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Dementia
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Crayonne
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Localisation: Système solaire, planète terre, France, Val d'Oise
Féminin Cancer (21juin-23juil) 猪 Cochon

Message Posté le : Mer 22 Avr - 12:38 (2015)    Sujet du message : Dementia Répondre en citant

DEMENTIA  
   
*PROLOGUE*  
   
Froid… J’ai froid… La brise glaciale me força finalement à ouvrir les yeux. La première chose que je reconnaissais, c’était le plafond de la bagnole familiale, d’un gris dégueulasse.
J’avais mal au crâne. Un peu comme si quelqu’un m’avait donné un grand coup sur la tête. Mais en passant ma main dans mes cheveux ébouriffés, il n’y avait pas l’ombre d’une bosse, aussi petite soit-elle.
Doucement, je regardais tout autour de moi. J’avais perdu connaissance ? Pendant combien de temps ? Mon regard se posa sur la montre que je portais à mon poignet droit.
Merde.
Elle est cassée. Les aiguilles se sont arrêtées sur vingt-deux heures treize.
Ma mère et ma frangine ne sont pas là. Elles sont parties en pleine nuit en me laissant tout seul au milieu de nulle part ?
Bon sang, mais qu’est-ce qui a bien pu se passer ?
Alors, que je résume un peu les évènements de ces dernières heures…
 
Papa a été muté à dans une ville à Pétaouchnock, il est partit ce matin en nous disant de le rejoindre ce soir. J’me rappelle  que je me suis pris la tête avec maman, encore une fois, à ce sujet. Je n’avais pas envie de déménager (et j’en ai toujours pas l’envie). Et après, y’a Sally qui est venue pleurer en me disant que j’étais méchant.
Je l’entends encore crier dans le salon vide de toutes nos affaires :
« Jimmy il est méchant ! Et nya nya nya, il fait toujours des histoires… »
Dix ans qu’elle a, ma frangine. Elle est déjà casse pieds comme pas permis. J’ai six ans de plus qu’elle, mais je n’ai même pas le droit de lui en coller une pour lui rabattre son caquet ! On dirait une petite poupée avec sa peau couleur cachet d’aspirine et ses longs cheveux noirs. Comme j’aimerai bien y mettre un bon coup de ciseaux dans ses cheveux, ça lui ferait les pieds !
Ma mère lui donnait toujours raison, sous prétexte qu’elle était plus jeune que moi. Peuh ! Elles sont aussi casse pieds l’une que l’autre ! Ma mère, elle cherche toujours des trucs pour pouvoir fouiller dans ma chambre. Je déteste ça. Une fois, elle est tombée sur un briquet et elle m’a fait toute une histoire. Pourtant, je n’ai jamais touché à une seule clope de ma vie. Elle ne m’a pas crue quand je lui ai dit que c’était à un de mes potes et elle m’a privée de sortie pendant trois semaines.
Ouais, trois semaines.
Bref… Au final, on a prit la bagnole et on est partit.
Je ne sais plus pendant combien de temps on a roulé sur les routes. Moi je ne regardais même pas le décor. J’avais gardé mon lecteur MP3 sur moi et j’avais balancé de la musique à fond dans mes oreilles pour pas entendre les deux autres taper la discute. J’avais aussi pris quelques comics avec moi, histoire de ne pas trop me faire chier pendant le voyage.
Sally avait fini par s’endormir sur le siège arrière de la voiture. Elle serrait tendrement son ours en peluche. A dix ans, elle trainait encore une peluche comme un bébé. Vraiment, cette gamine avait le don de m’énerver.
Je crois qu’il faisait nuit quand j’ai fermé les yeux moi aussi. J’étais claqué. Ca faisait tellement longtemps qu’on roulait.
 
Si y’avait eu un accident, je suis sûr que je me serais réveillé. Y’aurais eu du bruit, j’aurais entendu ma mère et ma frangine gueuler comme des dingues.
Non…
La bagnole est vide de chez vide. Y’a personne. Et bordel, qu’est-ce qu’il peut faire froid ! On est pourtant au mois de juin bon sang, ce n’est pas possible !
Peut-être bien qu’on a eu une panne et que ces deux idiotes sont parties toutes seules en me laissant ici. Ouais, c’est ce qui me semble le plus plausible au final.
Je me suis mis à hurler, à les appeler, au cas où. Mais y’a jamais eu de réponse. Elles sont parties toutes les deux en me laissant tout seul ici, au milieu de nulle part avec cette bagnole pourrie.
Et c’est quoi ce brouillard ? Il fait froid, on est en juin et y’a du brouillard. Mais quelle journée de merde, sérieusement ! Je n’ai pas envie de rester là les bras croisés à attendre qu’elles reviennent. Et puis, avec un peu de chance, je tomberais sur quelqu’un qui pourra me dire où on est. J’ai commencé à penser à voix haute, c’était une manière comme une autre de me rassurer un peu. Pourtant, j’avais des nœuds dans l’estomac, une putain d’angoisse qui ne me lâchait pas d’une semelle.
 
Ça devait faire un bon quart d’heure que je marchais le long de la route. Pas une seule bagnole. C’est vraiment un coin paumé. En tout cas, quand je tomberais sur ma mère, je n’hésiterai pas un seul instant à lui balancer dans les dents qu’elle est vraiment une crétine. Réussir à nous paumer au milieu de nulle part… Depuis le temps que je lui dis que sa bagnole est bonne pour la casse ! Mais bon, c’est plus simple de faire semblant de m’écouter hein ?
J’étais en train de râler dans mon coin, quand j’ai vu la ville au loin. Pas une super grande ville comme celle dans laquelle on habitait encore hier, mais une ville quand même.
J’me disais que les filles devaient être là-bas.
J’accélérais le pas. Bon sang, c’est stressant ce silence. Je n’entendais que ma respiration et les bruits de mes chaussures claquant sur le sol en béton. Je marchais droit devant moi vers cette ville inconnue.
Bon sang, je redoute quelque chose, mais je ne sais pas encore quoi.
 
   
*I*  
  La ville était déserte. Y’avait personne. Rien. Pas un chat. Aucune trace de vie nulle part. Les rues sont à peine éclairées par des vieux lampadaires. On aurait dit une ville fantôme.
J’avançais sans but précis. Enfin si, j’avais un but : retrouver ma mère et ma frangine et les engueuler. Bon sang, mais qu’est-ce qu’il a bien pu se passer dans la bagnole ? J’y comprends rien du tout ! Et dès que j’essaie de me souvenir, j’ai ce putain de mal de crâne qui revient à la rescousse. C’est d’un pratique…
Ce silence est insupportable. Si je n’avais pas la frousse, je hurlerai pour me détendre un peu. Ça me rend complètement dingue tout ça. J’vais finir par péter un câble.
En plus avec ce brouillard épais, on n’y voit pas grand-chose. C’est à peine si j’arrive à distinguer les bagnoles qui sont garées là.
 
C’est quoi ce bruit ?
On dirait un grésillement. Une radio.
J’avançais vers la voiture d’où venait ce bruit infâme. La porte était grande ouverte, mais y’avait personne dedans. Bizarrement, je m’y attendais. Je ne sais même pas pourquoi j’ai commencé à triturer les boutons de cette radio. Elle ne captait que dalle ! Ca grésillait encore et encore. Des fois, j’avais l’impression d’entendre des voix mais y’avait toujours ces grésillements dégueulasses qui couvraient tout. Le seul truc que j’ai capté correctement, c’est les cris d’une nana, et rebelote, ça grésillait.
Radio de merde. Je laissai tomber et refermais la bagnole avec un bon coup de pied dans la porte. Qu’est-ce que ça m’avait fait du bien. J’en balançais deux autres juste pour le plaisir avant de m’éloigner.  
 
J’avais l’impression de tourner en rond dans cette fichue ville et que ça faisait des heures que j’étais là. Il faisait encore sombre, y’avait encore du brouillard partout. J’ai essayé de frapper aux portes, mais je n’ai jamais eu de réponses. En même temps, je peux comprendre : qui aimerait se faire réveiller en plein milieu de la nuit par un ado paumé au milieu de nulle part ?
En tout cas, j’étais crevé. Bordel, il fait toujours aussi froid. Je frissonnais comme un mec en short paumé au milieu du pôle nord. Je n’avais qu’une seule envie : me poser quelque part, bien au chaud, et faire un petit roupillon.
C’est ce que j’étais en train de me dire quand l’odeur me sauta aux narines.
Une odeur infecte.
Y’avait des grandes traces sombres par terre au milieu de la route. Ça ressemblait à de l’essence. J’aurais tellement voulut que ce soit ça en fait. Je me suis baissé pour regarder de plus près vu qu’on y voyait que dalle avec ce putain de brouillard.
C’était du sang. Plein de traces de sang. Ca traçait un long chemin. Et comme un idiot, j’ai suivi ce chemin qui puait le sang. Si j’avais su…
 
Y’en avait de plus en plus. Et moi, comme un con, je suivais les traces. D’un côté, j’étais en flippe totale. J’avais une boule au ventre et une grosse envie de vomir. Mais d’un autre, la curiosité malsaine que j’avais faisait son œuvre. Je voulais savoir. J’étais comme hypnotisé par toutes ces traces de sang presque noir. Dans mon for intérieur, je me disais que c’était un animal blessé qui s’était trainé dans un coin pour crever.
J’aurai tellement voulut que ce soit ça en fait.
Les traces continuaient jusqu’à une petite ruelle pas super bien éclairée. Si j’avais su, je me serais barré en courant à l’autre bout de la ville. Mais non. J’avais continué. Et je suis arrivé tout au bout de la rue.
 
J’avais mis mes mains devant ma bouche pour éviter de vomir. Ca puait le sang. C’était dégueulasse, y’en avait partout. J’avais mis mes pieds dedans, sans le faire exprès. La flaque continuait jusqu’à un recoin que je ne voyais pas de là où j’étais. Et je n’avais vraiment pas envie d’y aller.
Je reculais doucement, laissant des traces de pas sanglantes. Et j’ai entendu une voix derrière moi.
« Avance. »
Je me retournais d’un seul coup, en criant presque. Le gars qui venait de parler avec une tête de dingue. Mal fringué, mal rasé, mal coiffé. Des yeux de tarés. Et surtout un flingue. Chargé sans aucun doute.
Il me répéta son ordre avec un large sourire.
« Avance ! »
Je n’avais pas le choix. J’ai avancé jusqu’au coin avec les flaques de sang. J’aurais voulu tomber dans les pommes à ce moment-là pour ne rien voir.
Y’avait un cadavre par terre. Un putain de cadavre ! Un vrai ! Une nana à en juger les fringues qu’elle portait. Oui, parce que son visage était méconnaissable. Une vraie bouillie informe.
J’avais les larmes aux yeux. Je crois que j’étais sur le point de craquer. J’ai essayé de regarder ailleurs, mais le gars parla froidement :
« Ne détourne pas les yeux. C’est ce que tu voulais voir non ? »
Mon cœur battait à cent à l’air. Mais qu’est-ce que je foutais ici bon sang ? Ce matin encore, j’étais avec ma mère et ma frangine. Et là je me retrouvais avec un taré armé ! J’ai demandé où on était, à tout hasard, pour gagner du temps. Il doit bien y’avoir des policiers quelque part dans cette ville pourrie non ?
« On est dans ma tête. »
Il était complétement taré. Un fou échappé d’un asile et armé ! Un mélange détonant. Le mec pointa son flingue sur moi.
Il n’allait pas me tirer dessus quand même ?
Si ?
 
J’ai entendu un grand bruit, comme une explosion. Je n’ai rien comprit à ce qu’il s’est passé. Le gars avait un grand sourire en me regardant. Moi, j’ai baissé la tête. J’avais mal à la poitrine. Et j’ai vu mon pull devenir rouge, presque noir.
Il m’avait tiré dessus ?
Mes mains étaient rouges de sang. Mon sang. Je me suis appuyé le dos au mur, et je me suis laisser tomber par terre. Mes poumons. J’arrivais plus à respirer. Je crachais du sang.
Je vais mourir ?
J’ai levé mes yeux vers le ciel noir. Toujours ce putain de brouillard. Et j’avais encore plus froid. Mes yeux se fermaient tout seul.
Je vais mourir ?
Le gars s’était penché sur moi avec un grand sourire. Il parlait, mais je ne l’entendais déjà plus. Je ne sentais plus mes jambes, plus mes bras, plus rien du tout. Comme si j’étais paralysé.
Et le néant.


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Message Posté le : Mer 22 Avr - 12:38 (2015)    Sujet du message : Publicité

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