) dont le marbre était fissuré en plusieurs endroit. Au centre se trouvait une table basse brisée en deux et un canapé défoncé, aux tâches brunes. Un meuble était renversé au sol, tout comme les objets qui devaient y être. La plupart s’étaient brisés en tombant. Des bouts de verres jonchaient le sol. Sur les murs à la tapisserie pourrie par l’humidité se trouvaient d’autres tableaux apparemment. On pouvait en voir les marques. Des morceaux de cadres en bois traînaient encore sur le sol.
Non loin de la cheminée se trouvait une porte en bois dont la peinture blanche s’était écaillée. J’avançais prudemment dans la salle. Si je me cassais la figure, ce n’était pas des simples bleus que je me récolterais ! J’appelais doucement :
« Emalia ? Tu es là ? Répond moi ! »
Aucune réponse. Pourtant j’étais sûre et certaine que j’avais entendu des pleurs qui provenaient de cet endroit. J’atteignit enfin la porte au bout du compte et la poussa doucement. Elle grinça tout autant que la première. Je trouvais rapidement l’interrupteur et allumais la lumière. Il s’agissait d’une petite salle peinte en bleu, où se trouvait un escalier qui devait sûrement mener à l’étage et un placard dont la porte était fermé. Je m’approchais de la porte. En y regardant de plus près, elle était mal fermée.
Mon cœur battait à cent à l’heure.
Ma main se posa doucement sur la poignée que je tournai lentement. Puis j’ouvris la porte.
Il n’y avait rien d’autre que quelques balais qui se battaient en duel dans un vieux seau en bois troué. Je poussais un soupir de soulagement et referma la porte. D’une voix hésitant, je renouvelais mon appel :
« Emalia ! Où est ce que tu es ? »
Peut être qu’elle s’était rendue à l’étage, tout bêtement ? Je décidais de suivre cette voie là et grimpa les marches de l’escalier sans manquer de les faire grincer. La discrétion, ce serait peut être pour une prochaine fois. Peut être.
Arrivée au bout de l’escalier, un long couloir me faisait fasse. Il était semblable à celui que j’avais déjà traversé au rez-de-chaussée. Il y avait juste moins de bazar sur le sol. Il y avait trois portes sur ma droite. Je tentais d’ouvrir la première, mais elle était bloquée. Je tentais de forcer, mais elle ne bougea pas d’un pouce. Je laissais tomber et passa à la suivante.
J’avais à peine touché la porte qu’elle s’était entrouverte. Je n’aimais pas ça du tout. Vraiment pas du tout. J’ouvris la porte en grand mais je ne vis rien du tout, la salle était plongée dans le noir complet. Je trouvais l’interrupteur et la lumière fût, inondant l’endroit. C’était une chambre. Ce n’était pas autant le bazar que dans les couloirs et dans le salon, il n’y avait que quelques peluches défraîchies sur le sol, un vieux bureau vide dans un coin de la pièce, et un lit. Dans le lit, il me semblait que les draps avaient été jetés à la va vite, recouvrant quelque chose.
J’étais curieuse. Je savais pourtant que la curiosité était un très vilain défaut pourtant.
Le cœur battant, je m’approchais doucement. Je soulevais le drap et poussa un hurlement.
 
C’était Emalia. Mais dans quel état elle était ! Son visage était quasiment méconnaissable : on lui avait agrafé la bouche, ses yeux étaient révulsés, ses mains étaient solidement attachées dans son dos d’après ce que je pouvais voir. Elle avaient des bleus partout, comme si elle avait été frappée à mort avec…
Mes yeux se posèrent sur une batte de base-ball en fer qui traînait sur le sol.
Si c’est avec ça qu’elle avait été tuée, car à n’en pas douter elle était morte, alors c’était monstrueux. Je reculais, la peur au ventre, puis me mit à vomir le peu que j’avais avalé le matin même.
Je détestais Emalia, mais jamais je n’aurais voulut qu’il lui arrive cette chose horrible. Jamais.
Il y avait quelqu’un dans cette bâtisse. Il y avait un tueur, il fallait que je prévienne les autres.
C’est à cet instant que j’entendis des bruits de pas derrière moi. J’étais morte de trouille, mais je me retournais.
 
« Putain, mais il s’est passé quoi ici ? »
C’était Garett. En larmes, je me jetais dans ses bras. Entre deux sanglots, je lui expliquais comment j’étais atterrit dans cette chambre et lui fit part de mes soupçons sur la présence d’un tueur.
« C’est peut être celui qui s’est amusé à commettre des meurtres au lac Courage et à Célestia ! Peut être qu’il me poursuit ! Peut être que c’est ma peau qu’il veut !
-Reprends toi Ancolie ! Ce n’est qu’une coïncidence ! »
Puis il me prit par le bras et m’entraîna avec lui hors de cette chambre qui puait la mort.
Je voulais juste sortir d’ici, quitte à rester sous la pluie. Quitte à dormir dehors. Je voulais juste partir de cet endroit.
Avec Garett, nous avions rapidement fait le chemin inverse pour nous retrouver près de la porte d’entrée. Dean me revint en mémoire.
« On ne peux pas laisser Dean ici comme ça avec un tueur !
-Et moi je n’ai pas envie qu’il t’arrive quelque chose !
-Garett ! »
Il tenta d’ouvrir la porte qui donnait dehors mais elle restait obstinément fermée.
« Je ne comprend pas, elle était ouverte tout à l’heure ! C’est bien par là qu’on est entré Ancolie ! »
J’acquiesçais, les larmes aux yeux. Garett avait dû voir la détresse dans mes yeux, car il me pris dans ses bras et me serra contre lui.
« T’inquiète pas Ancolie, on va s’en sortir tout les deux ! »
Ces mots auraient pu me rassurer si il n’avait pas précisé le « tout les deux ». je n’avais pas la moindre idée de l’endroit où se trouvait Dean dans la bâtisse et je commençais à l’appeler.
« Dean ! De… ! »
Garett posa sa main sur ma bouche, me faisant signe de me taire. Il me chuchota doucement.
« Ne fait pas trop de bruit, il saurait où nous sommes… »
De qui parlait-il ? Du tueur ? De Dean ?
Quoi qu’il en soit, sortir d’ici me semblait compromis. Garett m’avait prise par la main et m’avais fait signe de le suivre. Nous avions donc pris la direction du premier étage. L’escalier de l’entrée grinçait vraiment moins que l’autre en tout cas. C’était déjà ça. Nous arrivions alors dans le couloir que j’avais déjà vu tout à l’heure.
Au lieu de prendre la seconde porte ou se trouvait le corps d’Emalia (rien qu’à cette pensée j’en avait des hauts le cœur), Garett ouvrit la première. Dans ma tête, je me suis dis que c’était bizarre. J’avais essayé d’ouvrir cette porte là, j’en étais sûre, mais elle était bloquée.
Il alluma la lampe qui se trouvait là et ferma la porte. Dans la serrure se trouvait une clé qu’il n’hésita pas à tourner.
« Comme ça au moins, nous somme en sécurité. »
Je regardais la pièce faiblement éclairée. C’était aussi une chambre, à la différence que celle-ci ne possédais qu’un lit dans un coin de la pièce, ainsi qu’une petite table cassée et une petite chaise en bois dont il manquait un pied. Une petite commode complétait la chambre. Il y manquait un tiroir, celui du haut. Par terre traînaient quelques vêtements éparpillés ça et là. Je me tournais vers Garett et lui demanda :
« On va rester ici combien de temps ?
-Je ne sais pas. (il ramassa une corde à sauter qui était au sol). Le moins longtemps possible, cela vaudrait mieux.
-Il faudra qu’on se dépêche de retrouver Dean et d’aller prévenir la police une fois qu’on sera arrivé à Vestigion.
-Retrouver Dean… Prévenir la police…»
Il avait dit ça d’une manière bizarre. Je n’en tint pas compte et continuais.
« On ne peux pas laisser le meurtrier d’Emalia courir dans les rues, il faut bien que…
-Cette salope n’a eut que ce qu’elle méritait. »
La voix qu’il avait à cet instant me glaça d’effroi.
« Pourquoi tu dis ça Garett ? »
Il s’approcha de moi et me poussa sur le lit. Sans que je n’ai eut le temps de faire quoi que se soit, il s’affairait à m’attacher les bras avec la corde à sauter au montant du lit. Les poings liés, je ne pouvais plus rien faire.
Garett me regardais de haut, et d’une voix glaciale, il répondit :
« Elle n’a eut que ce qu’elle méritait, tu devrais être heureuse que je t’en ai débarrassé ! »   
 



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Message Posté le : Ven 7 Mar - 12:27 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 21


C’était un cauchemar. J’allais forcément me réveiller à un moment ou un autre. Mais il fallait que je me rende à l’évidence : c’était la réalité. Juste l’horrible réalité.
Garett avait massacré Emalia. Il disait qu’il m’en avait débarrassé. Et maintenant, qu’est ce qu’il allait faire de moi ?
« Tu vas me faire la même chose qu’à Emalia ? Tu vas aussi me tuer ? »
Je tremblais de peur. Je n’avais même plus la force de pleurer. Garett me regardait, ses yeux sombres me dévoraient sur place.
« Pourquoi est ce que je te tuerais ? »
Disant cela, il se pencha sur moi. Il m’embrassa le creux du cou, comme il l’avait si bien fait tout à l’heure. Je frissonnais à son contact. De sa main droite, il commença à déboutonner mon chemisier. Je gesticulais.
« Qu’est ce que tu fais Garett ! Arrête ça ! »
Il n’avait que faire de mes demandes, et continua jusqu’à ce que le dernier bouton soit décroché. Cela fait, il s’écarta pour me regarder.
« Je ne m’arrêterais pas cette fois… »
Il plongea sur moi et ses lèvres rencontrèrent les miennes. Je ne pouvais pas lutter. Sa langue dansait avec la mienne. J’avais du mal à respirer.
Je sentis une de ses mains sur ma poitrine. Il me les caressait du bout des doigts, me provoquant des frissons à tour de bras. Puis il ne se gêna pas et de sa main gauche il me les malaxa à tour de rôle. Sa bouche ne quittait pas la mienne un seul instant.
J’avais l’impression que ça durait des heures alors que ça ne faisait que quelques minutes que j’avais été attachée là.    
Lorsque ses lèvres quittèrent les miennes, ce fut pour rejoindre ma poitrine qu’il lécha goulûment. J’avais envie de hurler. Mais hurler comment ? Hurler de plaisir ? Hurler de peur ? Un peu des deux sûrement. Je récupérais mon souffle avec difficulté.
Jamais je n’avais pensé que Garett puisse en arrivé là.
Où était donc passé l’adorable garçon que je connaissais ? A cette pensée, une larme coula le long de ma joue.
« Ancolie… »
Ca devait faire la dixième fois qu’il prononçait mon nom. Ses mains caressaient chaque parcelle de ma poitrine, et sa langue s’attardait autour de mes mamelons, les suçant, me faisant pousser des petits cris à chaque fois.
Dean…
Oh Dean, où est tu ?
J’aurais tant voulut que tu viennes me sauver.
Garett se releva un peu, puis revint à mes lèvres. Sa main gauche avait abandonnée ma poitrine et se dirigeait beaucoup plus bas maintenant. J’eu la force de crier malgré tout.
« Garett NON ! »
Il se fichait totalement de ce que je pouvais ressentir. Ses lèvres reprirent les miennes, m’empêchant de dire quoi que ce soit de plus.
Il avait retroussé ma jupe, comme toute à l’heure, et me caressait les cuisses. Mais il ne se contenterait pas de ça. Il lui en faudrait plus, et je le savais. Je serrais les jambes de toutes mes forces mais Garett n’eut aucun mal à forcer le passage.   
« Tu dis non, mais ton corps dis autre chose ma belle… »
Je voulais qu’il arrête ça tout de suite. Qu’il arrête.
« Pitié Garett… »
Je pleurais. Mais sa main ne bougea pas de l’endroit où elle se trouvait. Elle y resta plusieurs minutes, et quand il s’estima satisfait, il la retira.
Garett se releva et me regarda de haut. Je détournais la tête.
« Si tu savais depuis le temps que j’attendais ce moment Ancolie. »
Il se pencha à nouveau sur moi pour m’embrasser, me forçant à la regarder. Puis il commença à déboutonner son jean tout en continuant à me parler.
« Ne t’inquiète pas Ancolie, je ne te ferais pas mal… »
Il n’allait quand même pas me faire ça. Il n’allait pas… A ce moment là, je me suis mise à hurler autant que ma voix me le permettait. Je gigotais dans tout les sens, ce qui n’était pas du goût de Garett. Il tenta de m’immobiliser les jambes, mais je le repoussais d’un coup de pied dans le thorax qui le fit valdinguer au sol. Je continuais alors à hurler, espérant… Mais espérant quoi au final ?
A ce moment là, j’entendis quelqu’un frapper contre la porte comme un damné.
« Ancolie ! Ancolie ! Qu’est ce qui se passe ! Répond ! »
C’était Dean. J’allais lui hurler de faire attention, mais Garett s’était relevé en riant. Il lui cria :
« J’suis en train de me la faire espèce de looser ! Et tu ne pourras rien faire pour m’en empêcher ! »
Garett avait définitivement perdu la raison. Dean continuait à cogner contre la porte, mais peu lui importait. Un sourire carnassier aux lèvres, il revint vers moi.
« Où est ce qu’on en était avant qu’il ne vienne tout gâcher ma chérie ? Ah oui… »
Je donnais des coups de pieds comme je pouvais pour éviter qu’il ne m’approche. Il fallait que je gagne du temps. Garett avait finalement réussit à m’attraper une jambe qu’il maintenait fermement, puis la seconde. Je n’avais plus aucun recours à présent.
« Bon, peut être que tu es calmée maintenant ma jolie. Laisse toi faire bien gentiment… »
J’étais perdue.
Garett allait pouvoir faire ce qu’il voulait de moi.
 


 
Je tapais sur cette satanée porte comme un damné. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait de l’autre côté. J’entendais Ancolie hurler. Et Garett, cet enfoiré… Je ne sais pas ce qu’il comptait faire avec elle, mais il ne fallais pas que je le laisse faire ! Il fallait que je défonce cette porte coûte que coûte !
Malheureusement pour moi, je n’avais pas de pokémon capable de m’aider. C’était une erreur. Une grossière erreur.
Je continuais à donner des coups d’épaule dans la porte. J’avais affreusement mal, mais il fallait que je le fasse. La porte bougea. Légèrement. Si je continuais comme ça, je finirais par la faire sortir de ses gonds. Il me fallu encore cinq tentatives avant d’y arriver. La porte céda et s’ouvrit. Le spectacle que je découvris me laissa muet de surprise et d’indignation.
Ancolie était là, allongée sur le lit, attachée. Ce salaud lui avait presque arraché sa chemise. Elle était en larmes. Ce connard de Garett lui tenait les jambes. Il se tourna vers moi, visiblement énervé du fait que j’ai interrompu son petit jeu.   
« Pourquoi il a fallu que tu vienne t’en mêler looser ? »
Il attrapa la chaise en bois qui se trouvais là et avançait vers moi, l’air mauvais.
La première chose qui me passa sous la main et qui pouvait me servir d’arme était un tuyau en fer qui traînait par terre. Je l’avais à peine ramassée qu’il fallait déjà que j’esquive quelques coups portés par Garett.
« Et toi connard ! Pourquoi tu lui as fais ça ? Pourquoi ? Je croyais que tu l’aimais ! »
Je donnais un grand coup de tuyau que Garett para avec sa chaise qui se brisa en deux. Il me frappa au niveau de l’épaule (celle qui avait déjà souffert le martyr avec cette fichue porte) et je me retrouvais à genoux par terre.
« Pourquoi ? Mais c’est bien simple looser ! Parce que t’es infoutu de t’occuper d’elle et de l’aimer comme MOI je l’aime ! »
Garett avait complètement pété un câble. Il était devenu dangereux, et cela se confirmait quand j’entendis Ancolie hurler derrière lui.
« Il a tué Emalia. Dean, il l’a tuée ! »
Il fallait que je fasse attention. La douleur à l’épaule était vive, mais pas insurmontable. Je me relevais doucement, para un autre coup de Garett qui me força à reculer dans le couloir.    
La manière dont nous nous battions me rappelait notre enfance. Sauf qu’on faisait ça à coups de bâtons, et qu’on ne se frappait jamais vraiment. Au mieux, on se retrouvait avec deux trois bleus et quelques égratignures.
Nous n’étions plus des enfants.
Nous ne nous battions plus à coups de bâtons.
Je risquais ma vie à chaque instant. Garett lui, avait l’air de s’amuser. Ses yeux de fous me lançait des éclairs et m’auraient foudroyés sur place. Il m’insultait joyeusement de tous les noms.
« Looser ! Je vais te crever et Ancolie sera à moi ! »
Je ne répondais même plus à ses provocations et me contentais d’esquiver et d’éviter les coups qu’il me portait. Je reculais au fond du couloir. Le morceau de chaise qu’il utilisait se brisa lui aussi, et j’en profitais pour lui mettre un coup de tuyau dans les côtes, ce qui le fis tomber au sol. Garett se releva rapidement malgré la douleur. Il se jeta sur moi et me décocha un coup de poing au visage qui me fit lâcher mon tuyau de fer. Ce salaud avait une sacrée force. Je ripostais moi aussi, lui mettant un coup au ventre, ce qui le fit se tordre de douleur.
« Connard… T’as pas le droit…
-J’ai pas le droit de quoi ? T’es complètement fêlé Garett ! »
Je réitérai mon coup, mais dans son épaule. Il s’affala par terre. Je reprenais mon souffle, et j’ai fais l’erreur de ne pas ramasser le tuyau.
« Looser ! »
Garett l’avait ramassé et s’était relevé, me portant un coup dans les côtes. J’avais horriblement mal. J’avais le souffle coupé. Il recommença, m’arrachant un autre cri de douleur. J’étais à mon tour tordu en deux. Ce connard riait de la douleur qu’il m’infligeait.
Entre temps, nous avions bougé. C’était derrière lui que se trouvait l’escalier.
« Alors looser ! Tu vas être gentil et te laisser gentiment tuer !
-Dans tes rêves Garett ! »
Je fonçais sur lui, c’était ma dernière chance.
Mains en avant, je le poussais dans les escaliers. Je l’ai entendu crier, mais au moment ou sa tête à toucher l’une des marches, il s’est tût. Je récupérais mon souffle et m’asseyais quelques instants, sûr qu’il était trop salement amoché pour pouvoir se relever. Puis je suis descendu pour aller le voir.
Il ne bougeait pas. Face contre terre. Un peu de sang sortait de sa bouche, ses yeux étaient révulsés. Je me penchais sur lui pour prendre son pouls. Rien. Je cherchais un souffle, mais sa poitrine ne bougeait plus.
Garett était mort.
Je me relevais, encore sous le choc. J’avais tué Garett, certes, mais si je ne le l’avais pas fais, qu’est ce qui se serait passé ? Il m’aurait tué sans hésitation, et Ancolie… Je ne veux même pas imaginer ce qu’il lui aurait fait.
J’étais en colère contre lui. Je me suis mit à crier et à le bourrer de coups de pieds en l’insultant. Je le détestais de toute mon âme. Je crois que c’est ce qui m’a calmé. Il était mort, il ne ferait plus de mal à personne à présent.
Plus jamais.
Les larmes me montaient aux yeux, je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à ce qui aurait pu se passer si je n’était pas intervenu.
Il aurait assouvi ses envies sur Ancolie, ne lui laissant aucune chance. Et dans la folie qu’il avait, il l’aurait sûrement tuée.
Et moi, il m’aurait massacré aussi.
Laisser un malade pareil dans la nature aurait été un crime, il fallait que je me fasse une raison.
Oui, j’avais bien fait.


Chapitre 22


J’avais entendu beaucoup de bruit provenant du couloir. Des cris aussi. Des insultes. Je ne savais pas ce qui se passait exactement. J’avais peur.
D’un seul coup, il y a eut un grand fracas. Puis le silence.
J’étais toujours attachée sur le lit. Mes poignets étaient tellement serrés que j’en avais mal.
J’entendis alors des bruits de pas, les craquements de l’escalier. Quelqu’un remontait, mais qui ? Je priais en mon fort intérieur pour que ce ne soit pas Garett.
Dans l’encadrement de la porte se trouvait Dean. Il était dans un sale état : il saignait de la lèvre, il avait pleins de bleus au niveau des bras et se maintenait le côté gauche. Garett avait du essayer de le tuer aussi.
Je sentais les larmes me monter aux yeux lorsqu’il s’approcha de moi. Il ne disait rien, se contentant de me détacher doucement tout en détournant les yeux et en rougissant pour ne pas me regarder dans l’accoutrement dans lequel j’étais. Une fois mes mains libérées, je me dépêchais de refermer mon chemisier, tout en évitant le regard de Dean. Je crois que nous sommes restés longtemps sans nous regarder, sans nous parler. Je ne savais pas quoi dire ou quoi faire pour briser le silence qui s’était installé.
J’avais vraiment mal aux poignets, de grosses traces rouges étaient apparues. Garett n’y avait pas été de main morte avec moi. Dean m’avait délicatement prit les poignets, et sans poser un seul regard sur moi, il me murmura qu’il était désolé.
« Si seulement j’étais arrivé plus tôt… Si je ne t’avais pas laissée seule avec lui… Si je n’avais pas été complètement idiot, on ne se serait pas quittés… Tout est de ma faute Ancolie… Je te demande pardon… »
Je m’étais jetée dans ses bras, laissant libre court à mes larmes. Il me serra contre lui, au point que je cru qu’il allait finir par m’étouffer. Mais ça m’était bien égal. Tout m’était bien égale maintenant.
Nous sommes restez dans cette position pendant un moment, jusqu’à ce que je finisse par me calmer. Dean s’était penché vers moi et m’avais embrassé sur le front. Ca me réconfortait. Doucement, il se releva. Il souffrait encore des coups que Garett lui avait donnés, mais aucun n’avait été vraiment dangereux. Il n’avait pas de côtes cassées, pas de fractures. Juste des hématomes. Se tournant vers moi, il me dit alors :
« On va partir d’ici… Je ne supporterais pas de rester un moment de plus dans cet endroit maudit. »
Maudit.
Etait ce vraiment cet endroit qui était maudit ? N’était ce pas plutôt moi ? Je repensais à nouveau à cette prédiction que nous avaient fait les Zarbis dans les ruines de Bonville.
Curse. Malédiction.
Emalia était morte. Je n’osais pas demander à Dean ce qu’il était advenu de Garett. Je me relevais donc moi aussi, reprenant mon sac qui traînait par terre et suivit Dean. Nous traversions le couloir et descendions l’escalier qui menait directement au hall d’entrée. Je n’avais aucune envie de repasser devant la chambre où se trouvait le corps sans vie d’Emalia. A cette pensée, je frissonnais de peur. Comment Garett avait-il pu en arriver là ? Pourquoi l’avait-il massacré avec autant de cruauté ?
Je repensais alors à cette page d’informations que j’avais vu à Félicité. Peut être que c’était ça. Le syndrome Lavanville.
Nous arrivions devant la porte d’entrée de la vielle bâtisse qui s’ouvrit sans difficulté. Je soupçonnais Garett d’avoir joué la comédie pour me faire croire qu’elle était coincée et pouvoir m’enfermé dans cette chambre sordide.
Dehors, la pluie s’était arrêtée, et le soleil se montrait timidement derrière les nuages. Dean ne m’avait pas lâché la main. Il avait peur que je me perde où quoi ? Sur le coup, c’est ce que j’ai pensé, mais au final, ça ne me dérangeait pas le moins du monde, au contraire.
 
Il nous fallut presque une heure pour enfin retrouver le chemin de la route 205. La prochaine ville que nous allions rejoindre était Vestigion. Je n’ai jamais été là bas par le passé. Pourtant, très souvent à la télévision, on pouvait voir des compétitions de vélo. Car oui, Vestigion était une ville très portée sur ces deux roues. Déjà que je n’arrivais pas à tenir debout sur une paire de patins à roulettes, alors un vélo…
J’avais soigné les blessure de Dean avec ce que j’avais : c'est-à-dire, quelques pansements, et j’avais passé une pommade partout où il souffrait. Je pense que ça lui a fait du bien, parce qu’à présent, il avait vraiment l’air ragaillardi. Il se permettait même de recommencer avec ses blagues foireuses sur les pokémons. Par contre, moi, je n’avais encore pas dis grand-chose. Dean ne m’avait pas lâché la main une seule fois. Il me tenait ferment, de peur que je ne m’envole ? J’eu un léger sourire à cette pensée.
« Ca fait plaisir de te voir sourire… Je pensais que je ne te verrais plus jamais comme ça Ancolie. »
Je rougissais comme une tomate. Il continua.
« Je ne pensais même plus que je te verrais comme ça aussi. »
Puis il s’était mis à rire.
Vestigion n’était plus très loin à présent.
 
A peine sommes nous arrivés en ville qu’il y avait un monde fou. Je soupirais : il y avait sûrement une énième course de vélos qui se préparait. Nous nous sommes dirigé vers le magasin qui se trouvait là, mais il était blindé de monde. Impossible d’y entrer sans marcher sur les pieds de quelqu’un.
« Je voulais faire quelques achats en vue de notre voyage, mais je pense qu’on va laisser tomber Ancolie… 
-Mais je croyais que tu continuais pour la ligue et que tu…
-Tu as cru que j’allais te laisser toute seule aller jusqu’au lac Savoir ? Avec tout les malades et les fous qui traînent sur les routes, ce serait comme t’envoyer à la mort ! »
Il s’était énervé en disant cela. En fait, je pense surtout qu’il s’en voulait. Dean continua :
« Je t’accompagnerais jusqu’à ce que tu retrouve ton père, et après… Après je… »
Il baissa la tête, rougissant comme une pivoine.
« Après je continuerais… La ligue Sinnoh… »
Il se retourna, gêné. Je pense que ce n’était pas vraiment ce qu’il voulait me dire. Mais ça me faisait plaisir d’avoir Dean pour moi toute seule jusqu’au bout du voyage. Ca me faisait tellement plaisir…
« Dean… Merci… »
Je l’embrassais sur la joue, ce qui le surpris. Je relançais alors la conversation.
« Et je peux savoir ce que tu comptais acheter au magasin ?
-Et bien, on va devoir traverser les routes 216 et 217. Elles sont connues pour être assez neigeuses si tu vois ce que je veux dire. Il y aurait même des tempêtes !
-A cette période de l’année ?
-Malheureusement oui… Et regarde comment on est habillé ! Tu as cru qu’on allait pouvoir traverser ces routes comme ça ? »
Effectivement, on y regardant bien, ce n’était pas mon chemisier et ma jupe courte qui me protégeraient du froid.
« Je n’avais pas pensé à ça Dean… »
C’était la vérité. Quand j’étais partie de chez ma mère, je n’avais rien prévu du tout en fait. Pourtant je savais que le lac Savoir se trouvait à Frimapic et que c’était un coin enneigé d’un bout à l’autre de l’année.
Nous marchions alors dans la ville, faisant attention aux groupes de personnes qui étaient venues là pour regarder les courses de vélo, quand nous sommes arrivé devant une arène. Dean se frotta les mains, et je sentais à son regard qu’il était pressé d’y entrer et de se confronter au champion de l’arène de Vestigion.
Malheureusement, il du se résoudre à laisser tomber : l’arène était fermée pour la journée.
« Ce n’est pas grave Dean… On y retournera demain matin. Elle est fermée juste le temps des courses, après il n’y aura aucune raison pour qu’elle ne rouvre pas. »
Il savait que j’avais raison et me fit promettre qu’on se lèverait à la première heure pour y aller.
 
La nuit était rapidement tombée. Les courses s’étaient terminées dans la joie et la bonne humeur. Il y avait moins de personnes dans les rues et avec Dean, nous nous sommes rendus à l’auberge des dresseurs pour nous reposer après cette journée éreintante. Je m’étais assise sur un siège, attendant que Dean règle le gérant, quand je l’ai entendu crier.
« Comment ça il ne vous reste qu’une seule chambre de libre ?
-Ecoutez mon petit gars, avec la course d’aujourd’hui, il toute les chambres sont prises. Si ça ne vous plait pas, vous pouvez toujours dormir à la belle étoile.
-Non, c’est bon ça ira… »
Après avoir récupéré les clefs de la chambre, Dean revint vers moi pour prendre son sac. Il rougissais et n’osait pas me regarder. Et tendit que nous montions les deux étages qui nous séparaient de la chambre, il me demanda :
« Il ne reste qu’une seule chambre de disponible, ça te dérange si… Si on est ensemble ? 
-Pas vraiment… »
C’était sortit tout seul, et moi aussi maintenant je me retrouvais à rougir comme une idiote.
Nous arrivions donc vers la porte de la chambre 34 que Dean ouvrit rapidement. Elle était plutôt grande, et il y avait même une salle d’eau comprenant une douche (ce que j’avais rarement vu pendant notre voyage). Je posais négligemment mon sac par terre et Dean fit la même chose. Je n’avait envie que d’une seule chose à cet instant : me laver.
« Ca te dérange si je vais prendre une douche ? J’en ai vraiment besoin…
-Non, vas-y Ancolie, je prendrais la mienne plus tard… »
Il s’était affalé sur le lit à deux places qui se trouvait là. Quand à moi, je me dirigeais vers la salle d’eau. Cette dernière était petite, mais elle avait le mérite d’être là. Je fermais la porte derrière moi, et vis qu’il n’y avait pas moyen de la fermer à clé. Tant pis. Au moins, si je tombais dans les pommes ou quelques chose comme ça, Dean pourrais venir m’aider.
J’ôtais mes vêtements dont j’avais l’impression qu’ils pesaient une tonne et les posèrent sur les crochets prévus à cet effet. Je regardais mes poignets. Les traces étaient toujours là, mais ils ne me faisaient plus mal, c’était déjà ça. Je m’engouffrait dans la cabine de verre et tourna les robinets. J’avais l’impression qu’une pluie tiède tombait sur ma peau, et ça me faisait du bien. J’attrapais le savon et me frottait partout. Surtout aux endroits que Garett avait touchés. Je me sentais sale de l’avoir laissé faire ça. Je m’étais alors accroupie dans la cabine, me recroquevillant sur moi-même. Mes cheveux trempés collaient à mes joues, et je me mis à pleurer silencieusement.
J’avais détesté Garett à cet instant. Je le revoyais, penché sur moi, les yeux compléments fous, me toucher, m’embrasser. Si mon corps avait bougé sans mon consentement, moi, je ne voulais pas. Je ne voulais pas ce qui était arrivé.
Et je pleurais. J’étais en colère, contre Garett, et contre moi.
 
Je ne sais pas combien de temps je suis rester dans la douche, accroupie, à pleurer comme ça. Tout du moins, assez longtemps pour que Dean s’inquiète et pénètre dans la salle de bain. Les yeux remplis de larmes, je me tournais vers lui. Il rougissait à me voir aussi peu vêtue, mais il était tellement inquiet qu’il n’avait pas hésité un seul instant à entrer. Il se pencha vers moi et m’attrapa par les épaules.
« Est-ce que ça va ? Ca fait une bonne demie heure que t’es là, tu vas attraper froid Ancolie…
-Je ne voulais pas… Je te jure que je ne voulais pas…
-De quoi est ce que tu me parles ?
-Dean… Il m’a touché. Il m’a embrassé… Ce n’était pas désagréable, mais ce n’était pas lui que je voulais… »
Il semblait comprendre de quoi je parlais. Je continuais, toujours en pleurant.
« Ce n’était pas lui… C’était toi que je voulais… »
Je m’étais jetée dans ses bras. Je me fichais d’être nue et trempée, je voulais juste qu’il me prenne dans ses bras. C’est tout. Le reste, je n’en avais rien à faire.
Dean n’a rien dit. Il me serra dans ses bras et me caressa les cheveux. Puis je sentis sa main droite se diriger vers mon visage, me caressant la joue. Son regard se posa sur le mien. Il souriait. Ses lèvres se collèrent aux miennes, et dès cet instant, il aurait pu faire ce qu’il voulait de moi, je n’aurais pas bronché. Nos langues frétillaient, se mélangeant sans relâche. Mes mains s’étaient posées sur son dos, le serrant contre moi. Pendant un instant, nous nous sommes séparés. Dean retira son t-shirt qu’il jeta négligemment sur le sol, puis nos lèvres se retrouvèrent. Je le voulais. Là. Maintenant. Tout de suite. Mes mains descendirent le long de son dos, puis contournèrent sa ceinture pour venir la décrocher et la faire glisser en dehors du pantalon. Je la laissais retomber sur le sol, et elle fit du bruit. Ce qui ne nous empêcha pas de continuer. Rapidement, le pantalon et le caleçon de Dean allèrent rejoindre la ceinture et le t-shirt par terre.
Je ne sais même pas comment on s’est retrouvé à deux dans la cabine de la douche, sous une pluie tiède, presque froide. Mais je m’en fichais. Nous étions tellement brûlant que la température de l’eau nous importait peu. Tendit que nous nous embrassions, je laissais mes doigts courir sur le torse de Dean. Je savais que je le désirais plus que tout à cet instant. Nos lèvres se séparèrent à nouveau, à mon grand regret, et il enfouit sa tête au creux de mon cou, me couvrant de baisers. Je frissonnais. Puis sa langue traça un sillon humide vers ma poitrine. A cet instant, il s’arrêta et me regarda de ses grands yeux sombres, me demandant simplement :
« Est-ce que tu veux ? »
J’acquiesçais, tremblante. Il me regarda dans les yeux, puis m’avoua :
« Je serais peut être incapable de m’arrêter…
-Je sais.
-Et cela ne t’ennuie pas plus que ça ?
-Dean…
-J’irais jusqu’au bout. Tu es consentante ? »
J’hochais affirmativement la tête. A l’instant même où il eut mon feu vert, il repris ce qu’il avait commencé. Il embrassait ma poitrine, mordillant parfois mes tétons, allant de l’un à l’autre, y donnant parfois de petits coups de langues. Je poussais inconsciemment des gémissements, ce qui avait l’air de l’amuser plus que tout. 
« Dean… Dean… »
J’avais l’impression que c’était une lamentation. Je n’en pouvais plus de l’attendre. Il se releva pour retrouver mes lèvres. J’en profitais pour poser mes mains sur ses hanches et l’attirer à moi. Nous étions l’un contre l’autre, nos peaux se touchaient, et je sentais à présent le désir qui habitait Dean. Je sentais son érection contre mon bas ventre. C’était brûlant. Dean relâcha à nouveau mes lèvres.
« Tu m’a dis que tu étais consentante, tu ne reviendra pas sur ta décision ? »
Pour toute réponse, je me collais encore plus à lui, rattrapant ses lèvres, et le baiser reprit. Dean me souleva la jambe droite, puis la jambe gauche. Je les fis passer derrière lui, m’accrochant pour ne pas tomber. J’ai sentit son sexe se frotter contre le mien, puis il tenta de s’y introduire doucement. Je ne pu m’empêcher de pousser un petit gémissement de douleur. Dean m’embrassa puis me murmura que tout allait bien se passer, qu’il fallait que je me détende.
« Tu sais très bien que je ne te ferais jamais de mal Ancolie. »
Oui, je le savais. M’embrassant à nouveau, il réussit finalement à se frayer un passage au fond de moi, et ce qui était douleur devint rapidement plaisir tendit qu’il allait et venait. J’avais l’impression que nous ne faisions qu’un à cet instant. Je le serrais contre moi, nos souffles saccadés, nos gémissements de plaisir inondaient la pièce. Je le sentis alors accélérer la cadence, pour mon plus grand plaisir, et je le sentis se libérer en moi, murmurant mon prénom à mon oreille dans un râle. J’aurais voulus que cet instant ne s’arrête jamais.
Dean se retira doucement et me reposa au sol, déposant un léger baiser sur mes lèvres.
 
Nous avions finalement pris une douche tout les deux, et c’est épuisée que je me laissais tomber sur le lit. J’étais heureuse. Je ne pensais pas que faire l’amour avec celui que j’aimais plus que tout me mette dans cet état de béatitude. Dean ne tarda pas à me rejoindre. Il me regardait sans dire un mot, avec un sourire malicieux aux lèvres. Je remarquais alors qu’il n’avait pas encore récupéré ses vêtements et qu’il était en tenue d’Adam. Je rougissais à nouveau.
« Ancolie, ancolie (il soupira). Tu es encore trop habillée pour moi, tu devrais faire un effort… »
Mais qu’est ce qu’il racontait ? Je portais juste mon débardeur et ma petite culotte, et il trouvait que j’étais trop habillée ? Je n’ai pas eu le temps de répondre qu’il se jeta à nouveau sur mes lèvres. Rapidement, je fut en tenue d’Eve et je redevins sa danseuse de l’ombre, reflétant se mouvements sinueux, ne faisant à nouveau qu’un.              



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Message Posté le : Ven 7 Mar - 12:28 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 23


Lorsque j’ouvris les yeux, je fus d’abord surprise par la lumière du soleil qui traversait les rideaux, m’aveuglant presque. J’étais dans les bras de Dean qui dormait encore. J’essayais alors d’attraper sa Pokémontre pour savoir quelle heure il était. Huit heures et demie. Il était temps de se lever. Je se courait doucement Dean qui ne bronchait pas et se contenta de s’emmitoufler dans la couverture, me tournant le dos par la même occasion.
Je décidais de le secouer vraiment cette fois.
« Il est huit heures et demie ! Je croyais que tu voulais défier le champion de l’arène de Vestigion ce matin ! Allez, réveilles toi ! »
Il me fallut presque dix minutes pour qu’il se décide enfin à ouvrir les yeux. Il me regarda longuement sans rien dire, ce qui me gênait encore une fois et le fit rire.
Rapidement, nous nous sommes lavés et habillés, puis nous avons quitté l’auberge des dresseurs. Je pense que c’est un endroit que je n’oublierais pas de si tôt. Tout comme sa forêt et sa bâtisse abandonnée. Y repenser me mina le moral, mais la bonne humeur de Dean se chargea de me faire penser à autre chose. 
« J’ai entendu dire que le champion de cette arène n’avait que des pokémon de type plante. Je me demande bien si je réussirais à la battre…
-La ? C’est une fille ?
-Oui, et elle est très forte à ce qu’il parait ! »
Il y avait beaucoup moins de monde dans les rues aujourd’hui. Les courses étaient terminées, et tout le monde était parti. On aurait accès plus facilement aux magasins, et l’arène serait ouverte, ce qui faisait plaisir à Dean.
Au bout de quelques minutes, nous sommes arrivés à l’arène de Vestigion. Comme la dernière fois, un régulateur nous posa des questions. Et comme la dernière fois, je dû bien faire comprendre que je ne participais pas à cette fichue ligue Sinnoh et que je n’était là qu’en tant que spectatrice.
Je pris donc place dans la tribune, les yeux rivés vers le centre de la salle, où se trouvait déjà Dean qui semblait nerveux. Face à lui, son adversaire arriva. Une jeune femme, aux cheveux courts et bruns, habillée d’une cape verte du plus bel effet. Flo était son nom.
Elle commença à hurler :
« J'ai failli attendre ! Je suis Flo, Champion d'Arène de Vestigion, fan des Pokémon de type Plante ! Qui donc à l’honneur de m’affronter ? »
Le pauvre Dean semblait un peu perdu.
« Je… Je suis Dean… Dean de Cherbourg… Et je… Et je vais te battre pour récupérer euh… Ton badge !  
- Enfin, ce combat s'annonce amusant. En garde ! »
D’une de ses pokéballs, elle fit apparaître un Roserade. J’étais en admiration devant ce pokémon plante que je trouvais vraiment magnifique. C’était la dernière évolution de Rozbouton. Ce pokémon était gracieux comme un danseur, il attire ses proies à lui grâce à son doux parfum, puis les achèves grâce à ses fouets ornés d’épines empoisonnées. Magnifique et dangereux, voilà comment on pouvait résumer Roserade.  
Dean fit apparaît quand à lui son Piafabec. Je me demandais si il n’avait pas fait une erreur. Le signal du départ fut donné, et les deux pokémons se jetèrent l’un sur l’autre au rythme des cris de leurs dresseurs. Rapidement, le Piafabec de Dean fut empoisonné. Je m’en doutais. Incapable de voler dans cet état, il fut rapidement encerclé par les fouets du Roseraie et Dean dû se résoudre à le rappeler. Il n’avait plus droit qu’à un pokémon, et il en restait deux face à lui qui étaient en pleine forme.
La contrariété pouvait se lire sur son visage, et il appela son Lixy. Peut être qu’avec un peu de chance il pourrait battre le roseraie, mais c’était vraiment mal partit. Pourtant, grâce à sa vitesse, le Lixy su rapidement prendre l’avantage, épuisant le Roseraie de Flo. Cette dernière fut contrainte de le rappeler, mais avant cela, Lixy avait lui aussi été touché par les épines empoisonnées. Non, vraiment, le combat était très mal partit.
Dean semblait voir une lueur d’espoir malgré tout. Flo quand à elle, n’était pas gênée plus que ça d’avoir perdu un pokémon dans la bataille.
« Hum, tu dis quelque chose ? Tu crois peut-être que je suis fichue ? »
De sa seconde, et dernière pour le combat, Pokéball, sortit un Tortipouss. C’était un pokémon connu parmi les amateur des types plantes. Vivant le long des lacs et des rivières, le Tortipouss possède une carapace en terre durcie. Mon père les trouvait, selon ses propres dires, inutiles. Moi, c’était l’un des rares pokémons que j’aimais bien. Même à l’état sauvage, ils ne me faisaient pas peur.
En tout cas, tout ce que je savais pour l’instant, c’est que Dean était dans le pétrin. Car un Tortipouss bien dressé pouvait être terribles. Son Lixy faisait grise mine, le poison du Roserade se répandait rapidement dans son corps. Je souhaitais que le combat s’achève rapidement, quitte à ce que Dean perde, afin qu’il ne souffre pas trop de ses blessures.
Je n’eut pas à attendre bien longtemps : il avait suffit au Tortipouss de quelques charges bien placées, et le Lixy de Dean était hors d’état de combattre.
L’arbitre sonna la fin de la rencontre.
 
Dean faisait une tête d’enterrement. Les yeux baissés, il avait un air de chien battu déprimant. Où était donc passée sa joie du matin ? Je l’accompagnait au centre pokémon afin qu’il les fasse soigner rapidement. Et tendit que nous attendions dans la salle prévue à cet effet, j’entendis une voix qui m’était familière m’appeler par mon prénom. Ce là faisait très longtemps que je ne l’avais pas entendue, plus de trois ans, mais elle était si singulière que je la reconnu de suite.
Je me retournais vers sa provenance, et un grand sourire aux lèvres, je demandais :
« Professeur Sorbier ? Cela fais longtemps ! 
- Si ce n’est pas la petite Ancolie, tu n’étais pas aussi grande la dernière fois que je t’ai vue ! »
Le professeur Sorbier avait travaillé avec mon père il y a quelques années de cela. Leurs avis divergeaient souvent, mais moi j’aimais bien les écouter tout les deux. Ils avaient des tonnes d’idées, d’explications et de théories différentes et farfelue sur l’évolution des pokémons. Rapidement, le professeur Sorbier était partit faire le tour des régions afin de recenser les pokémons et de valider l’une de ses théories sur l’évolution. Je ne l’avais pas revu depuis ce temps là.   
Aux côtés du professeur Sorbier se tenait un garçon. Il devait être un peu plus jeune que moi.
« Ah, excuse moi, Ancolie, je te présente Louka, c’est mon assistant. »
Le garçon me salua brièvement, et je fis de même. Le professeur me posa alors la question suivante :
« Qu’est ce que tu fais aussi loin de chez toi ? Tu as finalement décidé de devenir dresseur pokémon ?
-Pas du tout… En fait, je cherche mon père. Ca fait trois ans qu’il a disparut. Et récemment, il m’a envoyé une lettre, et une pokéball.
-Tu es sûre ?
-Oui, j’en suis certaine. D’ailleurs j’ai la lettre sur moi ! Je peux… »
Je me rappelais alors que j’avais perdue la lettre de mon père et je baissai les yeux. Le professeur Sorbier tenta de me réconforter.
« Je te crois Ancolie, tu n’a pas besoin de me montrer quoi que ce soit. Mais je trouve cela étrange sachant que… Hum… »
Il ne finit pas sa phrase. Derrière moi, Dean s’était rapproché.
« Désolé de vous déranger, mais vous lui voulez quoi à ma petite amie ? »
Je rougissais comme une pivoine. Le professeur se mit à rire.
« Ah, c’est donc ça… Toi, je suppose que tu es un dresseur qui concoure pour la ligue Sinnoh ?
-Oui… Mais vous n’avez pas répondu à ma question. »
Je me tournais alors vers Dean, lui expliquant rapidement, et ce dernier s’excusa.
« Désolé, je ne savais pas que vous vous connaissiez. »
Dean avait l’air penaud. Le professeur continua :
« Ancolie… Ton père… (il attendis quelques instants, pas vraiment sûr de lui)Ton père est vivant. »
A cet instant, les larmes me montaient aux yeux. M’agrippant à la blouse du professeur, je le suppliais :
« Dîtes moi où il est ! Est-ce qu’il va bien ? Pourquoi est ce qu’il n’est pas rentré à la maison ! Pourquoi est ce qu’il n’a jamais donné le moindre signe de vie pendant trois ans ? Pourquoi… »
Je pleurais à présent. Papa était vivant. C’était un soulagement. Mais des tonnes de questions m’assaillirent l’esprit. Et celle qui se faisait de plus en plus fort était : Pourquoi ?
Le professeur Sorbier attendit que mes larmes se tarissent avant de continuer.
« Ancolie, ton père est en ce moment même à Frimapic, dans le nord. Je te souhaite bien du courage ma petite, car tu vas en avoir besoin. Et tu auras aussi besoin du soutien de ton ami. La seule chose qui puisse te rassurer est que ton père est en vie. »
Je le remerciais, les larmes aux yeux. Rapidement, le professeur Sorbier et son assistant s’éloignèrent. Ils avaient tellement de chemin à parcourir pour recenser tout les pokémon de toute la région !
 
Dean récupéra ses pokémons, en forme. Puis nous nous rendîmes au magasin. Là bas, nous avions acheter de quoi nous préparer pour ce qui nous attendais : gants, bonnets, écharpes, couvertures polaires, vestes doublée de laine. Une bonne partie de l’argent de Dean y passa, et je me sentais coupable.
Tendit que nous prenions le chemin de la route 216, des questions et des doutes me venaient à l’esprit. Pourquoi le professeur Sorbier avait-il eu autant de mal à me dire que mon père était vivant et qu’il se trouvait à Frimapic ? Pourquoi est ce qu’il me disait que j’aurais besoin de beaucoup de courage ? Pourquoi avait-il des doutes au sujet de la lettre de mon père ?
Dean avait remarqué que je m’inquiétais et me serra dans ses bras. Il me murmura doucement au creux de l’oreille :
« Ne t’inquiète pas… Je suis là. Je te protégerais… »
Je le savais et je le remerciais rapidement en posant mes lèvres sur les sienne et en l’embrassant. La route serait encore longue jusqu’à Frimapic, mais j’avais eu une partie des réponses aux questions que je me posais. Et surtout, je savais que mon père était en vie. Il me suffisait juste à présent, d’atteindre Frimapic.
Le voyage touchait à sa fin. Presque. 
 


Chapitre 24


J’avais froid. Mes mains étaient glacées malgré les gants que je portais. Le manteau me protégeait du froid, mais pas assez à mon goût. La neige tombait depuis presque une heure sur la route 216, et marcher dans la neige ne nous aidait pas à avancer rapidement. Dean me donnait la main, et elle était aussi glacée que la mienne. J’espérais que le chemin serais moins pénible une fois arrivé à la route 217, mais il n’en fut rien, au contraire. IL y avait encore plus de neige, elle m’arrivait presque aux genoux !
J’avais froid, j’étais fatiguée. Dean tentais de nous motiver.
« Allez Ancolie ! Une fois arrivé au bout de la route on retrouvera ton père ! Encore un effort ! »
Je tremblais de tout les membres tellement j’étais gelée. La fatigue aidant, je me suis cassée la figure dans la neige. Je n’avais même pas la force de me relever. Dean m’aida, tant bien que mal, et me soutenait.
« Désolée Dean, je suis vraiment un boulet…
-Dis pas ça… Tu es fatiguée c’est tout. Après ce qui s’est passé hier, c’est normal. »
Oui, c’est normal. J’avais découvert un cadavre, l’un de mes amis était un tueur complètement fou, j’ai faillit me faire violer par ce dernier, je ne sais pas ce qu’il est devenu, et la soirée n’a pas vraiment été de tout repos aussi. Mais il y a quelque chose que je devais savoir. Vraiment. Je tournais la tête vers Dean et lui demanda de but en blanc :
« Garett est-il toujours en vie ? »
Dean me regarda bizarrement avant de répondre :
« Je l’ai assommé. Je n’ai pas vérifié. »
Il y eu un long silence après cette discussion. La neige devenait de plus en plus abondante, et le vent glacial ne nous aidait pas à avancer. Je ne sentait plus mes jambes et me laissait à nouveau tomber dans la neige. Dean se pencha sur moi.
« Relève toi Ancolie ! Tu ne vas pas rester ici ? Lève toi… Je t’en prie… »
Pourquoi est ce qu’il me suppliait presque de me relever ? J’avais seulement envie d’une chose : dormir.
« Dean… Je vais juste faire une sieste… On repart après… Juste après…
-C’est pas le moment de dormir ! Ancolie !»
Il s’était mit à hurler, mais rien à faire, le sommeil m’avait finalement emporté.
 
J’entendais des rires autour de moi et j’ouvris les yeux. J’étais allongée sur le sol. Un garçon me maintenait les poignets, un autre les jambes. J’étais au lac Courage. Un troisième garçon fouillait dans mon sac, et en avait sortit une Pokéball. Celle de mon père. Ils riaient. Ils riaient de ce qu’ils allaient pouvoir me faire. La Pokéball tomba des mains du garçon et roula sur le sol, près de ma jambe. Je me débattais, mais ça ne semblait pas les ennuyer pour autant.
Ils parlaient, je ne comprenais pas ce qu’ils se disaient, mais leurs rires étaient diaboliques.
J’allais mourir ? Ils allaient me tuer ?
Celui qui me tenait les poignets les lâcha, et celui qui me tenait les jambes fit de même. Il ne fallait pas que je bouge, il ne fallait pas… Mon sac n’était pas loin, il fallait que je le fasse, sinon j’allais mourir. Ma main se tendit lentement vers mon sac que j’attrapais difficilement. Les trois garçons continuaient à rigoler, se délectant d’avance sur ce qu’ils allaient me faire subir. Ma main l’atteignit. Je venais enfin d’attraper ce que je voulais, et j’allais le sortir.
J’allais…
 
« Ancolie… Ancolie… Je t’en supplie ! Réveille toi ! »
Dean me secouais quand j’ouvris les yeux. Nous étions dehors, sous la neige, sur cette maudite route 217. Frimapic était encore loin ? Dean me serra dans ses bras, rassuré.
« J’ai cru que tu ne te réveillerais jamais ! J’ai eu si peur Ancolie…
-Désolée… Ca va mieux maintenant. »
C’était un mensonge. Ca n’allait pas mieux du tout, au contraire. J’avais des nausées, et une horrible  envie de vomir. Malgré tout, Dean me cru, et c’est dans la tempête de neige que nous continuions notre route.
 
« Ca ne s’arrêtera jamais de tomber cette fichue neige ? »
Dean parlait sans arrêt. Il faisait ça pour ne pas que je me rendorme. Si je m’endormais à nouveau dans la neige, je n’étais pas vraiment sûre de me réveiller un jour. Au loin, une cabane était visible. Aucune lumière n’en sortait.
« On va s’abriter là bas le temps que cette satanée tempête de neige se calme ! »
Dean accélérait le pas, m’entraînant avec lui. Au bout d’un moment, nous avions réussit à rejoindre la cabane dont il parlait. La porte s’ouvrit avec difficulté, mais une fois entré, je pourrais enfin me reposer.
La cabane n’était constituée que d’une seule pièce de taille moyenne. Il n’y avait rien à l’intérieur. Pas de salle d’eau, pas de cuisine, rien du tout. Juste une petit cheminée éteinte, bien entendu. La pièce était gelée, mais au moins, le vent ne nous soufflait pas dessus et la neige ne tombait pas.
Je posais mon sac par terre, Dean fit de même puis nous nous sommes assis à même le sol. J’étais trop fatiguée pour bouger. Tendit que je fouillait dans mon sac pour en sortir un paquet de cookies au chocolat, il tentait d’allumer un feu pour nous réchauffer. Dean s’y repris par trois fois, mais parvient finalement au résultat escompté. Le feu réchauffa doucement la pièce, séchant par la même occasion nos vêtements trempés et gelés.
Dean retira ses affaires, puis m’invita à faire de même. Je ne gardais en tout et pour tout que mon débardeur (pas trop mouillé) et ma culotte. Dean se rapprocha de moi et nous nous emmitouflèrent tout les deux dans une couverture polaire en grignotant des cookies.
 
Je ne sais pas pendant combien de temps nous sommes resté à regarder le feu crépiter dans la cheminée. Le paquet de cookies était désormais complètement vide. Dehors, la tempête faisait toujours aussi rage.
« Qu’est ce que tu feras une fois que tu auras retrouvé ton père ? »
Je sentis Dean me serrer dans ses bras lorsqu’il me posa cette question.
« J’essayerais de le ramener à la maison. Et après la vie reprendra comme avant. Je risque d’être punie par ma mère, ce qui signifie privée de sortie et de tout ce qui s’en suit…
-Pourquoi tu ne partirais pas avec moi ? On ferais le tour de la région ensemble, peut être plus… Ca ne te tente pas ?
-Pas vraiment… Tu as vu comment je suis un boulet ? Je n’arrive pas à faire un kilomètre sans me casser la figure ou sans me plaindre que je suis fatiguée !
-Ca donnerait du piquant au voyage…
-Peut être… Peut être…           
-Je ne sais pas ce que je ferais moi sans toi Ancolie…
-Tu continueras à t’entraîner avec tes pokémons, tu battras Flo et les autres dresseurs, tu gagneras des badges, tu visiteras le monde…
-A quoi est ce que ça me servirait si tu n’es pas là pour le voir ? »
Je rougissais encore. Ce qu’il disait me faisait plaisir, et pour dire la vérité, j’hésitais vraiment à partir avec lui. Mais je ne voulais pas être un poids pour Dean. Je voulais qu’il réussisse, je ne voulais pas tout gâcher.
« Merci Dean.
-Pourquoi ?
-C’est gentil ce que tu dis. Je ne pensais pas que je comptais autant pour toi…
-Tu en doutais ? »
Il me serra plus fort encore. J’avais chaud. Dehors, il faisait froid, mais j’étais brûlant. A ce moment là, je voulais rien d’autre que de rester à ses côtés.
« Non, je n’en doute pas. »
Je l’embrassais. Nos lèvres s’ouvrirent, nos langues se cherchèrent et se trouvèrent. Il s’allongea sur moi, et je sentis ses mains me caresser chaque parcelle du corps. Encore une fois, nous nous sommes unis.
 
Lorsque je me réveillais, la tempête avait cessée. Nos vêtements avaient séchés. Le feu s’était éteins dans la nuit. Il neigeait un peu, mais la route serait praticable. Tout du moins, beaucoup plus qu’hier. Nous nous sommes rhabillés en hâte, et le froid vint me mordre au visage lorsque Dean ouvrit la porte. Frimapic n’était plus bien loin à présent. J’allais enfin retrouver mon père.
J’avançais doucement dans la neige, lorsque j’entendis Dean me demander derrière moi :
« Quand tu l’aura retrouvé, tu viendra avec moi ? »
Je me retournais, un large sourire aux lèvres :
« Je te suivrais jusqu’au bout du monde ! »
J’étais la fille la plus heureuse sur terre à cet instant.        



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Message Posté le : Ven 7 Mar - 12:29 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 25


La ville de Frimapic était comme le reste : couverte de neige. Cette ville isolée n’était reliée au reste de la région que par cette route 217, mais aussi par la mer. Tout du moins, d’habitude. Là, il faisait tellement froid que les bateaux étaient coincés ici. De nombreuses tempêtes étaient à prévoir, et c’était loin d’être fini.  
Mon père se trouvait dans cette ville, mais je n’avais aucune idée par où commencer. Il était vivant. Il était là, quelque part, vivant. Et j’avais tellement de questions à lui poser.
« Ca va Ancolie ? »
Dean s’inquiétait pour moi.
« Oui, ça va, je suis juste un peu nerveuse à l’idée de retrouver mon père…
-T’inquiètes pas ! Je suis sûr et certain qu’il sera heureux de te revoir ! »
C’est ce que j’espérais du plus profond de mon cœur.
 
« Excusez moi monsieur, est ce que vous savez où je pourrais trouver mon père ? C’est un scientifique qui étudie les pokémons spectre.
-Désolée ma petite demoiselle, mais ça ne me dis rien. »
 
« Le seul scientifique que j’ai vu ces derniers temps était le professeur Sorbier. »
 
« Les pokémons spectre ? C’est un peu glauque… »
 
« Non, je suis désolé. Essayez de demander au centre pokémon. Peut être qu’ils pourront vous aider. »
 
Avec Dean, nous essayions de glaner quelques informations, mais personne n’avait rien vu. Nous décidions alors de suivre ce que nous avait dit la dernière personne interrogée, c'est-à-dire, nous rendre dans le centre pokémon de la ville.
Il n’y avait vraiment pas grand monde là bas, seulement quelques personnes (en comptant l’infirmière qui s’occupait des pokémons). J’attendais mon tour, puis lorsque le garçon avant moi eut finit, je posait enfin ma question à l’infirmière :
« Est-ce que vous savez ou je pourrait trouver un scientifique qui étudie les pokémons spectre ? »
Elle me regarda de la tête aux pieds, l’air interloqué. Elle me demanda :
« Pardonnez ma question indiscrète, mais pourquoi est ce que vous le chercher ?
-C’est mon père…
-Ah… »
Elle me regarda d’un air triste, puis m’indiqua la clinique de la ville.
« Vous ne pouvez pas vous tromper, elle se trouve à deux pas d’ici. Je vous souhaite vraiment du courage car vous allez en avoir besoin. »
Je la remerciait, un peu interloquées par ce qu’elle venait de dire puis sortit du centre pokémon. J’osais demander à Dean :
« Pourquoi est ce qu’ils me regarde comme ça quand ils parlent de mon père ? Qu’est ce qui a bien pu lui arriver ? »
Dean me prit par la main sans me répondre. Et même si il avait su quoi dire pour me réconforter à cet instant, je doutais fort que cela suffise à apaiser mes craintes. Car oui, j’avais des craintes. J’avais peur de l’état dans lequel je trouverais mon père. Est-ce qu’il avait eut un accident ? Est-ce qu’il était blessé ? J’avais peur. Tellement peur pour lui. J’en tremblais.
 
Effectivement, la clinique n’était vraiment pas loin du centre pokémon. Les portes automatiques s’ouvrirent à mon passage, et je me dirigeais vers l’accueil, toujours accompagné de Dean. L’hôtesse me fit un large sourire en m’accueillant et me demanda :
« Bonjour, qu’est ce que je peux faire pour vous ?
-Je cherche mon père…
-Quel est son nom je vous prie ?
-Freesia…
-Laissez moi un instant le temps de trouver son dossier sur l’ordinateur. »
Je n’eu pas à attendre bien longtemps. En quelques minutes, elle l’avait retrouvé.
« Monsieur Freesia Anthony, c’est bien ça ? »
J’hochais la tête. Elle me regarda tristement et semblait gênée plus qu’autre chose.
« Je vous appelle son médecin traitant tout de suite. Veuillez patienter quelques instants dans la salle d’attente s’il vous plait… »
Elle s’empara du téléphone lorsque nous nous sommes éloignés.
 
La salle d’attente était bien petite. Il n’y avait que deux bancs à quatre places, une table base sur laquelle se trouvait quelques magasines et une machine à café qui était en panne. Dean s’était assis à côté de moi, sa main s’était posée sur mon épaule. Il ne parlait pas. Quand à moi, je tremblais toujours. Pourquoi tout le monde me regardait de cette manière à chaque fois que je parlais de mon père ? Qu’est ce qui avait bien pu se passer pendant ces trois dernières années ?
La porte de la salle d’attente s’ouvrit. Je relevais la tête, dans l’espoir d’avoir ma réponse rapidement. Mais non, ce n’était pas le médecin. C’était une vieille dame qui nous salua avant de s’asseoir et de se plonger dans un magasine de mode qui traînait sur la table basse.
 
Je crois que ça faisait presque une demie heure qu’on attendait lorsqu’un médecin est entré dans la salle d’attente.      
« Mademoiselle Freesia, si vous voulez bien me suivre. »
J’attrapais la main de Dean pour qu’il vienne avec moi. Le médecin n’avait rien dit à se sujet. Il se contenta de nous accompagner tout en me posant des questions.
« Est-ce que cela fait longtemps que vous n’avez pas vu votre père ?
-Trois ans à peu près, pourquoi ?
-Vous risquez d’être… Surprise.
-Pourquoi ?
-Et bien voyez vous, le problème est que nous avons admis ce patient il y a un an. Son état ne s’est pas amélioré, au contraire. Plus le temps passait, plus il se détériorait.
-Mon père est malade ?
-Oui. Et ce n’est malheureusement pas une maladie que nous arrivons à traiter arrivée à ce stade. Cela doit faire plusieurs années qu’il avait les symptômes. Si il était venu consulter à ce moment là, nous aurions pu le sauver, mais…
-Mais ?
-Mais ce n’est malheureusement pas possible actuellement. Je ne pensais pas vraiment voir une personne atteinte du syndrome de Lavanville depuis si longtemps. »
Le syndrome de Lavanville ? Comment mon père avait-il pu attraper une chose pareille ? Comment pouvait-il l’avoir depuis si longtemps ? Et ça faisait un an qu’il était hospitalisé ici ? Je demandais :
« Et quand vous l’avez hospitalisé, pourquoi est ce que vous ne nous avez pas prévenu ?
-Nous l’avons fait. Votre mère est au courant. Elle ne vous a rien dit depuis le temps ? »
Non. Maman ne me l’avait jamais dit. Elle m’avait juste fais croire qu’il avait disparut. Comment est ce que je devais le prendre ? Je ressentais ça comme une trahison !
« Elle ne m’en a jamais parlé. Elle a préféré me dire qu’il avait disparut.
-Votre mère ne voulait pas vous inquiéter. »
Nous déambulions dans les couloirs de l’hôpital, passant devant différentes chambres. Vides pour la plupart. Puis nous sommes arrivés à destination.
La chambre était fermée à clef. Le médecin l’ouvrit rapidement, et je pu le retrouver.
Mon père dormait. Il était dans une chambre blanche, dans un lit blanc, habillé d’un pyjama blanc. Je m’approchais doucement de lui, les larmes aux yeux.
« Papa… »
Il ne bougeait pas. J’aurais voulut qu’il se réveille, qu’il me fasse un grand sourire, qu’il me dise que je lui ai manqué, ce genre de chose.
J’étais bien loin du compte.
Mon père a ouvert les yeux, doucement. Il me regardait sans rien dire, comme si il ne me reconnaissait pas.
« Papa… C’est moi… »
Je commençais à pleurer.
« C’est moi, Ancolie… »
Il répéta doucement mon prénom, les yeux perdus dans le vague. J’étais désespérée.
Puis d’un seul coup, il s’est mit à hurler tellement fort que j’avais reculé. Je n’avait pas fais attention, mais en regardant de plus près, ses mains et ses pieds étaient attachés au lit par des sangles.
« Ca y est, je me rappelle ! Ancolie ! ANCOLIE ! Une vraie salope ! Comme sa putain de mère ! Elles mériteraient de crever TOUTES LES DEUX ! »
Je pleurais toutes les larmes de mon corps. Comment est ce qu’il pouvait dire des choses pareilles ? Il continua :
« J’vais te CREVER ! Un jour je sortirai d’ici, ET JE TE CREVERAIS. Toi, et ta salope de mère ! »
Deux infirmières étaient venue en urgence suite à l’appelle du médecin. Elles lui firent une piqûre qui le calma presque immédiatement, et il se rendormit. Je pleurais toutes les larmes de mon corps dans les bras de Dean. Oh oui il me fallait du courage. Mais ce courage, je ne l’avais pas. Mais alors pas du tout.
Le médecin conseilla à Dean de me faire prendre l’air, et je le suivis sans regrets, pressée de sortir d’ici.     
 
Dean m’emmena au lac Savoir. C’était le but de mon voyage après tout. L’endroit était magnifique. Le lac était rempli d’une eau bleue foncée, comme celle qu’on trouve à la mer. Une fine pellicule de glace la recouvrait. J’aurais pu apprécié la vue, mais je ne cessais de repensé à mon père et à ce qui venait de se passer. Il fallait que je me change les idées rapidement. Dean me demanda :
« Est-ce que tu pourrais m’apprendre ce que tu sais sur le lac savoir ? Je sais que beaucoup de légendes circulent à son sujet, mais je ne sais pas ce qui est vrai… »
Oui. Ce n’était pas une mauvaise idée. Essuyant mes larmes, je commençais à étaler ma science :
« Alors, si je me rappelle bien, c’est dans ce lac qu’est censé vivre le pokémon légendaire Créhelf.
-Et il fait quoi de spécial ce pokémon ?
-Il est censé exaucer les vœux. Mais ce n’est qu’une légende. Qui peux se permettre d’avoir le pouvoir d’exaucer les vœux ? Et si il pouvait vraiment le faire, il ne pourrait pas exaucer les miens… »
Je m’étais remise à pleurer. Je repensais alors à la pokéball que m’avait envoyé mon père.   
Ce n’est qu’un outil. Utilise le et jette le dans le lac Savoir quand tu n’en auras plus besoin.
Je ne savais pas quoi faire. Sortant la Pokéball de mon sac, je la regardais attentivement. Elle n’avait rien de spécial. Elle semblait même usée et vieille. Pourquoi il m’avait envoyé ce truc ? Pourquoi il m’avait envoyé cette fichue lettre ? Et ma mère, elle était au courant depuis le début ! Elle ne m’avait jamais rien dit ! Elle a préféré me mentir ! Pour mon bien ? Tu parles ! Parce que je l’aurais saoulé de questions et parce que je lui aurais demander de le retrouver ! Je la détestais !   
« Je ne retournerais jamais chez moi, jamais !
-Ancolie ?
-Elle m’a trahie ! Elle m’a mentit !
-De quoi est ce que tu parles ?
-Ma mère savait… Elle savait tout et ne m’a rien dit ! »
Je m’étais relevée, toujours en pleurant, cette satanée Pokéball entre les mains. Je repensais à ce qui s’était passé au lac courage. Et si c’était ce qu’il y avait dans cette Pokéball qui avait tué ces garçons ? Il fallait que je la jette dans le lac ?
Je ne savais pas à ce moment là ce que je faisais. J’étais en colère. Tout ce que j’ai trouvé à faire, c’est jeter la Pokéball par terre.
Et elle s’est ouverte.      




Chapitre 26


Je ne savais pas ce qui allait sortir de cette Pokéball quand je l’avais lancée. Est-ce que ça allait être un pokémon légendaire ? Est-ce que ce serait l’un de ces pokémons spectre dont j’avais horreur ? Est-ce que ce serait un pokémon inconnu ?
Je ne savais pas du tout si ce que j’avais fait était bien ou mal.
Mon père m’avait dit de la jeter dans le lac. Pourquoi donc est ce que je l’avais jeté par terre ? Je ne sais pas. J’étais énervée, fatiguée. Je me sentais trahie par ma famille.
La Pokéball avait roulé sur plusieurs mètres, puis s’était arrêté, en s’ouvrant doucement.
J’attendais, la peur au ventre.
Mais il n’y eu rien du tout.
A côté de moi, Dean alla la ramasser. Puis il me regarda, me faisant signe qu’elle était vide.
Vide.
J’avais fait tout ce chemin pour quoi ? Pour qui ? Pour un père devenu complètement fou ? Pour exaucer ses volontés qui étaient complètement farfelues ? J’aurais pu ne pas partir de chez moi et y rester, si ma mère m’avait dit la vérité. Je n’aurais pas eu à subir tout ce que j’ai vu, je n’aurai pas été traumatisée par la mort d’Emalia (que je n’aurais tout simplement jamais rencontrer), je n’aurais pas eu à briser le cœur de Garett, je n’aurais pas perdu de temps. Je n’aurais pas aimé Dean non plus…
J’en avais assez de tout ça. Mes larmes coulaient toute seule, j’en avait tellement marre. Dean m’avait pris dans ses bras pour tenter de me remonter un peu le moral, mais ça ne marchait pas. Je n’arrivais pas à penser à autre chose. Cette Pokéball vide m’avais causé tant de problèmes.      
Au bout d’un moment, alors que la neige recommençait à tomber, nous sommes retournés à Frimapic. Je laissais la Pokéball là où elle était. Qu’est ce que j’en avais à faire de toute façon ?
 
C’était la panique dans la ville lorsque nous sommes arrivés. Il y avait la police, enfin, le peu de personnes qui faisait partie de la police dans cette ville paumée. Ils disaient au gens de rentrer chez eux rapidement, car cela pouvait être dangereux de rester dehors.
Je m’en fichais. Je voulais juste rentrer. Chez moi ? Peut être pas… A la limite, retourner chez Tante Rose, à Floraville, le temps de me remettre moralement.
« Qu’est ce qui se passe ici ? »
Dean ne comprenait pas non plus la panique qui animait la ville. Je l’attrapais par le bras et nous nous sommes dirigé vers la route 217.
« Ancolie, tu veux qu’on s’en aille maintenant ?
-Je veux partir d’ici. Je refuse de rester dans cet endroit une minute de plus !
-Il a l’air de se passer un truc vraiment grave, tu ne veux pas qu’on…
-Si tu veux rester, alors reste ! Moi je part ! »
Je l’avais laissé là, et je suis partie, seule, sous la neige, prenant la route 217. Je lui avait répondu méchamment, ça avait du le choquer sur le coup. Mais à cet instant, je n’en avais vraiment rien à faire.
Rien du tout.
 
La route enneigée ne m’arrêterait pas. Il n’avait pas de tempête de neige comme hier, c’était plus praticable pour mes petites jambes. Sous la colère, j’avais une volonté de fer. Je venais de m’en rendre compte. Je n’avais plus de cœur aussi. J’avais laissé Dean à Frimapic comme si j’avais abandonné une vieille chaussette trouée. Je m’en voulais un peu, oui.
Pas que je me fichais de Dean, il était la première personne à avoir une place dans mon cœur. Je l’aimais comme une folle. Mais j’en avais assez. Je voulais partir. Je ne voulais pas revoir mon père dans cet état.
Ses yeux de fous, son air endormit, complètement déconnecté de la réalité, et sa façon de hurler, de m’insulter. Je ne supporterais pas.
Pas une seconde fois.
Même si il a toujours été bizarre dans mes souvenirs, j’adorais mon père. C’était mon papa. La maladie, ce fichu syndrome de Lavanville, l’avait transformé en… En quoi ? En grand malade ? En fou ? Je m’étais remise à pleurer.
La route serait bien longue jusqu’à Floraville, surtout seule comme je l’étais.
 
 
Ancolie était repartie toute seule. Je n’avais pas eu la force de l’arrêter. Je n’avais même pas eu la force de la suivre. Je suis resté là, debout, à attendre. Attendre quoi ? Je croyais qu’elle allait finir par revenir. Tu parles. Elle était partie. J’avais été trop bête pour trouver des mots pour la réconforter. J’étais là, les bras ballants. Il fallait que je la retrouve. Il le fallait…
J’allais sortir de la ville, quand quelqu’un m’attrapa le bras, le maintenant fermement. Je tournais la tête : c’était un policier.   
« Où est ce que vous comptez aller jeune homme ? Un malade s’est échappé de la clinique, vous devez rentrer chez vous de toute urgence !
-Mais mon amie viens de partir, elle…
-Les ordres sont les ordres jeune homme ! »
Merde ! Mais qu’est ce qui se passait ici exactement ? Un malade échappé de la clinique. Non. Ca ne pouvait pas être…
Je posais quand même la question :
« Le malade dont vous parler, c’est celui qui est atteint du syndrome de Lavanville ?
-Hélas… Il a eu une crise assez impressionnante d’après un des médecins qui était sur place. Le problème c’est qu’il a réussit à prendre la fuite en tuant deux infirmières et en blessant trois personnes. Je ne sais pas où il compte aller par ce froid, mais il faut que nous le retrouvions avant qu’il ne fasse d’autres victimes.
-Je sais…
-Pardon ?
-Je sais ce qu’il cherche… C’est elle… Il faut que je la retrouve avant lui ! »
J’avais presque hurlé sur ce pauvre policier qui ne faisait que son travail. Il fallait que je retrouve Ancolie avant son père. La revoir lui avait sûrement fait un choc à lui aussi. Et si mes théories s’avéraient exactes, il la tuerait. Puis il s’en prendrait par la suite à sa mère. Mais ce n’était pas ma priorité pour le moment.
Le policier, qui m’avait relâché le bras pendant notre conversation, n’a pas eu le temps de m’arrêter. Je courrais à toute jambe dans la neige, sur la route 217, hurlant le nom de Ancolie à plein poumon.
Je devais absolument la retrouver avant lui.
 
 
Le froid me mordait cruellement le visage. Je ne savais pas ce que faisait Dean. Il était resté bien au chaud à Frimapic. Il allait sûrement reprendre son voyage, pour gagner cette fichue ligue pokémon de Sinnoh. Peuh ! Il fallait qu’il se fasse une raison : il n’était pas le seul sur le coup ! C’était chaque jour des dizaines d’adolescents (voir même des adultes) qui partaient sur les routes, seuls ou en groupe, pour atteindre ce qui était leur rêve le plus cher.
Je trouvais ça très naïf de leur part.
Je soupirais. La fatigue et le froid commençaient doucement à me gagner. Je repensais, songeuse, à tout ce que j’avais traversé jusqu’à maintenant. Je me posais des questions aussi.
Qu’est ce qui se serait passé si j’avais préféré donner mon cœur à Garett plutôt qu’à Dean ? Emalia serait encore vivante ? Garett n’aurait pas sombré dans la folie ? Je ne savais pas…
J’étais maudite. C’est tout. Les Zarbis de Bonville avaient raison.
Il y avait des morts sur ma route. Elle venait parfois d’endroit et de personne dont je n’imaginais pas le moins du monde qu’elles puissent faire de pareilles choses. Je repensais alors à ce jour, au lac Courage.
Si il n’y avais rien dans la Pokéball, qu’est ce qui avait pu mettre les trois garçons dans cet état ? Je me rappelle m’être réveillée, légèrement blessée, rapidement soignée par Dean. C’était un massacre. J’avais du sang jusque sur les mains, et même sur les vêtements. Mais Dean pensais que ça venait de ma blessure. Non, ça venait d’ailleurs… Je ne sais pas comment…
J’étais donc perdue dans mes pensées, quand j’entendis un bruit derrière moi. Je me retournais vivement mais ne vis rien du tout. Est-ce que c’était mon imagination ? Je m’arrêtais quelques instants, écoutant autour de moi.
Rien.
Je décidais de reprendre ma route. Je n’avais fais que quelques pas quand je sentis des mains me pousser violement dans le dos. Je me suis affalé par terre, le tête la première dans la neige. J’essayais de me relever, mais je reçu un coup de pied dans le côté gauche, me faisant hurler de douleur. Je roulais sur le côté, puis je l’aperçut : c’était mon père.
Qu’est ce qu’il pouvait bien faire ici ? Il n’était pas censé être à la clinique, en train de dormir avec l’aide de tout ses médicaments ?
Il me regardait avec des yeux de fous, puis un autre coup de pied atterrit dans ma jambe droite, accompagné d’un cri de douleur de ma part, et d’une insulte de la sienne.          
Je pleurais. Lui riait. Un rire qui avait retentit tellement fort qu’il me fit frissonner de peur. Je ne savais pas ce que me voulait mon père, mais quoi qu’il en était, ce n’était sûrement pas du bien dans son état.
Je me rappelais alors vivement ce qu’il avait hurlé à la clinique. Il voulait me tuer. J’étais seule, et pire que tout, j’étais en danger.
Je tentais alors de me relever, mais j’avais trop mal à la jambe. Il ne m’avait pas raté. Mon père tournait autour de moi comme un prédateur autour de sa proie blessée. Il parlait dans sa barbe, je ne comprenais rien de ce qu’il disait. Il était énervé. Sa folie pouvait l’emmener loin, j’en étais sûre et certaine.
Je tentais une nouvelle fois de me relever, avec succès, puis sans attendre qu’il ne fasse un seul geste, je me mis à courir à travers la route, du mieux que je pouvais avec mes douleurs. Je l’entendais derrière moi, il me suivait. J’espérais que quelqu’un se trouverait sur le chemin. J’espérais que quelqu’un m’aiderai. Je ne voulais pas mourir. Pas maintenant !
Malheureusement, ma malchance légendaire me rattrapa. Je trébucha sur des branches cachées par la neige et m’affala de tout mon long sur la neige. J’allais me relever, mais mon père me rattrapa. Il avait mis ses mains autour de mon cou, et je n’arrivais pas à me dégager. L’air me manquait. Il serrait, serrait… Tout en parlant de choses qui n’avaient ni queue ni tête. J’essayais de retirer ses mains de mon cou, mais c’était peine perdue, il était beaucoup plus fort que moi. J’allais mourir.
Je n’arrivais plus du tout à respirer.
 
Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. Il a crié puis m’a lâché. Je me suis retrouvé à genoux, toussotant, cherchant de l’air. Mon père s’est retourné. Derrière lui, il y avait Dean, armé d’une grosse branche.
« Fichez lui la paix ! » qu’il s’est mit à hurler.
J’étais sauvée. Pour le moment.


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Message Posté le : Ven 7 Mar - 12:30 (2014)    Sujet du message : Cursed (Pokemon) Répondre en citant

Chapitre 27


J’étais arrivé à temps !
Comme je le pensais, ce malade allait tuer Ancolie. J’avais rapidement ramassé une grosse branche avant de lui en donner un gros coup dans le dos. Il a crié puis l’a relâché. La pauvre s’est retrouvée par terre, elle toussait.
Je me suis mit à hurler, hors de moi :
« Fichez lui la paix ! »
Dans un sens, j’étais soulagé. Mais dans l’autre, il allait falloir que je la défende contre la folie de son père. Est-ce que j’en étais vraiment capable ?
 
 
J’avais enfin repris mon souffle. J’avais mal à la gorge, et ma tête tournait. Devant moi, je voyais Dean faire face à mon père. Il avait ramassé une branche, mais je doutais que cela soit suffisant pour le mettre hors d’état de nuire.
J’avais mal à la jambe et dans mes côtes. Je n’avais pas reçus beaucoup de coups, mais ils avaient été si bien portés que je souffrais le martyr. J’allais devoir les regarder se battre, que ça me plaise ou non.
Mon père donnait des coups de poings que Dean esquiva de justesse, tout en continuant de hurler des ignominies à mon encontre.
« Je vais tuer cette salope ! Elle le mérite ! Et après je m’occuperais de sa mère ! »
Dean lui donna un coup dans l’épaule, et la branche qu’il tenait se brisa en deux. Il la jeta sur le côté, une lueur de peur dans les yeux. Mon père ne semblait pas broncher plus que ça sous le coup de la douleur.
J’avais peur de ce qui pouvait arriver si Dean ne parvenait pas à l’arrêter. Je tremblais de tous mes membres. Je crois bien que j’allais tomber dans les pommes. Il ne fallait pas. Pas maintenant. Ce n’était pas le moment.
Près de la route, il y avait une crevasse. Elle n’était pas très profonde, mais c’était quand même environ trois mètres de hauteur. Il fallait que je trouve un moyen d’y pousser mon père. Il fallait que je sauve Dean. Il n’arriverait pas à le battre. Il n’avait aucune chance. Je me suis doucement relevée. Ils continuaient à se battre, se rapprochant doucement mais sûrement de la crevasse. J’avançais moi aussi. J’attendais le bon moment.
Mais, si mon père tombait là dedans, il n’y avait pas de risque qu’il meurt ? Comment est ce que je me sentirais après avoir fait une chose aussi affreuse ? J’allais avoir des problèmes ? C’était de la légitime défense ? Et Dean, qu’est ce qu’il allait en penser ? Il allait continuer à m’aimer ? Il allait me détester ? Ou alors il me remettrait tout sur le dos pour avoir la conscience tranquille ?
Dean allait me haïr ?
J’avais à nouveau du mal à respirer. La tête me tournait. Il fallait que je le fasse. Il fallait que…
 
 
J’ai esquivé à nouveau un coup de pied de ce malade. Il fallait que je protège Ancolie coûte que coûte. Derrière son père, il y avait une crevasse. J’allais gentiment le pousser dedans. Il ne mourrait pas, mais il serait au moins hors d’état de nuire !
Je n’ai rien vu.
J’ai juste sentit qu’on me poussait. Le père d’Ancolie aussi. Comme si tout se déroulait au ralentit, je l’ai vu tomber sur le sol, quelques mètres plus bas, la tête la première. Moi, j’ai eu plus de chance. Je suis tombé non loin de lui, mais je m’étais sûrement casser la jambe. J’avais mal. Mais c’était supportable. Je tournais ma tête vers le fou et je le vit face contre terre. Autour de lui, la neige devenait rouge. Il était sérieusement blessé, si ce n’était pire.
Je relevais la tête et vit Ancolie nous regarder. Elle semblait bizarre. Ses yeux étaient vitreux, et il n’y avait aucune expression sur son visage. Lentement, elle se bassa, puis chercha quelque chose dans son sac. Je ne savais pas ce que c’était, c’était enveloppé dans du papier journal. Il y avait des grandes tâches marron dessus, du café peut être ?
Je lui ai alors crié :
« Je crois que je me suis cassé la jambe. Ton père est blessé par contre ! Il faudrait qu’on trouve de l’aide ! »
Elle ne m’a pas répondu, se contentant de me regarder. Doucement, elle s’est avancée, descendant lentement les trois mètres qui nous séparaient, toujours avec cet objet bizarre dans sa main. Je retenais mes larmes de douleurs. Le froid n’aidait pas vraiment.
« Qu’est ce que tu fais Ancolie ? Je t’ai dit qu’il fallait aller chercher de l’aide ! On est blessés ! »
J’avais l’impression de parler à un mur. Elle ne m’entendait pas. Je l’ai vu alors s’approcher du corps de son père. Elle se pencha sur lui, posa sa main gauche sur son torse, guettant, je suppose, sa respiration. Elle parla enfin.
« Il respire encore… »
Elle aurait dû se sentir soulagée, mais ce n’était pas l’impression que j’avais. Non, ses yeux s’étaient agrandit de peur, et elle a lever l’objet qu’elle portait au dessus du corps de son père.
Non, cette forme, c’était…
Elle planta le couteau dans le dos de son père qui s’y enfonça en faisant un craquement. Puis elle le retira, s’éclaboussant de sang, avant de le replanter, encore et encore. Je crois bien qu’elle a fait ça une dizaine de fois.
Mais qu’est ce qu’elle fichait avec un couteau dans son sac ? Pourquoi est ce qu’elle s’acharnait ainsi sur son père ?
J’avais peur. Oui, j’avais peur de cette fille que j’avais connu comme étant d’une gentillesse exemplaire, de celle à qui j’avais donné mon cœur et qui m’aurais suivit à travers le monde. J’avais peur de la femme que j’aimais.
Elle n’était plus la même à présent. Elle s’acharnait sur le corps que je devinais déjà sans vie de son propre père ! Ses yeux semblaient être remplis d’éclairs, capable de foudroyer n’importe qui la regarderait. Oui, je peux le dire maintenant : Ancolie me fichait la chair de poule. J’en tremblais de peur.
Elle s’arrêta alors, satisfaite, respirant difficilement. Elle tourna la tête vers moi, toujours avec ses grands yeux vitreux, habités par la colère et la peur. Elle n’a rien dit, puis s’est relevée, ne lâchant pas son couteau encore dégoulinant de sang. Ancolie s’avança vers moi.
« Ancolie… »
Je n’avais pas la force de parler. Elle me regardait de haut. Elle avait tout simplement à cet instant le pouvoir de vie et de mort sur moi.
« Dean, qu’est ce que je vais bien pouvoir faire de toi… »
Elle avait dit ça pour elle. Elle se fichait éperdument de ce que je pouvais penser. Elle se pencha sur moi et sans rien dire, enfonça d’un seul coup son couteau dans ma jambe déjà souffrante. Je m’étais mit à hurler comme un dingue. Tout est devenu noir à ce moment là, et je crois que je me suis évanoui.
 
Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais allongé dans un lit, au milieu d’une chambre aux murs blanc. Une odeur d’antiseptique flottait dans l’air. J’étais sûrement dans un hôpital ou quelque chose comme ça. J’avais mal à la jambe. Elle était solidement bandée, et je me suis dis qu’il ne valait mieux pas que je me relève pour le moment.
Par la fenêtre, je pouvais voir la neige tomber, doucement. J’étais sûrement dans la clinique de Frimapic. La porte de m’a chambre s’ouvrit, et un médecin, accompagné d’un policier, entra.
Le médecin me posa quelques questions d’ordre de santé, et je lui répondais que ça allait. J’avais juste mal à la jambe, mais c’était normal. Je m’étais prit un coup de couteau quand même ! IL s’éloigna, me laissant seul avec le policier. Je devais alors me confronter à la vérité.
« Vous vous souvenez de ce qu s’est passé jeune homme ?
-Pas vraiment… Je me battait avec un dingue échappé de cet hôpital, on est tombé dans une crevasse et après… »
Je n’allais quand même pas lui dire ce qui s’était passé après ?
« Et après je crois que j’ai perdu connaissance.
-Bien, bien… (le policier griffonna dans son calepin)  Vous avez eu une sacré chance vous savez ?
-Pourquoi ?
-Y’avait une fille avec vous. Vous la connaissez ? 
-Ancolie ? C’est ma… C’est ma petite amie, oui.
-Ah… »
Il s’arrêta quelques instants, me regardant. Je demandais bêtement.
« Est ce qu’elle va bien ?
-D’une certaine manière, oui.
-Qu’est ce que ça veux dire ?
-Hé bien, malheureusement, votre petite amie (il insista sur les deux derniers mots) est coupable de… Meurtre. Sur la personne de son père. Le coup de couteau que vous avez reçus dans la jambe est aussi de son fait. 
-Pourquoi est ce qu’elle a fait ça… »
Je m’étais prit la tête dans les mains et commençais à pleurer. Qu’est ce que j’avais l’air bête ! Le policier s’arrêta quelques instant, griffonnant toujours sur son calepin. Puis je demandais à tout hasard :
« Est-ce qu’elle est… Malade ? »
Il releva la tête vers moi.
« C’est le syndrome de Lavanville. Elle est actuellement dans une chambre, traiter à coup de médicaments. Mais il vaudrait mieux pour elle qu’elle ne se réveille jamais.
-Pourquoi vous dites ça ?
-Il n’y a pas que du meurtre de son père dont elle est coupable.  Trois gamins au lac Courage en ont fait les frais apparemment. Le spectacle n’était pas beau à voir. Elle s’est acharnée dessus comme une dingue. Et ce n’est pas tout…
-Quoi ? »
J’allais devenir dingue. Ancolie… C’était une meurtrière ?  Tout ce qu’elle avait dit ou fait, ce n’était que des mensonges ?
« Il y a aussi sa mère… On l’a retrouvé dans son magasin. Il y a avait un panneau écrit par a fille sur la devanture. Un truc qui disait que c’était exceptionnellement fermé pour une durée indéterminée. Mes collègues on forcés la porte, puis il sont tombés sur un cadavre en décomposition dans la salle de bain. Ca faisait un moment qu’elle était là à mon avis.
-Mais elle me parlait de sa mère, comme quoi…
-Elle est complètement folle. La maladie lui a fait pensé des choses qui n’étaient pas réelles. Comme cette histoire de lettre par exemple. Vous l’avez vue cette fameuse lettre de son père ?
-Non, elle m’a dit qu’elle l’avait perdue…
-Elle devait déjà être infecté par le syndrome depuis un moment. Reste à savoir comment elle a réussit à l’attraper. Mais ce n’est pas notre souci majeur pour le moment.
-Qu’est ce qu’elle va devenir ?
-Comme je le disais jeune homme, il vaut mieux pour elle qu’elle ne se réveille jamais. Si elle prend conscience de ce qu’elle a fait, cela risque d’être pire encore. Elle à déjà un état de santé bien fragile, alors… »
Le policier me serra la main, puis me remercia pour les informations que j’avais pu lui donner. Il sortit de la chambre, me laissant seul avec mes questions.
Pourquoi Ancolie… Pourquoi ? Je m’étais remis à pleurer. La douleur était pire dans mon cœur. Qui me donnerait les réponses ?     



Chapitre 28


La chaleur du soleil me fit ouvrir les yeux. Tout était flou autour de moi, comme si j’avais dormis très longtemps. J’étais dans ma chambre. En y regardant de plus près, elle avait été arrangée. Quand est ce que j’avais pu faire ça moi ? Et qu’est ce que je faisais dans un lit deux places ? Ma tête me fit mal d’un seul coup. J’eu des nausées violentes, mais rien de plus.
La porte de ma chambre s’ouvrit, et je vis Dean y entrer avec un grand sourire.
« Tu as bien dormi Ancolie ? »
Je ne sais pas pourquoi je l’ai regardé pendant un moment sans rien dire. Tout me semblait si bizarre, si irréel.
« Ca fait combien de temps que je dors ?
-Hier soir tu t’es couchée tôt, tu m’avais dis que tu étais très fatiguée. Mais dans ton état, c’est tout à fait normal… »
Dans mon état… De quoi est ce qu’il voulait parler ? Dean vint s’asseoir sur le lit à côté de moi. Il m’avait prit dans ses bras avec une douceur que je ne lui connaissais pas.
« Ma mère m’a appelé hier soir quand tu dormais. Elle nous à adressé ses félicitations. Elle est pressée de voir son petit fils, ou sa petite fille… Bon, tu as dis que tu voulais garder la surprise jusqu’au bout, mais c’est ennuyeux… »
Je me rappelais vaguement oui… Très vaguement… Je demandais :
« Tu as aussi prévenu ma mère ? 
-Oui bien sûr, ta tante aussi. Elles étaient vraiment contentes d’apprendre la nouvelle. Ta mère a dit qu’il ne fallait pas que tu t’inquiètes pour elle, et qu’elle comptait sur nous pour le magasin.
-Oui je sais…  Depuis le temps, elle devrait savoir que ça ne me pose pas de problèmes du tout… Je suis quasiment née dans ce magasin ! »
Dean c’était mit à rire, et je fis de même. La clochette du magasin tinta doucement, signifiant qu’un client venait de rentrer.
« Je m’en occupe et je reviens tout de suite ma chérie… »
Je n’arrivais toujours pas à y croire. Dean avait abandonné la ligue régionale pour s’installer ici, avec moi, et m’aider à tenir le magasin. Je ne sais pas vraiment si il y prenait plaisir, mais le voir à mes côtés me rendait heureuse.
J’attendais que Dean revienne. Il me semblait bien long. Je décidais alors de passer outre ses recommandations et de me lever, même si dans mon état, je n’en avais pas vraiment le droit. Très lentement, je suis descendue jusqu’au rez-de-chaussée, faisant attention en prenant les escaliers. Il n’y avait pas de bruit. J’avançais silencieusement jusque dans le local.
Je n’aurais jamais dû.
Dean était allongé sur le sol, inconscient. Au dessus de lui, j’avais immédiatement reconnue cette fille blonde. Sa bouche était agrafée, des hématomes recouvraient ses bras et ses jambes. Elle s’était relevée, me regardant.
« Alors Ancolie… Quoi de neuf ? »
Derrière moi, une voix que j’avais reconnue entre mille. Deux bras m’entouraient. Je sentis son souffle contre mon cou.
« Je t’ai toujours aimé Ancolie, comment as-tu pu me préféré ce looser ? »
Je tremblais de peur. C’était un véritable cauchemar ! Je me dégageais vivement de ses bras que je trouvais repoussant, et courus vers la sortie. J’allais appeler à l’aide, quelque chose comme ça. Et quand je suis arrivée dehors, j’ai vu que je n’étais pas seule. Ils étaient tous là. Ils me regardaient de leurs yeux vitreux. Tout ceux que… Mais que quoi ? Qu’est ce que je leur ai fais ? Pourquoi ma tête me faisait horriblement mal à cet instant ?
Je tentais de reprendre mon souffle quand ils se sont tous jetés sur moi, ne me laissant aucune chance !
 
 
Ses cris m’avaient sortis de mon sommeil. Plusieurs fois par jours, Ancolie se réveillait en hurlant. Sa chambre était loin de la mienne, et pourtant je l’entendais très distinctement. Plusieurs fois en journée, plusieurs fois la nuit, elle hurlait. Elle hurlait des mots incompréhensibles, parlais parfois de ses parents, ou alors de moi. J’aurais voulut être à ses côtés. J’aurais voulut la protéger de ses cauchemars. Mais dans l’état où elle était, il n’y avait aucune chance. Pas même une petite.
J’avais appelé ma mère pour lui dire de ne pas s’inquiéter. J’en avais profité pour lui annoncer la mort de Garett. Je ne savais pas du tout comment allaient réagir ses parents à cette nouvelle. Quand à moi, cela faisait deux semaines que j’étais coincé dans cette clinique à Frimapic. Ma jambe se remettait doucement. J’arrivais à nouveau à marcher sans béquilles. Souvent, j’allais voir comment se portait Ancolie.
Elle passait ses journées à dormir, assommée par des calmants puissants. Et quand elle était réveillée, la plupart du temps, c’était pour se mettre à hurler. Il y a bien une fois où elle s’est réveillée calme. A ce moment là, elle m’a juste regardé de ses grands yeux bleus. Elle m’avait juste dit qu’elle voulait partir, qu’elle voulait rentrer retrouver ses parents. Je n’ai pas été capable de lui répondre à ce moment là. Comment est ce que je pouvait lui dire que ses parents étaient morts, et que c’était elle qui les avait tués ? Comment aurais je pu faire une chose pareille ? Je lui avais juste répondu qu’un jour on partirait, qu’on irait les voir si ça pouvait lui faire plaisir. Et elle s’est rendormie, en me faisant un large sourire comme ceux que j’aimais.
Ce jour là, j’avais rapidement discuté avec son médecin. Je lui avais demandé si son état évoluerait un jour. Je lui avais dis qu’elle avait été très calme, qu’elle m’avait parlé, qu’elle était redevenue celle qu’elle était. Il m’avait assuré que ses moments de lucidités n’étaient que passagers. Ma déception était à la hauteur de mes espoirs.
Et je repensais à ce qu’avait dit le policier venu m’interroger il y a deux semaines : il vaudrait mieux pour Ancolie qu’elle ne se réveille jamais.
Je n’arrivais pas à me faire à cette idée qu’elle reste prisonnière de cette clinique, prisonnière de cette chambre, prisonnière de ses cauchemars à longueur de temps. Il fallait que je fasse quelque chose. Il le fallait.
 
J’ai réfléchit tout le reste de la journée à la manière dont je pouvais nous sortir d’ici. Et je n’avais pas vraiment d’idées précises, ce qui m’énervait fortement. Il faudrait que je fasse ça discrètement, mais comment peut-on être discret avec deux infirmières toujours en train de la surveiller jour et nuit ? J’avais toujours mes béquilles qui traînaient dans la chambre. Je pourrais peut être les assommer avec ça…  Peut être que ça fonctionnerait, et alors on partirait. Loin, très loin. Peut être dans une autre région… Kanto, ou Jotho…
C’était la seule chose que nous pouvions faire.
 
La nuit était là, dehors, la neige continuait à tomber lentement. Je me suis levé. Heureusement pour moi, personne ne surveillait ma chambre. J’attrapais l’une de mes béquilles et sortit. Je déambulais dans les couloirs de la clinique sans faire de bruit. J’espérais ne tomber sur personne. J’avançais, le cœur battant, vers la chambre où se trouvait Ancolie.
Comme je l’avais prévu, il y avait deux infirmières pour la surveiller. L’une d’elle s’était endormie sur sa chaise. L’une regardait par la fenêtre. Il fallait que je commence par celle là.
Discrètement, je m’approchais derrière elle, puis lui assénait un bon gros coup de béquille sur le crâne. Elle tomba en arrière et s’affala sur le sol. En tombant, elle avait fait un peu de bruit, mais pas suffisamment pour réveiller sa collègue.
Je m’approchais de cette dernière et l’assomma aussi. Au moins je serais tranquille pour un moment. Le temps de prendre la fuite.
Je m’approchait du lit d’Ancolie et lui retira les liens qui lui entravaient les poignets et les jambes. Doucement je la réveillais. Elle ouvrit lentement les yeux puis me fixa avec un sourire.           
« Dean, je suis si heureuse de te voir… Qu’est ce que tu fais ici ?
-Je viens  pour t’emmener avec moi. On va quitter cet endroit et partir…
-On va où ?
-Je ne sais pas encore, mais le plus loin possible ça devrait suffire…
-Dean…
-Oui ?
-Non, rien… »
Ancolie baissa la tête, l’air gêné que j’adorais sur le visage. Non, elle n’avait pas changé, elle était toujours celle que j’aimais. Je lui prit la main et lui demanda de me suivre. Rapidement, nous avons atteint la sortie de la clinique. Puis celle de la ville. J’étais étonné de la facilité avec laquelle nous avions réussit.
Nous avons courut dans la neige pendant un bon moment. Puis nous nous sommes arrêté, extenués. Ancolie était courbée en deux. Elle avait du mal à retrouver son souffle. Nous étions au milieu de nulle part, dans la neige, sûrement loin de la route 217.
« Dean… »
Elle était à genoux dans la neige, cherchant son souffle. Je m’agenouillais auprès d’elle.
« Ca va Ancolie ? Tu veux qu’on s’arrête un peu ? »
Elle ne me répondait pas, se contentant de respirer bruyamment. C’était mauvais signe.
« Ancolie… Qu’est ce qu’il t’arrive ? »
Toujours pas de réponse. Pourtant, elle tourna sa tête vers moi et nos regards se rencontrèrent. Le sien était rempli de peur. Elle semblait vouloir me dire quelque chose, mais se ravisa.
« Ancolie… »
Sa main cherchait quelque chose dans sa poche. Je ne sais pas ce que c’était. Un calmant ? Un médicament ? Ou alors juste un mouchoir ou quelque chose comme ça ?
J’étais bien loin du compte.
J’ai sentit une douleur fulgurante au niveau de mon torse. Non, elle n’avait pas…
Ancolie recula, se releva pour me regarder de haut. Dans sa main, un scalpel. Elle avait sûrement dû le trouver dans la clinique. Mais quand ?
Je me laissais doucement glisser sur le sol, la main sur la poitrine. Je regardais Ancolie, la suppliant de m’aider. Mais elle ne bougea pas d’un pouce. Non, elle n’avait pas changé, elle était toujours aussi folle.
Elle s’éloigna, me laissant là. La neige si blanche se souilla de rouge au fur et à mesure. Ancolie était partie. Je n’avais plus la force de bouger, mais si je l’avais, cette force, j’aurais hurlé son nom.       
Il y a tellement de choses que j’aurais faite.
En y repensant, il avait raison : Ancolie n’aurait jamais du se réveiller, jamais. C’est sur cette pensée que je m’endormi dans le froid. Est-ce que je me réveillerais un jour ? Je l’espérais. Il fallait que je la retrouve. Il le fallait…


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Message Posté le : Aujourd’hui à 08:28 (2017)    Sujet du message : Cursed (Pokemon)

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