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Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup
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Crayonne
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Localisation: Système solaire, planète terre, France, Val d'Oise
Féminin Cancer (21juin-23juil) 猪 Cochon

Message Posté le : Mer 31 Mai - 12:49 (2017)    Sujet du message : Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup Répondre en citant

CHAPITRE XVI


Tandis qu'elle marchait au plus profond de la grande forêt, Jaelith fut prise d'un malaise. Elle s’agrippa à la manche de son compagnon.
- Je ne me sens pas bien....
L'humain qui l'accompagnait s'était retourné vers elle.
- Nous ne pouvons pas nous permettre de faire à nouveau une pause.
- Juste quelques minutes. S'il vous plait, Freyki.
Le roi loup s’approcha de la jeune femme pour l'observer de plus près.
- Vous êtes encore plus pâle que d'habitude. J'ai bien peur que vous ne soyez malade. Il serait préférable d'atteindre la frontière le plus vite possible.
Il posa sa main sur son front et le sentit brûlant.
- Le plus urgent sera de trouver un prêtre pour vous examiner.
Elle hocha la tête avant de se relever doucement. Freyki lui prit tendrement la main.
- Nous marcherons à votre rythme.
- Mais cela risque de nous ralentir.
- Je préfère cela plutôt que de vous voir vous évanouir.
Un léger sourire était apparu sur le visage balafré, et l'espoir inonda le cœur de la jeune femme. Elle aimait à penser qu'elle avait eu des sentiments pour lui dans son autre vie. Sentiments qu'elle avait toujours, d'une certaine manière.

- Frederik ! Attend moi !
Feiyl avait du mal à suivre l'apprentie. Ce matin, elle lui avait dit qu'elle partait au sud, seule. Elle en avait assez d'attendre dans le village sans rien faire. De plus, l’attitude passive d’Elrynd l’énervait au plus haut point.
Le dragon avait haussé les épaules et lui avait demandé si elle était sûre de son choix.
- Bien sûr ! Sinon je ne partirais pas !
L'adolescent s'était retenu de rire à cette réponse. Décidément, cette femme était une véritable tête brulée. Elle lui rappelait Jaelith par certains côtés de sa personnalité.
- Cela te dérangerait si je venais avec toi ?
Frederik l'avait regardé avec de grands yeux écarquillés. Elle avait secoué la tête avant de rire.
- Toi Feiyl, celui-là même qui préconisait de ne rien faire, toi, tu voudrais venir avec moi ?"
Le dragon eut un léger sourire.
- Certes, j'ai proposé de ne rien faire. Mais si tu te décides à partir au milieu du danger, je ne vois pas ce qui m’empêcherait d'en faire autant.
- Le général peut être ?
- Non... Même si il s'inquiète facilement pour tout et n'importe quoi, Elrynd ne me forcerait pas à rester ici.
Frederik attacha son épée à sa ceinture avant de lui adresser à son tour un large sourire.
- Alors, qu'est-ce que tu attends ?
C'est ainsi qu'ils étaient partit tous les deux, de bon matin, sans prendre la peine de prévenir quelqu'un.

Au début de l'après-midi, l'humain et sa compagne arrivèrent devant ce qui avait été la capitale des elfes pendant des siècles.
Castelfay.
Le soleil inondait les ruines, rendant aux bâtiments éventrés un semblant de vie et de leur éclat d’antan. Pourtant, une odeur de mort envahissait encore les lieux. De nombreux débris de pierres trainaient çà et là. La végétation était quasiment inexistante. Une véritable apocalypse.
Jaelith avançait prudemment, tout en imaginant ce qu’avait autrefois pu être cette magnifique cité. Elle sentait une énergie étrange se dégager des ruines. Quelque chose se trouvait sous le sol qu’elle foulait. Un mal insondable, dont Freyki, qui la suivait, ne soupçonnait pas l’existence. Elle s’attendait à être attaquée, car elle savait qu’ici, il devait se cacher quelques créatures terrifiantes.
Jaelith murmura pour elle-même, et pour les âmes qui devaient se trouver là :
- Sina’dora anh’da.
Une larme coula le long de sa joue, rapidement suivie d’une autre. Freyki lui demanda d’une voix douce :
- Est-ce que tout va bien ?
Mais les larmes de la jeune femme continuaient de couler à flot. Elle tremblait. C’était quelque chose qu’elle ne pouvait pas contrôler. Elle sentit monter en elle une immense tristesse à l’idée de tous ceux qui étaient tombés sur le sol qu’elle foulait.
La jeune femme n’avait pas connu la guerre terrible qui avait souillé cet endroit. Elle n’arrivait pas à s’imaginer ses semblables se battre ici, de toute leurs âmes, avec tout leur courage, contre une terrible créature si puissante qu’elle avait engloutit toute la vie qui s’y trouvait. Jaelith s’était blottit dans les bras de son compagnon.
- Ils sont morts… Tous morts…
Les mains du roi loup se posèrent son dos frêle et il tenta de la calmer. Au bout de quelques minutes, les sanglots s’étaient taris, et elle leva la tête vers Freyki.
- Il s’est passé quelque chose d’horrible ici…
- Je sais. Nous en avons entendu parler lorsque c’est arrivé.
Il laissa alors sa main s’attarder sur les cheveux dorés de la jeune femme.
La princesse frissonna. Bien entendu, on lui avait souvent raconté cette histoire. Celle d’un peuple qui avait perdu beaucoup de ses membres. Un peuple qui avait sacrifié ses souverains pour enfermer ce mal abject. Et elle, Jaelith, demie -elfe, était l’un de ces rares enfants de l’après-guerre.
- J'ai un très mauvais pressentiment...
A peine avait-elle prononcé ses paroles qu'elle sentit le monde tourner autour d'elle. Elle avait entendu la voix de Freyki, puis plus rien.

Les gardes entouraient ceux qui avaient été choisis. Malgré le vacarme qui venait de dehors, tous se trouvaient à l'intérieur du temple du Dieu cerf. Certains s'étaient laisser aller à pleurer, d'autre hurlaient de rage devant la tournée qui leur avaient été annoncée. Jaelith tourna la tête, incrédule. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Où était passé Freyki ? L'un des Drinvels s'avança vers un elfe qui criait sa rage.
- Soyez heureux d'avoir été choisis par le Dieu cerf. Grâce à vous, les ténèbres seront emprisonnées pour l'éternité et les morts resteront en terre.
- Heureux ? Vous vous moquer de moi ? C'est la pire chose qu'il puisse nous arriver !
A côté de lui se trouvait une femme, un enfant dans les bras. Le regard mouillé de larmes, la voix tremblante, elle sanglota :
- Tuez nos proches, nos enfants, nos familles ! Mais c'est impossible ! Pour qui vous pensez-vous ? Mon mari vient de mourir ! Il a été tué par les démons ! Et vous voulez que je sacrifie ma fille, notre fille !
Le Drinvel tourna la tête vers la femme, et son regard se durcit.
- C'est la seule façon de sceller les ténèbres et de détruire ce monstre.
- Non, il doit y'avoir un autre moyen, il y a forcément un autre moyen !
La femme fut repoussée par le Drinvel et tomba à terre. Il hurla :
- Ne discutez pas les ordres ! Vous le ferez, un point c'est tout ! Vos âmes seront les maillons qui scelleront les ténèbres !
Jaelith allait hurler à son tour, mais un homme s'approcha et osa lancer :
- Mais quel monstre est l'empereur pour autoriser une chose pareille ?
- Comment osez-vous blasphémer ?
A cet instant, la grande porte du temple s'ouvrit. Deux elfes s'avancèrent vers les gardes qui les saluèrent avec respect. Il s'agissait de l'empereur et de l’impératrice. Le silence s'était fait instantanément dans la grande salle. La voix douce et apaisante de l'empereur résonna :
- Je sais que le sacrifice que je vous demande est infâme, mais nous n'avons pas le choix.
Il leva Anh‘Feiyl qui brilla faiblement avant de continuer.
- Notre mort ne signifie pas la fin... Nos âmes détruiront ce monstre, scelleront les ténèbres, et la clé sera Anh ‘Feiyl.
L'empereur s'avança au milieu de la salle et planta l'épée dans le sol. Puis il se tourna vers l'impératrice. Il la regarda d'un air attristé et murmura :
- C'est cruel... J'aurai voulu que nous n'en arrivions pas à cette extrémité.
La voix claire de sa femme ne tremblait pas.
- Je ne suis pas triste, car grâce à toi, des milliers d'autres survivront. Et je ne parle pas que de notre peuple...
Il tenait fermement le poignard dans ses mains tremblantes. L'impératrice le força presque à le maintenir près de son cou. Un léger sourire aux lèvres, elle l'encouragea :
- N'hésite pas. Et sache que je t'aimerai toujours...
La lame entra dans la chair tendre qui n'émit aucune résistance et le sang coula le long du bras de l'empereur. Elle tomba lourdement sur le sol, et ses yeux se fermèrent pour l'éternité. Anh’Feiyl brillait de mille feux.
Jaelith hurla. Elle venait de comprendre de quoi se nourrissait l'épée.

- Jaelith !
Elle avait ouvert les yeux, d'un seul coup, le souffle court. Freyki était penché sur elle.
- Tout va bien ? Vous m'avez fait une de ces peurs !
- C'était juste un malaise...
L'homme à la cicatrice l'aida à se relever.
- Je ne veux pas rester ici un instant de plus Freyki. Cet endroit est terrifiant.
Le roi loup acquiesça. Il ne l'avait pas dit, mais il pensait lui aussi que cet endroit n'était pas aussi calme que ce qu'il semblait être.

- Quel est cet endroit ?
Frederik observait les ruines de ce qui semblait avoir été une cité elfique. Elle tourna la tête vers son camarade, espérant une réponse.
- J'ai l'impression que c'est tout ce qu'il reste de Castelfay.
- Castelfay ?
Le ton sur lequel elle avait prononcé ce nom indiqua à Feiyl qu'elle n'avait aucune idée de la catastrophe qui avait eu lieu ici.
- Nous nous trouvons dans l'ancienne capitale des elfes. Il y a eu une attaque. Démon, morts vivants, monstres... Ceux qui n'ont pas vécus ici ne savent pas vraiment ce qu'il s'est passé. La seule certitude, c'est que la destruction de cette cité a été orchestrée par des humains.
- Cela ne m'étonne pas plus que l'Impératrice les déteste.
- C'est ce qu'il se dit... Moi, je pense qu'il y a autre chose derrière tout ça.
- Toujours aussi soupçonneux Feiyl.
- Il le faut bien.

Freyki fit signe à sa compagne de ne pas bouger. Doucement, elle demanda à voix basse :
- Que se passe-t-il ?
Sans se retourner vers elle, aux aguets, il répondit :
- J'ai entendu des voix par là-bas.
Il montra discrètement les ruines de ce qui avait dû être un temple.
- Ce sont peut-être des Drinvels. Et je n'ai pas d'arme pour me battre et vous protéger Jaelith.
- Ne vous inquiétez pas pour moi. Je saurais me défendre si quelqu'un venait s'attaquer à moi.
La phrase était sortie toute seule. Pourtant, la jeune femme savait très bien qu'elle était incapable de porter une épée. Alors se défendre, encore moins. Freyki secoua la tête.
- Restez ici, je vais voir ça de plus près. Et surtout, ne bougez pas.
Discrètement, il s'était avancé vers les ruines.

Frederik et Feiyl avaient tourné la tête au même moment. Quelque chose s'approchait d'eux. Quelque chose, ou quelqu'un. Les épées furent lentement sortit de leur fourreaux, sans faire de bruit. Le dragon lança un regard à l'apprentie qui hocha la tête. Cette dernière s'avança vers le mur de pierre qui tombait en ruines. Doucement, elle se plaqua contre lui et se déplaça vers l'endroit d'où provenait l'énergie qu'elle ressentait. La jeune femme serra son arme entre ses mains, prête à frapper. Elle s'approchait, très lentement, puis leva l'épée au-dessus d'elle.

Freyki avait le cœur qui battait de manière frénétique. Il aurait été plus rassuré s’il avait été en possession d'une arme. Il n'entendait plus les voix. Est-ce qu'il avait été repéré ? Très lentement, il regarda derrière le mur, laissant apparaitre une partie de son visage. Il espérait que personne ne le verrait.

L'apprentie paladin avait vu quelque chose bouger, et sa main s'était crispée sur le poignet de son épée. Elle avait vu apparaitre quelque chose. Des cheveux noirs comme le plumage d'un corbeau, et un visage balafré. Le coup qu'elle allait porter s'arrêta prêt de la gorge de l'homme à la cicatrice. D'une voix tremblante, elle demanda :
- Majesté ? C'est bien vous ?
Freyki tourna la tête vers celle qui avait failli le décapiter.
- Qu'est-ce que... Mais qu'est-ce que vous faites ici ?
Frederik recula. Feiyl parut soulagé. Le dragon s'avança vers le souverain.
- Roi Loup, c'est rassurant de vous savoir en vie et en bonne santé.
Le regard de l'homme à la cicatrice se posa sur l'arme que portait l'apprentie. D'une voix pleine de colère, il demanda à l'adolescent :
- Elle a essayé de me tuer ?

Jaelith avait peur. Peur pour elle, certes, mais aussi peur pour l'humain. Elle avait entendu des éclats de voix, mais Freyki lui avait dit de ne pas bouger. Elle hésitait à lui désobéir.
La jeune femme entendit un bruit derrière elle. Elle se retourna. Au loin, elle avait aperçu des Drinvels. Sans attendre l'autorisation de son compagnon, elle fonça le rejoindre.
- Freyki !
L'intéressé se tourna vers la jeune femme qui arrivait en courant. Voyant sa mine déconfite, il avait rapidement compris qu'il se passait quelque chose. Elle annonça dans un souffle :
- Des Drinvels !
Elle se jeta dans les bras de l'homme à la cicatrice qui jura. Il tourna son visage vers ses deux compagnons d'infortune. Feiyl, qui avait su garder son sang-froid, leur fit signe de rentrer dans les ruines.
La salle où ils s'étaient réfugiés fit frissonner la princesse. C'était celle qu'elle avait vu dans son rêve. Combien de personnes avaient mis fin à leur vie ici pour sauver celles de leurs compatriotes ? Elle n'en avait aucune idée. Il y avait encore des traces de sang séché sur le sol.
La voix de Feiyl résonna.
- Nous sommes quatre et il y a une dizaine d'elfes dehors. Vous avez une idée ?
- Un dragon nous serait d'un grand secours.
Frederik avait tourné sa tête vers l'adolescent en disant cela. Le dragon secoua la tête.
- Rien que la transformation me prendrait beaucoup d'énergie. Un dragon affaibli ne servirait à rien. Toi et moi, nous sommes armés. Tu sais utiliser la lumière, c'est un plus non négligeable. Si le roi pouvait trouver une arme, ce serait parfait.
Feiyl porta son regard sur Jaelith en soupirant.
- Et si Jaelith se rappelait comment se battre, nous aurions une petite chance.
La jeune femme se confondit en excuses. Elle avait honte de devoir compter sur ces étrangers pour la protéger. Elle avait l'impression d'être un fardeau.
- N'importe quoi pourrait me servir d'arme.
Freyki avait joins le geste à la parole en ramassant l'une des épées rouillées qui se trouvait au sol.
- En espérant qu'elle tienne le coup et ne se brise pas entre mes mains.
A peine avait-il dit ça que le premier groupe d'elfe entra dans le temple. Il se retourna vers sa compagne et lui fit signe de se cacher au fond de la salle. Cette dernière acquiesça d'un signe de tête et couru aussi vite qu'elle le pouvait dans son état.
Les bruits des épées résonnèrent dans la salle, suivit de cris de douleurs. Si elle le pouvait, elle disparaitrait de cet endroit.
Frederik avait sorti son épée de son fourreau dans un éclair d'argent, puis elle fonça sur le premier elfe, s'interposant entre elle et le roi. Le choc des épées la fit reculer de quelques pas, mais elle était bien décidée à ne pas laisser ses ennemis s'en sortir.
Un elfe tenta d'attaquer Freyki par la droite. Ce dernier esquiva facilement avant de lui donner un coup d'épaule qui lui brisa le bras. L'elfe tomba lourdement sur le sol.
Ceux qui pouvaient le voir avaient l'impression que Feiyl dansait entre ses adversaires. Ses coups d'épées étaient peut être faible, mais d'une vitesse impressionnante. Les blessures qu'il infligeait n'étaient pas mortelles, mais handicapantes.
Les bruits du combat étaient proches. Trop proche. Discrètement Jaelith s’approcha pour observer la bataille et vit Freyki qui était le plus proche. Elle aurait pu choisir de sortir immédiatement de sa cachette mais attendais le moment propice.
- Tues-les.
La princesse sursauta. La voix provenait de derrière elle. Elle se retourna, mais il n'y avait personne.
- Prends-la, tues-les.
Elle l'avait encore entendue mais ne savait pas d'où elle provenait.
C'est alors qu'elle vit une épée dans le sol au fond de la salle. L'épée qu'elle avait aperçue dans son rêve pendant son malaise.
Anh'Feiyl. La sublime lumière. Elle s'en approcha et eut l'impression que l'air vibrait autour d'elle. Cette épée l'appelait. La jeune femme tendit sa main vers la poignée qu'elle effleura du bout des doigts.
- Non !
C'était un cri de peur, terrifiant. Il provenait de l'un des Drinvels. Jaelith s'arrêta pour les regarder, puis posa sa paume sur la poigné de l'arme.
Une terrible douleur se fit sentir, et la princesse retira sa main rouge de sang. L’un des Drinvels avait tiré une flèche dans sa direction.
- Pardonnez-moi princesse, mais je n'avais pas le choix.
La voix de l'elfe tremblait. Freyki avait foncé vers sa compagne, inquiet. Il demanda rapidement :
- Ça va ?
- Oui, ce n'est qu'une égratignure.
La blessure qu'elle avait n'était pas profonde. Le roi loup se tourna vers ses compagnons. Feiyl et Frederik se battaient comme ils le pouvaient, passant plus leur temps à esquiver les coups plutôt que de frapper. Si seulement il avait une arme... Ses yeux se posèrent sur Anh'Feiyl. Le poignet de l'épée était taché de sang. Sans attendre un instant de plus, il la retira.
Une lumière aveugla les personnes qui se trouvaient dans la salle. Et lorsque chacun put enfin rouvrir les yeux, Anh'Feiyl se trouvait entre les mains du balafré. Les Drinvels ne bougeaient plus, terrorisés. Freyki s'approcha de l'un d'eux.
- Prêt à mourir ?
L'humain leva l'épée vers son adversaire qui recula, terrorisé. Tremblant de tous ses membres, l'elfe hurla de frayeur avant de prendre la fuite sans se retourner. Le roi loup n'avait pas compris ce qui avait pu le mettre dans cet état-là. Le principal, c'est qu'il était partit sans demander son reste. Ce ne fut pas le seul. Tous s'échappèrent.
Freyki s'était assis à même le sol, reprenant son souffle. Rares étaient les fois où il avait vraiment ressenti la peur. Il leva la tête vers le plafond puis son regard se porta sur l'étrange épée.
La lame argentée était recouverte d’inscription elfique qu'il ne comprenait pas. Elle brillait faiblement à la lumière. Le poignet, quand à lui, était d'une grande simplicité. Un joyau, semblable à celui que portait Jaelith autour du cou, décorait la garde. Il n'y avait rien de plus. Si la légende d'Anh'Feiyl n'était pas connue, alors cette épée aurait pu être semblable à beaucoup d'autres.
- Vous avez entendu sa voix ?
Freyki releva la tête vers la jeune femme.
- Non... Une épée ne parle pas...
- Alors, ça devait être dans ma tête. J'ai entendu l'épée m'appeler et me dire de tuer nos ennemis.
Le balafré posa son regard sur Anh'Feiyl. Ce n'était qu'une épée. Le souverain se releva.
- Il est temps de partir. Je ne sais pas si les Drinvels reviendront dans les parages, alors autant prendre la poudre d'escampette maintenant.
Le dragon acquiesça, tout comme l'apprentie. Jaelith ne pouvait détacher son regard de l'épée. Elle avait un mauvais pressentiment.

Elrynd ne comprenait pas l'attitude de ses élèves. Que Frederik parte seule, soit. Ce n'était pas une grande surprise pour lui. Il connaissait le caractère de la jeune femme. Mais que Feiyl la suive, alors ça... Il ne s'y attendait pas du tout. Le général espérait qu'il ne leur soit rien arrivé de grave. Un soldat arriva en courant dans la grande salle où il se trouvait.
- Général ! Le seigneur Gareth est venu de Silverlake pour vous voir !
Le paladin se retourna vers son subordonné et lui fit signe qu’il pouvait faire entrer son mentor. Ce dernier s’approcha du général, le visage inquiet.
- Je suis bien heureux de vous voir sain et sauf, Elrynd.
- Pareillement, mais qu'est-ce qui vous amène ici seigneur Gareth ?
Le vieil homme prit place sur une des rares chaises de la salle.
- Les nouvelles vont vites. J’ai appris la disparition de Jaelith. Vous l'avez retrouvé ?
- Hélas non. Et la tentative du roi a été un désastre.
- C'est à dire ?
- Les hommes qui l'accompagnaient sont tous morts. Et il est actuellement retenu à la cité d'argent en tant qu'otage. Enfin, c'est ce que nous espérons.
Elrynd baissa la tête. Au fond de lui, il gardait l'espoir que le souverain soit encore en vie. Tout comme Jaelith.

Les elfes avaient l’impression que le couloir qui les menait à la grande salle était démesuré. Haletant, ils arrivèrent à destination, s’agenouillant immédiatement face à Enki. Peu des siens le portaient dans leur cœur, mais le chef des Drinvels avait prouvé par ses actes qu’il était un terrible adversaire. Il valait mieux l’avoir dans son camp plutôt qu’en ennemi…
Enki regardait ses hommes de haut, et demanda d’une voix sèche :
- Quelles sont les nouvelles ?
Le chef du groupe qui s’était rendu aux ruines de Castelfay se leva, tremblant. Tête baissée, penaud, d’une voix faible, il annonça au général :
- Anh’Feiyl a été retiré de sa prison… Tout ce que l’empereur a scellé risque à tout moment de revenir à la surface. Nous avons pris la fuite et sommes venus vous prévenir le plus rapidement possible.
- Et vous n’avez pas essayé de récupérer l’épée ?
Le chef secoua la tête qu’il osa lever vers son interlocuteur.
- Anh’Feiyl choisit son porteur. Nul autre ne peut la toucher.
Enki ricana.
- Si c’est Jaelith qui possède Anh’Feiyl, alors je ne vois pas où est le problème. Elle est incapable de s’en servir dans son état.
- Général… En fait… Ce n'est pas elle qui a retiré l’épée.
- Pas elle ? Seuls les membres de la famille royale peuvent toucher cette épée !
L’elfe cherchait ses mots. Le général perdait patience. Trépignant, il demanda :
- Mais quoi ?
- C’est l’humain qui l’accompagnait qui en est le porteur.
Le Drinvel ne comprenait pas. Ce n'était pas possible. Seul une personne possédant le sang royal de la famille Lokliar pouvait prétendre à cette épée sacrée.
Enki s’avança vers le chef et lui décocha un coup de pied qui le fit tomber à terre. Ce dernier se tordait de douleur, tandis que le général s’adressait à ce qui restait du groupe.
- Il y a un moyen de séparer le porteur et l’épée… La mort brisera ce lien, si profond qu’il soit.


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Message Posté le : Mer 31 Mai - 12:49 (2017)    Sujet du message : Publicité

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Message Posté le : Mer 31 Mai - 12:50 (2017)    Sujet du message : Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup Répondre en citant

CHAPITRE XVII


Il ne fallut que quelques heures de marche pour atteindre le village d'Ergon. Elrynd avait très rapidement eut vent du retour de son roi, ainsi que de l'arrivée de celle que tous appelait "la dame au dragon". Il avait vu Freyki discuter avec elle, au milieu du camp. Après s'être brièvement figé en le voyant, le général courra vers elle et la prit dans ses bras.
- Jaelith ! Je te croyais morte ! J'ai cru que je ne te reverrais plus ! J'ai...
La jeune femme le repoussa violemment, les yeux remplis d'incompréhension et de terreur. Elle recula. Le roi loup posa sa main sur l'épaule d'Elrynd en secouant la tête.
- Ça ne sert à rien... Elle a perdu la mémoire...
Jaelith regarda le paladin de ses grands yeux bleus. A cet instant, Elrynd se sentit véritablement triste. Tout ce qu'ils avaient vécus ensemble avait disparu ?
- Je suis désolée...
La jeune femme s'inclina respectueusement. Quelque chose lui disait qu'elle avait connu cet homme, mais rien de plus. Pas un seul souvenir n'avait refait surface.
- Ce n'est pas grave.
Le général n'en pensait pas un seul mot. Le visage décomposé, il se tourna vers son souverain.
- Maintenant que vous êtes revenus, quel sont vos ordres ? Doit-on attaquer ?
- Non.
Freyki se gratta le menton.
- Non... Je pense que les Drinvels viendront d'eux même. Avec leur chef. Si nous nous débarrassons d'eux, nous n'aurons aucun problème pour parlementer avec l'Impératrice. Nous avons quelqu'un avec nous qui pourrait faire pencher les choses en notre faveur.
Son regard se porta sur la semi elfe. Elle parut surprise.
- Moi ? Vous pensez vraiment qu'elle accepterait de parlementer avec vous grâce à moi ?
- Si vous êtes notre otage, elle n'a aucune raison de nous attaquer.
- Votre otage ? Mais je croyais que...
- Façon de parler bien entendu. Depuis le temps que vous me côtoyer, vous pensez sincèrement que je vous garderais ici contre votre volonté ?
La jeune femme lui fit un léger sourire. A cet instant, elle eut un vertige et manqua de tomber sur le sol. Heureusement pour elle, Freyki s'était précipité vers elle. Inquiet, il appela :
- Un prêtre ! J'ai besoin d'un prêtre ! Vite !

Sidan Lokliar tournait en rond dans la grande salle vide. Elle était inquiète. Même si elle n'appréciait pas vraiment sa nièce, elle était la seule chose qui lui restait de son frère. L'elfe s'arrêta devant la grande fenêtre. La grande forêt s'étendait à perte de vue.
Pourquoi Jaelith avait-elle décidé de partir ? Pourquoi avait-elle emmené avec elle cet humain dont elle ne devait plus rien savoir ?
- Sa mémoire devait être complétement effacée. C'est étrange... J'en parlerais à Enki. C'est lui qui s'en est chargé après tout...
L'Impératrice se tourna vers la grande porte. Quelqu'un venait de frapper.
- Entrez !
Un soldat s'approcha et s'inclina respectueusement avant de prendre la parole.
- Nous avons de mauvaise nouvelles votre altesse.
- Des mauvaises nouvelles ?
Est-ce que Jaelith avait été tué ? Sidan sentit les larmes monter à cette pensé, mais se retint. D'une voix froide, elle demanda :
- Quelles nouvelles ?
- Il s'agit de votre nièce...
L'Impératrice retint un sanglot et détourna la tête.
- Elle est l'otage des humains.
Intérieurement, elle poussa un soupir. Si elle était otage, il y avait alors un moyen de la récupérer. Le prix en serait peut être élevé, mais elle était prête à tout pour garder la jeune fille à ses côtés.
- Que demandent-ils en échange de sa vie ?
-Nous n'avons reçu aucune demande pour le moment.
Sidan pesta. Elle se demandait bien si les humains allaient lui réclamer de l'or. Leurs avarices étaient sans limites.
- C'est tout ce que vous avez à me dire soldat ?
L'elfe acquiesça d'un hochement de tête. L'Impératrice lui fit signe qu'il pouvait partir. Quelque chose n'allait pas. Un étrange sentiment lui enserrait le cœur. Il fallait qu'elle ait une discussion avec le chef des Drinvels.

Allongée sur un lit de fortune, la jeune femme se sentit mieux. Son visage se tourna vers Freyki.
- Merci pour tout… Je ne serais pas ici sans vous.
La douce voix de Jaelith avait résonnée dans la salle. Le balafré lui fit un léger sourire.
- Je n'allais quand même pas vous laisser souffrir à terre.
Le prêtre qui avait été appelé auscultait la semi-elfe.
- Je ne vois là aucune maladie... Cela vous arrive souvent ce genre de vertiges ?
- Depuis quelques temps, oui. J'ai souvent la tête qui tourne, des nausées, ce genre de désagréments. Ca ne dure jamais très longtemps.
- Vous avez besoin de repos. Beaucoup de repos. Et si votre état le permet, n'hésitez pas à prendre l'air pendant quelques minutes.
Jaelith remercia le prêtre qui fit signe aux personnes présentes de le suivre hors de la petite salle. L'homme à la cicatrice était inquiet. À peine la porte s'était-elle refermée qu'il demanda :
- Est-ce que c'est grave ?
- Ce n'est pas une maladie.
- Alors qu'est-ce que c'est ?
Freyki était au bord de la crise de nerf. Le prêtre plongea ses yeux dans les siens avec un large sourire.
- La dame paladin attend un heureux évènement.
Tous s'étaient retournés vers le souverain. Ce dernier n'avait rien dit sur le coup. Il avait doucement secoué la tête, comme pour se réveiller d'un rêve.
- Jaelith... Jaelith est enceinte ?
Le prêtre confirma.
- Oui. Voilà la raison de ses vertiges et nausées.
Le roi loup n'en croyait pas ses oreilles. Il allait être père. Ce n'était pas un rêve. C'était la réalité. Une main se posa sur son épaule. C'était celle d'Elrynd.
- Toutes mes félicitations.
La voix du paladin tremblait légèrement d'émotion. Son cœur souffrait, mais il s'y attendait. Le prêtre prit congé.
- Si vous avez besoin de moi, n’hésitez pas à m'appeler…
Freyki le remercia en lui serrant joyeusement la main. Puis il s'était tourné vers ses compagnons.
- Je vais rester avec elle.
- Très bien… Nous vous tiendrons au courant s’il se passe quoi que ce soit. Acquiesça Elrynd avant de partir.
Le balafré entra dans la petite salle où se trouvait la jeune femme et referma doucement la porte derrière lui avant de s’assoir sur une chaise à côté du lit. Les yeux de Jaelith s’étaient tournés vers lui. D'une voix douce, il lui avait dit :
- Vous devriez dormir un peu… La route a été longue depuis la cité d'Argent.
- Je le sais bien. Mais, et vous, Freyki ? Vous n'allez pas vous reposer ?
La voix de Freyki s’était adoucie.
- Je vais bien, ne vous inquiétez pas pour moi.
Le silence s'installa entre eux. Freyki aurait voulu partager sa joie avec celle qu'il aimait, mais il ne pouvait pas. Comment le prendrait-elle ? Il était perdu dans ses pensées quand la voix de Jaelith résonna.
- Freyki... Pourquoi m'avoir aidé à fuir la cité d'Argent ?
- J’ai mes raisons…
- Lesquelles ?
Tous deux se regardaient droit dans les yeux à présent. Le roi loup avait relevé la tête, doucement.
- Tu es la femme que j’aime depuis toujours…
Il avait dit cela sur un ton grave, ses yeux étaient fixés sur ceux de la jeune femme. Jaelith n’avait jamais pensé que sa vie avait un sens pour cet homme. Ce dernier avait rapproché son visage du sien, et avait doucement posé une main sur la joue de la jeune femme.
- Tu es la seule qui habite mon cœur. C'est toujours à toi que je pense lorsque je ferme les yeux.
Sa voix n’était qu’un murmure.
- Mais tu as tout oublié.
Jaelith avait à présent le visage empourpré. Il avait lui avait ouvert son cœur, et elle repensa à tout ce qui s’était passé jusque-là.
- Y a-t-il un moyen de récupérer tous mes souvenirs ?
- Je ne sais pas.

La porte de la grande salle s'ouvrit et Enki salua l'Impératrice.
- Vous vouliez me voir ?
Sidan Lokliar s'était mise à hurler :
- Ma nièce est entre les mains des humains et vous êtes encore à vous tourner les pouces ici !
- Il y a un sujet bien plus préoccupant que l'enlèvement de votre nièce.
- Cessez de dire n'importe quoi Enki ! Retrouvez là !
- Anh'Feiyl a été réveillée.
La jeune femme frissonna à ce nom.
- L'épée sacrée ? Mais pourquoi ?
- Il me semble que ce soit votre chère nièce qui ait retiré l'épée des ruines de Castelfay.
- Mais les ténèbres scellées... Les morts qui revenaient à la vie...
- Tout va recommencer. Encore une fois.
L'Impératrice sentit que les larmes coulaient toute seules le long de ses joues. Elle ne voulait pas revivre une journée comme celle qui avait vu la mort de ses parents et la destruction de sa cité.
- Que dois-je faire ? Les humains, les ténèbres... Tout va de travers, Enki.
- Je vais m'occuper de tout ça. Restez bien sagement ici.
Le chef des Drinvels l'avait salué avant de sortir de la salle. Sidan avait le sentiment que tout lui échappait, que quelque chose se préparait et qu'elle n'en avait aucune idée. Elle allait rappelle Enki, mais se ravisa. Elle attendit quelques minutes. Et si elle s'était trompée sur le compte du Drinvels ?
L'elfe se leva de son siège et se dirigea rapidement vers la prison, dans les sous-sols. Il lui fallut quelques longues minutes avant d'atteindre la cellule où croupissait le sage. Ce dernier leva la tête vers elle lorsqu'elle apparut.
- Que me vaux l'honneur de votre visite Impératrice ?
- Kerninos, pensez-vous que votre frère sois capable de mettre en péril l'équilibre de notre peuple pour servir ses desseins ?
L'elfe fut surpris qu'elle lui pose cette question. Sans hésiter, il hocha la tête.
- J'en ai bien peur. Le cœur de mon frère est devenu bien sombre après la chute de Castelfay. Son regard est toujours plein de mépris envers ses semblables. Il vous aura fallu de longues années pour le voir, sans vouloir vous offenser.
L'Impératrice fit signe aux geôliers de venir ouvrir la porte. Kerninos n'était pas mécontent de sortir de là. Pendant qu’ils marchaient le long des couloirs pour rejoindre la surface, Sidan sanglotait.
- Jaelith... Les humains l'ont enlevé. Je ne sais pas ce qu'ils vont lui faire...
Le sage haussa les épaules.
- Ils ne lui feront rien. L'humain qui l'accompagnait pendant sa fuite était son amant. Croyez-vous vraiment qu'il puisse lui faire du mal ?
- Ce sont des humains !
- Ecoutez, j'ai vu les souvenirs de votre nièce. Elle était heureuse avec lui.
- Je n'arrive pas à imaginer cela.
- Vous avez détesté les humains le jour où Castelfay a été rayé de la carte. Moi aussi, je les ai haïs. Mais le temps passe, les personnes changent... Vous en avez voulu à votre jeune sœur pour son amitié avec les humains. Et pourtant...
Le sage leva les yeux vers le plafond avant de continuer.
- Pourtant la grande déesse leur prête ses pouvoirs. Si les humains en étaient indignes, ils ne pourraient pas utiliser la lumière de Fereyan.
- Ce n'est pas possible Kerninos !
- C'est la vérité. Et notre peuple pourrait aussi être digne de s'en servir. Si vous aviez passé du temps avec votre nièce plutôt que de la forcer à des fiançailles qu'elle ne désirait pas, vous auriez compris qu'elle pouvait utiliser la lumière.
Sidan se tût, honteuse. Elle regrettait tant de choses à cet instant. La lumière du jour l'aveugla lorsqu'elle sortit à l'air libre. Le grand sage se tourna vers elle.
- Nous devrions rejoindre les humains. D'une part pour retrouver votre nièce, et d'autre part pour affronter mon frère.
- Enki m'a fait part de propos bien étranges avant de partir. Il m'a dit qu'Anh'Feiyl avait été retiré. Que les ténèbres pouvaient ressurgirent à n'importe quel moment.
Kerninos secoua la tête.
- Et qui possède l'épée actuellement ?
- Je suppose qu'elle est entre les mains de Jaelith vu que seuls les membres de la famille royale peuvent poser leur main dessus et utiliser ses pouvoirs destructeurs.
- Elle ne connait pas son fonctionnement. Elle risque de la réveiller sans le vouloir. Plus vite nous serons partit, plus vite nous la retrouverons.
Sidan acquiesça.
- Puis-je compter sur vous pour cela grand sage ?
- Bien entendu. En quelques heures je pourrais y être. Mettez ce temps à profit pour rassembler tous les soldats que vous pourrez.
Kerninos leva son bâton vers le ciel et un hippogriffe apparut. Il monta dessus avant de prendre son envol pour le nord.

Autour d'elle, tout brûlait. Elle entendait des cris de toute part, et partout c'était les mêmes scènes qui se répétaient. Tout le monde courait en hurlant de terreur. Jaelith, quant à elle, restait là, les bras ballant, sur la place centrale. Elle avait levé les yeux au ciel et semblait résignée.
Il y eut un bruit terrible derrière elle. Lentement, elle se retourna, et l'horreur s'empara d'elle. La jeune femme aurait voulu hurler, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Elle resta là, paralysée, le regard tourné vers la monstruosité qui venait d'apparaitre.

La jeune femme, inconsciente, était plongée dans un profond brouillard. De temps en temps, elle gémissait, murmurant des mots sans suite, tendant ses bras vers des personnes qui n'étaient pas là. Elle ouvrait les yeux quelques instants pour les refermer. Sa dernière crise avait particulièrement inquiété Freyki qui était à son chevet. Il se pencha vers Jaelith et épongea son front brûlant avec un tissu imbibé d'eau fraiche. Il prononça doucement son nom, se penchant sur elle et caressant son visage recouvert de larmes. Elle se calma et entrouvrit les yeux, le regardant sans vraiment le voir, puis sombra à nouveau dans les méandres du sommeil.
- Jaelith...
Le prêtre lui avait dit de ne pas s'inquiéter, que son état était stable, que c'était tout à fait normal.
Un soldat frappa doucement à la porte, et le balafré vint lui ouvrir.
- Votre nouvelle armure est prête majesté.
- Merci...
- Que devons-nous faire avec l'épée que vous avez ramenée ?
Freyki tourna sa tête vers l'arme qui était posée contre le mur. Il se rappela des paroles de Jaelith.
-N'y touchez surtout pas.
Le soldat hocha la tête avant de s'incliner et de repartir. Depuis qu'il était revenu, le roi loup était tiraillé entre plusieurs possibilités. Devait-il lancé l'assaut sur la cité d'argent ? Devait-il attendre un message de l'Impératrice ? Il secoua la tête avant de prendre l'arme qui reposait contre le mur. Sortir quelques minutes lui ferait le plus grand bien. Il demanderait à quelqu'un de le remplacer auprès de la jeune femme.

Siaraliane se sentit mal lorsqu'elle vit l'arme qui se trouvait dans les mains du roi loup. Elle s'approcha, les larmes aux yeux, et demanda d'une voix craintive.
- Comment pouvez-vous être le porteur d'Anh'Feiyl ?
Freyki expliqua brièvement ce qu'il s'était passé dans les ruines de Castelfay. L'elfe porta les mains à sa bouche, comme si elle allait crier. Elle avait les larmes aux yeux.
- Cette épée à servit à sceller le mal de l'ancienne cité. Si vous l'avez retiré, alors les ténèbres n'auront aucun mal à revenir.
- Vous pensez que je dois retourner là-bas et remettre l'épée à sa place ?
- C'est bien plus compliqué que cela, roi Loup. Lorsque mon père l'a utilisé pour mettre fin au réveil des êtres sans vies, Anh'Feiyl lui a demandé un tribut.
- Quel était-il ?
- L'épée se nourrit d'âmes. C'est de là qu'elle tire sa force. Et à l'époque, une grande partie de la cité qui s'était sacrifié pour cela.

Gareth Libram entra dans la chambre où se trouvait sa jeune élève. Elle avait ouvert les yeux et la fièvre était enfin tombée. La jeune femme se tourna vers lui et demanda de sa voix douce.
- Qui êtes-vous ?
- Gareth Libram. Je suis la personne qui vous a enseigné la lumière, à l'époque où vous vivez à Silverlake.
- Pardonnez-moi, mais je ne m'en souviens pas.
- Je vais faire tout mon possible pour que vous ayez enfin accès à tous vos souvenirs.
- Vous pourriez faire cela ?
- Je l'espère.
Le vieux paladin s'approcha du lit et posa sa main sur le front de Jaelith. Sa voix se voulait rassurante.
- Cela ne vous fera pas mal. Vous aurez juste l'esprit un peu embrouillé.
- Dois-je faire quelque chose de particulier ?
- Restez calme et sereine quoi qu'il se passe. C’est tout ce que je vous demande.
La semi-elfe hocha doucement la tête et ferma les yeux. Une douce lumière l'entourait. Elle le ressentait jusqu'au plus profond d'elle-même.
- C'est une sensation très étrange... Mais familière...
- C'est une bonne chose Jaelith. La grande déesse vous en a fait don, la lumière ne disparait jamais d'une personne.
- La lumière pourrait me rendre la mémoire ?
- Si je trouve ce qui l'a scellé, alors oui. Je pourrais vous rendre la mémoire sans aucun problème.
- Je me rappellerai alors de Freyki ?
- Bien entendu.
- Et d'autres personnes aussi ?
- Oui, cela va sans dire."
Jaelith porta la main à son cœur. Elle voulait tellement se souvenir. Le vieux paladin se concentrait sur un point à la fois. Et lorsqu'il vit la petite lueur qui brillait dans les ténèbres, il l'attrapa.


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Message Posté le : Mer 31 Mai - 12:51 (2017)    Sujet du message : Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup Répondre en citant

CHAPITRE XVIII


- Jaelith...
Une voix familière. Celle de Freyki. Celle de l'homme qu'elle avait aimé dès le premier jour. Il la secouait doucement en prononçant son nom.
- Jaelith...
Elle avait tourné la tête, sans ouvrir les yeux, vers la voix.
- Qui êtes-vous ?
Elle avait posé la question de sa voix douce. Elle connaissait la réponse, mais elle voulait l'entendre de sa bouche.
Le balafré retint son souffle. Cela n'avait pas fonctionné ? Il étouffa sa douleur avant de répondre.
- C'est moi, Freyki...
La main tremblante de l'homme s'approcha doucement du visage de la jeune femme et se posa sur sa joue. Elle lui fit un large sourire.
- Tu es enfin venu... Pour moi...
Elle ouvrit alors ses yeux pleins de larmes vers l'homme de sa vie. Mais le sourire s'estompa rapidement, laissant place à la panique.
- Freyki !
Ses bras battaient l'air en face d'elle pour trouver ce qui encombrait sa vue.
- Calmes toi Jaelith !
C’était la voix de Freyki, mais où était-il ? Elle demanda, la voix gorgée de larmes.
- Où est la lumière ? Je ne la vois plus !
Il n’y avait plus de lumière. Tout était sombre et obscure autour d’elle. Elle ne comprenait pas.
- Calmes toi, la lumière est toujours là Jaelith.
Le roi loup la regarda de ses yeux tristes. Il avait vu passé l’incrédulité sur le visage de la jeune femme.
- Si il y a de la lumière, alors pourquoi je ne vois rien ? Tout est sombre !
Freyki venait de comprendre. Il se tourna vers Gareth qui n'avait encore rien dit. Jaelith le questionna à nouveau.
- Qu'est-ce qu'il se passe avec mes yeux ?
Gareth prit sa respiration avant d’éclaircir la zone d’ombre qui ferait partie intégrante de la vie de la jeune femme.
- J'ai réussi à te rendre la mémoire jeune fille. Mais je ne pensais pas que ce serait à ce prix.
- Cela m'a couté la vue...
Freyki posa sa main sur l’épaule de Jaelith. Il aurait voulu la réconforter, mais il n’y avait pas de consolation possible. Elle repoussa sa main et se mit à pleurer. Le roi loup tenta malgré tout d'engager la conversation.
- Jaelith… Est-ce que tu as faim, ou soif ? As-tu besoin de quelque chose ?
- S’il te plait Freyki… Va-t’en… Laisse-moi seule… Laissez-moi seule...
Le roi avait obéit devant la détresse de la femme qu’il aimait et avait quitté la pièce. Seul Gareth était resté. Il avait attendu que la porte de la chambre se referme avant de s'adresser à la jeune femme.
- Jaelith... Je sais ce que tu ressens.
- Comment faites-vous pour supporter ça seigneur Gareth ?
- C'est à dire ?
- L'obscurité... Ne plus rien voir, ni les visages, ni les paysages... Le néant...
Le vieux paladin se racla la gorge.
- Etre aveugle n'est pas une fin en soi. Perdre la vue m'a parmi de développer mes autres sens. Mon ouïe par exemple... Je sais qui se trouve en face de moi à ses bruits de pas, sa manière de respirer, sans même que la personne n'ait dit quoi que ce soit.
- Vous pensez que j'en serais capable ?
- Pourquoi ne le serais tu pas ? Tu es mon élève la plus douée et la plus obstinée.

Dans les heures qui avaient suivies, Freyki avait observé la jeune fille se débrouiller toute seule dans ce monde sans lumière. Il avait vite compris qu’elle ne voulait pas de son aide, et il ne lui en proposait pas, contrairement à Elrynd. Pourtant, il se sentait tout aussi coupable que lui de ce qui était arrivé à la jeune femme. Il se souvenait de son regard d’un bleu aussi profond que l’océan, de cette tristesse et de cette douleur qu’il abritait, et qu’elle cachait. Maintenant, ce n’étaient plus que deux sphères grises, pâles, qui regardaient fixement un monde obscur. Le roi loup se déplaça derrière elle, sans faire de bruit.
- Jaelith…
Elle ne répondit pas.
- Jaelith…
Mais elle ne répondit toujours pas.
- Je sais que tu ne me répondras pas, mais écoute moi… Il t’est arrivé beaucoup de mauvaises choses… Je pense…
Il avait attendu quelques instants avant de finir sa phrase.
- Je pense que tu devrais rentrer à Goldrynn… Tu ne nous seras d'aucune utilité en restant ici, surtout dans ton état.
La jeune femme ne bougeait toujours pas, et Freyki sortit de la salle, en soupirant. Il avait été dur avec elle, mais il espérait qu’elle comprendrait. Jaelith écoutait les pas du balafré s'éloigner petite à petit. Elle cherchait la lumière, elle la priait de l'aider à surmonter cette épreuve de plus. Sentir sa chaleur l'apaisait.
La jeune femme sortit de la chambre, posant ses mains sur les murs, cherchant à mémoriser chaque centimètre de l'endroit où elle était. Très lentement, elle descendit les escaliers qui grincèrent sous ses pas, puis se trouva dans la grande salle. Il n'y avait personne. Pas un bruit, rien. Elle entendait juste sa propre respiration. Doucement, elle atteignit la porte qu'elle ouvrit. La chaleur du soleil sur sa peau et la brise légère lui indiquèrent qu'elle était dehors.
- C'est dangereux de sortir dans votre état capitaine.
Jaelith se tourna vers la voix féminine. C'était Frederik. Cette dernière avait la respiration saccadée, comme si elle venait de courir.
- Je vais bien, Frederik. Ne vous inquiétez pas pour moi. Il faut bien que je m'habitue à vivre dans ce monde sans lumière.
- Ce n'est pas de cela que je parlais. Vous êtes enceinte, vous ne devriez pas sortir seule.
Instinctivement, le semi-elfe porta la main à son ventre. Enceinte ? Elle attendait un enfant ?
- Pourquoi Freyki ne me l'a-t-il pas dit ?
- Je l'ignore. Vous étiez si mal après avoir perdu la vue.
- Où est-il ?
- Il est sûrement en compagnie du général. Tous deux discutaient de votre état et avaient l'air inquiet.

- Il faut qu'elle rentre à Goldrynn. Elle ne doit pas rester ici dans son état.
Le général parlait d’une voix inquiète. Freyki soupira longuement en secouant la tête.
- Je sais Elrynd... Mais je ne peux pas la forcer. Elle vient de perdre la vue ! Elle a besoin que je sois à ses côtés!
- C'est trop dangereux. Et si nous étions attaqués ? Cela vous ferait plaisir de la voir se faire tuer sous vos yeux ?
- Non, bien sûr que non !
Freyki ne savait pas quoi faire. D'un côté, il préférait savoir la jeune femme en sécurité à la capitale. Mais il voulait aussi l'avoir à ses côtés. Le balafré planta son regard dans celui du général.
- Tu l'aimes toujours n'est-ce pas ?
- Non.
La voix d'Elrynd tremblait. Il essayait de garder son sang-froid. Mais entendre ces paroles de la bouche de son rival lui avait mis un coup au cœur.
- Non. Je ne peux pas l'aimer. Je ne peux plus l'aimer...
Le paladin secoua doucement la tête en prononçant ses paroles.
- Freyki !
C'était la voix de Jaelith. La jeune femme, suivie de près pas Frederik, avançait rapidement dans leur direction. Elle se planta devant l'homme à la cicatrice, visiblement en colère. Elle ne lui laissa même pas le temps de parler qu'elle lui asséna une gifle magistrale. Le souverain n'avait pas compris sur le coup. Il allait lui demander ce qui se passait pour qu'elle réagisse comme ça, mais elle hurla.
- Comment peux-tu te permettre de me laisser dans l'ignorance ! Je porte ton enfant ! Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
- Je ne voulais pas...
- Tu es un imbécile !
Des larmes perlaient le long des joues du semi-elfe. Dans un sanglot, elle répéta.
- Tu es un imbécile, Freyki... J'ai repensé à ce que tu m’as dit... Je refuse d'être inutile ! Je veux continuer mon chemin à tes côtés, même si je suis devenue aveugle !
Le roi loup avait pris le visage de Jaelith entre ses mains et avait rapproché ses lèvres des siennes. La jeune femme n’avait pas résisté.
- Tu es vraiment quelqu’un de têtue…
- Tu en doute encore ?
- Non. Je n'en doute plus depuis longtemps.
Elrynd s'éloigna, songeur, laissant les deux amants ensemble. Frederik l'avait suivi. De sa petite voix, elle demanda :
- Vous avez encore des sentiments pour le capitaine.
- Non...
- C'est un mensonge.
Le général s'arrêta et plongea son regard dans celui de l'apprentie paladin. Il n'avait jamais fait attention, mais il y avait une étrange lueur dorée au fond des yeux de Frederik. Il ne s'en étonna pas plus longtemps, car il était énervé.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
- Je m'en doute, alors parlons d'autre chose si vous le voulez bien.
- Je n'ai pas envie de parler.
Il s'éloigna, la laissant là, surprise par son attitude.

Lorsque le sage arriva dans le village humain, il fut immédiatement accueillit par Siaraliane.
- Kerninos ! Quelle joie de vous voir sain et sauf !
- Malheureusement, nous n'avons pas le temps pour les retrouvailles. Où est Anh'Feiyl ?
- Le roi loup ne va pas tarder à partir pour les ruines de Castelfay. Mais nous ne savons pas encore comment nous allons nous débrouiller pour poser de nouveaux scellés sans encore sacrifier quelques vies.
- J'ai bien peur que nous n'ayons pas le choix, Siara. Il va falloir mettre cette éventualité dans les esprits.
La voix de l'elfe était pleine de remords. Oui, il faudrait à nouveau faire ce sacrifice ignoble pour permettre la paix. Et personne n'était prêt pour cela. Kerninos soupira, puis continua.
- Votre sœur rassemble ce qu'il nous reste de soldats. Enki et ses Drinvels sont sûrement partit en direction de Castelfay, eux aussi.
- Mais que veulent-ils faire une fois arriver là-bas ?
- Mon frère va sûrement s'accaparer de ce qui s'y trouvera.
Siaraliane frissonna. Si les ténèbres avaient commencé à s'échapper, alors nul ne doute qu'Enki s'en était déjà emparé.
- Prévenez votre roi loup qu'il faut partir le plus rapidement possible aux ruines.
- Très bien, je m'en charge.
L'elfe était partit rapidement vers le seul endroit où Freyki pouvait se trouver.

L'homme à la cicatrice posa son regard sur l'épée qu'il avait amené et repensa aux paroles de Siaraliane. Le tribut demandé par Anh'Feiyl était monstrueux. Il ne pensait pas que c'était à ce prix que la paix était revenue dans cette contrée. Il tourna son visage vers Jaelith dont le regard gris était indifférent au paysage alentour.
- Jaelith...
La voix inquiète du balafré surpris la jeune femme qui n'en montra rien. Elle se doutait qu'il allait lui dire quelque chose de grave, mais voulait paraitre forte. Il continua :
- Je ne sais pas si je reviendrais.
C'était une phrase simple, mais elle avait fait naitre une grande tristesse dans le cœur de la semi-elfe. Elle prit sa respiration, puis demanda d'un seul coup.
- Comment peux-tu me dire cela ?
- Jaelith...
L'homme à la cicatrice posa ses mains sur les épaules frêles de la jeune femme.
- Je ne suis pas immortel. Si jamais je ne survis pas à ce combat, alors je te confie le reste.
- Non ! Je ne veux pas !
Elle paniquait complétement et des larmes coulaient le long de ses joues.
- Je ne veux pas !
- Il n’y pas de quoi avoir peur. Si je meurs, je renaitrais, d’une certaine manière.
Il posa sa main sur le ventre de la jeune femme.
- En toi se trouve une nouvelle vie, et je fais partie d’elle. C’est pour cela que tu dois continuer à vivre.
- Comment peux-tu me demander une chose pareille alors que toi…
Les paroles moururent doucement sur les lèvres de Jaelith. Si seulement elle n'avait pas perdu la vue, si seulement elle ne portait pas cet enfant, alors elle pourrait le suivre, et mourir à ses côtés. C'était égoïste, elle le savait, mais son cœur la poussait à faire ce choix. Freyki l'embrassa tendrement et tenta de la rassurer.
- Tu ne seras pas seule. Feiyl restera à tes côtés. Si jamais il se passe quoi que ce soit, alors il te ramènera à Goldrynn.
- Mais je veux rester avec toi.
- Ce n'est pas possible.
Le balafré la serra dans ses bras avant de reculer et se retourner. Lorsqu'elle fut sûre et certaine qu'il ne l'entendrait pas, Jaelith pleura toutes les larmes de son corps.

Enki se trouvait dans les ruines de ce qui avait été la grande cité de Castelfay. Il regardait le ciel, se replongeant dans ses souvenirs. Il se revoyait courir à travers les rues jonchées de cadavres en pleurant. L'odeur de la mort et de la pourriture envahissait l'air ambiant. D'anciennes terreurs refaisaient doucement surface. Il se reprit rapidement.
Le message qu'il avait reçu était clair : il devait se rendre à l'endroit où l'épée avait été retiré. Le reste, les ténèbres s'en chargeraient.


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Message Posté le : Mer 31 Mai - 12:52 (2017)    Sujet du message : Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup Répondre en citant

CHAPITRE XIX


Les Drinvels étaient restés au dehors de la grande salle. Enki s'avança, lentement. L'épée avait dû se trouver ici. Le sol avait déjà commencé à pourrir, dégageant une odeur peu ragoutante. Les ténèbres s'échappaient doucement. Le chef des Drinvels avança jusqu'à l'endroit exact où elles sortaient. Une petite faille se trouvait au sol.
- Alors c'est ici.
Sa voix résonna dans la salle vide. L'elfe retira ses gants et lentement, posa sa main sur la faille. Il ne se passa rien.
- Quel imbécile ! Et j'ai cru ses histoires !
A l'instant même où il prononça ses mots, son bras commença à pourrir de l'intérieur. Etrangement, Enki ne ressentit aucune douleur. Il regardait son bras devenir noir, surprit. Son corps brûlait de l'intérieur. Son autre bras commença à pourrir lui aussi, rapidement suivit du reste de son corps. Mais il ne souffrait pas. Il n'était pas en train de mourir.
C'était une renaissance. C'est ce qu'elle lui avait dit.
- Est ce que tout va bien ?
C'était l'un des Drinvels qui venait d'entrer dans la salle. Enki rabattit sa capuche sur son visage. Sans tourner la tête, il répondit.
- Parfaitement.
Cette fois ci, Enki ne ferait pas d'erreurs. Il sera fortement son épée entre ses doigts squelettiques.
- Bientôt, ces imbéciles seront tous massacrés sans aucune pitié.
Les autres Drinvels se rapprochèrent de lui.
- Nous attendons vos ordres. Dites un seul mot et nous iront les tuer jusqu'au dernier.
L'elfe eut un sourire carnassier. Sans se tourner vers ses hommes, il hurla presque :
- Tout ce qui vit va mourir dans les heures à venir !
Les ténèbres engloutirent les êtres vivants qui se trouvaient là. Pas un seul Drinvels n'avait compris ce qui venait de se passer. La mort les avait fauchés en quelques secondes. Enki observait le spectacle des corps désarticulés qui tombaient sur le sol, et un rire dément avait retentit dans la salle.

Jaelith soupirait. Elle était à la fenêtre et sentait la chaleur du soleil sur sa peau et un vent frais qui caressait son visage triste.
- Je ne t'avais jamais vu aussi triste avant.
La voix claire de Feiyl la sortit de sa rêverie.
- Peut-être parce que je n'avais pas de raison d'être triste. Je suis inquiète. J'ai peur qu'il n'arrive un malheur à Freyki.
- Il sait se battre. Je te rappelle qu'il a tenu tête à un dragon noir.
- Je le sais bien, mais je ne peux pas m'en empêcher.
- Tu devrais penser à toi Jaelith. Essaie de te reposer un minimum.
La jeune femme tourna son visage vers le dragon.
- J'arriverai à me reposer que lorsque je saurais que Freyki va bien.
- Moi aussi je suis inquiet. Pourtant je ne te le montre pas.
Jaelith sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Elle savait que quelque chose allait arriver. Son amant allait sûrement se battre avec Enki. A cet instant, quelqu'un entra dans la chambre. Au bruit de ses pas, la jeune femme le reconnu aisément.
- Grand sage, vous n'êtes pas partit avec les autres ?
- Je serais inutile là-bas. Autant que je reste à vos côtés pour vous protéger au cas où, princesse.
- Princesse...
Elle avait répété ce mot. Ainsi, elle avait toujours ignoré que son père faisait partie de la famille royale. Pourquoi ne lui en avait-il jamais parlé ?
- Cessez de m'appeler ainsi, j'ai un prénom.
- Mais votre rang exige que...
- Je me fiche de mon rang. Je suis juste Jaelith. C'est tout.
- Très bien.
Kerninos regrettait que la jeune femme renie sa lignée de cette manière. Il le lui fit remarquer.
- Pour notre peuple, vous serez toujours la fille du prince Jaelen Lokliar. Vous ne devez pas l'oublier.
- Le problème n'est pas d'oublier ou non. Si je le pouvais, j'échangerai ma place avec la première personne venue. Etre roi ou empereur, c'est gouverner tout un peuple, assurer sa sécurité, et faire un trait sur sa liberté.

Les ruines de Castelfay étaient enfin en vue. Elrynd tourna sa tête vers ceux qui étaient rassemblés derrière lui. Ils devaient être un peu plus d'une centaine, humains et elfes confondus.
Pourtant, le jeune homme avait un très mauvais pressentiment. Il avait entendu parler rapidement de cette épée sacrée, Anh’Feiyl. IL avait compris qu’il y avait un prix à payer, et que ce prix était répugnant. Combien de vies allaient-elles disparaitre aujourd’hui pour ramener la paix et empêcher les ténèbres de sortirent de leur prison ?
Une main se posa sur son épaule.
- Ce n'est pas le moment de penser aux horreurs qu'il pourrait arriver dans le futur. C'est le présent qui est important, général Kervalen.
La voix de Gareth se voulait rassurante, mais le général n'arrivait pas à se faire à cette idée. Il avait cru comprendre que l'épée que portait son souverain demandera des vies en échange du scellé des ténèbres. Il se demandait combien de personnes devraient la donner et frissonna.
Freyki, dans son armure, faisait le vide dans son esprit. A chaque fois, il repensait à la femme qu'il laissait derrière lui. Il espérait qu'elle soit en sécurité. La seule chose qu'il voulait, c'était terminer ce qu'il avait à faire ici et rapidement revenir à ses côtés.
Il serra ses doigts sur le poignet de Anh'Feiyl. Reposer l'épée, mettre Enki hors d'état de nuire et signer un traité de paix avec les elfes étaient ses objectifs principaux.
L'apprentie paladin se trouvait au milieu d'autres combattants. Quelque chose lui disait de fuir. Une impression pénible qui s'accentuait à chaque fois qu'elle avançait vers les ruines. Il y avait quelque chose de terrible là-bas. Quelque chose dont elle avait instinctivement peur. Frederik secoua la tête et se redonna du courage. Elle était forte, elle avait la lumière à ses côtés. Elle pourrait protéger ceux qui lui étaient chers. Elle leva la tête et aperçut le dos du général qui se trouvait une dizaine de mètres devant elle.
Elle le protègerait, quitte à y perdre la vie.

Enki leva la tête vers ce qu'il restait du plafond de la salle. Dehors, il y avait tant de vies qui attendaient d'être détruite par ses soins. Ce qui ressemblait à un sourire apparut sur son visage ravagé par la pourriture. Lentement, il avança vers les restes de la grande porte et les aperçut au loin.
C'était une petite armée qu'il y avait là, et à sa tête, le roi loup. Une ombre noire glissa sur le sol et se dirigeait vers les vivants.

Jaelith sentit son cœur s'arrêter et manqua de tomber. Feiyl s'approcha d'elle, inquiet.
- Tu as mal quelque part ? Tu veux que j'appelle le prêtre ?
- Non... C'est Freyki...
Elle tourna la tête vers l'adolescent.
- Il y a quelque chose de terrifiant dans les ruines de Castelfay. Freyki va mourir. Il va mourir si je n'y vais pas.
- Tu ne peux pas faire ça ! Tu ne dois pas bouger d'ici !
- Freyki risque sa vie et je devrais rester là à me tourner les pouces ?
- Je... Ce n'est pas ce que j'ai dit.
Le dragon secoua la tête. Sa voix claire résonna :
- Je vais aller là-bas. Je vais les aider. Je suis un dragon, je ne vais pas mourir si facilement.
- Feiyl...
La jeune femme s'était mise à pleurer. Il tenta de la rassurer.
- Tout ira bien. Le roi loup reviendra sain et sauf. Je te le ramènerais.
L'adolescent se releva. Il allait devoir prendre cette forme qu'il détestait pour arriver le plus vite possible auprès de ses camarades.

Freyki s'étaient retourné lorsqu'il entendit les cris de terreur derrière lui. Pourtant, ils étaient resté sur leurs gardes, il n'y avait personne aux alentour. Comment avaient-ils put être attaqués par derrière ?
Son regard se figea lorsqu'il découvrit ce qu'il se passait. L'un des soldats humains venait d'être lancé en l'air avant d'être transpercé de tous les côtés par une ombre ténébreuse. Une fine pluie de sang retomba sur les survivants qui se tournèrent vers le roi.
La voix de Freyki avait résonné dans les ruines comme un chant de guerre. Les humains et les elfes qui étaient sous ses ordres avaient levés la tête, le regard rempli d'espoir et de courage. Le son des lames que l'on sortait de leur fourreau se faisait entendre.
La terrible bataille allait commencer.
- En avant !
Le cri du roi Loup s'était fait entendre, et tous l'avait suivi. Le sol tremblait de toutes parts. Armé d'Anh'Feiyl, le balafré tranchait les ombres ténébreuses qui lui faisaient face. Elles revenaient, toujours plus nombreuses, et de temps à autres, on pouvait entendre les cris de douleurs d'un soldat ou d'un elfe qui venait d'être blessé.

Le dragon azur survolait la grande forêt en direction de l'étrange puissance qui ressentait. Tout cela lui rappela l'incident de l'ancien cimetière et les deux dragons morts vivants. C'était la même chose. Il fallait qu'il se dépêche.

Quelque chose attrapa la jambe d'Elrynd. Ce dernier baissa rapidement la tête et s'aperçut que c'était une main squelettique sortant de terre. D'un coup d'épée, il la coupa avant de hurler :
- Il y a des morts vivants ! Faites attention !
Mais personne ne semblait faire attention à ses cris. Un peu plus loin, ils étaient déjà une dizaine à être sortit du sol et à se ruer sur les vivants. Le général esquiva l'attaque d'une ombre avant de foncer vers les cadavres ambulants. Plusieurs têtes tombèrent au bout de quelques secondes, et Elrynd tourna la tête vers ses camarades. Certains faisaient de même, d'autres semblaient perdus.
- Attention !
La voix féminine venait de derrière. Frederik de débarrassa de deux morts vivants avant de rejoindre son supérieur.
- La bataille commence mal général.
- Je ne pensais pas que nous aurions à faire avec des morts vivants en plus des créatures des ténèbres.
Il transperça l'adversaire qui se trouvait face à lui avant de demander.
- Où est le roi ?
- Il tente de se frayer un chemin vers le temple. C'est là qu'il doit déposer l'épée.
- Et comment compte-t-il payer le tribut ?
- Je l'ignore.
Frederik décapita un cadavre qui se trouvait à sa gauche. Elrynd jura.
- Bon sang, cet imbécile ne va tout de même pas...
Il ne termina pas sa phrase et transperça à nouveau ses adversaires.

A peine avait-il franchit la porte du temple que Freyki avait vu l'elfe solitaire se tenir devant lui. Il ne pouvait s'empêcher de sourire en le reconnaissant.
- Enki, enfin nous allons pouvoir régler cela.
- Pour une fois que nous sommes d'accord sur quelque chose roi Loup. Je vais en profiter pour séparer cette tête de vos épaules.
- J'ai pensé exactement la même chose.
Ils étaient tous les deux face à face. Seuls à l'intérieur de ce temple en ruine, dont les murs jadis blanc reflétaient faiblement la lumière du soleil. Dehors, on pouvait entendre des bruits de combats, des hurlements. Freyki pensa que c’était le début de sa descente aux enfers, et que cette ambiance apocalyptique était appropriée. Un léger sourire illumina le visage de l’homme à la cicatrice, mais il fût très rapidement remplacé par une expression de gêne. Se battre lui donnait l’impression de vivre. Il ne devait pas mourir. Pas maintenant.
Jaelith l’attendait, morte d’inquiétude. Elle portait leur enfant.
Un silence pesant s'était installé autour d'eux, et d'un simple regard, ils se jugeaient. Leurs yeux ne se quittaient pas un seul instant, attendant le moment propice pour commencer un ballet mortel dont nul ne savait qui en sortirait vainqueur. De son côté, il savait que ce combat aurait une importance capitale. Pour lui d’abord, pour elle, en qui il croyait plus que tout, pour ses compagnons d’armes qui se battaient au dehors, mais aussi pour celui qui se tenait face à lui, imperturbable.
Enki, dont les yeux rouges ne reflétaient que la haine, respirait profondément. Il fixait son adversaire, attendant le début du combat. Le roi loup détestait cet elfe. Pas parce qu’il l’avait torturé, non. Parce qu’il avait posé ses mains sales sur la femme qu’il aimait. Une étrange impression de déjà vu se dégageait de l’elfe, une sensation qu’il avait déjà ressenti auparavant, il y a longtemps. Les ténèbres.
Il s’était déjà battu contre des créatures des ténèbres, mais jamais encore Freyki n’avait vu un monstre semblable à celui qui se dressait devant lui. Il n’avait aucune idée de la puissance qu’il pouvait avoir. Nombreux étaient les camarades du balafré qui étaient tombés devant cet elfe. Ils n’avaient pas survécut. Il fallait qu’il les venge à tout prix.
- Tue, venge ceux qui sont tombés, tue encore et toujours ceux qui se dressent face à toi !
Ces paroles lui martelaient la tête depuis le début. Est-ce qu'elles provenaient de l'épée ? Anh'Feiyl parlait-elle à travers son esprit ? Il ne tremblait pas, et pourtant, une peur presque viscérale s'était emparée du roi loup. Il n'avait aucune idée de ce qui pouvait arriver. Est-ce qu'il le détruirait définitivement ? Est-ce qu'il réussirait à gagner assez de temps pour que les autres puissent prendre la fuite ?
Freyki n'avait aucune réponse à ses questions, mais il était déterminé, enfin en paix avec elle-même. Peut lui importait le reste, son passé, il n'en avait plus rien à faire à présent. C'était cet instant qui comptait, et son désir premier était de vaincre son adversaire. Pas pour lui, pour ceux qu'il aimait, et sa seule certitude était qu'il le ferait, quitte à y perdre la vie.
Les épées s'entrechoquèrent dans un grand fracas à cet instant.
- Les espoirs de milliers de personnes sont avec moi et cette épée. Je ne peux pas être vaincu !
- L'espoir est le désespoir...Je vais m'occuper de toi jusqu'à ce qu'il s'éteigne définitivement. Je vous tuerai et j'accrocherai votre cadavre sur la porte de la cité d'argent !
- Jamais !

Le sol était à présent rouge écarlate. Partout, c'était le même spectacle : épées brisées, têtes tranchées, soldats étendus dans leur sang. Et de partout, des cris, des bruits de lames qui s'entrechoquent sous le soleil indifférent.
Feiyl volait au-dessus du champ de bataille. Il pouvait lancer un souffle de flamme, mais à l'idée de réduire en cendre ses camarades, il se ravisa. Il avait atterrit lourdement sur le sol, écrasant un cadavre qui ne se relèverait pas de sitôt. Son regard doré se posa sur Elrynd et Frederik, qui se battaient comme des diables contre leurs adversaires. Feiyl fonça vers eux. D'un coup de patte, il les débarrassa de leurs ennemis. Le général était heureux de voir son élève, mais très vite, il lui demanda.
- Feiyl ! Mais qu'est-ce que tu fiche ici ? Tu ne devais pas rester au village et protéger Jaelith ?
- Elle m'a supplié de venir vous aider. Et tu me connais.
- Tu es incapable de lui dire non. Vraiment, quel idiot !
Ce qui ressemblait à un sourire apparut sur le museau du dragon.
- Où est le roi loup ?
- Sûrement dans le temple. Plus vite il aura reposé l'épée, et plus vite toutes ces horreurs seront scellées.
Feiyl resta songeur aux paroles de son supérieur. Il avait vaguement entendu parler de l'histoire d'Anh'Feiyl et sentit un frisson lui parcourir l'échine.

Enki fonça sur son adversaire. Sa lame fendit l'air de manière horizontale. Freyki évita le coup en bondissant sur le côté. Une douleur fulgurante lui traversa les côtes. L'elfe avait pivoté sur lui-même et le coup était trop rapide pour être paré.
Le balafré se tenait le flanc gauche. La blessure saignait, mais ce n'était pas profond. Il se releva rapidement, la main serrée sur le poignet d'Anh'Feiyl.
Les lames se heurtèrent de nouveau. Enki ne mettait pas toute sa puissance dans ses coups. Il jouait avec sa future victime comme un chat joue avec une souris. Il voyait avec une certaine satisfaction une lueur de peur dans les yeux de son adversaire. Un large sourire apparut sur son visage décharné. Freyki demanda, essoufflé :
- Ta future mort te donnes envie de rire, elfe ?
- La mienne, non. La tienne sera beaucoup plus amusante par contre.
Leurs épées se frappèrent entre elles, et le métal résonna comme des coups de foudre, dans un bruit assourdissant.
Freyki sentit la fatigue et la peur s'emparer de lui. A chaque instant, il repensait à elle. Qu'aurait-elle fait à sa place ? Aurait-elle abandonné ? Se serait-elle laisser tuer sans rien faire ?
Anh'Feiyl était entre ses mains, et même si il n'avait aucune idée de la manière exacte pour libérer toute sa puissance, il n'allait pas laisser Enki gagner.


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Message Posté le : Mer 31 Mai - 12:52 (2017)    Sujet du message : Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup Répondre en citant

CHAPITRE XX


Feiyl avait du mal à se déplacer sous sa forme de dragon. Il n'avait vraiment pas l'habitude et avait surtout l'impression d'être un lourdaud. Il ne pouvait rien faire d'autre que donner des coups de patte, de griffe, de queue ou de crocs à ses adversaires. A chaque fois qu'il en tuait un, deux autres sortaient de terre.
Rapidement, les humains et les elfes furent débordés. Partout, ce n'étaient que cris d'horreur et de douleur. Feiyl s'en voulait de ne pas être plus utile. Son regard se portât sur Elrynd qui se trouvait quelques mètres plus loin. Ce dernier décapitait les morts vivants à tour de bras, Frederik sur les talons.
- Cela ne se terminera donc jamais ?
La voix du général était lasse. Il baissa sa garde pendant quelques secondes. Mais ce fut de trop. La pointe d'une lance rouillée lui transperça l'épaule. Elrynd hurla de douleur avant de se retourner et de décapiter son agresseur d'un coup d'épée bien placé.
- Général !
Frederik s'était précipité vers lui, inquiète. La blessure n'était pas belle à voir et semblait profonde.
- Je ne peux rien faire... Je ne sais pas utiliser la lumière pour soigner les blessures...
- Ne t'inquiète pas et continue de te battre !
Il se mordit les lèvres, ravalant sa douleur, et serra son épée de toutes ses forces. La jeune femme paniquait devant la gravité de la blessure. Si Elrynd ne faisait rien, alors il finirait par se vider de son sang et mourir.
- Il faut un prêtre, c'est urgent !
- Ce n'est qu'une petite blessure !
- Vous ne pourrez plus dire ça quand vous serez par terre en train de mourir !
Le regard de Frederik se posa sur celui du Général.
- Je ne veux pas vous voir mourir.
Elle était sincère en disant cela, et il l'avait très vite compris. Le jeune homme eut un léger vertige. Sa tête commençait à tourner. Elrynd se demandait s’il allait mourir aujourd'hui.

Enki leva sa lame et fonça sur le roi loup qui para le coup au dernier moment avant de donner un coup de pied dans les jambes de son ennemi. L'elfe tomba à genoux et reçut le poing de Freyki en pleine figure. Sa capuche retomba en arrière et dévoila sa face ravagée. Le balafré ne pouvait détacher son regard de cette étrange créature qui se trouvait face à lui. Il murmura pour lui-même.
- Un mort vivant...
Pourtant, lorsqu'il l'avait vu à la cité d'argent, Enki lui avait paru bien vivant. Qu'est ce qui avait pu se passer pour qu'il devienne ce monstre ?
- Surprit par mon apparence ? C'est un cadeau de la déesse.
- Un cadeau ? Une punition tu veux dire !
- Non... Un cadeau de la déesse des ténèbres.
Enki tendit son bras vers son adversaire et un ombre glissa rapidement vers Freyki. Ce dernier l'évita de justesse. C’était pire que tout ce qu'il avait pu imaginer jusqu'ici. Le combat allait être difficile.

Les courageux combattants tombaient les uns après les autres autour d'eux. Gareth s'était rapproché du général. Le vieux paladin était blessé lui aussi. Quand il comprit dans quel état était son ancien élève, il jura avant de se pencher sur lui.
- Elrynd, vous pensez pouvoir tenir le coup longtemps ?
Le jeune homme avait ouvert la bouche pour répondre, mais la douleur était trop forte et ce qu'il en sortit ne fut qu'un cri.
- Vous pouvez le soigner ?
C'était la voix de Frederik. Elle tremblait de peur. Gareth hocha la tête.
- Je vais faire ce qui est en mon possible pour lui, mais il faudrait se débarrasser de tous ces monstres qui nous entourent.
- Très bien. Je vais m'en charger avec Feiyl.
Elle s'assura que son épée était à portée de main et se releva. L'apprentie paladin répara un grand coup. Elle allait devoir se battre de toutes ses forces pour permettre au seigneur Gareth de sauver le général.
Feiyl continuait de mettre à terre ses adversaires qui se relevaient sans cesse. Il avait finit pas arracher les têtes des cadavres pour être sûr et certains qu'ils ne se relèveraient pas.
Frederik se lança dans la bataille. Ses coups d'épée faisaient mouche à chaque fois, mais ce n'était pas assez pour se débarrasser des créatures maléfiques. Elle sentit une douleur à sa jambe droite et y jeta rapidement un coup d'œil. Ce n'était qu'une blessure superficielle. L'apprentie paladin hurla sa rage et ses coups se firent plus puissants au fur et à mesure qu'elle les donnait.
Le dragon tourna sa tête en direction de sa camarade. Il l'avait vue disparaitre sous le nombre de cadavres qui attaquaient sans relâche. Il allait foncer pour l'aider quand quelque chose le retint. Une puissance familière venait d'apparaitre.
Frederik se releva, faisant tomber ses adversaires. Elle hurla. C'était un cri terrifiant.
Gareth, qui soignait comme il pouvait le général, demanda au dragon.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Eh bien, pour être tout à fait franc, je n'en sais rien.
Le regard de Feiyl ne se détachait pas du spectacle qui se déroulait devant ses yeux. Frederik avait attrapé l'un de ses adversaires et lui avait broyé le cou avec la seule force de sa main droite.
- Bon sang ! Murmura Feiyl.
Il n'en croyait pas ses yeux. Les autres morts vivants qui se dressaient devant elle furent balayé par la puissance de la lumière. Ils tombèrent en fine poussière, emportés par le vent.
Frederik se redressa doucement, et son regard balaya les alentours. Elle se tourna vers Feiyl.
- Je ne comprends pas... J'ai senti la rage monter en moi et...
- Ta lumière… Elle est si forte ! Cette puissance ne sera pas de trop pour débarrasser cet endroit de tous ces morts vivants.
La jeune femme hocha la tête.

Freyki ne pouvait pas laisser son adversaire massacrer plus d'innocents. Il tenta à nouveau d'attaquer Enki avec Anh'Feiyl, mais ce dernier esquiva le coup avant de riposter. Le balafré recula à temps. Leurs armes s’entrechoquèrent à nouveau dans une gerbe d’étincelle : le combat était titanesque. La pointe de l'épée sacrée atteignit le visage de l'elfe et lui laissa une profonde entaille. Enki recula. La blessure le brûlait. Lui qui avait supporté le don de la déesse des ténèbres, il souffrait d'une simple entaille ? A moins que...
- L'épée...
Le chef des Drinvels venaient de comprendre. Anh'Feiyl voulait prendre son âme. Les signes qui étaient gravés sur la lame brillaient faiblement. Enki, un peu sonné, secoua la tête. Il était décidé à vaincre son ennemi, mais il fallait d'abord qu'il se débarrasse de cette épée.
Les deux adversaires étaient à nouveau face à face. La mâchoire tendue, Freyki attendait l'instant propice. L'œil à l'affut, Enki surveillait le moindre de ses mouvements. Un silence de mort régnait.
L'elfe attaqua. Le balafré hurla. Chacun concentrait toute son énergie dans le prochain coup qui devait être le dernier. Les armes se heurtèrent violement une première fois, puis une seconde. Enki fût trop lent à réagir. Il sentit la lame s'enfoncer dans son ventre et hurla lorsqu'elle aspira toute la puissance vitale et démoniaque qu'il possédait. Freyki, quant à lui, avait vu l'épée d’Enki s'abattre sur son bras droit. Le temple trembla, et le plafond s'effondra.

Elrynd se sentit mieux. Autour de lui, les bruits des combats avaient cessés. Avec l'aide de Gareth, il se releva.
- Ce n'est pas passé loin mon garçon.
- Merci... Sans vous, seigneur Gareth, je pense que je serais déjà dans le royaume des morts.
- Sans aucun doute.
Autour d'eux, il y avait de nombreux cadavres et de blessés. Beaucoup d'elfes s'occupaient de ces derniers comme ils pouvaient. Le général demanda :
- Ils sont arrivés il y a longtemps ?
- Ce sont les partisans de l'Impératrice. Elle est arrivé il y a moins d'une demie heure avec une petite armée. Au début, nous pensions qu'elle venait pour profiter de notre position de faiblesse. Mais elle a très rapidement fait comprendre qu'elle était là pour nous aider.
- Je suppose que c'est une bonne chose.
Le général tourna la tête.
- Où sont Feiyl et Frederik ?
- Ils se reposent un peu plus loin tous les deux. Ils n’ont pas été gravement blessés et s’en sont plutôt bien sortis.
Elrynd marchait parmi les blessés et les cadavres à leur recherche. Il les retrouva rapidement, à l'écart, et Feiyl était emmitouflé dans une couverture de fortune.
- Général !
La voix de la jeune femme était joyeuse. Elle s'était levé à sa vue et s'était approchée de lui. Le jeune homme se demanda si il devait la prendre dans ses bras tant il était heureux de la voir saine et sauve, mais il abandonna rapidement cette idée.
- Tout va bien ?
- On ne peut mieux. Avec Feiyl, nous avons fait le ménage parmi les cadavres ambulants. Nous sommes fatigués, mais cela valait le coup. Enfin, ce qui est sûr, c'est que je voulais absolument vous protéger mon général.
Elrynd la serra dans ses bras, honteux. Il avait été aveugle et égoïste. Il ne s'était pas rendu compte qu'il comptait autant pour cette jeune femme.

- Où est l'épée ?
La voix de Sidan Lokliar était inquiète. Siara secoua la tête.
- Je ne sais pas, elle était avec le roi loup. Il s'est battu avec Enki dans le temple. S’il se trouve encore là-bas, alors il y a de grandes chances pour qu'elle y soit.
- Très bien.
L'Impératrice s'était retournée et s'était dirigée vers le temple. Sa jeune sœur commença :
- Tu ne comptes tout de même pas...
- Je n'ai pas besoin de ton avis !
Le ton sur lequel Sidan avait répondu était sec et cassant.

Elrynd s'était rapidement rendu dans les ruines du temple. Sa voix forte résonnait.
-Roi Freyki !
Mais il n'y avait pas de réponse. Sa tête balaya rapidement le terrain, et il tenta de le repérer parmi les nombreux gravats qui jonchaient le sol. C'est là qu'il le vit. Ce bras qui tenait encore Anh’Feiyl entre ses doigts. Il dépassait des décombres. Elrynd dégagea quelques pierres et gravats qui le gênait. Il espérait qu'il ne soit pas gravement blessé. Il avait promis à Jaelith qu'il lui ramènerait le roi loup sain et sauf. Quand le paladin tira vers lui le corps de Freyki, seul son bras vint à lui. Tremblant, il le posa sur le côté avant de continuer la fouille macabre.
Il fut rejoint par l'Impératrice qui s'empara d'Anh'Feiyl sans même lui lancer un regard. Le général hurla :
- Venez m'aider au lieu de vous occuper de cette épée !
Sidan haussa les épaules. Elle fit signe à ses soldats qui accoururent. Dans sa langue natale, elle leur ordonna d'aider l'humain à la recherche d'un cadavre. Puis, l'épée entre les mains, elle s'avança vers l'endroit d'où provenaient les ténèbres.
Le sol était pourrit en plusieurs endroits. Des traces de sang maculaient ce qui avait été le sol sacré de Castelfay. La faille se trouvait là, face à elle. Le regard de Sidan se posa sur l'épée. Elle savait très bien ce qui allait se passer, mais elle l'acceptait. C'était peu pour racheter l'horrible conduite qu'elle avait eu. Elle respira profondément une première fois, puis une seconde. L'Impératrice leva l'arme au-dessus de la faille, puis l'y glissa lentement, sans lâcher le poignet. Anh'Feiyl y entre jusqu'à la garde sans rencontrer de résistance.
Sidan Lokliar, Impératrice de la cité d'Argent, sentait son énergie disparaitre peu à peu. Cette mort ne serait pas aussi douloureuse que celle de ceux qui étaient tombés aux combats. A l'instant où elle ferma doucement les yeux, elle se sentit étrangement sereine.

Freyki ouvrit lentement les yeux. Tout était flou autour de lui. Il avait horriblement mal et frissonnait malgré la chaleur. Deux paladins spécialisés dans la guérison étaient penchés sur lui. Il tourna lentement la tête vers Elrynd, qui bandait son bras, les yeux remplis de larmes.
- Qu'est-ce que...
Les mots moururent dans la bouche du roi loup, épuisé. Le général, sans se détourner de ce qu'il faisait, lui répondit d'une voix mal assurée.
- J'ai cru que vous étiez mort majesté.
Freyki tenta de lever son bras qu'Elrynd maintenait ferment à terre, le temps de s'occuper de la terrible blessure. L'homme à la cicatrice tourna un peu plus la tête, au point d'en avoir mal à la nuque, et compris ce qui n'allait pas. Il n'avait plus d'avant-bras. Ses yeux s'ouvrirent en grand et se remplirent de larmes. Sa voix cassée résonna faiblement.
- Qu'est-ce que je vais pouvoir dire à Jaelith... Sans mon bras, je suis inutile...
- Ce n'est qu'un bras. Il vous en reste un autre.
Elrynd tentait de le rassurer comme il pouvait, mais il savait que ce serait difficile.


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Message Posté le : Mer 31 Mai - 12:52 (2017)    Sujet du message : Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup Répondre en citant

CHAPITRE XXI


Freyki sombrait dans les ténèbres. Il ne sentait plus la douleur, plus la tristesse, plus rien. Juste une chose étrange et réconfortante. Une faible lueur.
Il tendit sa main vers elle et entendit alors une voix familière.
Sa voix.
Alors il ouvrit les yeux. Lentement. Les premières sensations qu’il avait ressenties étaient une horrible nausée, et une vive douleur au bras gauche. Il se rappelait qu’il avait tué l’elfe maudit, et que son corps était tombé sur le sol lorsqu’il l’avait transpercé avec Anh’Feiyl. Il se rappelait aussi qu’il avait vu l’épée tomber à terre, sa main toujours fermement agrippée à celle-ci. Avec difficulté, il tourna la tête vers son bras qu’il souleva doucement. Ce n’était plus qu’un moignon entouré de bandages sanglants. Le roi loup reposa son bras délicatement sur le lit et soupira longuement. La douleur était insupportable.
Il se trouvait dans une chambre immense qu'il ne connaissait pas. Quelqu'un entra. C'était le sage.
- Vous êtes enfin réveillé. Cela fait trois jours que vous dormez.
- Mon bras...
La voix affaiblie avait du mal à articuler correctement. Kerninos secoua la tête.
- Je suis désolé, mais nous ne pouvions rien faire pour votre bras. C'est déjà un miracle que vous soyez encore en vie après une telle blessure.
Freyki tourna la tête vers la fenêtre. Il murmura :
- Jaelith...
- Vous voulez que je la fasse chercher ?
- Non... Pas tout de suite.
Il ne voulait pas qu'elle vienne alors qu’il était dans cet état. L'elfe continua.
- Elle s'est beaucoup inquiété pour vous ces derniers jours. Il a fallu que je la retienne de partir se battre à vos côtés.
Un léger sourire apparut sur le visage du balafré. Il reconnaissait bien là le caractère de sa promise.
- Voulez-vous que je vous apporte quelque chose à boire ou à manger ?
- De l'eau.
Le sage sortit de la salle, le laissant seul.
Il n’avait pas fait une vingtaine de mètres qu’il tomba nez à nez avec Jaelith. Le visage de cette dernière reflétait une indicible tristesse. D’une voix tremblante, elle demanda :
- Son état s’est-il amélioré ?
- Il vient tout juste de se réveiller.
Un léger sourire illumina le visage de la jeune femme.
- Puis-je lui rendre visite ?
- Il a besoin de repos. C’est une blessure sérieuse qu’il a reçu. Vous devez le savoir...
Elle baissa la tête.
Elle se rappelait parfaitement quand Elrynd était venu à Ergon. Freyki n’était pas à ses côtés. Et à la voix du général, elle savait qu’il lui était arrivé quelque chose de grave. Jaelith se souvenait avoir demandé à plusieurs reprises, la voix étouffée par un sanglot, les larmes aux yeux, s’il était encore en vie.
Le paladin lui avait expliqué que son état était critique et qu’il avait été gravement blessé. Elle avait fondu en larmes avant de le suivre à la Cité d’Argent.
Kerninos poussa un long soupir.
- Allez-y, mais ne restez pas longtemps.
La jeune femme le remercia avant de prendre la direction de la chambre.

Freyki entendit la porte s’ouvrir doucement et pensa que c’était le sage qui revenait. Il fut surprit de se retrouver face à sa compagne. Cette dernière murmura son prénom doucement, comme si il dormait encore.
- Je suis réveillé. Tu n’as pas besoin de parler à voix basse.
Elle s’approcha lentement près du lit. Son regard gris et vide le cherchait, et de sa main gauche il lui prit doucement le bras.
- Je suis là.
Sa voix grave avait résonné dans la chambre. La main de Jaelith se posa sur la sienne. La voix tremblante, elle se pencha vers lui.
- J’ai cru que le pire était arrivé quand Elrynd est revenu. J’ai cru… J’ai cru…
Elle pleurait à présent. La main du balafré se posa sur sa joue. Tristement, il avoua :
- J’aurai voulu pouvoir te prendre dans mes bras… Mais il m’en manque un.
Les mains de la jeune femme se posèrent sur son bras droit, doucement, pour ne pas lui faire mal. Elle les glissa lentement vers l’avant-bras manquant et étouffa un autre sanglot.
- Tu dois tellement souffrir. Freyki, si seulement j’avais pu être à tes côtés.
- Ce n’est pas grave. C’est juste étrange comme sensation. Il y avait une main. Et elle n’est plus là.
Il regardait son bras bandé, ayant du mal à s'imaginer que sa main droite avait disparue. Il pensait que ce n’était qu’un bras, que le plus important maintenant était qu’il soit resté en vie. Pour elle. Pour leur enfant à naitre.
Le souverain posa tendrement sa main sur le ventre naissant de sa compagne, un large sourire sur le visage.
- Un enfant… Je n’arrive toujours pas à y croire.
Il se sentait fier à cet instant.
- J’ai du mal à y croire aussi, Freyki. L’héritier que tu attendais tant.
- Garçon ou fille, peu m’importe.
Le roi loup se redressa sur son lit avant d’attirer Jaelith vers lui. Il s’était blottit contre elle, comme un enfant. Ils étaient dans cette position quand Kerninos était revenu.
- Je vois que vous êtes toujours aussi têtue princesse. Quand à vous, vous avez besoin de repos.
A contrecœur, Freyki vit la femme de sa vie sortir de la chambre. Le sage déposa la carafe d’eau fraiche sur la grande table de la salle, puis se tourna vers le blessé.
- Vous ne vouliez pas la voir pourtant.
- Je sais…
- Vous êtes rassuré de savoir qu’elle va bien ?
- Oui.
Le balafré prit le verre que Kerninos lui tendit et le but d’un trait.
- Même si je sais qu’elle est forte, j’ai toujours tendance à m’inquiéter pour elle.
- Qui ne le serait pas ? La princesse est quelqu’un d’extrêmement têtue. Quand elle a une idée en tête, elle n’en démord pas.
Kerninos repensait à la nuit où elle s’était échappée sur un coup de tête et eut un léger sourire.
- Une princesse…
L’elfe hocha la tête.
- Elle est la fille unique de notre regretté prince Jaelen Lokliar.

Jaelith était debout sur l’un des balcons du palais. Le soleil, même si il se faisait de plus en plus rare à cette période de l’année, lui réchauffait les épaules.
Derrière elle, une voix claire prononça son nom.
- Jaelith !
Elle reconnut Feiyl et tendis les bras vers lui avec un large sourire sur le visage. Ce dernier s’était blottit contre elle.
- Tu as pu le voir ?
La jeune femme hocha la tête.
- Oui… Il venait de se réveiller. Il a l’air d’être sorti d’affaire, même si…
Elle repensa à son bras manquant.
- Même si le rétablissement va être dur pour lui.
Jaelith passa sa main dans les cheveux de l’adolescent.
- Il arrivera à s’en remettre. Même si il lui manque un bras, il continuera à vivre.
Ce dernier demanda innocemment :
- Ton ventre va encore grossir ? Il y a beaucoup d’œufs à l’intérieur ? Pendant combien de temps faut-il que tu les gardes au chaud ?
Elle se retint de rire. Décidemment, le petit dragon n’y connaissait pas grand-chose aux humains à ce sujet et elle allait passer un temps fou à lui expliquer.

- Même si elle n’est qu’à moitié humaine, elle fait partie de la royauté de Saleah. Il ne s’agit pas de n’importe qui, roi Loup.
- Je ne pouvais pas le savoir. Personne ne pouvait le savoir.
Freyki passa sa main dans ses cheveux puis se rallongea en soupirant.
- Elle aurait pu être la fille d’un ennemi, une esclave ou même ma propre sœur que cela ne m’aurait pas dérangé.
- Vous n’êtes pas mariés, et pourtant vous lui avez fait un enfant. N’avez-vous pas peur que ce dernier soit considéré comme un bâtard par vos pairs ?
- Je me fiche bien de ce qu’ils pourraient penser. Jaelith est la seule femme sur cette terre qui est digne de porter mes enfants.
Kerninos secoua la tête, l’air grave.
- Je comprends parfaitement tout ce que vous venez de me dire. Cette jeune femme est belle, intelligente et de descendance divine. Mais personne dans ce royaume, ni même sur cette terre ne serait digne de lui être destiné.
- Vous pensez que je ne la mérite pas ?
- Personne ne la mériterait.
À ces mots, Freyki éprouva une cruelle honte.
Il avait toujours pensé que leurs statuts à tous les deux n’avaient aucune importance. Il était roi. Elle était paladin. Même si aucun sang noble ne coulait dans ses veines, il la voulait auprès de lui.
Et quand il avait appris qu’elle était la petite fille du noble Théodore Cederman, il avait été heureux. Il pouvait enfin faire sa demande sans devoir prouver à tous que Jaelith n’était pas une intriguant sortie d’on ne sait où.
Aujourd’hui, malgré son rang, il avait l’impression de ne pas être digne d’elle. Et l’elfe n’avait fait que renforcer cette impression.
Kerninos, voyant la détresse dans les yeux de son interlocuteur, continua.
- Cependant, je sais que l’amour que vous éprouvez pour elle est profondément sincère. Le sien envers vous l’est tout autant. Je ne m’opposerais pas à votre union, si c’est ce que vous voulez savoir. Elle serait même bénéfique pour nos deux contrées.
- Qui dois-je supplier pour avoir le droit de lui demander sa main ?
Kerninos s’était mis à rire devant le sérieux du balafré, et lui répondit :
- Personne, à part elle bien entendu.
- J’aimerai pouvoir me lever tout de suite et lui demander.
Le sage secoua la tête.
- Vous êtes à peine remis de vos blessures. Ce ne serait pas une très bonne idée. Mais si vous êtes aussi impatient, je peux toujours aller la chercher afin que vous lui fassiez votre demande.
Freyki tourna sa tête vers l’elfe, l’air plus déterminé que jamais.
- Oui, s’il vous plait.

Jaelith referma doucement la porte de la chambre derrière elle. Elle avait été très surprise que le sage lui ait demandé de venir auprès de Freyki. Elle avait d’abord pensé que son état avait empiré mais Kerninos l’avait rapidement rassurée.
La jeune femme avança lentement vers le lit où se trouvait son aimé et prononça son nom de sa voix douce.
- Freyki… Tu voulais me parler ?
Ce dernier respira un grand coup. Pourquoi faire sa demande à ce moment lui était-il si compliqué ? Il n’avait pas hésité un seul instant lorsqu’elle était revenue à Goldrynn.
La voix rauque du souverain résonna dans la pièce.
- Jaelith. J’ai besoin de te parler sérieusement.
Il leva sa tête vers elle, et cette dernière secoua la tête avec un léger sourire.
- Tu vas encore me demander de devenir ta femme, je me trompe ?
Le balafré étouffa un rire. Il demanda :
- Je suis si prévisible que ça ?
Sa compagne posa doucement sa main sur le visage du roi loup, lui caressant tendrement la joue.
- Freyki… Je pense qu’il est temps pour moi d’arrêter de fuir.
Il ne répondit pas et la laisse continuer.
- En fait, j’ai toujours pensé que ce mariage, notre mariage, serait un frein à ma liberté. Pourtant…
La jeune femme étouffa un sanglot.
- Pourtant c’est auprès de toi que je veux rester. C’est à tes côtés que je veux vivre. Je sais très bien que je ne serais pas aussi libre qu’auparavant. Mais c’est ce que je veux. Pour moi et pour notre enfant.
Elle posa ses mains tremblantes sur son ventre.
- Ma réponse est oui, Freyki. Oui, je veux devenir ta femme. Si tu y tiens tant, alors je deviendrais ta reine et la mère de tes enfants.
Le balafré n’avait pas répondu. Lentement, serrant les dents parce que la douleur le faisait souffrir, il se leva de son lit. Puis il l’avait prise contre lui, La tête de la jeune femme contre son torse, il caressait sa douce chevelure dorée. Lentement, son regard vide se tourna vers lui, et il avait l’impression qu’elle le voyait. Elle l'enflammait de toute son âme. Leurs visages se rapprochèrent. Les lèvres se touchèrent, d'abord lentement, tendrement, puis avec passion.

Le soleil brillait de mille feux. Sa chaleur ne suffisait pourtant pas à réchauffer le sol couvert de neige que la nuit avait apportée.
L'humeur était pourtant à la fête, et ce, seulement deux mois après la destruction du monstre qu'était devenu Enki.
La cité d'argent retrouvait enfin la vie qu'elle connaissait depuis des années. Mais le calme n'était qu'apparent. Une vive joie habitait toutes les personnes qui se trouvaient ici. Et aujourd'hui était un jour de fête bien particulier.
Un mariage allait sceller la paix entre le royaume humain et celui des elfes.
C'était sans grande surprise, car tout le monde connaissait l'avis de la princesse à ce sujet. Et tout le monde connaissait l'amour qu'elle portait à cet humain.
La cérémonie devait avoir lieu au temple du Dieu Cerf.
Ce dernier était plein à craquer, car tout le monde voulait assister à cette union hors du commun.
Au bout de quelques minutes, le silence se fut enfin. Dans l'encadrement de la grande porte, ils étaient apparus.
Jaelith portait une robe de soie blanche. Ses épaules étaient nues, laissant apparaitre sa peau pâle. Les longues manches faisaient apparaitre le bout de ses doigts fins. Une ceinture discrète en argent faisait ressortir sa silhouette. La rondeur de son ventre apparaissait à présent, ne laissant pas un seul doute sur son état. Ses longs cheveux dorés avaient été ramenés en arrière, formant un chignon rattaché avec des chaines d'argent.
Elle tenait Freyki par le bras et semblait radieuse. Ce dernier ne pouvait détacher son regard du sien, et tous deux s'avancèrent lentement vers l'autel.
Le roi Loup avait été habillé plus simplement. Une tunique d'un bleu profond agrémentée de broderies dorées rappelait les tenues elfiques. Sa ceinture était ornée d'une tête de loup en argent. Ses bottes de cuir élégantes remontaient sous ses genoux.
Les deux jeunes gens s'arrêtèrent devant l'autel où les attendaient Siara. Cette dernière portait une robe de soie blanche, mais qui se trouvait être de coupe beaucoup plus simple que celle de sa nièce.
La sœur de l’impératrice avait pris la place de cette dernière après une courte cérémonie qui avait suivi les funérailles de Sidan. D'une voix forte, elle lança à l'assemblée présente.
- Aujourd'hui est un jour qui restera gravé dans les mémoires. Nous sommes ici rassemblés pour parfaire l'union de Jaelith Librevent, descendante de la famille Lokliar, et du roi loup Freyki Ewall Nenvel. Si une personne à quelque chose à redire et qui souhaiterait empêcher ce mariage, qu'il le dise maintenant ou qu'il se taise à tout jamais.
Siaraliane fit une pause en parcourant l'assistance du regard. Un silence pesant s’était installé. Personne ne parlait.
- Puisqu'il n'y a aucun empêchement, je laisse la parole au grand sage.
Kerninos s'était avancé vers les deux futurs époux. Il tourna sa tête vers le balafré et sa voix résonna, douce et forte.
- Que la bénédiction du Dieu Cerf vous soit offerte à cet instant.
Le sage se racla la gorge et enchaîna.
- Jaelith Librevent, descendante de la famille Lokliar, enfant du Dieu Cerf, acceptes-tu librement de prendre pour époux Freyki Ewall Nenvel ?
La mariée tourna son visage vers l'homme à la cicatrice, lui fit un magnifique sourire et répondit simplement :
- Oui.
Kerninos se tourna vers le balafré.
- Freyki Ewall Nenvel, Roi de Fereyan, enfant de la déesse, veux-tu vraiment Jaelith Librevent pour épouse ?
- Oui.
L'elfe tendit les mains vers les époux et leur prit la main gauche. Il place la main de l'humain dans celle de la jeune femme et lui demanda :
- Jaelith Librevent, je te remets Freyki Ewall Nenvel comme époux pour que tu le gardes auprès de toi et que tu lui conserves ta foi. L'acceptes-tu ainsi ?
- Je l'accepte.
Puis inversant le geste et plaçant la main de la jeune fille dans celle du jeune homme, le sage demanda :
- Freyki Ewall Nenvel je te remets Jaelith Librevent comme épouse pour que tu la gardes auprès de toi et que tu lui conserves ta foi. L'acceptes-tu ainsi ?
- Oui, je l'accepte.
À cet instant, Kerninos entoura les mains droites jointes des époux.
- Gardez-vous mutuellement dans la parfaite fidélité et l'aide mutuelle, selon la règle et le dévouement du mariage.
L'elfe fit un signe de tête à Feiyl, qui se trouvait à ses côtés et ce dernier apporta les anneaux. Freyki en prit un et le passa au doigt de la jeune mariée.
- Par cet anneau, je t'épouse, au nom de la déesse.
Jaelith avait fait de même, récitant les mêmes paroles.
Kerninos avait conclu :
- Je vous déclare donc Mari et Femme par les liens sacrés du Mariage. Que votre union soit le début de la nouvelle alliance entre nos peuples.
Le balafré avait alors posé ses lèvres sur celles de sa compagne sous les vivats de la foule en liesse.

Les festivités durèrent tout au long de la journée. Jaelith et Freyki furent félicités par une foule de personnes. Quand enfin le calme revient petit à petit, c’est à dire lorsque la nuit commença à tomber, la fête continua en groupe restreint.
Dans la grande salle ne se trouvait qu’une vingtaine de convives en plus des jeunes mariés. L’ambiance était beaucoup plus calme, ce qui n’était pas pour déplaire au roi loup et à sa compagne.
Le balafré discutait avec Kerninos et Siaraliane des conséquences politiques de ce mariage. Jaelith, quant à elle, s’était éloignée du groupe pour prendre l’air sur le balcon.
Il commençait à faire froid, mais peu lui importait. Elle était heureuse au point qu’elle avait l’impression que son cœur allait exploser.
- Est-ce que tout va bien Jae’ ?
La jeune femme se tourna vers la personne qui venait de prononcer ces mots.
- Bien sûr, Elrynd. Comment ne pourrais-je pas être heureuse aujourd’hui ?
Le général s’approcha d’elle et prit ses mains dans les siennes. D’une voix empreinte de tristesse, il renouvela ses félicitations.
- Je te souhaite de tout mon cœur tout le bonheur que ce monde puisse t’offrir.
Il déposa un baiser sur le dos de sa main avant de les relâcher doucement. A cet instant, Jaelith sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Elle avait l’impression qu’elle lui avait brisé le cœur.
- Elrynd, commença-t-elle de sa voix douce, je suis sûre et certaine qu’un jour tu trouveras une femme pour laquelle tu seras prêt à ouvrir ton cœur.
- Oh mais je l’ai déjà trouvé, et il ne s’agit pas de toi si cela peut te rassurer. Mais il va me falloir un certain temps avant que mon cœur ne se fasse à l’idée de t’oublier.
Tout en disant cela, il tourna sa tête vers le coin de la salle où se trouvait Frederik. Elle discutait avec Feiyl et Gareth. Leur discussion semblait animée puisqu’il les vit rire aux éclats plusieurs fois.
Elrynd s’inclina légèrement.
- Je vous souhaite une bonne fin de soirée, ma reine.
Le paladin s’éloigna lentement et partit rejoindre ceux qu’il observait un peu plus tôt.
La jeune femme frissonna et retourna elle aussi dans la salle avec le reste des invités. Elle reconnut la démarche de Freyki qui s’approchait et sa voix rauque résonna tandis qu’il la prenait contre lui.
- Jaelith ! Si tu savais à quel point je suis heureux aujourd’hui.
Il ne lui laissa pas le temps de répondre quoi que ce soit qu’il l’embrassa fougueusement sans se soucier des personnes présentes. Leurs lèvres se séparèrent au bout de quelques instants, et le roi loup murmura à l’oreille de sa compagne :
- Ma reine ne voudrait-elle pas venir se reposer auprès de moi en privé ?
Elle savait ce que signifiait cette demande et rougit. Pourtant, elle le suivit, loin des tumultes de la fête, et tous deux s’isolèrent dans la chambre qui leur était réservée.
La nuit serait longue, et à présent, ils avaient toute la vie pour s’aimer.


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Message Posté le : Aujourd’hui à 07:21 (2017)    Sujet du message : Chronique de Feryan II - L'Espoir du Loup

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